Augustin dans l'histoire

Les miracles du Christ chez saint Athanase d’Alexandrie

Saint Augustin (354-430) n'a jamais rencontré physiquement saint Athanase d'Alexandrie (298-373). Cependant, dans ses Confessions , l'évêque d'Hippone rappelle deux épisodes de sa vie où il fait intervenir le souvenir de l'évêque alexandrin.

Au livre VIII, parmi les exempla le conduisant à la conversion, il mentionne le fruit du récit fait par Ponticianus de la conversion d'Antoine le Grand : Je lui appris (à Ponticianus) que je consacrais mes plus grands soins à ces Écritures, et la conversation s'engagea. Il raconta l'histoire d'Antoine, ce moine égyptien, dont le nom brillait d'un éclat prestigieux auprès de tes serviteurs, mais qui pour nous, jusqu'à lors, restait caché. Dès qu'il s'aperçut de notre ignorance, il s'attarda sur le sujet et nous découvrit peu à peu ce grand homme ( Confessions VIII, 6, 14). Un peu plus loin, il raconte la conversion à la vie monastique de deux « chargés de mission » grâce à la lecture de la Vie d'Antoine de saint Athanase. En se promenant ils trouvèrent là un livre qui retraçait la vie d'Antoine. L'un d'eux se mit à la lire ; et le voilà qui s'émerveille et s'enflamme et, tout en lisant, songe à embrasser la même vie, à quitter la milice du siècle pour te servir ( Confessions VIII, 6, 15).

Au livre X des Confessions , lorsque l'évêque décrit les tentations qui l'assaillent encore, il parle également de la tentation de l'ouïe quant à la beauté du chant des psaumes dans les églises : Je vais si loin, par moments, que pensant à toutes les mélodies et suaves cantilènes qui accompagnent généralement les Psaumes de David, je voudrais les écarter de mes oreilles et de celles de l'Église elle-même. Alors me paraît plus sûre la pratique de l'évêque d'Alexandrie, Athanase ; on m'a dit souvent, je m'en souviens, qu'il faisait prononcer le lecteur du psaume avec une flexion si légère de la voix que c'était plus près de la récitation que du chant ( Confessions X, 23, 50).

Ces deux événements rappelés par saint Augustin nous montrent bien la renommée et l'influence que saint Athanase d'Alexandrie commençait à avoir non seulement en Orient, mais aussi en Occident. Lorsqu'on parle des miracles du Christ chez saint Augustin, nous sommes en droit de voir dans le contexte immédiat qui a précédé l'évêque d'Hippone comment on pensait et quelle théologie on développait sur ces miracles. Saint Athanase nous aide à découvrir que même si les miracles sont à l'heure actuelle ignorés, voire rejetés car trop peu scientifiques dans notre culture, ils restent de l'ordre de l'inexplicable ; ils appellent surtout un saut qualitatif. Dans la recherche des miracles du Christ, ce qui est en jeu n'est pas de l'ordre des prodiges mais du signe, c'est-à-dire d'une orientation christologique, théologique, parfois eschatologique et surtout pédagogique du Christ. Le principal saut qualitatif demandé est de l'ordre de la foi afin de passer du scientifique au mystère de Dieu.

 

Incarnation virginale du Christ

Saint Athanase a dû lutter toute sa vie contre la doctrine d'Arius, curé de Baukalis, localité proche d'Alexandrie, et de ses disciples qui niaient la divinité du Christ. Devenu évêque de la grande métropole alexandrine en 328, alors qu'il n'avait pas encore 30 ans accomplis, saint Athanase se dédie corps et âme à la défense de la divinité du Christ proclamée officiellement et dogmatisée par l'Église au premier concile œcuménique tenu à Nicée, en 325, à travers le terme homoousios – c'est-à-dire le Fils est de la même substance que le Père. Par conséquent, il jouit de l'éternité avec lui et partage la même gloire et le même honneur. Au slogan arien, « il y eut un temps où le Fils n'existait pas », saint Athanase répond : le Père est tandis que le Fils est aussi, il est celui qui est (cf Ex 3, 14 et Jn 8, 58) et il est le Père du Fils… Les divines Écritures ne disent pas quelque chose de tel au sujet du Sauveur, mais bien plutôt qu'il est depuis toujours avec le Père ( Contre les Ariens I, 11).

Saint Athanase est un pasteur qui s'appuie sur l'Écriture lorsqu'il affirme quelque chose sur le Christ. Le prologue johannique lui révèle qu'« au commencement était le Verbe, et le Verbe était auprès de Dieu, et le Verbe était Dieu » (Jn 1, 1). Cependant, ce Verbe, éternellement avec le Père, par amour pour le genre humain, a pris un corps semblable au nôtre en tout, excepté le péché (cf. Hymne aux Philippiens , Ph 2, 6-11). Ainsi, l'évêque alexandrin voit une double génération du Verbe : éternelle de la substance du Père et temporelle dans le mystère de l'Incarnation au sein de la Vierge Marie. L'enseignement fondamental et la marque propre de l'Écriture, … c'est la double annonce qu'elle présente au sujet du Sauveur : 1) depuis toujours il était Dieu et il est le Fils, étant le Verbe, le Rayonnement et la Sagesse du Père ; 2) par la suite, à cause de nous, prenant chair de la Vierge Marie , la Theotokos (mère de Dieu), il s'est fait homme ( Contre les Ariens III, 29).

Sa naissance virginale, annoncée déjà par les prophètes de l'Ancien Testament (cf. Gn 3, 15 ; Is 7, 13), un miracle qui dépasse toute explication scientifique biologique, est une preuve de sa divinité : lorsque sa chair a été engendrée de la Theotokos Marie , celui-là même qui donne aux êtres de venir à l'être est dit avoir été engendré, de telle sorte qu'il transporte en lui-même notre naissance et que nous ne retournions plus à la terre, comme n'étant que terre (cf. Gn 3, 19), mais que nous soyons élevés jusqu'aux cieux par le Verbe, comme étant conjoints au Verbe venu du ciel ( Contre les Ariens III, 33). Le fait même que le Verbe prenne une chair humaine de la Vierge Marie , la Theotokos , dépasse toute compréhension humaine et nous incite à donner notre adhésion de foi. Le Verbe de Dieu s'est fait homme pour que nous devenions Dieu ; il s'est rendu visible en son corps, pour que nous nous fassions une idée du Père invisible ; il a supporté les outrages des hommes, afin que nous ayons part à l'immortalité » (Sur l'incarnation du Verbe, 54, 3). Dans cette phrase est concentrée toute la pensée de saint Athanase concernant l'incarnation du Verbe du sein virginal de Marie qu'il appelle Theotokos avant même la querelle qui opposera saint Cyrille d'Alexandrie et Nestorius de Constantinople.

L'évêque d'Alexandrie adopte donc une position dogmatique qui place la conception virginale dans la perspective de la divinisation de l'homme. Il présente le mystère de l'incarnation comme les deux limites du récit réel et de l'histoire surnaturelle, deux portes ouvertes à l'inconnu divin où la foi est invitée à adhérer dans la lignée de la tradition chrétienne, comme des ouvertures au mystère de Dieu. L'intérêt de saint Athanase est de conduire les adversaires de la divinité du Christ à la reconnaissance du Christ comme Sauveur annoncé par les prophètes en vue de la divinisation de l'homme. Par cette naissance virginale, Dieu ne veut pas défier les lois naturelles humaines, mais il veut tout simplement montrer à l'homme que pour Dieu tout est possible. Quand il aime l'être humain rien n'est de trop. Pour que l'homme atteigne la perfection en vue de laquelle il a été créé, Dieu s'incarne d'une Vierge, l'image de l'Église qui enfantera, dans les eaux du baptême, un peuple immense de croyants. Les récits bibliques doivent être interprétés théologiquement dans la perspective de la divinisation de l'être humain, sans toutefois nier leur sens littéral. Ainsi, ce qui semble être impossible, voire inimaginable à nos yeux, devient possible et source du salut de l'homme aux yeux de Dieu.

 

Les miracles de la vie publique de Jésus Christ

Quand on lit les ouvrages de saint Athanase, on constate son grand souci de présenter le Christ à la fois comme vrai Dieu et véritablement homme. La divinisation et l'incorruptibilité de l'homme sont les deux motifs de l'incarnation du Christ. Dans la pensée de l'évêque alexandrin, la naissance virginale du Christ n'est pas seulement délivrance du péché et destruction de la mort, elle est un renouvellement total de l'homme, à l'image et à la ressemblance de l'image selon laquelle il a été créé au commencement. S'il est vrai que le Verbe nous divinise, et cela les théologiens orientaux l'admettent, il s'ensuit qu'il est véritablement Dieu. Les miracles de sa vie publique sont un argument en ce sens : Donc quand les théologiens qui nous parlent de lui nous disent qu'il mangeait et qu'il buvait, et qu'il était mis au monde, sache que c'est le corps qui était mis au monde et se nourrissait des nourritures appropriées, mais qu'en lui le Verbe de Dieu uni à ce corps ordonnait tout l'univers, et par les œuvres qu'il opérait en son corps se faisait connaître non pour un homme, mais pour le Dieu Verbe » ( Sur l'incarnation du Verbe , 18, 1).

Si le parti arien réplique contre la divinité du Christ à cause des faiblesses de la chair, saint Athanase argumente que même incarné, le Verbe demeure véritablement Dieu. Ainsi, il veut distinguer clairement ce qui ressort de l'activité humaine de Jésus et ce qui appartient au Verbe de Dieu uni à cette nature humaine : On dit de lui tout cela, parce que ce corps mangeait, était mis au monde, souffrait, n'était pas le corps d'un autre, mais bien celui du Seigneur ; et puisqu'il s'était fait homme, il convenait que cela fût affirmé de lui comme d'un homme, pour qu'on vît bien qu'il avait un corps véritable et non pas imaginaire. Mais de même que tout cela faisait connaître sa présence dans un corps, ainsi les œuvres qu'il opérait par son corps le faisaient reconnaître pour le Fils de Dieu. Aussi criait-il aux Juifs en leur disant  : « Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas ; mais si je les fais, même si vous ne croyez pas en moi, croyez à mes œuvres, pour que vous sachiez et connaissiez que le Père est en moi et que je suis dans mon Père » (Jn 10, 37) ( Sur l'incarnation du Verbe , 18, 2-3 // Contre les Ariens III, 55, 2-3).

Comme les Juifs au temps de Jésus, les ariens au temps de saint Athanase s'arrêtaient seulement à la personne de Jésus sans pénétrer, grâce à la foi, au-delà de son humanité pour contempler sa divinité. Ainsi, ils viennent avec des arguments bibliques insistant sur les faiblesses et les passions humaines de Jésus qu'ils appliquent également à sa divinité afin de conclure son état de créature comme les autres créatures : Ces passions n'étaient pas par nature propres au Verbe en tant que Verbe, mais le Verbe était dans la chair qui éprouvait ces passions, ô ennemis du Christ. Car ces passions ne sont pas dites de lui antérieurement à l'assomption de la chair : c'est seulement quand « le Verbe s'est fait chair » (Jn 1, 14) et est devenu homme que l'Écriture les dit de lui humainement. Ainsi, par exemple, celui auquel l'Écriture attribue ces passions a lui-même ressuscité Lazare d'entre les morts, changé l'eau en vin, accordé la vue à l'aveugle-né et a dit « Moi et le Père, nous sommes un » (Jn 10, 30) (Contre les Ariens III55, 1). Donc, dans la pensée de saint Athanase, préoccupé de la défense de la divinité du Christ et de sa réelle humanité, il ne faut pas s'arrêter sur un seul aspect de la vie de Jésus mais tenir comme dans une balance en équilibre ce que l'Écriture nous révèle de sa divinité et de son humanité.

Ce double aspect de la pensée christologique athanasienne nous aide à mieux comprendre le but des miracles du Christ et nous conduit à la profession de foi en sa divinité et en sa consubstantialité au Père. Saint Athanase ne se contente pas simplement de rappeler l'identité du Verbe de Dieu avec Jésus de Nazareth dans le mystère de l'incarnation, mais il va encore plus loin en attribuant les miracles divins et les passions humaines respectivement au Verbe de Dieu comme tel et à la chair qu'il a portée par amour pour nous en vue de notre divinisation. Le Verbe a supporté nos faiblesses et nos passions charnelles afin de les détruire en nous communiquant son impassibilité et sa liberté proprement divine, en et par sa chair divinisée, puisque le Verbe portait les faiblesses de la chair et que la chair collaborait aux miracles de la divinité.

 

Passion, Mort et Résurrection du Christ

La génération éternelle du Verbe, sa naissance virginale, sa vie, sa passion, sa mort et sa résurrection constituent l'économie du salut de l'être humain. Si l'arianisme « fabriquait » un Sauveur créé par Dieu et élevé à la divinité grâce à sa vertu, saint Athanase proclame la divinité du Sauveur qui par amour pour l'homme est allé jusqu'à mourir, et mourir sur une croix (cf. Ph 2, 8). Donc, la passion, la mort et la résurrection constituent le miracle par excellence accompli par le Christ en vue de notre divinisation et de notre immortalité :

Il convenait parfaitement, semble-t-il, que le Sauveur fit tout cela, pour que les hommes qui avaient méconnu sa providence à l'égard de tous les êtres, et n'avaient pas reconnu sa divinité à travers la création, regardent au moins les œuvres qu'il accomplissait par son corps, et par lui se fassent une idée de la connaissance du Père, remontant, comme je l'ai dit, du détail de ses œuvres à sa providence universelle. A voir son pouvoir sur les démons, à voir les démons reconnaître qu'il est le Seigneur, qui hésiterait encore et se demanderait si c'est bien lui le Fils de Dieu, et sa Sagesse, et sa Puissance ? Il n'a pas laissé la création elle-même garder le silence, mais, ce qui est admirable, dans sa mort même, je veux dire sa croix, toute la création confesse que celui qui se fait connaître et souffre en son corps, n'est pas simplement un homme, mais le Fils de Dieu et le Sauveur de tous. Quand le soleil se détourna, que la terre trembla, que les montagnes se fendirent, tous furent saisis de frayeur (cf. Mt 27, 45, 51-53)  ; mais tous ces prodiges montraient que celui qui était sur la croix était le Christ de Dieu, et que toute la création était sa servante, témoignant par sa frayeur de la présence de son maître. C'est ainsi donc que le Dieu Verbe se manifeste aux hommes par ses œuvres ( Sur l'incarnation du Verbe , 19, 1-2).

Le regard de saint Athanase sur la passion et la mort du Christ sur la croix n'est pas un regard fataliste, au contraire, sa pensée est dominée par l'idée de la mort glorieuse du Christ et la croix est le trophée de sa victoire sur la mort. En supportant les limites et les passions de notre condition charnelle, le propre Fils du Père a mis en œuvre sa puissance divine en sa propre chair en ressuscitant d'entre les morts. Ainsi, la pensée théologique en général, et christologique en particulier de saint Athanase, est dominée par le mystère pascal grâce auquel nous sommes devenus participants à la divinité et à l'immortalité. Sur la croix, le Christ a assumé toutes nos faiblesses afin de nous rendre libres et de nous introduire dans la connaissance de Dieu. La résurrection est l'aboutissement final de la reconnaissance du Christ véritablement Fils de Dieu et Fils de l'Homme fait chair pour notre divinisation et notre vie en Dieu.

 

Conclusion

Lorsqu'on parle des miracles du Christ chez saint Athanase, nous ne pouvons pas faire abstraction du souci qu'il porte comme évêque d'Alexandrie : affirmer, à temps et à contre temps, la vraie divinité du Christ et de sa réelle humanité. Les actes du Christ conduisent le théologien à reconnaître en lui à la fois l'homme qui accomplit les gestes physiquement et le Dieu qui agit spirituellement. Dans la pensée de saint Athanase, le Christ n'accomplit pas des miracles pour faire sensation autour de lui, mais pour susciter la foi des gens afin de reconnaître en lui l'envoyé de Dieu pour le salut du monde. Vivant éternellement auprès du Père, le Fils prit notre chair mortelle naissant d'une Vierge et accomplissant des œuvres divines afin de faire de nous des enfants de Dieu par adoption, participant à sa vie divine grâce à la résurrection.

 

Bibliographie sélective

Athanase d'Alexandrie, Sur l'incarnation du Verbe , introduction, texte critique, traduction, notes par Charles Kannengiesser, SC 199, Paris, Éditions du Cerf, 1973.

Athanase d'Alexandrie, Les trois discours contre les Ariens , traduction et notes par Adelin Rousseau, Bruxelles, Éditions Lessius, 2004.

Augustin d'Hippone, Confessions , texte de M. Skutella, introduction et notes par A. Solignac, traduction de E. Tréhorel et G. Bouissou, BA 14, Paris, Desclée de Brouwer, 1962.

Kannengiesser Charles, Le Verbe de Dieu selon Athanase d'Alexandrie , (coll. « Jésus et Jésus-Christ », 45), Paris, Desclée, 1990.

Kannengiesser Charles, Arius and Athanasius. Two Alexandrian Theologians , Londres, Variorum, 1991.

Williams Rowan, Arius. Heresy and Tradition , London , Darton, Longman and Todd, 1987 ; seconde édition, Grand Rapids , William B. Eerdmans, 2002

 

Fr. Lucian Dînca
Augustin de l'Assomption
Communauté d'Alzon, Québec-Canada.

Présence d’Augustin dans l’encyclique de Benoît XVI Deus caritas est

Comparée à d'autres encycliques, celle de Benoît XVI, Deus caritas est , datée du 25 décembre 2005, comporte peu de citations : 36 au total. Augustin n'est cité que quatre fois, ce qui est peu, mais aucun autre auteur ne fait mieux. Justin ou Ambroise ne sont cités qu'une fois. Saint Thomas n'est pas mentionné, alors qu'il y a des références à des auteurs « profanes » : Descartes, Nietzsche, sans compter les auteurs de l'Antiquité : Platon, Salluste. Voici les quatre références à Augustin :

N° 17 (fin) : Dieu est « plus intime à moi-même que je ne suis à moi-même ». Citation tirée des Confessions III, 6, 11 : « Mais toi, tu étais plus intime que l'intime de moi-même, et plus élevé que les cimes de moi-même ». Benoît XVI fait appel à ce passage pour montrer que la volonté de Dieu ne s'impose pas de l'extérieur, mais s'identifie avec ma propre volonté.

N° 19 (début) : « Tu vois la Trinité quand tu vois la charité. » Citation tirée du traité sur la Trinité (VIII, 8, 12). Elle introduit la deuxième partie de l'encyclique sur l'exercice concret de la charité. C'est dans le prochain que Dieu se rend visible et se donne à rencontrer. Le même thème se retrouve ailleurs chez Augustin :

« Comment nous exercer à cet amour (de Dieu) ? par amour fraternel. Tu peux me dire : je n'ai pas vu Dieu ; mais peux-tu dire : je n'ai pas vu l'homme ? Aime ton frère. Si tu aimes ton frère que tu vois, par le fait même tu verras Dieu, car tu verras la charité même, et Dieu habite en elle. » ( In Jo Ep . V, 7)

N° 28 (début) : « Un Etat qui ne serait pas dirigé selon la justice se réduirait à une grande bande de vauriens.  Remota itaque justitia quid sunt regna sine magna latrocinia  ? » La citation ( Cité de Dieu , IV, 4) illustre l'exigence de justice sur le plan politique.

N° 38 (millieu) : «  Si tu le comprends, alors il n'est pas Dieu. Si comprehendis, non est Deus . » ( Sermon 52,16).Citation d'Augustin à propos de Dieu et la souffrance.

Que Benoît XVI ait une préférence pour Augustin ne surprend guère. Il faut se souvenir qu'il a réalisé autrefois une thèse : Volk und Haus Gottes in Augustins Lehre von der Kirche (1951, réédition 1992 EOS Verlag Erzabtei St. Ottilien) (Peuple et maison de Dieu dans la doctrine d'Augustin sur l'Eglise. Non traduit). On remarquera que trois des citations viennent des trois œuvres majeures d'Augustin : les Confessions , qui relatent son expérience personnelle de Dieu ; la Trinité , un exerce spirituel pour entrer en communion avec le Dieu d'amour ; la Cité de Dieu , esquisse d'un idéal de société humaine fondée sur la justice et l'amour.

M. N.

 

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