« Quand vous arrive ce qui m’est arrivé, sans crier gare,
il n’y a qu’une seule issue : l’abandon, la remise de soi
entre les mains d’un autre, que cet autre soit le spécialiste
qui prescrit le traitement, que cet autre soit Dieu comme destination ultime
de nos vies mortelles. » Jamais Bruno Chenu ne s’était livré aussi
personnellement que ce soir-là d’avril 2003, lors d’une
conférence
en Alsace dont le texte, essentiel, est ici intégralement repris. Surtout,
le théologien assomptionniste, ancien rédacteur en chef religieux
de La Croix, ne s’est pas dérobé à l’ascèse
d’une
relecture théologique et spirituelle de ce qui « lui était
arrivé » : la maladie - qui l’emporta moins de deux mois
après
- et la souffrance, le doute et la confiance, la solitude et la solidarité.
Ce petit livre, muni d’une admirable préface de Maurice Bellet
(dont l’expérience analogue servit de repère à Bruno
Chenu), est une grande chose : le témoignage d’un homme dans sa
souffrance nue, et son travail pour en rendre compte au regard de
sa foi. Avec une conclusion qui n’a rien d’une provocation : l’affirmation
d’un « plaisir de croire » au goût de résurrection,
par-delà la passion.
Michel Kubler (paru dans La Croix).
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