Repères archéologiques dans le patrimoine algérien
de Sabah FERDI, photographies : M. C. Cheriett
(Musée de Tipasa, Algérie
Ed. universitaires, Fribourg, Suisse, 176 pages, 250F)
Augustin n'a pas seulement laissé des textes, bien que ce soit son héritage le plus précieux. Il a vécu sur une terre. t'Algérie garde les traces de sa présence inscrite dans la pierre. Traces archéologiques, qui témoignent de la splendeur romaine et de la vitalité de l'Église en son temps. Paysages de couleurs et de lumière, qui n'ont guère changé, alors que les premières sont réduites à l'état de ruines.
« Conçu par une archéologue éprise du patrimoine culturel algérien, cet ouvrage a pour but de retracer une étape de la vie dAugustin : celle qui suit son retour en Afrique en 388 jusqu'à sa mort à Hippone en 430. » C'est donc à un voyage qu'invite cet ouvrage en suivant Augustin dans ses multiples déplacements au cours au fil de son activité pastorale.
Pour les lecteurs des Itinéraires augustiniens, l'intérêt de cet ouvrage est double. Il apporte d'abord un heureux complément à I. A. 25 : Les voyages dAugustin. On pourra y contempler la splendeur des paysages qu'il a traversés, et des lieux où a retenti sa parole. Cet intérêt visuel, si l'on peut dire, donne aussi aux textes d'Augustin une résonnance neuve, quand ils s'inscrivent dans la luminosité des paysages et des sites.
Mais on ne saurait oublier que la voix d'Augustin est encore trop peu connue dans l'Algérie actuelle. En son temps, Augustin y était déjà le témoin d'une histoire aussi sanglante que celle d'aujourd'hui. « Ni les lions ni les dragons n'ont déchaîné entre eux des guerres semblables à celles des hommes. » (Cité de Dieu 12, 23). Un texte que rappelle le cardinal Duval en avant-propos, et dont l'actualité n'est pas à démontrer.
Un bel ouvrage, accompagné d'un commentaire sobre et précis, qui permet au lecteur d'Augustin de conjuguer à merveille texte et terre.
M. N.
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