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L’accompagnement des malades -
Un service d’Église |
La foi chrétienne a toujours noué une relation particulière avec les malades. Certes, toutes les formes de pauvreté et de détresse méritent d'être secourues par une charité active. Mais l'Église s'est reconnu, dès l'origine, un devoir spécial vis-à-vis des malades. La prise en charge a été pendant longtemps à la fois spirituelle et matérielle. Le système sanitaire occidental est l'héritier d'une longue tradition de soins portée par les ordres religieux ; aujourd'hui encore, dans les pays pauvres, bien des institutions de santé sont liées à l'Église (pensons par exemple à la lutte contre le sida). Qu'est-ce qui justifie ce souci deux fois millénaire d'accompagner les malades, et surtout dans quel but ?
Le modèle du Christ, compatissant et guérisseur
Bien sûr, on pense immédiatement à la compassion que le Christ a manifestée, pendant tout le cours de sa vie terrestre, aux personnes malades et handicapées. Les Evangiles proposent de nombreux récits de guérison, à propos des pathologies les plus diverses : cécité, paralysie, surdité, lèpre, maladies nerveuses… Cela prouve qu'aux yeux des premiers témoins, les gestes bienfaisants du Christ envers les malades sont les signes privilégiés de sa mission le salut. La foi ne se désintéresse donc pas des corps, ni de la condition terrestre dans ce qu'elle peut avoir de plus concret. De plus, ces guérisons ont presque toujours une portée sociale : guérir, c'est réintégrer, c'est-à-dire opérer une réconciliation qui profite d'ailleurs autant à la personne qu'à la communauté où elle peut reprendre sa place. En effet, alors qu'une tentation spontanée pousse à considérer le malade comme un pécheur, ou du moins une personne douteuse, le Christ insiste sur le fait que la maladie ne vient pas du péché, même si elle peut donner une image de la condition de l'homme asservi au péché (cas du paralytique).
Rejoindre les malades et les accompagner
Fidèle à l'enseignement du Christ, l'Église considère donc que l'accompagnement des malades touche à un point essentiel de sa mission. Sur le plan pratique, il faut d'abord visiter les malades qui sont empêchés de se joindre à la communauté : c'est aussi un moyen de briser l'isolement social qui s'attache souvent à la maladie. Les paroisses proposent généralement des visites à domicile, assurées par les prêtres ou par une équipe de laïcs, avec la possibilité de recevoir la communion si le malade le souhaite. Un tel dispositif suppose l'attention de chacun pour repérer et signaler les besoins, car les malades ne se manifestent pas toujours, soit par manque d'information, soit parce que leur lien avec la communauté chrétienne est faible, voire inexistant.
Mais la maladie grave impose une telle recomposition intérieure que la personne peut souhaiter trouver une oreille attentive et « compétente » (sensibilisée au sujet et motivée) pour confier ses interrogations, ses angoisses, peut-être sa révolte, mais aussi son espérance…
Quand la maladie impose une hospitalisation, le malade se trouvera en lien avec une aumônerie, animée par une équipe où les laïcs sont aujourd'hui majoritaires. Comme il s'agit d'un environnement spécifique, ces personnes reçoivent une formation appropriée et sont supervisées, par exemple sous la forme de groupes de parole, ceci afin de prendre la distance nécessaire vis-à-vis de situations fortes, voire dramatiques. L'aumônerie catholique est au service de tous les malades qui expriment une demande, éventuellement aussi du personnel soignant, même si le lien n'est pas toujours facile à établir.
Un sacrement à redécouvrir
Enfin, l'Église propose au fidèle malade ou âgé un sacrement spécifique : l'onction des malades. Ce sacrement a des racines très anciennes, puisqu'il est mentionné dans l'épître de Jacques (5, 13-15). Le concile Vatican II a voulu le redéfinir ainsi : « L'extrême-onction, qu'on peut appeler aussi et mieux l'onction des malades, n'est pas seulement le sacrement de ceux qui se trouvent à toute extrémité. Aussi, le temps opportun pour le recevoir est déjà certainement arrivé lorsque le fidèle commence à être en danger de mort par suite d'affaiblissement physique ou de vieillesse. » ( Sacrosanctum concilium, n. 70)
Le changement de vocabulaire n'est pas neutre : il montre la volonté de démarquer ce sacrement de la dernière « extrémité », c'est-à-dire l'agonie. L'onction des malades ne doit donc plus être le « rite de passage » réservé à ceux qui vont quitter cette terre de façon imminente. Cependant, le Concile maintient le lien entre le sacrement et la perspective du « danger de mort » : autrement dit, il s'agit de rejoindre et de fortifier les vivants confrontés de manière concrète à l'approche de leur propre mort. Cette tension est parfois difficile à honorer. En effet, le souci de marquer la rupture avec le modèle de l'extrême-onction, encore très prégnant dans les mentalités, peut conduire à proposer le sacrement des malades très en amont du danger de mort. De plus, dans notre société où la mort est taboue, il est délicat d'aborder cette question : on considère parfois que la charité la plus élémentaire prescrit de cacher au malade la gravité de son état quand l'issue fatale se dessine. Il n'est pas sûr pourtant que ce genre de mensonge, dont l'intéressé n'est généralement pas dupe, contribue à créer une atmosphère de sérénité et de liberté.
Au contraire, le malade qui demande à recevoir l'onction se met dans une position active, il exprime quelque chose à propos de la situation dans laquelle il se trouve et du sens qu'il veut lui donner. Il manifeste qu'il souhaite recevoir la force du Christ ressuscité pour traverser avec lui « les ravins de la mort » (Ps 22) dans l'expérience douloureuse de l'affaiblissement grave du corps. Le malade donne ainsi le témoignage de sa foi et il participe donc à la construction du corps du Christ qu'est l'Église. Or ce point est d'autant plus important que la maladie est considérée comme une condition de passivité : on se demande toujours ce qu'on « peut faire » pour le malade (d'un point de vue médical par exemple), jamais ou rarement ce que le malade lui-même peut apporter du fait de son expérience.
Pour l'Église, le malade est donc un fidèle comme les autres au sens où il a le droit de recevoir les moyens de nourrir sa foi chrétienne ; attentive à sa situation particulière, elle met à sa disposition des moyens privilégiés pour rester en communion avec la communauté chrétienne et pour recevoir la force de l'Esprit Saint. L'onction des malades est le meilleur témoignage de la sollicitude de l'Église envers les malades, mais aussi du prix qu'elle attache à leur expérience humaine et spirituelle.
Christelle JAVARY
NB. Christelle Javary est chargée de cours à la faculté de théologie de l'Institut catholique de Paris. Elle est l'auteure d'un livre remarqué, La guérison. Quand le salut prend corps (Cerf, 2004, 176 pages, 18 euros)
L'Evangile de la guérison |
« Jésus est le sauveur et le médecin »
(Eusèbe, Démonstration IV, 10, 17, 19)
Jésus est venu au milieu de son peuple comme un médecin. « Ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin de médecin , mais les malades » (Mc 2, 17; Lc 3, 31) : C'est comme le médecin du corps et de l'âme, comme le Sauveur que le présentent les trois premiers Evangiles. Il ne parle pas beaucoup de la maladie, mais il la guérit. Il ne déclare pas que la maladie est saine, mais il la nomme par son nom juste, et il a pitié des malades. On ne trouve chez lui aucune trace de sentimentalisme ou de subtilité ; ni non plus de distinctions fines et de sophismes selon lesquels ce sont les bien portants, au fond, qui sont les malades et les malades ceux qui sont en bonne santé. Il voit autour de lui des foules de malades, il les attire à lui, et il est poussé seulement par le désir de les aider.
Il ne fait pas de distinction tranchée entre malades du corps et malades de l'âme : il les considère comme des manifestations différentes de l'unique grande souffrance de l'humanité. Mais il en connaît les racines ; il sait qu'il est plus facile de dire : « Lève-toi et marche » que de dire : « Tes péchés te sont pardonnés » (Mc 2, 9), et il agit en conséquence. Il ne recule devant aucune maladie de l'âme — les pécheresses et les péagers l'entourent de façon constante — et aucune maladie du corps n'est trop répugnante pour lui. Dans ce monde de plaintes, de misères, de souillures et de dépravation qui l'entoure de façon quotidienne, il demeure vivant, pur et toujours agissant.
C'est ainsi qu'il s'est attiré des disciples, hommes et femmes : c'est un cercle de personnes guéries qui l'entoure. Ils ont été guéris parce qu'ils ont cru en lui, c'est-à-dire parce que sur ses traits et dans ses paroles ils ont déchiffré la guérison. La santé de l'âme, c'est la connaisance de Dieu. C'est sur ce rocher que Jésus les a sauvés du naufrage de la vie. Parce que dans le Fils ils ont reconnu Dieu comme le Père , ils se savent guéris. Désormais ils puisent santé et vie véritable d'une source qui ne tarit jamais.
« Vous allez me dire ce diction : “ Médecin, guéris-toi toi-même ”» (Lc 4, 24): lui qui en a aidé tant semblait se trouver lui-même dans une situation de plus en plus désespérée. En butte à l'inimitié, aux calomnies, menacé de mort par les autorités de son peuple, persécuté au nom du Dieu qu'il annonçait, il alla au-devant de la croix. Mais c'est cette croix précisément qui révèlera toute la profondeur de la puissance de son activité de Sauveur. Elle accomplit sa vocation en apprenant aux hommes que la souffrance du juste est le salut dans l'histoire.
Adolf von Harnack,
Mission et expansion du christianisme dans les trois premiers siècles .
(1924) Cerf, 2004, (p. 169-171)
Prier avec saint Augustin |
« Où Dieu se donne-t-il ? Au-dedans de toi.
C'est là que tu pries, là qu'il t'exauce,
là qu'il te rends heureux. » ( Psaume 33, 8)
En préparant des jeunes au sacrement de la Réconciliation par l'étude d'un passage d'Evangile sur une guérison de Jésus, le moment le plus délicat est celui où après avoir vu ce que dit le texte, nous le laissons nous parler jusqu'à nous dévoiler les zones d'ombre et de lumière de nos vies.
Alors jaillit souvent l'expression : « Mais moi je ne suis pas malade, je n'ai pas besoin d'être guéri ! »
Quelle conscience est alors à éveiller, quelle maladie à débusquer, quel secours à chercher, quelle lutte à entreprendre ? Nous semblons si bien nous accommoder de notre état…
L'existence n'est-elle pas une perpétuelle oscillation entre la vie et la mort, la santé et la maladie ? De quoi avons-nous besoin d'être guéris, sauvés ? Quelle santé, quel salut avons-nous à recouvrer ?
La prière nous rendrait-elle la santé, la relation à Dieu le salut ? Allez comprendre la parole de Jésus : « Ce ne sont pas les bien portants qui ont besoin du médecin mais les malades… Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs. » ( Mc 2,17)
A. L'expérience de l'intériorité
Saint Augustin semble bien placé pour nous introduire dans ce chemin de connaissance et nous conduire à la prière. Son expérience passe au préalable par la découverte de l'intériorité.
« Ne te borne plus à la surface, descends en toi-même, pénètre dans l'intérieur de ton cœur » ( Sermon 53-15).
« Tu te laisses troubler par ce qui se passe au-dehors de toi, et tu te perds… Reviens à ton cœur et de là va à Dieu » ( Sermon 311-13).
L'intériorité pour Augustin est un lieu de ressourcement, elle se nourrit de la Parole de Dieu.
« Où Dieu se donne-t-il ? Au-dedans de toi. C'est là que tu pries, là qu'il t'exauce, là qu'il te rend heureux. » ( Psaume 33, 8)
Dans son livre Initiation à Saint-Augustin , Marcel Neusch note :
« La conversion suppose la prise de conscience que le véritable bien de l'âme se trouve non pas dehors, mais en elle, au-dessus d'elle.
« Mais Toi, tu étais plus intime que l'intime de moi-même, et plus élevé que les cimes de moi-même. » ( Confessions III 6,11)
C'est ce Dieu intérieur, toujours présent, que le Verbe fait chair invite à goûter.
B. Trois mouvements vers la méditation
Le Père Edgar Bourque, AA - dans sa conférence aux Essarts en Juillet 1989 sur la prière assomptionniste, à la lumière de saint Augustin – disait : « Saint Augustin dans ses études, dans son approche de la vie, dans ses prières, a pris l'habitude de trois mouvements bien distincts, l'un de l'autre : Un mouvement extérieur, un mouvement d'intériorisation et celui d'un grand élan vers Dieu. En latin ces trois mouvements se traduisent ainsi :
Ad extra , vers l'extérieur - la préposition ad indique « un mouvement vers » -, vers un objet extérieur.
Ad intra , vers l'intérieur, vers le centre de notre être.
Ad supra , vers un mouvement supérieur.
Tout cela suit un principe très augustinien : tout ce qui est inférieur doit être rendu supérieur, et tout ce qui est extérieur doit être amené vers notre intérieur. Tout cela pouvant se résumer dans ce principe :
« Nous ne connaissons bien que ce que nous aimons, et nous n'aimons bien que ce que nous connaissons. »
C. Application : la pécheresse chez Simon le pharisien en saint Luc 7, 36-50
1/ Ad extra : Je sors de moi-même pour aller à la rencontre du texte, je le regarde comme une photo, je le contemple comme un paysage.
Un pharisien invite Jésus à sa table, une pécheresse se jette aux pieds de Jésus …Je regarde ses gestes, j'entends le « murmure » du pharisien, l'interpellation de Jésus qui lit dans les cœurs. Avec lui je prends le détour de la parabole pour mieux comprendre la Parole : « Tu ne m'as pas…, elle au contraire… »
Jésus fait réfléchir, il n'impose pas sa façon de penser. D'un côté il y a la justice par la loi, de l'autre le pardon par l'amour.
Le texte a sa puissance comme il est, il faut tâcher de se laisser saisir par lui, sans vouloir le changer ou se projeter, en se disant « je me reconnais dans le pharisien… »
2/ Ad intra : Dans un deuxième temps, nous amenons le texte à l'intérieur de nous-mêmes, nous rejoignons notre centre de gravité, à l'endroit le plus profond, là où nous sommes le plus nous-mêmes.
« Rentre dans ton cœur et de là élève-toi jusqu'à Dieu car tu es bien près de Dieu une fois rentré dans ton cœur. » ( Sermon 311-13)
Saint Augustin définit ce centre, le cœur comme :
« Celui où l'intelligence et la volonté se joignent, là où l'intelligence illuminée par la foi rencontre la volonté illuminée par la charité ».
Nous écoutons alors le Christ présent en nous, Augustin aime l'appeler le « Maître intérieur ». Dans la foi, nous le laissons nous enseigner, nous travailler avec ce qui est dit dans le récit.
« Votre maître véritable sera toujours ce maître intérieur que vous écouterez dans votre âme. » ( Lettre 266, 3)
La Parole porte en elle une force étonnante de transformation. Que ce soit à l'aube de la création : « Dieu dit… et il en fut ainsi ! » (Genèse 1)
Ou dans la bouche de Jésus :
« Il menaça le vent et dit à la mer, silence ! Tais-toi ! » (Marc 4,39)
« Je le veux, sois purifié ! » (Luc 5,13)
« Ta foi t'a sauvée, va en paix ! » ( Luc 7,50)
Entrons dans la prière d'Augustin lui-même :
« ECOUTE : La Parole te crie de revenir !
…confie à la vérité tout ce que tu tiens de la vérité.
Alors tu ne perdras rien.
Alors refleurira ce qui pourrit en toi,
Alors sera guéri ce qui languit en toi,
Et ce qui croule en toi se reformera.
Alors, tu ne tomberas plus :
Tout, en toi, tiendra et durera,
Près de Dieu qui tient et dure toujours.
…Où allez-vous par ces rudes chemins ?
Le bien que vous avez vient de Lui.
Pourquoi marcher encore par des voies tortueuses ?
Le repos n'est pas où vous le cherchez.
Cherchez le bonheur, mais non la mort »
( D'après Confessions IV, 9,16 sv.)
3/ Ad supra : Le père Bourque le décrit comme un grand élan vers Dieu : « De la même façon que nous avons porté le texte à l'intérieur de nous-mêmes, à la rencontre de Jésus qui s'y trouve, dans le 3 e mouvement, nous permettons au Christ de nous emmener dans son centre à lui, au plus profond de lui-même. Nous lui permettons de nous emmener au centre de la Trinité. Là, il va nous parler du silence de Dieu. »
Nous nous laissons ainsi entraîner dans cette prière de simple présence, nous confiant au dialogue entre le Père, le Fils et l'Esprit qui agissent sans que nous sachions comment.
Là, il n'y a plus rien à dire, sinon consentir au mystère : le Royaume est tout proche de nous !
Une autre manière de vivre ?
Cette façon de prier peut-elle nous introduire à une autre manière de vivre, d'être présent à soi, au monde, à Dieu ?
Est-elle applicable à tout événement, rencontre, imprévu qui surgissent, nous déroutent dans nos vies et nous invitent en quelque sorte à entrer dans le même mouvement ?
Ad extra … nous positionner par rapport à ce qui survient à l'extérieur.
Ad intra … rapporter doucement ce qui nous occupe, au « Maître intérieur », au « Médecin », ou au « Médiateur ».
Ad supra … consentir à lâcher prise en laissant, selon l'expression de Maître Eckhart : « Dieu être Dieu en nous »
Qu'il en soit ainsi !
Sœur Marie-Geneviève POULAIN
Religieuse de l'Assomption
Paris
L'accueil à l'Assomption : La passion de la rencontre |
Accueillir… Cette dimension fondamentale de l'Evangile est au cœur du charisme de la famille de l'Assomption. Qui n'a jamais goûté à la simplicité et à la générosité de cet accueil ? Toutes les communautés le pratiquent : des foyers « d'accueil de jeunes » aux maisons de repos. Certaines formes plus spécifiques sont liées à l'apostolat de chaque communauté. Accueillir des missionnaires de passage, des réunions de la paroisse, des élèves des établissements scolaires, des groupes professionnels de Bayard ou des pèlerins à Saint Pierre en Gallicante à Jérusalem… ce n'est pas la même chose. Impossible donc d'en dresser l'inventaire complet. Bien des « petites mains » sont souvent nécessaires pour trouver tous ces lieux… accueillants ! L'accueil vécu au quotidien est le lot de bien des religieux et religieuses, au service des congrégations de l'Assomption ou en dehors.
Trois lieux symboliques de cette réalité multiforme seront présentés ici : Bonnelles, Valpré et Fleur des Neiges.
1 - BONNELLES
S'il y a bien un mot-clé qui scande les étapes de l'histoire contemporaine des Orantes, c'est celui de l'accueil. Après le Concile Vatican II, le style de vie contemplative des Orantes se transforme. De Sceaux, le monastère Saint Joseph est transféré à Bonnelles en 1970. Bonnelles est à 40 km de Paris. La nouvelle implantation, d'architecture résolument contemporaine, est conçue pour favoriser le partage et la prière, tel qu'en témoigne un document d'époque :
« Accueillir des hôtes dans nos communautés, c'est les inviter à entrer dans un climat de silence et d'intériorité, qui ne peut leur être offert que par la qualité même de notre vie et la vérité de notre silence. »
Dès lors, le monastère devient maison d'accueil pour des retraitants, pour le voisinage et pour le groupe des « amis de Bonnelles ». Les échanges se multiplient entre sœurs et laïcs, sur la base de la rencontre fraternelle et de l'approfondissement de la foi. Les Orantes expriment leur attachement à saint Augustin par la création du CRAB (Centre de Recherches Augustiniennes de Bonnelles). Sœur Douceline y publie Alype , dont Itinéraires Augustiniens a vaillamment pris le relais.
Des milliers de personnes sont passés par Bonnelles en l'espace de 35 ans : jeunes et adultes, paumés, en recherche ou désireux de creuser leur foi… Le monastère continue sa mission de partage et d'éveil à la prière, au service de l'Eglise. Le lieu se veut encore aujourd'hui signe de la présence du Seigneur parmi son peuple, dans un espace où les personnes accueillies pourront aussi trouver amitié et réconfort. Un groupe de partage sur saint Augustin s'y réunit une fois par mois.
2 - VALPRE
Autre lieu, autre histoire : Valpré est un vieux domaine à Ecully, en bordure de Lyon. La ferme et le château datent des années 1680, suivis d'une reconstruction en 1870. En 1949, les Assomptionnistes acquièrent cette propriété. Ils y construisent en 1958 un immeuble pour y former des jeunes religieux. En 1970, Valpré, devenue « maison d'accueil », s'ouvre au grand public. Après une rénovation complète en 1997, elle accueille aujourd'hui 60% de clientèle d'entreprises venues de toute la France et de l'étranger. Des associations, des mouvements chrétiens, des familles y trouvent aussi un lieu agréable pour leurs sessions et rassemblements.
Une communauté religieuse très internationale y réside. Elle contribue à l'animation de ce lieu à travers des échanges et des propositions. Un groupe de chrétiens constitué – la communauté chrétienne de Valpré – prend aussi différentes initiatives, dans le domaine de l'animation liturgique ou de la solidarité par exemple. Des évolutions importantes sont en cours. Les Assomptionnistes réunis en chapitre en 2004 ont redit toute l'importance qu'ils accordaient à la dimension spirituelle et la vocation chrétienne de Valpré. « Faire une maison habitée, priante et accueillante » demeure un objectif prioritaire.
Il reste à envisager un lieu, pas si loin de Valpré, mais à la montagne : « Fleur des Neiges ».
3 – FLEUR DES NEIGES
En 1931, les Jésuites s'installent à « Fleur des Neiges » dans les Alpes. Ce chalet, ayant appartenu à l'origine à un prêtre de Paris, avait aussi servi de maison de repos pour les personnes atteintes de la tuberculose. Mais peu à peu le chalet allait se transformer en centre d'accueil spirituel. Ouverte progressivement aux prêtres et aux laïcs, la maison passe aux mains des Religieuses de l'Assomption en 1995. Elles y poursuivent la mission d'accueil et de formation spirituelle commencée par leurs prédécesseurs. Une constante : « la vie partagée dans le respect, la confiance et la liberté, la volonté de construire un chemin de bonheur ». Une orientation nouvelle est cependant à noter. « Fleur des Neiges » s'est ouvert aux familles, surtout pendant les vacances. Des locaux ont été transformés en salle de jeux pour les enfants. Le projet est désormais porté avec des laïcs.
Cette volonté d'accueillir est bien dans le patrimoine génétique de l'Assomption. Les Petites Sœurs de l'Assomption de la rue Violet à Paris mettent aussi à la disposition de nombreux groupes des espaces aménagés pour les recevoir. Dernière preuve s'il en était de ce goût de l'accueil, le récent projet des Assomptionnistes : une Auberge de jeunesse chrétienne en plein cœur de Paris ! Les murs ne sont pas encore levés. Mais la famille de l'Assomption n'aura jamais fini d'inventer des lieux pétris d'humanité et ouvrant à la rencontre de Dieu.
Jean-François PETIT
Augustin de l'Assomption
(Paris)
Monastère des Orantes
- 78830 BONNELLES - Tél : 01 30 88 48 50
Centre d'accueil de Valpré
-1 Chemin de Chalin -BP 165 -69131 ECULLY CEDEX - Tél : 04 72 18 05 99
Chalet « Fleur des Neiges »
- 287 Chemin des Granges d'Orsin -74 170 ST GERVAIS - Tél : 04 50 93 41 96
Accueil
- PSA 57 rue Violet - 75015 PARIS - Tél : 01 44 37 34 00
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