AUGUSTINS DE L'ASSOMPTION

Il arrive qu'à la suite d'une erreur d'enregistrement on porte deux noms : l'un dans la vie et l'autre sur les registres d'état civil. C'est ce qui nous est arrivé. Le saviez-vous ?
Jusqu'au 20 octobre 1981, nous appartenions tous officiellement à la " Pieuse Société des Prêtres de l'Assomption ". A la suite du dernier Chapitre, notre Procureur général, le P. Brajon, a enfin obtenu de la Congrégation des Religieux que concordent la vie et les Registres officiels. La " Pieuse Société " est morte ! Selon l'article 52 de nos Constitutions, nous sommes " Augustins de l'Assomption, dits Assomptionnistes ou Religieux de l'Assomption ". C'est le terme d'une longue histoire qui finit bien, et dont vous trouverez les péripéties dans les prochaines Informations. Enfin, la vérité onomastique est rétablie. Enfin surtout, nos frères non-prêtres retrouvent leur place entière.

Un nom officiel et deux noms courants.

C'est beaucoup ! Mais tous les trois sont d'origine, et authentiques. " Assomptionnistes ", " Religieux de l'Assomption " : ce furent les deux premiers vocables utilisés à Nîmes et ailleurs.
Religieux : Oui. Le Père l'a voulu dès la nuit de Noël 1845.
Assomption : Oui. C'était dû, d'abord, au hasard d'une naissance dans un collège placé sous le patronage de l'Assomption, bien avant l'arrivée du Père. Mais si le P. d'Alzon tenait à ce nom, c'était surtout parce que, déjà, depuis 1839, l'Assomption était la fondation de Mère Marie Eugénie de Jésus. Il y avait entre eux une telle communion de pensée et de projets qu'ils ont voulu enraciner leurs deux congrégations dans le même humus spirituel qu'ils appelaient l'Assomption. Ce nom disait tout et contenait tout … Implicitement. C'était, c'est notre premier nom de famille. Et nous le partageons avec les quatre familles de nos sœurs.
Très vite pourtant, le P. d'Alzon a cherché un prénom complémentaire, ou un double nom comme on le pratique en Espagne. Et dès 1856, avec l'accord de ses frères, il choisit le nom officiel d' " Augustins de l'Assomption ".
Pourquoi ce double nom ? Pourquoi Augustins ? Lui seul pourrait le dire.
Ce que l'on sait, bien sûr, c'est son amour pour les Pères de l'Eglise et son affinité personnelle avec saint Augustin.
Mais peut-être trouvait-il aussi que le seul vocable " Assomption " traduisait mal son christocentrisme inné. Et, peut-être voulait-il enfin se relier profondément à une des grandes traditions de la vie religieuse.

Saint Augustin : un pavillon de complaisance ?

C'était le Droit religieux : toute Congrégation naissante devait adopter une des grandes Règles du passé. Et beaucoup de fondateurs du XIXe siècle, pour obtenir le droit de naviguer dans les eaux de la vie religieuse, ont choisi la Règle de saint Augustin. Comme un pavillon de complaisance. Sans plus .
Pour notre fondateur, saint Augustin, c'est bien autre chose. S'il n'a pas été son seul maître, très vite il a été le plus aimé, le plus suivi, le seul que pratiquement il fréquentait vers la fin de sa vie.
Et pour nous, Assomptionnistes de 1981, Augustin ne sera-t-il qu'un pavillon de complaisance ?
Soyons clairs : Augustin n'est pas notre Père. Il est notre patriarche, selon la volonté du P. d'Alzon, ou comme nous le chantions, le " Grand-père " : Magne Pater Augustine !
Déjà par notre fondateur, par son esprit et ses grands textes, la sève augustinienne monte dans l'arbre de l'Assomption. Par exemple, la place centrale du Christ et des vertus théologales, le sens de l'Eglise, l'amour de son unité, la trilogie (unité, vérité, charité) si chère au P. Pernet…
Mais ce trésor augustinien, auquel certains des nôtres se sont consacrés entièrement, hier et aujourd'hui, ne pouvons-nous pas, tous, mieux l'exploiter encore ? Par fidélité au P. d'Alzon, quel est l'homme que nous aimons et devons aimer en saint Augustin ?

  1. L'homme spirituel. L'homme des Confessions, celui qui cherche Dieu dans toute sa vie et nous apprend à prier.
  2. L'homme fraternel. L'homme de la Règle, notre Règle. Elle contient encore bien des versets en or. Et si d'autres nous font sourire, il se dégage de ce livre de vie un parfum semblable à celui qu'exhalait, selon le Psalmiste, l'huile sur la barbe d'Aaron : le parfum d'une charité vécue, réaliste, à visage humain.
  3. L'homme d'Eglise. Le frère Augustin accepte le sacerdoce, et devient évêque de l'Eglise catholique. Pas aumônier de chapelle ou de secte. Pour servir cette Eglise, lui, si intérieur, s'extériorise, et lui, si fraternel, écrit tant d'ouvrages Contra. Mère Marie-Eugénie disait de lui ceci, que toute l'Assomption signera : " Saint Augustin a un cœur large comme l'Eglise. En lui rien de particulier. Ceci forme une de nos caractéristiques. "
  4. L'homme qui a pratiqué sa foi et sa mission apostolique dans une alliance étroite de " la tête et du cœur " : chose rare et précieuse. " Il n'y a rien de pire qu'une intellectualité sans spiritualité, si ce n'est une spiritualité sans intellectualité " (Jean Lacroix).
    Cette pensée d'un philosophe de notre temps traduit en termes savants ce qui fut la grâce d'Augustin et le souci constant du P. d'Alzon. De lui, cette citation entre mille : " Pour aimer Jésus-Christ, il faut le connaître, et pour le connaître, il faut en étudier les perfections. " (ES 28).

Pour conclure, ce vieux souvenir : le 28 août 1871, le P. d'Alzon ouvrait " les Châteaux " devant les 7 premiers Alumnistes et mettait son œuvre sous le patronage d'Augustin l'Africain. A saint Augustin, je confie tout notre avenir, en Afrique et ailleurs.

Hervé STEPHAN
Augustin de l'Assomption

 Page réalisée par D. Remiot

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