Un nouveau livre de Denis LEDOGAR.
C’est le quatrième ouvrage de celui qu’on nomme « Le Père la Tendresse » et le condensé de vingt années - déjà - de fréquentation des malades et des mourants. A travers des témoignages simples mais bouleversants, il esquisse les étapes que franchissent les personnes en fin de vie. Face à l’angoisse du voyage vers l’inconnu, Denis trouve des mots qui réconfortent et aident à partir, sans remords et regrets, en paix. Un livre très concret, comme les précédents, mais une belle leçon d’humanité et de foi en la puissance de l’amour qui peut libérer de tous les enfermements.
La mort est évacuée de nos sociétés, sauf quand, collective, elle surgit brutalement dans l’actualité ou quand, virtuelle, elle nous assaille à longueur de fictions télévisées, de films et de romans. La mort singulière, la mort de tous les jours, elle, est silencieuse et invisible. Sans doute est-ce pour remettre la mort à sa place que certains auteurs comme le P. Denis Ledogar, veulent témoigner de leur familiarité avec cette inconnue. À sa manière, au fil de son expérience d’accompagnement de mourants, il rend compte de cette liberté ultime, quand certains acceptent de regarder la mort qui vient «les yeux ouverts». S’appuyant sur des histoires particulières, il raconte ce que l’on appelle le «travail du trépas».
Le P. Denis Ledogar, religieux assomptionniste, est aumônier d’hôpital à Strasbourg. Les mourants qu’il accompagne ne sont pas des célébrités; leurs vies sont à la fois ordinaires et uniques. De son expérience de vingt ans, dont il sait relire les échecs et les insuffisances, il tire quelques leçons «universelles», quelques étapes à vivre pleinement dans le cheminement vers la mort. Une mort brutale, bien sûr, ne permet pas ce travail et le P. Ledogar témoigne aussi de la souffrance de ces morts violentes qui détruisent la vie de ceux qui restent… Quelles sont ces moments clés qu’il faut savoir reconnaître? Le pardon demandé, le questionnement spirituel, le temps de la révolte, le désir de faire retour sur sa vie, de retisser les liens familiaux… Autant d’étapes à ne pas négliger, à favoriser, même.
En fond de tableau de cet ouvrages, bien sûr, affleure l’inquiétude face à la demande croissante, dans nos sociétés, d’euthanasie ou de suicide assisté. Mais ce livre ne mène pas un combat, il témoigne: vécue à plein, dans une relation profonde avec les autres, non obscurcie par la douleur ou par la peur, la mort peut être profondément humaine. ●
Dominique Quinio
(extrait d’un article paru dans La Croix du Jeudi 27 juillet 2005)
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