IN MEMORIAM

Sœur Douceline - Tatiana Loury
Orante de l'Assomption


Sœur Douceline - Tatiana Loury, nous a quittés le 4 février de l'an 2000. Née le 4 avril 1916 en Russie, elle avait dû s'expatrier en Italie à la suite de la Révolution bolchevique. Elle fera sa scolarité à Prague, chez une tante, la gouvernante lui faisant refaire en russe devoirs et leçons afin qu'elle n'oublie pas sa langue maternelle. Puis elle fera trois années de médecine à Gênes, avant de réaliser son rêve d'aller à Paris où elle fit des études littéraires à la Sorbonne. C'est là qu'elle fit la connaissance d'un médiéviste hongrois qu'elle épousa. Elle le suivra en Allemagne où ils enseignèrent.

Comme pour Mère Isabelle, la fondatrice des Orantes de l'Assomption, la mort prématurée de son époux bouleversa sa vie, et c'est ainsi que, jeune veuve, sans enfants, elle vint frapper chez les Orantes en 1957, désireuse de consacrer au Seigneur le restant de ses jours, dans une vie de prière et d'adoration. Calme, silencieuse, discrète sur son passé, elle n'en lâchait que des bribes. Ses études et ses voyages en avaient fait une personne très cultivée, parlant plusieurs langues. Au cours des dernières années, elle s'était même mise à l'hébreu.

A la suite du Concile, qui avait demandé la rénovation de la vie religieuse, notamment par un retour aux sources, les Orantes, comme d'autres communautés augustiniennes, sentirent le besoin de se réapproprier la pensée et la spiritualité de saint Augustin. On fit appel à ses compétences. C'est ainsi que virent le jour quatre petits livres qui, d'abord prévus pour un usage interne, furent diffusés par le Centurion, sous les titres suivants :

- Aime et dis-le par ta vie (1977)
- Réjouissez-vous et soyez dans l'allégresse (1977)
- J'espère en ton Royaume aujourd'hui (1979)
- Ces frères que tu m'as donnés (1983)

Parallèlement, elle créa la revue " Alype ", du nom de l'ami d'Augustin, dans le but de créer un réseau d'amitié augustinienne. Dans la foulée prirent naissance trois cassettes audio sur des thèmes augustiniens. L'audience de ses écrits et sessions dépassèrent largement le public des Orantes. Dans la revue, elle signa plusieurs articles dont voici les titres :

- 01 : Alype l'ami

- 14 : Augustin notre frère

- 04 : La source et le fleuve - 15 : Au seuil d'un centenaire
- 08 : Sur les pas d'Augustin - 16 : Augustin et le grand siècle
- 12 : Notre vie de prière - 17 : En priant avec Augustin
- 13 : Augustin s'identifie aux pauvres - 20 : En cette nuit de Pâques

 

Sœur Douceline s'était donné un but clair : faire aimer Augustin, et le rendre accessible ; partager la riche nourriture spirituelle de sa pensée ; créer un réseau d'amitié et permettre aux amis d'Augustin de prendre la parole ; tenir les lecteurs au courant des publications, sessions, etc. Au bout de quelques années, elle s'était interrogée : " Avons-nous été fidèles au but fixé ? " Les témoignages reçus ne laissent aucun doute : " Elle savait stimuler la recherche… Nous pouvons rendre grâce pour toute l'œuvre accomplie près de ceux qu'elle a enrichis par ses recherches… etc ".

Sœur Douceline avait d'abord vécu à Sceaux, puis au Vigan, enfin à Bonnelles, où elle avait créé un petit centre augustinien. Elle retourna de nouveau au Vigan, sa santé ayant été sérieusement ébranlée. C'est là qu'elle écrivit en 1981 : " Quand mon heure sera venue, fais, Seigneur, que je passe par une transition presqu'insensible de Toi à Toi, Dieu vivant, Pain des hommes, à Toi Amour Vivant ! " Le Vigan n'était pas encore le repos total. La dernière étape de sa vie fut Gemenos, dans une maison médicalisée, où elle fut heureuse de retrouver des sœurs de toutes nationalités, heureuse d'avoir un rythme de vie qui lui permettait de continuer à partager la prière et la vie communautaire. Jusqu'à la limite de ses forces, elle visita les malades de la maison. Condamnée à la chambre, elle évitait de déranger. En guise d'adieu, citons ce poème qu'elle aimait :

Ce qui se passera de l'autre côté, je ne sais pas,
Je crois seulement qu'un amour m'attend…
Si je meurs, ne pleurez pas :
C'est un Amour qui m'attend…

Sœur Marie-Dominique GUYON
Orante de l'Assomption

 Page réalisée par D. Remiot

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