DERAEDT, Lettres, vol.4 , p. 406

3 dec 1863 Perpignan MILLERET Marie-Eugénie de Jésus Bhse

La réponse donnée à M. de Rocher concernant la dot de sa fille. – L’affaire des ornements. – Il a un grand désir de la voir. – La raideur dont elle parle fondra dans un coeur humblement aimant. – Sa prédication à Perpignan.

Informations générales
  • DR04_406
  • 2125
  • DERAEDT, Lettres, vol.4 , p. 406
  • Orig.ms. ACR, AD 1337; D'A., T.D. 23, n. 768, pp. 108-109.
Informations détaillées
  • 1 CHARITE ENVERS DIEU
    1 DOT
    1 ENFANCE DE JESUS-CHRIST
    1 ESPERANCE
    1 HUMILITE
    1 ORNEMENTS
    1 PREDICATION DE RETRAITES
    1 PRIEURE DE NIMES
    2 AUBERT, ROGER
    2 BONALD, LOUIS-JACQUES-MAURICE DE
    2 GERBET, PHILIPPE-OLYMPE
    2 PIE IX
    2 ROCHER, ADRIEN-MAURICE DE
    2 ROCHER, THERESE-AUGUSTINE DE
    2 VERON, PAUL
    3 PARIS
    3 PERPIGNAN
  • A LA MERE MARIE-EUGENIE DE JESUS
  • MILLERET Marie-Eugénie de Jésus Bhse
  • Grand-séminaire de Perpignan, 3 décembre [18]63.
  • 3 dec 1863
  • Perpignan
La lettre

Avant de répondre à votre lettre, je dois vous dire, ma chère enfant, que je viens d’écrire six pages à M. de Rocher, qui, battu par M. Véron(1), s’adresse à moi. Ma réponse se résume ainsi:

1° M. Véron ayant dit une chose problématique ne voudra pas revenir sur ce qu’il a dit.

2° Vous(2) êtes libre de ne rien donner du tout, Thérèse sera plus libre de réclamer plus tard tous ses droits, mais c’est une mauvaise voie.

3° Donnez à Thérèse le tiers de la dot qu’elle aurait eue, si elle se fût mariée (je sais que c’est de 50.000 à 60.000 francs), et dès lors tout, je l’espère, s’arrangera. Je crois, en effet, que 50.000 francs touchés immédiatement vous(3) seraient plus agréables que des espérances. Or je sais qu’entre autres sommes dont il peut disposer, il a 30.000 francs cachés dans une cheminée.

L’affaire des ornements a été arrêtée par l’ordre exprès du Pape(4). Je dîne ce soir avec l’évêque de Perpignan et je lui en parlerai. L’arrivée des Carmes à Paris est une très bonne chose.

Maintenant que vous dirai-je de vous? J’ai un grand désir de vous voir, et si vous étiez le 11 à Nîmes, je m’arrangerais pour vous y voir un peu longuement le 12, le 13 et le 14, et tout au moins le 13 et le 14. Quant à vous, à votre âme, à votre raideur, elle venait(5), vous le voyez peut-être enfin, de ce que vous vouliez arranger votre sainteté à votre façon et non à la façon de Dieu. La raideur, chez vous, qui venait d’un coeur blessé, mais orgueilleux, se fondra dans un coeur humblement aimant, car rien ne donne la confiance comme la véritable humilité! J’ai beaucoup de choses à vous dire là-dessus et qui se traduisent par des faits pratiques, dont nous avons à Nîmes un certain contre-coup, non pas pour ce qui concerne vos filles, mais par rapport à l’idée que dans le monde on se fait de l’Assomption; mais nous causerons de tout cela, si vous permettez que je vous dise ma façon de penser.

Il paraît que j’ai du succès à Perpignan. Je parle deux fois par jour. Au second sermon du soir l’auditoire était doublé. Si cela augmente dans cette proportion, peut-être Dieu permettra-t-il qu’un peu de bien se fasse.

Adieu, ma fille. Je vous assure que si je savais comment, de mon côté, je puis vous aider à avoir la souplesse de l’Enfant Jésus, je vous y aiderais de tout mon coeur.

E.D'ALZON.
Notes et post-scriptum
1. Vicaire général de Paris.
2. C'est-à-dire M. de Rocher.
3. Cette fois le P. d'Alzon s'adresse à Mère Marie-Eugénie.
4. Dans sa lettre du 30 novembre, Mère M.-Eugénie disait tenir du card. de Bonald qu'une condamnation des "ornements moyen-âge", c'est-à-dire gothiques, était imminente. Voir AUBERT, *Pie IX*, p. 473.
5. Le texte porte: elles venaient.