Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 3

Emmanuel d’ALZON
Bibliographie commentée et référencée - Sources et travaux, éditions, traductions

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

TRAVAUX - Etudes historiques et doctrinales de la vie et de la pensée du P. d’Alzon

Pierre Touveneraud, p. 31-35)

Après avoir parlé de l’édition des sources dans notre première partie, nous allons présenter ce qui a été écrit, à l’Assomption et ailleurs et qui concerne la vie, la pensée et l’œuvre du P. d’Alzon.

Nous n’avons pas l’intention d’en relever tout le détail, nous voudrions seulement ne rien manquer d’essentiel et de première main, ou encore d’immédiate utilité.

Nous parlerons successivement :

I. des volumes imprimés ;
II. des thèses de scolarité ou d’études ;
III. des articles imprimés ou dactylographiés, publiés ou non.

I. LES VOLUMES IMPRIMES

A l’intérieur de cette première catégorie, nous plaçons 1° les recueils commémoratifs ; 2° les biographies ; 3° les ouvrages d’études ; 4° les travaux pour la Cause de béatification.

 

1° Recueils commémoratifs

Jusqu’à ce jour, l’Assomption a été fidèle à se recueillir dans le souvenir de son fondateur, chaque année, à l’anniversaire de sa mort, mais aussi, et de façon plus conséquente, aux grands anniversaires de sa vie et de son activité. Ces recueils commémoratifs offrent l’intérêt de voir quelle idée chaque génération se fait de son fondateur, de ses origines, de ses intérêts apostoliques.

Ainsi en a-t-il été : en 1893, au cinquantenaire de la fondation du collège de Nîmes ; en 1910, au centenaire de la naissance du P. d’Alzon ; en 1913, au 30 e anniversaire de la fondation de la Croix ; en 1922, au 50 e anniversaire de la fondation de l’Association de Notre-Dame de Salut ; en 1922, au 60 e anniversaire de la fondation de la mission d’Orient ; en 1930, au 50 e anniversaire de la mort du P. d’Alzon ; en 1950 (mais avec cinq ans de retard, à cause de la guerre), au centenaire de la fondation de l’Assomption.

Depuis, on a également souligné le centenaire de la rédaction du Directoire, en 1959 ; la participation du Père à la défense des Etats pontificaux, également en 1959 ; son rôle au Ier Concile du Vatican, lors des assises de Vatican II, en 1962-1965 ; la part prise par lui lors de la fondation des Oblates et des Petites Sœurs de l’Assomption, en 1965, tout comme ses initiatives, en Orient, au service de l’unité de l’Eglise, en 1963. Le 9 mars 1965, quand parut le 25 000 e numéro de La Croix, on rappela la préhistoire du journal, dans la dernière partie de la vie du P. d’Alzon. Enfin, en 1972, son souvenir ne fut pas oublié, pour le centenaire de l’Association de Notre-Dame de Salut, et même, sa pensée personnelle, au cinquantenaire de la division de l’Assomption en provinces. On aura remarqué que l’édition des Premières Constitutions 1855-1865 a coïncidé, à une année près, en 1966, avec le centenaire de leur mise en forme définitive par le P. d’Alzon en 1865.

En 1975, toute l’Assomption s’est réjouie tout entière avec les Religieuses de voir leur fondatrice, Mère Marie-Eugénie, béatifiée à Rome par le pape Paul VI en février 1975, aujourd’hui canonisée par le pape Benoît XVI (3 juin 2007).

Actualisation

Pour le dernier quart du XXème siècle, l’Assomption est restée fidèle à sa ferveur commémorative : en 1980, a été fêté avec solennité le centenaire de la mort du P. d’ALZON, centenaire que le P. TOUVENERAUD avait bien préparé pour sa part mais dont une mort cruelle l’a privé des manifestations prévues ; en 1983-1984, le P. Hervé STEPHAN a eu la joie de présider à la reconnaissance officielle d’une nouvelle Règle de Vie, selon l’obligation d’aggiornamento des textes demandée par Vatican II. Il la commenta dans un écrit dactylographié qui n’a pas été publié : Gènes et genèse, Rome, 1986, 56 pages. Cette même année 1983, le P. PERNET est devenu un serviteur de Dieu ‘héroïque’. Le journal La Croix a fêté son premier centenaire de parution et a préparé la tenue d’un important colloque en 1987 dont les Actes ont été publiés ensuite. En 1986-1987 également, l’Assomption s’est jointe à tout l’Ordre augustinien qui s’est rappelé le 1600 e anniversaire de la conversion du Docteur d’Hippone ; suite aux événements politiques qui ont bouleversé toute l’Europe de l’Est avec la chute du mur de Berlin en 1989, de nouvelles formes d’espérance ont redonné vigueur et actualité, progressivement, à la Mission d’Orient ; en décembre 1991, l’Assomption a eu la joie de recevoir de Rome le décret de reconnaissance d’héroïcité du P. d’ALZON. Des fondations audacieuses, de constitution internationale, sont venues relancer l’imaginaire et la générosité apostolique des fils de l’Assomption : au Kenya (1987) - la dernière fondation antérieure dans un nouveau pays remontant à 1962, à Agua Caliente au Costa Rica !-, en Corée (1991), en Tanzanie (1995), en Equateur (1996), aux Philippines (2006), au Vietnam (2006) et au Togo (2006), donnant ainsi une forme de postérité renouvelée et accrue au P. d’ALZON. En l’an 2000, l’Assomption a voulu fêter avec éclat ses 150 ans de vie officielle : célébrations, colloque missionnaire à Valpré, publications. En mai 2002, grâce au travail de fond préalable du Postulateur, Bernard HOLZER, le pape JEAN PAUL II, a béatifié à Plovdiv trois assomptionnistes bulgares martyrs, fusillés en 1952 après un procès inique à Sofia. Toute l’Assomption s’unit à la joie des Religieuses pour la canonisation de Mère Marie-Eugénie en juin 2007. La célébration du bicentenaire de la naissance du P. d’Alzon en 2010 donnera lieu à une nouvelle ferveur commémorative et, espérons-le, productive.

C’est déjà une longue série d’ouvrages, d’études, d’articles, qu’il faudrait ici mentionner. Nous en retrouverons certains par la suite, et nous ne retiendrons pour le moment que les recueils commémoratifs publiés en volumes imprimés, dont deux méritent une mention spéciale et dont nous allons donner le détail :

L’Assomption et ses œuvres, Paris, B.P., 1893, 638 p.

Composé après la célébration à Nîmes du cinquantenaire de la Maison de l’Assomption, en 1893, cet ouvrage concerne plutôt l’Assomption que le P. d’Alzon. Il comporte, outre un choix de textes du Père, des exposés dus à quelques-uns de ses premiers disciples, dont certains donnés en 1893. Parmi les plus importants, signalons :

François PICARD, Tu, quis es ? (p. 5-19). Article liminaire important où nous est présenté ce qu’est un religieux de l’Assomption au delà de la variété même des œuvres de sa congrégation.

Edmond BOUVY, Le P. d’Alzon, homme de doctrine (p. 141-193). Discours à relire qui nous montre le P. d’Alzon dans l’étude constante de la Bible et des Pères. L’Assomption a suivi son fondateur en donnant à l’Eglise des spécialistes dans les sciences sacrées et la connaissance de l’Orient chrétien. Le P. Joseph MAUBON(1) (Le P. d’Alzon et l’Orient, p. 409-429) rappelle les faits qui ont marqué l’engagement de la Congrégation en Orient à la suite du fondateur.

L’article du P. BOUVY a déjà paru en 1893 dans Souvenirs, n° 148, en supplément, 15 pages et dans Souvenirs 1893, n° 148, p. 1-15.

Henri COUILLAUX(2), Histoire des alumnats, depuis leur fondation jusqu’en 1893 (p. 273-313). Notice sur les origines et l’extension de l’une des œuvres les plus typées créées par le P. d’Alzon, et ici, en faveur des vocations venues des milieux pauvres. L’article du P. Edmond BOUVY, Education dans les alumnats (p. 314-333), est le complément de cette notice. Sur cette œuvre, cf Polyeucte GUISSARD(3), Histoire des alumnats, le sacerdoce des pauvres, Paris, B.P., 1954, 488 p.

Emmanuel BAILLY, Le P. d’Alzon et l’apostolat (p. 335-397). Prédicateur, directeur d’âmes, créateur d’œuvres et, en tout cela, homme d’oraison, ‘le P. d’Alzon a été toujours, partout, avant tout et tout simplement apôtre’. Avec l’exposé du P. Vincent de Paul BAILLY, Le P. d’Alzon et les œuvres sociales (p. 459-495), nous en venons à la création de l’Association de N.-D. de Salut et des œuvres qu’elle suscite, sous la haute autorité du P. d’Alzon, et dont les plus voyantes furent de suite l’œuvre des pèlerinages et l’œuvre de la Bonne Presse, œuvres dites sociales, en tant qu’une œuvre chrétienne a nécessairement un impact sur la société.

Mélanges Emmanuel d’Alzon, en collaboration, conférences de la ‘Semaine alzonienne’, Hal, 14-19 mai 1951, Edition du Centre d’Alzon, Saint-Gérard, 1952, 296 p. Mention de l’ouvrage dans Bulletin officiel de l’Assomption, décembre 1954, vol. II, n° 4, p. 87. L’Assomption et ses Œuvres, 1951, n° 488, p. 9-11.

Toutes les contributions ne sont pas d’égale valeur dans ce volume(4), à peu près intégralement consacré au P. d’Alzon, pour le centenaire officiel de l’Assomption. Certaines, cependant, constituent de véritables acquisitions dans la connaissance de la spiritualité du P. d’Alzon et dans la présentation de ses intuitions et de ses réalisations apostoliques. Nous ne pouvons détailler, mais nous tenons à reprendre la liste entière de ces communications, rassemblées dans un volume qui est loin d’avoir perdu de son actualité.

  • Lucien GUISSARD, Vie et survie du P. d’Alzon, p. 5-11 ;
  • Gervais QUENARD(5), L’esprit du P. d’Alzon, p. 13-21 ;
  • Jude VERSTAEN(6), Le siècle de l’Assomption, p. 23-38 ;
  • Jérôme BECKAERT(7), L’Assomption comme pensée et réalisation, p. 39-59 ;
  • Fulbert CAYRE(8), L’originalité du P. d’Alzon en spiritualité, p. 83-89 ;
  • Athanase SAGE, Présentation du Directoire , p. 101-133
  • Landoald SIBUM(9), La Sainte Eucharistie chez le P. d’Alzon, p. 135-161 ;
  • Bernard RACT(10), La spiritualité mariale du P. d’Alzon, p. 163-185 ;
  • Herbland BISSON, Au service de l’Eglise, p. 187-202 ;
  • Adrien PEPIN(11), La piété du P. d’Alzon, p. 203-223 ;
  • Aubain COLETTE, L’idéal pédagogique du P. d’Alzon, p. 225-250 ;
  • François-Joseph THONNARD(12), Le P. d’Alzon et l’enseignement, p. 251-270 ;
  • Olaf HENDRIKS(13), Le P. d’Alzon et les dissidences occidentales, p. 271-279 ;
  • Vitalien LAURENT(14), Le P. d’Alzon et les Eglises gréco-slaves, p. 281-301 ;
  • Aurèle ODIL(15), Le P. d’Alzon journaliste catholique, p. 303-325 ;
  • Ghislain CRAVATTE(16), La Geste du Chevalier, p. 327-336 ;
  • Gervais QUENARD, Cent ans d’efforts assomptionistes, p. 337-350 ;
  • Aubain COLETTE, Ame et horizon assomptionistes, p. 351-385.

En plus de ces deux recueils commémoratifs, il faut au moins mentionner ce qui fut écrit en 1910, au cinquantenaire de la naissance du P. d’Alzon et, en 1930, au cinquantenaire de sa mort.

L’Assomption, n° spécial 168, 14 e année, décembre 1910, p. 177-256.

Fascicule de 180 pages, faisant écho aux fêtes commémoratives célébrées dans toute la Congrégation, à l’occasion du centenaire de la naissance du P. d’Alzon, et reproduisant discours, études, articles de journaux etc., avec un choix de textes du P. d’Alzon. Comme études, signalons :

  • Timothée FALGUEYRETTE(17), Le P. d’Alzon éducateur chrétien, p. 187-195
  • Martin JUGIE(18), Le P. d’Alzon et l’Orient, p. 198-203 (raccourci d’un article paru à la même époque dans les Echos d’Orient, XIII, 1910, p. 257-266).

Pour la même occasion, on trouve dans le bulletin de L’Assomption, Echos du noviciat exilé, de l’année 1910, un certain nombre d’articles, signés ou non, à la mémoire du P. d’Alzon : ainsi, 1910, n° 164, p. 115-118 (La floraison d’un centenaire) ; n° 165, p. 132 (Le centenaire du P. d’Alzon) ; n° 166, p. 149 (Delenda Carthago) ; n° 167, p. 163-168 (A la mémoire du P. d’Alzon)

Bulletin de l’Association des Anciens Elèves de l’Assomption, Nîmes, 1910, p. 1-112.

Numéro consacré au centenaire de la naissance du P. d’Alzon célébré à Nîmes. Citons’ l’Eloge funèbre du T.R.P. Emmanuel Daudé d’Alzon’, p. 17-47, par Mgr de Cabrières.

Reproduction notamment dans L’Assomption, 1911, n° 170, p. 24-25.

Deux centenaires. Emmanuel d’Alzon 1810-1880, Frédéric Ozanam 1813-1853, Nîmes (imprimerie Gustave Goubier), 1913, 53 pages.

Texte de deux discours prononcés, le premier à la Fraternité des Petites Sœurs de l’Assomption, le 9 octobre 1910, le second à l’Assemblée générale des Conférences de Saint-Vincent de Paul, dans la Maison de l’Assomption, le 25 mai 1913 (sans nom d’auteurs).

L’Assomption, n° spécial 356, 31 e année, mars 1931, p. 33-64.

Fascicule de 32 pages, relatant les cérémonies célébrées dans diverses maisons en 1930, au cinquantenaire de la mort du P. d’Alzon. On y trouve entre autres choses une lettre de PIE XI au Supérieur général ; une lettre pastorale de Mgr Jean-Justin Girbeau (évêque de Nîmes) ; un récit du triduum de Nîmes ; des discours cités in extenso ou en partie des PP. Vandenkoornhuyse(19), A.A., Baragnon, O.P., M. Lombard(20), A.A., du chanoine Triaire-Brun, etc.

L’Assomption et ses Oeuvres, n° spécial 497, mai-juin 1953, 39 pages.

Fascicule qui, après le centenaire de la Congrégation célébré en 1950, entend présenter aux lecteurs de la revue l’état de l’Assomption, en évoquant la mémoire du successeur immédiat du P. d’Alzon, le P. François Picard, au cinquantenaire de sa mort (1903-1953). Le souvenir du P. d’Alzon y est évidemment rappelé.

Actualisation

Année Centenaire 1980

De 1980 à nos jours (2007), cette série commémorative a été enrichie par les apports du Colloque d’Alzon(21), tenu du 4 au 6 décembre 1980, à Auteuil, animé par de nombreux intervenants sous la direction de René REMOND et d’Emile POULAT et dont le texte a paru sous le titre : Emmanuel d’Alzon dans la société & l’Eglise du XIXe siècle, Paris, Le Centurion, 1981, 334 pages. Soigneusement préparé pendant plus d’un an par Charles EHLINGER et les PP. Lucien GUISSARD, Charles MONSCH et Emmanuel BRAJON, ce colloque entendait passer le P. d’ALZON au crible des historiens : recherches sur les origines, décapage d’une figure, dialogue entre chercheurs, historiens et les héritiers spirituels du Père, représentés par 120 A.A., 50 O.A., des R.A., des P.S.A. et des Ora. Treize spécialistes de l'histoire religieuse du XIXème siècle sont intervenus pour passer le P. d'ALZON au crible de la critique historique, dont voici les titres des exposés groupés en trois séries (I. Influences, p. 17-106 ; II. Idées, p. 109-230 ; III. Les Réalisations, p. 233-329), exposés suivis de débats :

Autre manifestation éditoriale marquante de l’année centenaire (1980), la publication du livre du centenaire, rédigé par André SEVE, Ma vie c'est le Christ: Emmanuel d'Alzon, Paris, édit. du Centurion, 1980, p.184 pages.

La Congrégation demanda au P. André SEVE (1913-2001), alors journaliste à Bayard Presse, en vue de la célébration de la mort du P. d’ALZON en 1980 une sorte de livre mémoire ou de ‘livre du centenaire’ qui évoque de façon renouvelée la figure du P. d’ALZON et la spiritualité de l’Assomption pour marquer ce rendez-vous historique (1880-1980). De là est né cet ouvrage qui n’est pas à proprement parler une biographie historique, mais une esquisse spirituelle de la personnalité du P. d’ALZON. Ecrit dans un langage moderne, il articule en 14 chapitres une dynamique très alerte des pensées maîtresses du P. d'ALZON en matière de foi et d'action apostolique, grâce à de nombreuses citations empruntées aux Ecrits spirituels :

Ce livre a connu une version espagnole: Mi vida, Cristo. Manuel d'Alzon (Barcelone, édit. Claret, 1980, 178 p.), une version anglaise: Christ Is My Life. The Spiritual Legacy of Emmanuel d'Alzon, New York, 1988, 175 pages (translated by M. Angeline BOUCHARD: ART Informations, mars 1988, n° 119, p. 7; décembre 1988, n° 123, p. 4). Le P. Eleuthère HOLSTRA en donna également une version néerlandaise, dactylographiée, 179 pages (parue sans date et sans lieu). Il existe également une traduction roumaine, Viata mea este Cristos Emmanuel d’Alzon (Margineni-Bacau, 1997, 151 p.) et une transcription vietnamienne non imprimée par le P. BOSCO, franciscain. Le livre du P. SEVE a ré-alimenté à l’Assomption un courant en faveur d’une connaissance plus approfondie du fondateur.

Quant à la vieille bande dessinée sur le P. d'ALZON, écrite par le même P. SEVE pour la revue Bayard dans les années 1950 (Le lion des Cévennes : Lettre à la Famille, 1951, n° 125, page 88), elle retrouva une certaine jeunesse avec une traduction espagnole pour la revue chilienne du sanctuaire de Notre-Dame de Lourdes de Santiago du Chili, El Eco de Lourdes (traduction par Carlos RUBINA): Manuel d'Alzon un hombre sin miedo y sin tacha. Fundador de los Padres Asuncionistas et même une adaptation au Congo en swahili, dessins noirs et blancs assez sommaires, par Gervais Djocky Star, Butembo, 1990, en 24 planches.

Série du Centenaire du P. d’Alzon 1980, Paris-Rome, 1978-1986, 11 fascicules. L’annonce de parution des 4 premières monographies avec brève présentation a été faite dans ART Informations, janvier 1980, n° 82 p. 3 et A.T.L.P., mars 1979, n° 1, p. 21 ; octobre 1982, n° 24, p. 8. Dans le cadre des célébrations du Centenaire de la mort du P. d’ALZON la commission créée (C.A.I. Commission Alzonienne Internationale) a suscité la parution d’un certain nombre d’études, soit des créations(23), soit des reprises de textes, dans le but de prolonger le mouvement du centenaire, d’où la publication de ces onze livrets parus entre 1979 et 1986 : ils ont été détaillés plus haut dans la première partie.

L’Assomption et ses Œuvres, printemps 1980, n° spécial 601, 64 pages.

Pour l’année du Centenaire également, la revue commune aux familles religieuses de l’Assomption a voulu honorer la mémoire du P. d’ALZON, fondateur des Assomptionnistes et des Oblates, par ce numéro spécial, nourri et bien illustré(24). Ce numéro spécial garde un intérêt documentaire et historique : c’est l’Assomption de 1980, en elle-même, vue par elle-même. Il comprend dans le détail quatre séries :

1° Qui est cet homme ? Première partie consacrée à l’homme d’ALZON, à son temps, à sa vie et à ses fondations : p. 1 à 19

2° Des hommes et des femmes se réclament de lui. Deuxième série  : p. 20 - 50 ;

3° Les familles de l’Assomption. Troisième série : p. 51-59.

4° Informations d’actualité. Quatrième série, p. 61-64.

Mémoire vive et continue du Fondateur, de 1986 à nos jours

La dynamique du centenaire d’ALZON ne s’est pas essoufflée, bien au contraire. La mémoire du P. d’ALZON s’est comme avivée et a donné lieu à quelques études ou travaux, dont certains de première main et d’une valeur éprouvée. Il reste que le P. d’ALZON n’est pas encore assez connu à l’extérieur de ses congrégations et qu’en ce sens toute publication sur lui dans des collections ou des dictionnaires ‘externes’ est et sera la bienvenue. La célébration du bicentenaire de sa naissance en 2010 est une nouvelle occasion de porter au grand jour la figure du Fondateur. Nous évoquons plus spécialement dans la partie 4° : les travaux de la Cause, respectant le plan formel donné par le P. TOUVENERAUD.

2° Biographies du P. d’Alzon

(P. Touveneraud, p. 35-39)
Nous ne parlons que des biographies consacrées au P. d’Alzon et nous les présentons par ordre de parution chronologique, la plus importante étant celle écrite par le P. S. Vailhé. Il faut savoir aussi que bien des éléments de la vie du P. d’Alzon sont exposés dans des biographies soit des disciples (P. Picard, P. Bailly, P. Pernet, P. Halluin, P. Galabert), soit de ses contemporains (Combalot, Lamennais, Lacordaire, M. Bailly, Mgr Plantier, Montalembert etc.) et spécialement Mère Marie-Eugénie de Jésus (cf ‘Origines de l’Assomption , 4 tomes, sans nom d’auteur, Tours, Mame, 1898-1902), ou encore dans des monographies consacrées à des réalisations apostoliques (enseignement, alumnats, pèlerinages, presse etc.).

De son vivant, le P. d’ALZON, on le comprend, n’a pas eu de biographe, ce qui ne veut pas dire qu’il n’ait pas fait parler de lui ni que l’on n’ait rien écrit sur lui ! Ainsi dans un article publié à propos d’un roman d’Ernest DAUDET (1837-1921), ancien élève de l’Assomption, intitulé Les aventures de Raymond Rocherrey, le critique littéraire Armand de PONTMARTIN, lui-même condisciple du jeune d’ALZON à Paris évoque ce dernier déguisé sous le pseudonyme d’Emmanuel de Villepreux (Semaine littéraire 374 ème, ) : Gazette de France, 26 avril 1875 .

A. du SAUSSOIS, Emmanuel d’Alzon, Lyon, imprimerie J. Gallet, plaquette de 32 pages, s.d [v. 1880]., dans collection Galerie des hommes utiles.

Evocation rapide et sympathique du P. d’Alzon, avec quelques correspondances de témoignages posthumes.

La Croix, Paris, impr. Faivre, n° 9, déc. 1880, p. 577-656.

C’est le texte de la lettre de Mgr Besson au clergé de Nîmes, écrite pour les obsèques du P. d’Alzon. Il est également reproduit dans les Contemporains, n° 2.

Ce fascicule de 80 p., consacré à la mort du P. d’Alzon, donne un récit des obsèques du Père, une série de témoignages épiscopaux et autres, une documentation relative à l’élection du P. Picard comme Supérieur général, une présentation des Congrégations de l’Assomption, des notices diverses sur les œuvres fondées par le Père, mais surtout on y trouve son éloge mortuaire par Mgr Besson, éloquent témoignage sur la grandeur du Père, première ‘vie’ en date ; on ne peut ignorer en 1980 ce numéro de La Croix Revue. L’éloge mortuaire de Mgr Besson sous le titre : ‘La vie et la mort du P. d’Alzon’ a été réédité en 1930, Paris, B.P., 72 pages avec une note introductive du P. Gervais Quenard, datée du 25 janvier 1930 (recension dans L’Ami du Clergé, 1930, page 242).

Geoffroy de GRANDMAISON, Emmanuel d’Alzon, dans Soldats de l’Eglise, Paris, B.P., 1902, 380 pages. Reprise et mise en forme d’articles donnés dans la revue Le Mois littéraire et pittoresque à partir de 1901.

Emmanuel BAILLY, A.A., Notes et documents pour servir à l’histoire du T.R.P. d’Alzon et de ses œuvres, 5 tomes, Paris, B.P., sans date [vers 1910], quelque 3000 p.

Pour la genèse de cette biographie : Lettre à la Dispersion, 1923, n° 72, p. 551-553.

Cet ouvrage qui occupa le P. E. Bailly de 1894 à 1910 et s’arrête à l’année 1853 de la vie du P. d’Alzon, est conçu en vue de la rédaction d’une biographie. Le P. Bailly y publie des notes et des documents, malheureusement sans références contrôlables, dans une première mise en œuvre, sollicite documents et souvenirs de la part des lecteurs et prévoit pour les accueillir de larges marges. On y respire un air d’hagiographie de la part d’un disciple très intime.

Le P. E. Bailly avait reçu mission de rechercher les écrits du P. d’Alzon : Souvenirs, 1884, n° 32, p. 175-176. Ce travail resta longtemps la seule référence biographique développée, bien qu’incomplète, sur le P. d’Alzon.

t. I Première période, années 1810-1828, p. 1-66 ; deuxième période, années 1828-1830 p. 69-208 ; troisième période, années 1830-1833 p. 211 à 338 ; quatrième période, années 1833-1835 p. 341 à 636.
t. II Cinquième période, années 1835-1844, p. 1 à 498 ; sixième période, années 1844-1850 p. 501 à 708.
t. III Sixième période, années 1844-1850 p. 1 à 677.
t. IV Sixième période, années 1844-1850 p. 1 à 568.
T V Septième période, années 1850-1860 p. 9 à 256.

Edmond BOUVY, A.A., Vie du P. d’Alzon, Paris, Typographie augustinienne, 1922, 94 p.

Chargé par le Chapitre général de 1912 d’écrire une vie du P. d’Alzon, le P. Bouvy n’en réalisa que les 4 premiers chapitres : le premier parle des ancêtres du Père, les 3 autres le suivent jusqu’à l’âge de 18 ans. D’une haute tenue littéraire, c’est un ouvrage de première main, rédigé par un témoin des dernières années

.Chap. I Les ancêtres du P. d’Alzon, p. 4-20
Chap. II L’enfance d’Emmanuel, p. 21-38
Chap. III Les études, p. 39-61
Chap. IV Le mouvement catholique, p. 62-94.

Henri-Dieudonné GALERAN, Croquis du P. d’Alzon, Paris, B.P., 1924, 362 p. [Aucune mention ou annonce de parution dans la Lettre à la Dispersion de 1924].

C’est la reprise, en trois séries, de notations concrètes parues par bribes dans Souvenirs, de 1893 à 1899 [et également dans L’Assomption, Echos du noviciat des A.A : 1898, n° 22, p. 350 ; 1900 n° 47, p. 166 ; n° 48, p. 177 ; L’Assomption, échos du noviciat exilé, 1902, n° 70, p. 153-154 ; 1904, n° 95, p. 164 ; 1909, n° 153, p. 137-138 ; 1911, n° 172, p. 60-61 ; 1933, n° 383, p. 516 ; 1934, n° 394, p. 490 ; 1936, n° 421, p. 313 ; 1938, n° 440, p. 235-236] , montrant le Père dans l’abandon et la simplicité de ses relations familières et l’air méridional de la Provence.

Ce n’est donc pas à proprement parler une biographie en bonne et due forme ; cependant ces croquis contiennent des pièces absolument autographes du P. d’Alzon, à défaut des documents mêmes de la correspondance écrite par le P. d’Alzon à son ancien élève et ami, hélas elle aussi disparue. On sait que malheureusement l’abbé Galeran, mort en 1915 à Damas, n’a pas confié ses papiers au soin d’un Assomptionniste de Jérusalem, à l’heure où la maison de Notre-Dame de France passait sous le contrôle de l’Etat-Major turc. Quoi qu’il en soit, ce genre vivant et même primesautier de souvenirs-témoignages a paru suffisamment authentique et valable pour être traduit à plusieurs reprises : en anglais, translated Richard RICHARDS(28), Sketches, Milton, 1982, 394 p. ; en espagnol, traduccion P. Tomas GONZALEZ, Anecdotas del Padre d’Alzon , Rome, 2002, 596 p. (cf AA Informations, 2003, n° 15, p. 6).

Avant-propos : p. V-X
Préface à mes notes et souvenirs sur le P. d’Alzon, p. XI-XIX
Première Série : p. 1-100 (60 Croquis)
Deuxième Série : p. 101-232 (42 Croquis)
Troisième Série : p. 233-314 (22 Croquis)
Appendice (5) : p. 315-358 (Oraison funèbre du P. d’Alzon, Le P. Pernet, Le Crucifix, Le bon sens du P. Pernet, Projets de panégyrique).

Siméon VAILHE, A.A., Vie du P. Emmanuel d’Alzon, vicaire général de Nîmes, fondateur des Augustins de l’Assomption (1810-1880), 2 tomes : t. I, 1810-1851, Paris, B.P., 1926, p. XVII-602 ; t. II, 1851-1880, Paris, B.P., 1934, 792 p.

Annonce de la rédaction du tome Ier dans Lettre à la Dispersion, 1926, n° 187, p. 161 et L’Assomption et ses Œuvres, novembre 1926, n° 304, p. 172. La traduction du tome II en anglais par le P. Stephen Raynor a été découverte par le P. Richard Brunelle récemment à Nairobi, qui espère aussi mettre la main sur la traduction du tome I.

Cet ouvrage de première main, couronné par l’Académie française, est écrit uniquement, d’après les sources, et certaines pages ont même valeur de sources. Cependant, après la préface, non signée, la bibliographie demeure sommaire et, tout au long de l’ouvrage, nous n’avons aucune référence archivistique. Cette carence n’empêche pas que ce soit une parfaite réussite du point de vue biographique. Sobre, objectif, un peu froid, il évite toute saveur hagiographique et demeure la biographie fondamentale. A l’époque de sa parution, d’aucuns lui reprochèrent de ne pas souligner assez la grandeur et la sainteté du P. d’Alzon. Ajoutons qu’à quarante ans de distance, la science historique a renouvelé l’approche de la problématique du XIXe siècle, que l’Assomption bénéficie de ce recul de l’histoire et que d’autres sources ignorées alors peuvent aider à cerner de plus près l’un ou l’autre des moments de la vie du P. d’Alzon. La parution de ce tome Ier est saluée par le circulaire n° 10 du P. Gervais QUENARD : Vie du P. d’Alzon, 2 juin 1927 éditée dans Circulaires aux Religieux de l’Assomption, B.P., 1948, p. 60-65. Présentation du t. Ier dans L’Assomption et ses Œuvres, 1927, n° 312, p. 105-106 ; n° 316, p. 163-164 ; 1928, n° 328, p. 179-181. Extraits de ce tome Ier publiés dans L’Assomption et ses Œuvres, 1927, n° 313, p. 115-118. Présentation du t. II dans L’Assomption et ses Oeuvres, 1934, n° 390, p. 420 ; n° 395, p. 504 : n° 396, p. 524 ; n° 399, p. 563-564 . Extraits dans L’Assomption et ses Oeuvres, 1935, n° 405, p. 50-52. L’abbé Marcel Bruyère a fait également en son temps du tome Ier de la biographie du P. d’Alzon par Siméon Vailhé une présentation sympathique et nourrie dans un article donné à la Nouvelle Revue du Midi (Bas-Languedoc et Provence), Nîmes, 1928, n° 3, p. 168-180.

t. I Préface et Bibliographie, p. I-XVII

Chap. Ier : La famille Daudé d’Alzon, p. 1-26
Chap. 2 : Enfance d’Emmanuel d’Alzon, p. 27-45
Chap. 3 : Au collège Stanislas de Paris, p. 46-75
Chap. 4 : L’étudiant en droit, la vocation (1828-1830), p. 76-89
Chap. 5 : La retraite studieuse de Lavagnac (1830-1832), p. 90-117
Chap. 6 : Le Séminaire et le séminariste (mars 1832-novembre 1833), p. 118-133
Chap. 7 : Les études à Rome, p. 134-155
Chap. 8 : La crise menaisienne (1834), p. 156-182
Chap. 9 : La prêtrise, p. 183-204
Chap. 10 : Le diocèse de Nîmes en 1835. L’abbé d’Alzon et les œuvres de jeunesse, p. 205-235
Chap. 11 : Les œuvres de zèle et de charité, p. 236-249
Chap. 12 : Fondation du refuge de Nîmes, p. 250-264
Chap. 13 : Vicaire général de Mgr Cart, p. 265-289
Chap. 14 : Portrait de l’abbé d’Alzon. Sa direction, p. 290-308
Chap. 15 : Premiers rapports avec les Religieuses de l’Assomption, p. 308-328
Chap. 16 : Achat du collège de l’Assomption et vision de la vie religieuse, p. 329-351
Chap. 17 : Le collège de l’Assomption, à Nîmes, et la liberté d’enseignement, p. 352-374
Chap. 18 : Fondation des Religieux de l’Assomption (1845), p. 375-393
Chap. 19 : Les premiers disciples, p. 394-411
Chap. 20 : Hésitations de l’évêque, encouragements de Rome, p. 412-429
Chap. 21 : Règles et esprit du nouvel Institut (1845-1850), p. 430-449
Chap. 22 : Nîmes ou Paris ? Principes d’éducation, p. 450-480
Chap. 23 : La révolution de 1848, p. 481-509
Chap. 24 : Nouvelles épreuves et nouvelles vocations, p. 510-533
Chap. 25 : Au Conseil supérieur de l’Instruction publique, p. 534-570
Chap. 26 : Profession des premiers Religieux de l’Assomption (1851), p. 571-592

t. II Chap. Ier: Déclin d’un saint évêque (1849-1855), p. 5-25

Chap. 2 : Débuts d’un évêque gallican (1855-1859), p. 26-47
Chap. 3 : La Congrégation des hommes, les ouvriers et les œuvres (1851-1864), p. 48-82
Chap. 4 : Essai d’Université libre (1850-1855), p. 83-104
Chap. 5 : ‘La Revue de l’Enseignement chrétien’ et la querelle des classiques (1851-1855), p. 105-128
Chap. 6 : Le travail quotidien : le collège, p. 129-151
Chap. 7 : Le travail quotidien, prédications et œuvres de zèle, p. 152-177
Chap. 8 : Les œuvres sociales, p. 178-198
Chap. 9 : Fondation de l’Association de Saint-François de Sales (1853-1860), p. 199-227
Chap. 10 : La crise (1853-1860), p. 228-249
Chap. 11 : Projets d’union avec divers Instituts religieux (1853-1868), p. 250-273
Chap. 12 : Approbation de Rome et organisation de l’Institut, p. 274-294
Chap. 13 : Luttes pour l’indépendance de l’Eglise (1859-1863), p. 295-324
Chap. 14 : Jérusalem ou la Bulgarie ? p. 325-348
Chap. 15 : Stamboul et la question d’Orient, p. 349-279
Chap. 16 : Fondation des Oblates de l’Assomption (1863-1869), p. 380-415
Chap. 17 : Les Religieuses de l’Assomption (1851-1869), p. 416-438
Chap. 18 : Nouvelles fondations (1862-1868), p. 439-465
Chap. 19 : Amour de Rome et des amis de Rome, p. 466-491
Chap. 20 : La famille – L’homme intime, p. 492-514
Chap. 21 : Le Concile du Vatican, p. 515-567
Chap. 22 : La guerre et l’action, catholique (1870-1875), p. 568-599
Chap. 23 : Conquête de la liberté de l’enseignement supérieur (1871-1878), p. 600-622
Chap. 24 : Notre-Dame des Vocations (1871-1880), p. 623-643
Chap. 25 : Missions d’Australie et d’Orient (1860-1880), p. 644-673
Chap. 26 :Œuvres de spiritualité – Esprit de l’Assomption, p. 674-697
Chap. 27 : Les dernières luttes (1878-1880), p. 698-730
Chap. 28 : Les derniers jours (1880), p. 731-757

Bibliographie : p. 758-761.
Index des noms propres : p. 762-777.
Table des Matières p. 779-792.

Un ouvrage d’une telle ampleur ne pouvait atteindre un large public et la parution du tome second coïncidait avec l’ouverture et les premiers travaux du procès de béatification. D’où, deux points de vue nouveaux dans les biographies ultérieures : celui de la divulgation et celui de l’hagiographie. La divulgation ou vulgarisation n’est pas facile, et si l’hagiographie n’est pas un genre faux, elle demeure difficile à réaliser.

Depuis ces lignes écrites par le P. TOUVENERAUD, nous pensons de façon identique quant à la valeur documentaire et rédactionnelle de cet ouvrage(29) : il a, c’est sûr et inévitable, pris de l’âge, mais il n’a paradoxalement pas trop vieilli. Nous faisons deux remarques en creux cependant : le P. Siméon VAILHE est manifestement trop préoccupé de ‘laver’ le jeune Emmanuel d’ALZON de toute attache mennaisienne forte qui aurait compromis ses fondations d’une sorte de tache originelle, quand on connaît l’évolution personnelle de l’abbé à partir de 1834. Nous savons depuis qu’Emmanuel d’ALZON sut être un disciple loyal sans inféodation et qu’il reprit avec d’autres, après la rupture de 1834, le meilleur de l’inspiration du maître dans le sens d’une fidélité courageuse et engagée su service de l’Eglise. La seconde ne peut manquer de relever que tout auteur est, même à son insu, tributaire de son temps. Le P. VAILHE inscrit son ouvrage au cœur d’une polémique qui vécut douloureusement la condamnation de l’Action française, cette version nationaliste à l’idéologie séduisante qui subvertissait les mânes du courant ultramontain intransigeant à des fins politiques. Certaines de ses pages se ressentent de cette atmosphère enfiévrée qui faisait injustement de la République (surtout la IIIème, née anticléricale et laïciste) le bouc émissaire de tous les maux d’une société en mal d’évolution.

Polyeucte GUISSARD, A.A., Le P. Emmanuel d’Alzon, fondateur des Augustins de l’Assomption 1810-1880, Bruxelles-Paris, B.P., 1935, 328 p(30).

Présentation du livre dans Lettre à la dispersion, 1936, n° 630, page 95 et recension dans La Croix du 5 février 1936 par le P. Séraphin Protin.

L’auteur puise sa substance et sa documentation dans les deux tomes du P. S. Vailhé, s’adresse à un public ordinaire et pressé, met en lumière le cachet surnaturel d’une vie débordante d’activité. En 1932, le P. P. Guissard avait déjà publié un premier livre intitulé : Portraits assomptionnistes, Paris, B.P., 410 p., dont les portraits de quelques-uns des premiers disciples du P. d’Alzon, à l’exception de ceux qui bénéficiaient déjà d’une biographie. Recension dans L’Assomption et ses Oeuvres, 1936, n° 417, p. 242.

Le livre a été traduit en portugais par D. Emilia Lobato de Araujo Rosas Bastos, sous le titre O Padre Emanuel d’Alzon fundador dos Agostinhos da Assunçao 1810-1880, Salvador-Bahia, 1960, 276 p. Mention dans Bulletin Officiel de l’Assomption, octobre 1961, vol. III, n° 6, p. 147.

Préface : p. 5-7
Chap. I : Un gentilhomme, p. 9-37
Chap. II : Les marches de l’autel, p. 38-52
Chap. III: Premières armes, p. 53-73
Chap. IV : Au souffle de l’Esprit, p. 74-93
Chap. V : Le Fondateur, p. 94-114
Chap. VI : Le signe de la croix, p. 115-137
Chap. VII : Un Educateur, p. 138-160
Chap. VIII : Delenda Carthago, p. 161-179
Chap. IX: A la conquête de l’Orient, p. 180-199
Chap. X : Le sacerdoce des pauvres, p. 200-227
Chap. XI : Le Chevalier du Pape et de l’Eglise, p. 228-247
Chap. XII : Les œuvres du salut, p. 248-273
Chap. XIII : La beauté intérieure, p. 274-296
Chap. XIV : Le Patriarche, p. 296-316
Chap. XVC : Mort au champ d’honneur, p. 317-327

Adrien PEPIN, A.A., Le P. Emmanuel d’Alzon (1810-1880), l’âme d’un grand apôtre, Paris, B.P., 1951, 448 p.Annonce dans L’Assomption et ses Oeuvres, 1950, n° 482, p. 12.

Mention dans Bulletin Officiel de l’Assomption, décembre 1954, vol. II, n° 4, p. 87 et Lettre à la Famille, 1950, n° 96, p. 35. Recension dans la Revue d’Histoire de l’Eglise de France, 1951, n° 128, t. 37, col. 112

L’auteur vise le grand public, utilise la documentation existante en matière d’études historiques et d’édition de textes et oriente sa biographie dans un sens psychologique et hagiographique, en marquant les étapes successives de l’ascension du Père vers la sainteté(31). En 1963, le P. Pépin écrivit un autre livre intitulé : Les religieux de l’Assomption, Paris, B.P., 252 p., dont le chapitre I est consacré au fondateur et aux origines de l’Assomption (p. 7-84). – Par ailleurs, il composa à la même époque des monographies sur les PP. Picard et Vincent de Paul Bailly, disciples prestigieux du P. d’Alzon.

Préface : p. 7-10
Chap. Ier : L’appel des armes (1810-1832), p. 11-46
Chap. II : Le Chevalier en soutane (1832-1835), p. 47-74
Chap. III : De l’autel au combat (1835-1842), p. 75-105
Chap. IV : Lumière du cloître et de l’école (1843-1846), p. 107-149
Chap. V : Fruits de la croix (1847-1850), p. 151-185
Chap. VI : Au large ! (1851-1857), p. 187-243
Chap. VII : Œuvres d’Orient et d’Occident (1858-1866), p. 245-289
Chap. VIII : Tout à l’Eglise et aux âmes (1867-1875), p. 291-336
Chap. IX : Jusqu’au bout sur la brèche (1876-1880), p. 334-375
Chap. X : Valeur humaine, p. 377-401
Chap. XI : Apostolat incessant, p. 403-422
Chap. XII : Signes de sainteté, p. 423-444

Plaquette des A.A. de Belgique, Un serviteur de Dieu, le Père d’Alzon, 1950, 56 p. (Foyer Assomptioniste). Annonce dans L’Assomption et ses Oeuvres, 1951, n° 486, p. 11. Présentation dans Lettre à la Famille, 1950, n° 102, p. 71.

Gaétan BERNOVILLE(32), Un Promoteur de la Renaissance catholique au XIXe siècle : Emmanuel d’Alzon (1810-1880), dans collection ‘Les grands Ordres monastiques et Instituts religieux, Paris, Grasset, 1957, 258 p.

Mention dans Bulletin Officiel de l’Assomption, décembre 1957, vol. II, n° 9, p. 220. Lettre à la Famille, août 1957, n° 233, p. 91 (Chez les moines journalistes) et n° 234, p. 103-104 (reproduction de la recension par Mgr Calvet dans La Croix). Présentation dans Maison de l’Assomption, revue du collège de Nîmes, janvier-avril 1958, n° 1, p. 14.

L’auteur prend appui, lui aussi, sur les deux tomes du P. S. Vailhé, mais apporte des éléments neufs au chap. III intitulé : Les années de Rome (1833-1835). Ayant écrit précédemment des ouvrages concernant le P. Pernet et les Petites Soeurs de l’Assomption, Mère Marie-Eugénie de Jésus et les Religieuses de l’Assomption, l’auteur s’était familiarisé avec l’histoire de toute la famille de l’Assomption.

Ce livre a connu et connaît une diffusion internationale puisqu’il a été traduit en différentes langues :

En anglais, translated by Claire QUINTAL et Alexis BABINEAU A.A., Emmanuel d’Alzon 1810-1880 A Champion of the XIXth Century Catholic Renaissance in France, Bayard Canada, 2006, 256 p.

En portugais, la traduction réalisée par Antonio HERRANZ et Alberto VINCENOT, Emanuel d’Alzon, Rio de Janeiro, éditions Gavea, 2003, 255 p., dans la collection Coleçao Assunçao.

En espagnol, Manuel d’Alzon 1810-1880, Un Promotor del Renacimiento Catolico en el Siglo XIX, Santiago de Chile, agosto de 1999, 321 p.

  1. L’enfant et l’étudiant (1810-1830), p. 9-26
  2. De Lavagnac au séminaire de Montpellier et à Rome (1830-1833), p. 27-47
  3. Les années de Rome (1833-1835), p. 48-72
  4. Le Vicaire général (1835-1844), p. 73-93
  5. Fondation de la Congrégation de l’Assomption (1844-1851), p. 94-118
  6. La grande épreuve au cœur de l’action (1851-1857), p. 119-137
  7. De la défense du Saint-Siège au premier élan missionnaire (1858-1861), p. 138-153
  8. Mission d’Orient et fondation des Oblates de l’Assomption (1861-1866), p. 154-172
  9. Avant et pendant le Concile du Vatican (1866-1870), p. 173-189
  10. Les campagnes d’Action catholique (1870-1875), p. 190-208
  11. Les derniers temps (1875-1880), p. 209-225
  12. Mort du P. d’Alzon, p. 226-234
  13. L’âme du P. d’Alzon, p. 235-255.

Angelome CLEUX(33), A.A, Emmanuel d’Alzon, homme d’Eglise, Editions du Centre d’Alzon, Abbaye Saint-Gérard, Belgique, 1961, 194 p. Annonce dans L’Assomption et ses Oeuvres, 1960, n° 482, p. 12.

Mention dans Bulletin Officiel de l’Assomption, octobre 1962, vol. III, n° 7, p. 175 et Lettre à la Famille, 1950, n° 96, p. 35 ; 1962, n° 330, page 217.

C’est un ouvrage posthume, édité avec quelques remaniements de détail, qui nous présente le P. d’Alzon entièrement consacré au service de l’Eglise. Il existe une traduction italienne lithographiée due sans doute à de jeunes frères italiens en formation : Vita del Reverendo Padre Emanuele d’Alzon, s.d., s.l. (vers 1960-1962), 287 pages.

Chap. I : Hors de l’Eglise point de salut, p. 5-19
Chap. 2 : Un futur défenseur de la rleigion catholique, p. 21-43
Chap. 3 : Zèle surnaturel et social d’un grand Vicaire, p. 45-68
Chap. 4 : Le fondateur d’une milice d’Eglise, p. 46-90
Chap. 5 : Campagne pour la liberté d’enseignement, p. 91-117
Chap. 6 : Un promoteur ardent de l’Unité de l’Eglise, p. 119-144
Chap. 7 : Romain de cœur et d’action : p. 145-170
Chap. 8 : Que votre Règne arrive, p. 171-187.

Malachy-Gérard CARROLL, Man of fire, Father Emmanuel d’Alzon and the Oblates of the Assumption, The Mercier Press limited, Cork, 1955, 184 p. Mention dans Bulletin Officiel de l’Assomption, décembre 1955, vol. II, n° 6, p. 136.

Cette biographie du P. d’Alzon, écrite en anglais (sans doute la première du genre : Lettre à la Famille, 1956, n° 206, p. 50-51), a été traduite en français pour la revue des Oblates, Le Royaume, en livraisons successives de 1961 à 1967, sous le titre Un homme de feu. Après avoir conduit la biographie du P. d’Alzon jusqu’à la maturité de son âge, l’auteur, dans les derniers chapitres, fixe son attention sur le fondateur des Oblates : leur engagement apostolique, leur spiritualité missionnaire et la mise en pratique de ce double idéal, sous la conduite du P. d’Alzon. La préface de l’ouvrage est de Mgr Andrew BECK(34), A.A., alors évêque de Brentwood et futur archevêque de Liverpool, suivie d’une lettre de recommandation du P. Wilfrid DUFAULT, alors Supérieur général.

Foreword (Mgr Beck) : p. 1-3
Letter of Recommendation (W. Dufault): p. 4-5
Chap. Ier: Youth and inheritance, p. 6-20
Chap. 2: Emmanuel D’Alzon student, p. 21-37
Chap. 3: The shaping of a life’s ideal, p. 38-58
Chap. 4: The first crowed years of ministry, p. 59-76
Chap. 5: Vicar general of Nimes, p. 77-91
Chap. 6: The peak of the achievement, p. 92-102
Chap. 7: The crown of the ideal, p. 103-114
Chap. 8: The mother foundress, p. 115-127
Chap. 9: Living embodiments of an ideal, p. 128-147
Chap. 10: The ideal of total adaptability in practice, p. 148-164
Chap. 11: The spirit of the Oblates, p. 165
Appendix 1: The Oblate schism, p. 177-1779 – Appendix 2: p. 180: illustrations.

Steven DEBROEY(35), Burggraaf in Habijt, De Vroente Kasterlee, Boxtel, 1962, 238 p. Présentation dans Lettre à la Famille, 1962, n° 343, page 325 et 1963, n° 346, p. 350-351.

Mention dans Bulletin Officiel de l’Assomption, octobre 1962, vol. III, n° 7, p. 176.

L’auteur flamand s’appuie, lui aussi, sur la Vie du P. S. Vailhé et les éditions des Lettres et des Ecrits spirituels du P. d’Alzon. Ouvrage un peu rapide sur les épisodes-clés. Les Archives de Rome possèdent une traduction française dactylographié de cet ouvrage, réalisée par le P. Rodrigue MOORS, revue par le P. Aubain Colette, Rome, 1966, 144 pages.

Woorwoord (P. C Van Lierde) : p. 3-4
Verantwoording: p. p. 5-6
Ter Indeiding: p. 7-12

  1. Van Kind tot man: p. 13-40 Vicaris generaal: p. 41-63
  2. Stichter van de Assumptionisten, p. 64-95
  3. Strijd op vele fronten, p. 96-120
  4. Vriendschap, p. 121-157
  5. Uitsraling, p. 158-176
  6. Leed en triomf van de Kerk, p. 177-201
  7. Zekerheid over de toekomst, p. 202-225

Epiloog, p. 226

On ne peut terminer la présentation des biographies sans mentionner deux autres ouvrages :

Siméon VAILHE, Chronologie de la vie du P. Emmanuel d’Alzon, Fondateur des Augustins de l’Assomption et des Oblates de l’Assomption 1810-1880 (déjà cité), s.d., s.l., 110 pages.

Notations dépouillées des événements, des déplacements, des activités de toutes sortes qui constituent la trame quotidienne de la vie du P. d’Alzon ; mais il faut y introduire aujourd’hui plus d’une précision. Les chronologies des PP. Picard et V. de P. Bailly, établies par le P. Pépin (Rome, Curie généralice, sans date, 276 p.), en sont le complément nécessaire. D’après une information parue dans la Lettre à la famille, n° 22, du 15 octobre 1946, page 101, cet opuscule du P. Vailhé peut être daté de l’année 1945. Voir également Lettre à la Dispersion, oct. 1946, n° 22, p. 101.

Aubain COLETTE, Le P. Emmanuel d’Alzon (30 août 1810-21 novembre 1880) : A. Hommages à son œuvre apostolique ; B. Témoignages sur sa sainteté, dans Pages d’Archives, 2 e série, n° 8, mai 1958, 115 pages.

Fascicule de 115 pages, réalisé en tiré à part et rédigé en vue de la Cause de béatification, rassemblant toute une documentation encore inédite et dispersée, laquelle permet de mesurer l’admiration que suscitait le P. d’Alzon auprès de ses contemporains ; ou, si l’on préfère, la fama sanctitatis du Père. Ce fascicule n’est pas à oublier dans la célébration du centenaire de sa mort. Le numéro suivant des Pages d’Archives, août 1958, 23 p., est un autre apport de poids sur la période mennaisienne : Le P. d’Alzon et le drame final de Lamennais (déjà cité).

Actualisation

Il est certain que les années 1960-1980 marquent le pas, concernant biographies, études ou travaux alzoniens(37). On a pu parler en ce sens dans les rangs de l’Assomption d’un certain ‘meurtre du Père’. Sans épiloguer longuement sur une expression à résonance plus ou moins psychanalytique, on peut cependant relever que, de fait, les attentes conciliaires de l’Assomption, en ces temps d’ouverture, d’aggiornamento et de modernité, semblaient prendre à contre-pied la mémoire d’un Père d’ALZON catholique intransigeant, aux idées contre-révolutionnaires et à certains engagement considérés comme dépassés ou vieillis.

En dehors des travaux déjà présentés plus haut lors du centenaire, nous devons ici mentionner six nouvelles biographies sympathiques du P. d’ALZON :

Fani PAPAGEORGIOU, P. Emmanuel d’Alzon, L’âme d’un grand apôtre,(Il. Emmanoyha NT’ ALZON 1810-1880), Athènes, 1999, 95 pages.Ce livre est sans doute une première en langue grecque, bien qu’une communauté assomptionniste soit présente à Athènes depuis 1934 ! Il s’agit sans doute d’une traduction, mais cet écrit peut se révéler précieux pour faire connaître le Fondateur en Grèce. Il n’existait jusque là en grec, à notre connaissance, qu’une plaquette illustrée de 40 p. consacrée au P. d’ALZON (1980) et une autre, en français et en grec, sur la communauté assomptionniste de la rue Heptanissou(38) (1934-1984), Athènes, 1984, 24 p. A.T.L.P., 1998, n° 147, p. 19 ; 1999, n° 152, p. 27.

Sœur Thérèse-Marie FOY O.A., Emmanuel d’Alzon. Une vie chevaleresque, Paris, Maison généralice des Oblates, 1999-2000, 275 pages, en 7 chapitres, avec préface du P. Désiré DERAEDT. L’ouvrage est émaillé de citations du P. d’ALZON, tirées notamment de sa correspondance. L’attention est portée sur la figure humaine du Fondateur, son horizon méridional, sa famille et ses relations, sa santé et ses maladies, ses voyages et ses principales réalisations. Présentation en a été faite dans les colonnes d’A.T.L.P., novembre 2000, n° 165, p. 30. Elle témoigne en tout cas d’une connaissance fine et fervente du P. d’ALZON, de la part d’une sœur Oblate. Ouvrage déjà cité et référencé plus haut.

Fray Contardo MIGLIORANZA, Padre Manuel d’Alzon, Un hombre para el reino, Santos Lugares-Buenos Aires, 2002, 224 pages, livre de 28 chapitres avec une présentation en finale des trois martyrs assomptionnistes bulgares. Documents Assomption, 2003, n° 28, p. 181.

Robert SAUZET, Emmanuel d’Alzon, un prêtre cévenol croisé de l’ultramontanisme, dans Les Cévennes catholiques. Histoire d’une fidélité XVIe-XXe siècle, Perrin, 2002 , pp. 317-320 (déjà cité).

Agustin CABRE RUFFAT, C.M.F., La amena historia de un hombre en serio, Manuel d’Alzon fundador de los Asuncionistas, Santiago de Chile, 1980, 150 pages, ouvrage bien illustré, en 12 chapitres. C’est certainement la première biographie espagnole du P. d’ALZON qui soit une création originale, non une traduction. Elle a été traduite en portugais par le P. José Geraldo DA CRUZ, Uma Historia amena de um homem serio, Emanuel d’Alzon, Fundador dos Assuncionistas e das Oblatas da Assunçao, Rio de Janeiro, Editora Gavea, 2002, 104 pages.

Jean-Paul PERIER-MUZET, Emmanuel d’Alzon, fondateur des Augustins de l’Assomption et des Oblates de l’Assomption, dans la série Vienne Ton Règne, plaquette format Prions en Eglise, 2007, 34 pages. Cf L’Assomption et ses œuvres, 2007, n° 710, page 23(39).

La Province de France a l’intention de confier à un historien de métier le soin de rédiger une nouvelle biographie du P. d’Alzon, dans le cadre des projets à concrétiser pour les célébrations du bicentenaire de sa naissance.

3° Ouvrages d’études

(P. Touveneraud, p. 39)

Nous distinguerons à présent sous ce titre 4 catégories d’ouvrages concernant : a) les deux Congrégations fondées par le P. d’Alzon, Religieux et Oblates de l’Assomption ; b) la note augustinienne de la spiritualité de l’Assomption ; c) la note assomptionniste de cette spiritualité ; d) une histoire écrite au jour le jour.

Les catégories distinctives du P. TOUVENERAUD avaient certainement leur raison d’être dans sa publication de 1979. Pour notre part, nous renvoyons la question des deux Congrégations fondées par le P. d’ALZON dans la seconde partie de notre étude, en nous limitant ici aux trois autres catégories développées par le P. Pierre.

a) Une spiritualité augustinienne

(P. Touveneraud, p. 42-43)

L’appellation même, voulue par le fondateur, d’Augustins de l’Assomption(40), invitait les disciples du P. d’Alzon, selon son désir et à son exemple, à se tourner vers le docteur d’Hippone. C’est ce que fit la Revue augustinienne de Louvain : Emmanuel BAILLY, A.A., Saint Augustin et le P. d’Alzon, Paris, B.P., I, août-septembre 1902, p. 337-374 (L’Assomption, 1924, n° 277, p. 122-123). La direction augustinienne voulue par le P. d’Alzon pour l’Assomption est notamment explicitée dans l’article de P. Vardel : L’Assomption, 1925, n° 289, p. 121-122 et dans la brochure du P. Cayré, Nos maîtres : saint Thomas et saint Augustin, 1924 d’après L’Assomption, 1928, n° 324, p. 119, par des articles du P. Kokel dans L’Assomption et ses Oeuvres, 1931, n° 361, p. 129-130 ; n° 362, p. 147-150.

La tentative fut reprise avec la fondation de l’Institut augustinien(41), mais non sans réticences. ‘Sous peine de créer un dynamisme dangereux dans la formation de nos jeunes religieux, note en 1947 le P. P. Dauby(42), A.A., ; il faut que nous donnions le pas très nettement aux idées du P. d’Alzon sur les autres qui ne seront jamais, après tout, que des considérations ou conclusions dérivées, je le veux bien, des ouvrages de saint Augustin, mais tout à fait personnelles et propres à leurs auteurs qui, eux, ne sont ni des saints Augustin, ni des P. d’Alzon’. Sûrement que les PP. Cayré, Thonnard, déjà auteur en 1927 de l’ouvrage La contemplation Augustinienne [Recension dans L’Assomption et ses Œuvres, 1928, n° 322, p. 91-92 ] et Sage auraient convenu de la dernière proposition :

P. Emmanuel BAILLY,Saint-Augustin maître de la vie spirituelle et le P. d’Alzon, dans Revue Augustinienne, Louvain, t. I, p. 370. Texte reproduit dans L’Assomption, 1924, n° 277, p. 122-1213.

Fulbert CAYRE, Vers l’action avec saint Augustin, la spiritualité du P. Emmanuel d’Alzon, Paris, Lethielleux, 1950, 232 p. Mention dans Bulletin Officiel de l’Assomption, décembre 1954, vol. II, n° 4, p. 87 et Lettre à la Famille, 1950, n° 96, p. 35.

Présentation assez développée de notre spiritualité à la lumière du grand augustinisme. Annonce du livre dans la revue Vie augustinienne, 1953, n° 1, en dernière de couverture. Recension dans Nouvelle Revue Théologique, 1952, p. 218. Lettre à la Famille, 1950, n° 96, p. 35 (présentation de l’ouvrage) et dans L’Ami du Clergé, 10 janvier 1952.

Gérard ISTACE, Deux essais de synthèse chez saint Augustin, Louvain, 1955 (thèse de doctorat), dactylographie, 198 p. Mention dans Bulletin Officiel de l’Assomption, juin 1956, vol. II, n° 7, p. 160.

F.J. THONNARD, Traité de vie spirituelle à l’école de saint Augustin, Paris, B. P., 1959, 824 pages

Bien que le P. d’Alzon ne soit mentionné qu’en passant, il faut se rappeler que ce volume fut demandé à son auteur par la Congrégation pour la formation des jeunes religieux. Recensions dans Vie Augustinienne, 1959, n° 36, p. 64-65 ; et n° 40, en dernière de couverture et Nouvelle Revue Théologique, 1960, p. 321. Thonnard a donné également deux articles dans la Revue des Communautés religieuses (Bruxelles), 1955 : Saint-Augustin et la vie religieuse : Mention dans Bulletin Officiel de l’Assomption, décembre 1955, vol. II, n° 6, p. 135. Recension dans Lettre à la Famille, 1961, n° 303, page 8.

Athanase SAGE, La Règle de saint Augustin, traduction et Commentaire(43), Paris, La Vie augustinienne, 1969, 114 p. et réédition 1971.

Précieux petit volume format 13 x 9 dont la seconde partie, p. 52-114, précise ce que le P. Sage avait écrit dans Approches et Recherches sur la typologie de la vie religieuse. Encore un ouvrage écrit pour l’Assomption masculine et féminine, obligée depuis la fondation à suivre la règle de ‘notre Père’ saint Augustin, selon le P. d’Alzon.

On sait que les Constitutions de l’Assomption comportent en première partie ou en ouverture le texte même de la Règle de saint Augustin, donné autrefois en latin avec une traduction française. C’est toujours le cas pour l’actuelle Règle de Vie en vigueur qui retient comme texte de référence augustinien celui de Luc VERHEIJEN publié notamment dans Etudes Augustiniennes, Paris, 1967(44). Ce choix de la Règle de saint AUGUSTIN remonte au P. d’ALZON lui-même, l’attestation la plus ancienne est donnée dans une de ses Lettres, t. C, p. 81 de juillet 1846 : « Monseigneur, vous me demanderez peut-être mes règlements. A cela je n’ai qu’une réponse : je me suis attaché à la règle de saint Augustin, je ne prends encore que des notes ». Autre attestation explicite, dans Lettres d’Alzon, t. V, p. 41 : « Je vais faire deux observations : la première, que la règle de saint Augustin qui nous sert de base repose sur l’amour de Dieu et du prochain, - c’est évidemment tout ce qu’il y a de plus large, et quant aux applications, on peut les varier à l’infini - ; et la seconde observation est que la même règle sert pour les religieux de chœur et les Frères convers, sauf les dispositions particulières… ».

On peut remarquer cependant que, dans la première formule de profession des Assomptionnistes émise à Noël 1850, le choix de la Règle de saint Augustin n’est pas expressément indiqué (Lettres d’Alzon, t. C, p. 640 n. 1), ni non plus dans l’Aperçu Général qui a précédé le texte des Premières Constitutions écrites de 1854-1855, même si elles s’inspiraient fortement et directement de la Règle de saint Augustin. Par contre, dans la seconde rédaction des Constitutions (1865), il en est fait mention. On sait que c’est en 1856 que la décision a été prise d’adopter formellement la Règle de saint Augustin, de même d’ailleurs que le nom de Religieux Augustins de l’Assomption.

Athanase SAGE, La Vie religieuse selon saint Augustin, Paris, La Vie augustinienne, 1972, 272 p.

Cet ouvrage posthume(45) rassemble des entretiens sur la vie religieuse et reprend le ‘Commentaire de la Règle de saint Augustin’ par ses écrits, publié en 1961. Il ne nous est pas dit que les trois premiers ‘entretiens’ : La vie consacrée, la vie religieuse, la vie fraternelle avaient paru pour l’Assomption, en 1968, dans Approches et Recherches, p. 125-170 ; et que le 4 e entretien avait été écrit pour les Orantes, en 1970 : ‘La contemplation dans les communautés de vie fraternelle’, mais cela avait été mentionné dans Recherches augustiniennes, Paris, 1971, vol. 7, p. 245-302.

Edgard BOURQUE, La prière assomptionniste à la lumière de saint Augustin, Conférences données aux Sœurs Oblates de l’Assomption chargées de formation, Les Essarts, 2-8 juillet 1989, 147 p. (pro manuscripto)

Actualisation

La spiritualité augustinienne de l’Assomption n’est plus à démontrer(46), elle fait partie des gênes de la Congrégation, selon une expression favorite du P. Hervé STEPHAN, alors Général. Le lecteur attentif à ce point précis peut trouver dans les Notices Biographiques, t. I à V, les noms des Assomptionnistes décédés qui ont illustré par leurs travaux, au cours du temps, cette dimension spirituelle et originelle de leur famille religieuse(47), sans oublier ceux toujours en vie(48) qui perpétuent et actualisent cette mémoire.

Signalons ici simplement quelques revues ou autres réalités qui en témoignent de façon diverse : revues savantes, revues de vulgarisation ou encore simples bulletins d’informations.

Echos d’Orient (Kadi-Köy, 1895), revue présentée dans L’Assomption et ses Œuvres, juin 1927, n° 311, p. 92-93. On y trouve quelques articles sur la spiritualité augustinienne.

Revue Augustinienne (Louvain, 1902-1910), revue annoncée et présentée dans L’Assomption, 1902, n° 64, p. 60 ; 1903, n° 75, p. 42 ; 1905, n° 105, p. 153. Circulaire Picard n° 145 (3 avril 1902).

Union des Eglises (revue créée en janvier 1926, devenue ensuite L’Unité des Eglises).

L’Année Théologique (Lormoy, revue inaugurée en 1940, remplacée en 1954 par la Revue des Etudes Augustiniennes)

Bibliothèque augustinienne (B.A., Lormoy, 1933)

Centre des Etudes augustiniennes(Lormoy, 1943, affilié à l’Institut Catholique de Paris en 1943), devenu l’Institut d’études augustiniennes (1956, transfert à Paris)

La Vie Augustinienne (1 ère série, commencée en 1930 : L’Assomption et ses Œuvres, 1930, n° 343, p. 209)- (2 ème série reprise en 1953).
Unitas.

Revue des Etudes Augustiniennes (REAug, à partir de 1954), Recherches Augustiniennes (RA), Etudes Augustiniennes (EA), Nouvelle Bibliothèque Augustinienne (NBA)

Het Christelijke Oosten en Hereninging (inaugurée en 1954).

Revue des Etudes byzantines (suite des Echos d’Orient, depuis 1947).

Archiconfrérie de N.-D. de l’Assomption (bulletin trimestriel).

Sens chrétien : Revue d’études et d’informations religieuses fondée en 1939 par le Fulbert Cayré. Lettre à la Dispersion, 1939, n° 786, page 342.

Revues de diffusion de la spiritualité augustinienne,

Sens chrétien (1939-1940)

Vie Augustinienne (1929-1966), notamment l’article du P. Sage, 1959, n° 37, p. 92-98 (Saint Augustin et le Directoire des Augustins de l’Assomption). Sur la création de cette revue en 1929, cf L’Assomptionet ses Œuvres, 1930, n° 343, p. 209-211.

Pages du Tiers-Ordre Augustinien (à partir de 1932 jusqu’en 1965), puis Pages de vie augustinienne (1965-1966)

Augustinian Journey (revue mensuelle du P. Bourque, entre 1992 et 1996) ;

Itinéraires Augustiniens (à partir de 1989), revue qui a pris la succession d’Alype en 1992, gérée par les Orantes de Bonnelles (Centre C.R.A.B.) et animée par les familles religieuses de l’Assomption ;

Augustiniana (en roumain, 1999-2001), bulletin éphémère des Frères roumains en formation.

Les scolasticats actuels des A.A. et les différentes Provinces ont des publications où l’on peut aussi relever des articles à teneur augustinienne : pensons en particulier à Etincelle (Bulengera, Congo R.D.), à Ako Assomption (Fianarantsoa, Madagascar), aux U.E.A. de Valpré (série Rencontres Assomptionnistes), Auras de Lourdes (revue du sanctuaire A.A. argentin dont un numéro en 1986 publie un article sur saint Augustin par le P. Roberto FAVRE).

Cette tradition augustinienne a perduré jusqu’à nos jours(49). Il suffit pour s’en convaincre de feuilleter les pages d’A.T.L.P.(50), de la revue L’Assomption et ses Œuvres(51) ou encore, celle spécifiquement augustinienne dirigée par un consortium unissant toutes les familles religieuses de l’Assomption, Itinéraires Augustiniens (qui a pris la succession d’Alype, en 1989). De ce point, les Assomptionnistes ont été stimulés par les travaux d’une Orante, Sœur Douceline (+ 2000), à l’origine du C.R.A.B.(52) créé à Bonnelles en 1975, et auteur d’ouvrages de spiritualité augustinienne appréciés. Le P. Edgar BOURQUE a donné un cycle de onze conférences aux Essarts en juillet 1989, intitulées La prière assomptionniste à la lumière de saint Augustin. Destinées aux Oblates, ces conférences ont été éditées sous forme d’un carnet dactylographié, Les Essarts, 147 pages, pro manuscripto. Le P. André BROMBART a écrit pour sa part un article dans le bulletin Belgique-Sud Assomption, 1997, n° 255, p. 3257 : Vivre les vœux à la suite d’Augustin et d’E. d’Alzon. Nous en avons repéré un autre du même religieux publié dans Vie Consacrée, 1998, n° 4, p. 246-249 : ‘Vivre en frères. Portrait robot de la communauté selon saint Augustin’. La Province d’Amérique du Nord qui a célébré en 1980 les fêtes du centenaire d’Alzon dans le cadre de célébrations œcuméniques, a pour sa part fait preuve d’une belle initiative augustinienne entre 1984 et 1987 en publiant dans les numéros de son bulletin de ces années-là (A.N.A.) de nombreux textes, documents, bibliographies, récits divers ayant trait au 1600 e anniversaire de la conversion de saint AUGUSTIN, en organisant une célébration festive pour les 75 ans du collège de Worcester (août 1980) et des journées œcuméniques à tonalité augustinienne (ART Informations, septembre 1980, p. 6).

b) Une spiritualité assomptionniste

(P. Touveneraud, p. 43-45)

Divers articles ou études avaient amorcé une recherche sur l’originalité de notre spiritualité assomptionniste. On peut citer à titre d’exemples :

Fulbert CAYRE, La spiritualité des Augustins de l’Assomption, Paris, Desclée, 1931, 62 p. (Présentation dans L’Assomption et ses Oeuvres, 1931, n° 357, p. 66-67) – Id., Année théologique, 1941, p. 266-276 : L’idée-mère du P. d’Alzon(53)(étude reprise dans Etudes augustiniennes, Paris, 1941, 16 p) ; - ibid., 1947, p. 439-467 : Le mysticisme du P. d’Alzon d’après son Directoire (reprise de l’édition, Taintignies, 1947, 20 p. dactyl.) ; - ibid., 1948, p. 339-349 : L’augustinianisme spirituel du P. d’Alzon.

Landoald SIBUM, Een katholieke spiritualiteit uit de XIXe Eeuw, De geestelijke leer van P. E. d’Alzon , Boxtel, 1950, 70 p.

Fulbert CAYRE, Mélanges Emmanuel d’Alzon, Saint-Gérard, 1951, p. 61-82 : Les Maîtres spirituels du P. d’Alzon ; - Id., p. 83-100 : L’originalité du P. d’Alzon en spiritualité(54).

Emmanuel BAILLY, Testament d’un Père. Instructions sur l’esprit de l’Assomption (édition du P. Rémy KOKEL, A.A., Paris, Maison généralice des Oblates de l’Assomption, 1955, 96 p.

Gérard ISTACE, Principes de spiritualité assomptioniste, Saint-Gérard, 1959, 16 p. Article ‘Principes de vie assomptionniste, dans L’Assomption et ses Oeuvres, 1966, n° 545, p. 10-13 et recension dans Lettre à la Famille, 1959, n° 278, page 276.

Ces études devaient être conduites à leur plénitude plus particulièrement par les travaux du P. Sage, à partir de la publication des Ecrits spirituels du P. d’Alzon.

Athanase SAGE, Un Maître spirituel du XIXe siècle, les étapes de la pensée du P. d’Alzon(55), Rome, Maison généralice, 1956, 230 pages. Annonce de parution dans L’Assomption et ses Œuvres, 1958, n° 517, p. 25. Recension dans Lettre à la Famille, 1960, n° 302, page 467.

Elaboré dans un contact prolongé avec les sources, publiées et inédites, cet ouvrage met en lumière les données constantes et les enrichissements progressifs de la pensée du fondateur : ‘Un Maître de spiritualité apostolique’, écrivait dans La Croix, le 2 sept. 1960, le P. Ehlinger en présentant le livre. D’aucuns lui ont reproché, à tort, nous semble-t-il, d’être de trop systématique sur le ‘triple amour’(56) ou de faire la part trop grande au Directoire. Nous avons dit que l’apparat critique en a été bouleversé lors de la nouvelle cotation des Archives en 1965, et nous pouvons regretter une typographie trop compacte. Disons qu’il demeure le point de départ normal à l’heure actuelle de toute étude sérieuse sur la spiritualité du P. d’Alzon et l’insertion de ses écrits dans sa vie.

Athanase SAGE, Commentaire du Guide spirituel de vie intérieure dans la série annexe des Cahiers d’Alzon, Bar-le-Duc, Saint-Paul, 1959, 176 pages. Du même, Présence de saint François de Sales dans la spiritualité assomptioniste, L’Assomption et ses Oeuvres, 1967, n° 550, p. 20-21.

Longuement préparé dans des recherches du même auteur, ce volume, écrit à l’occasion du centenaire du Directoire, commente chapitre par chapitre l’ouvrage du P. d’Alzon, appelé dans les Cahiers d’Alzon : ‘Guide spirituel de vie intérieure’ (CA I).

Athanase SAGE et Pierre TOUVENERAUD, Premières Constitutions des Augustins de l’Assomption 1855-1865(57), Rome, Maison généralice, 1966, 243 pages.

Nous mentionnons à nouveau ici cet ouvrage pour les études et les notes de première main qui accompagnent les textes du P. d’Alzon. Là encore, un point de départ normal pour toute étude sérieuse de la spiritualité apostolique du P. d’Alzon, à partir du texte de la Règle de l’Assomption de 1855, écrite par lui pour la Congrégation qu’il avait fondée dix ans plus tôt.

APPROCHES ET RECHERCHES, Esprit de l’Assomption, (en collaboration), Rome, Maison généralice, 1968, 256 p.

Les études ici regroupées et conduites dans la perspective du Chapitre général spécial d’aggiornamento de 1969, ne sont pas toutes de première main, mais c’est l’amorce de ce que l’on désire à l’Assomption depuis 1964 : ‘mettre en lumière la pensée du P. d’Alzon en la confrontant avec les exigences de notre vie religieuse apostolique au sein du monde et de l’Eglise des ce temps’ (Préface du P. W. Dufault). En voici le détail :

Pierre TOUVENERAUD, Les écrits fondamentaux du P. d’Alzon, présentation chronologique pour l’étude de sa pensée et de son œuvre, p. 5-8.

Edmond BARTHEZ(58), L’Assomption, congrégation apostolique, p. 10-108.

Joël LE BRAS(59), Royaume de Dieu, royaume de Jésus-Christ, p. 109-116.

Daniel OLIVIER, La place du religieux laïc à l’Assomption, p. 117-123.

Athanase SAGE, Quatre essais sur notre vie assomptionniste, p. 125-189.

Pierre TOUVENERAUD, Le critère de fidélité à l’esprit du fondateur, p. 191-255.

Gérard ISTACE, Spiritualité assomptionniste dans L’Assomption 67, n° 10, p. 5-8.

La rencontre de ce double courant augustinien et assomptionniste se retrouve dans la revue destinée au Tiers-Ordre de l’Assomption, appelée successivement : Pages du Tiers-ordre de Saint-Augustin, à partir de 1932, et Pages de vie augustinienne, à partir de 1965. le bulletin cessera de paraître en 1966. De 1964 à 1966, en particulier, on peut y relever des articles du P. Izans(60) et du P. Sage, concernant le P. d’Alzon, guide spirituel et apôtre de son temps.

Depuis le chapitre de 1999 surtout, l’Assomption vise à présenter, en des termes actualisés, à des laïcs amis, souvent réunis par pays en associations, qui collaborent ou non à ses œuvres apostoliques l’esprit de la Congrégation, sous un angle à la fois international et spécifique. Des chartes, des plaquettes voient le jour, ici ou là, pour construire cette ‘alliance’ souhaitée et partagée.

Actualisation

Cette quête de fidélité et d’aggiornamento pour une vie religieuse apostolique sans cesse renouvelée se retrouve après 1969 dans d’autres écrits et essais ultérieurs de la Congrégation, sous des appellations variées. Signalons les plus marquants dont nous avons déjà fait état plus haut pour certains d’entre eux:

Wilfrid J. DUFAULT,The spiritual Legacy of Emmanuel d’Alzon, Milton (MA), 1988, 209 pages, livre traduit en espagnol (Una espiritualidad para el siglo XXI, Mexico, 1998,167 pages). Ce livre donne les bases de la spiritualité vécue par le P. d’Alzon : la place centrale du Règne, l’amour du Christ comme force motrice de la vie sopirituelle.

L’Esprit de l’Assomption d’après Emmanuel d’Alzon, Rome, Maison généralice, 1993, 101 pages.

En 1991, le P. Claude MARECHAL, alors Général, et son conseil décidèrent de demander à une dizaine de religieux A.A. de rédiger une modeste contribution, un article de 5 à 6 pages, pour faire mieux connaître la spiritualité de l’Assomption, à l’école du P. d’ALZON. Le livret réalisé à Rome en 1993 dans sa version française a donné lieu à six versions dont les quatre langues officielles(61). On trouve 12 articles, écrits à une ou plusieurs mains :

L’Avant-Propos du P. Claude MARECHAL, p. 5-7 ;

  1. 2. Le Berceau de l’Assomption. La France du XIXe siècle par le P. Jean-Paul PERIER-MUZET, p. 9-16 ;
  2. Jésus-Sauveur, le cœur du mystère par le P. Emmanuel BRAJON, p. 23-29 ;
  3. Jésus-Christ, route du Père et plénitude de l’Esprit par le P. Georges TAVARD, p. 31-36 ;
  4. Deux amours privilégiés, Marie et l’Eglise par le P. Désiré DERAEDT, p. 37-42 ;
  5. Un seul cœur en Dieu : une communauté de foi par les PP. Enrique GOIBURU et Claude MARECHAL, p. 43-48
  6. La Passion du Règne de Dieu dans le monde de ce temps par les PP. Lucien GUISSARD et Claude MARECHAL, p. 49-57 ;
  7. Un style de vie apostolique bien particulier par le P. André SEVE, p. 59-65 ;
  8. Laisser le Christ prier en nous. La prière de l’artisan du Royaume par le P. Hervé STEPHAN, p. 67-73 ;
  9. Homme de foi, de prière, d’étude. Portrait assomptionniste par le P. Claude MARECHAL, p. 75-81 ;
  10. A l’école de saint Augustin par les PP. Edgar BOURQUE et Claude MARECHAL, p. 83-88 ;
  11. Plusieurs branches sur un même tronc. L’Assomption, une grande famille(62) par le P. Jean-Paul PERIER-MUZET, p. 89-96. Index analytique : p. 97-99.

C’est au total un travail assez court, mais suggestif et pédagogique : choix de lectures, bibliographie, dans le style ‘fiches de travail’ pour approfondir le charisme de l’Assomption et les pensées maîtresses du Fondateur. Il a été présenté dans AA Info janvier 1993, n° 141, p. 13. Déjà cité.

Collectif, Session d’Alzon Inter-Assomption, Rome, 1988, 11 contributions diverses.

Se reporter à la présentation qui en a été faite dans la première partie. Ce texte dactylographié n’a jamais connu les honneurs d’une édition imprimée. Cité plus haut.

Collectif, Identité religieuse et Vie assomptionniste, session de Nîmes 1995, dans la collection ‘Rencontres assomptionnistes’ n° 3, Châtillon, 1995, 153 pages.

Tous les deux ans environ, il est proposé dans le cadre d’une Université d’été de l’Assomption en France (U.E.A.) de réunir les religieux sur un thème de réflexion d’intérêt large. C’est ainsi qu’a vu le jour en 1995 ce texte qui a rassemblé différents membres des familles religieuses de l’Assomption(63). Voici la liste des contributions :

Claude BRESSOLETTE, Une spiritualité apostolique à l’œuvre, dansDeux siècles d’Assomption, le regard des historiens, collection Rencontres assomptionnistes n° 7 (2003), p. 189-203. Le texte en entier de cet ouvrage est consultable sur le site Internet (Province de France).

c) Une histoire écrite au jour le jour

(P. Touveneraud, p. 45-49)

Cette histoire est celle qui s’écrit dans les différentes revues que l’Assomption publie pour elle-même : reprise de tels ou tels moments du passé, exposé de l’activité présente dans les divers champs de l’apostolat. Nous ne parlerons que des publications faites au niveau général et reliées en volumes. On y trouve ‘la vie et la survie’ du P. d’Alzon à partir de son œuvre principale qui est la fondation des Religieux et des Oblates de l’Assomption.

Pour ce qui est des Religieux, il faut relever trois publications : la première, d’ordre historique, les deux autres étant d’information sur la vie présente et l’activité apostolique de la Congrégation :

Pages d’Archives, Rome, Maison généralice.

Cette collection a pour origine l’idée de publier, dans les ‘Souvenirs’ (Première forme des Informations actuelles), des textes, des faits, des récits (cf les Croquis de Galeran), concernant le fondateur ou l’Assomption de son vivant. Elles prennent la forme d’une publication à part, en juillet 1926, comme Supplément de la ‘Lettre à la Dispersion’. C’est la première série des ‘Pages d’Archives’ qui durera jusqu’en 1940.

L’idée en est reprise en 1954, sous l’impulsion du P. Gervais Quenard, et nous aurons la deuxième série, plus en forme que la première, de 1954 à 1963, avec 14 numéros. A la mort du P. Gervais Quenard (1961), le P. Aubain Colette poursuit la publication : ce sera la troisième série, de 1963 à 1966, avec 8 numéros. La quatrième série n’a qu’un numéro : ‘Le P. Pernet, hier et aujourd’hui’ (1966), et c’est l’interruption, car, a-t-on dit, le titre ‘bloquait’ le lecteur dès la réception. Mais ‘c’est pour l’instant tout ce que nous avons d’histoire écrite en ces simples jalons piqués sur la route parcourue’(64) (P. G. Quenard).

Reprenons pour mémoire, les titres des trois dernières séries, car ce qui se trouve dans la première est publié par ailleurs.

2 e série, 14 numéros, 430 pages :

Gervais QUENARD, Un grand oublié, ‘Monsieur Bailly’, le vrai père des Conférences de Saint-Vincent de Paul, p. 1-20.
Athanase SAGE, Notes sur l’histoire du Directoire, p. 21-36 ;
Gervais QUENARD, L’Assomption en Russie, p. 37-52 ;
Gervais QUENARD, Quatre-vingt-quinze ans d’histoire : la maison Notre-Dame de Salut, p. 53-76 ;
Aubain COLETTE (postulateur), Le P. Vincent de Paul Bailly, p. 77-128 ;
Gervais QUENARD, Le P. Victorin Galabert, p. 129-148 ;
Aubain COLETTE, A l’occasion du Chapitre général de 1958, vue rétrospective sur nos Chapitres généraux de 1850 à 1958, p. 149-206 ;
Aubain COLETTE (postulateur), Le P. d’Alzon, A. Hommage à son œuvre apostolique – B. Témoignages sur sa sainteté, p. 207-320 ;
Aubain COLETTE (postulateur), Le P. d’Alzon et le drame final de Lamennais, p. 321-344 ;
10° Gervais QUENARD, La mission d’Orient avec Léon XIII et le P. Picard, p. 345-368 ;
11° Gervais QUENARD, L’Assomption en Russie, les premiers pionniers avant la guerre de 1914, p. 369-386 ;
12° Pierre TOUVENERAUD, La participation du P. d’Alzon à la défense des Etats pontificaux, 1859-1863, p. 387-414 ;
13° Gervais QUENARD, L’Assomption à Jérusalem, p. 415-434 ;
14° Gervais QUENARD, Pour l’unité : Notre mission de rite oriental, p. 435-444.

3 e série, 8 numéros, 650 pages :

Adrien PEPIN, La vocation du P. Vincent de Paul Bailly. – Le ciel et le purgatoire, p. 1-6 ;
Adrien PEPIN, Le P. Vincent de Paul Bailly et les pèlerinages en Terre Sainte. – Le P. Vincent de Paul Bailly et l’Eucharistie, p. 69-176 ;
Adrien PEPIN, Le P. François Picard, directeur de l’Association Notre-Dame de Salut et des pèlerinages nationaux, p. 177-248 ;
Adrien PEPIN, Un chef : le P. François Picard, p. 249-344 ;
Adrien PEPIN, Témoignages sur l’activité religieuse et apostolique du P. Picard, p. 345-414 ;
Pierre TOUVENERAUD, Religieux et religieuses de l’Assomption au service de l’Orient chrétien (1862-1963), p. 419-452 ;
Daniel STIERNON, La science assomptioniste au service de l’unité de l’Orient, p. 453-469 ;
7° Aubain COLETTE, Les origines et les grandes étapes du journal ‘La Croix’, p. 475-564 ;
8° Daniel STIERNON, A travers l’histoire des résidences assomptionistes à Rome : I. Du vivant du P. d’Alzon. – II. Après la mort du fondateur, p. 571-646.

4 e série, 1 numéro, 160 pages :

1° (En collaboration), Le P. Pernet, hier et aujourd’hui, p. 1-160.

L’Assomption et ses œuvres, Paris, B.P. de 1875 à nos jours :

Créé au temps du P. d’Alzon et sous son inspiration pour être l’organe de ‘l’œuvre de Dame des Vocations’, ce bulletin paraît de 1875 à 1879 (L’Assomption de Nîmes, comportant trois séries de tables très précieuses) et reprend en 1897 pour durer jusqu’à aujourd’hui. On penserait à un bulletin de propagande et de quête. En fait, s’il n’est pas encore devenu la ‘revue de l’Assomption’, comme d’autres Instituts en ont une, il assure aujourd’hui quatre fois par an la présentation de notre apostolat devant un public assez large : ‘les amis de la famille’. On y fait régulièrement le tour de la présence apostolique, dans sa diversité et son étendue, de toutes les familles de l’Assomption, religieux et religieuses. C’est le meilleur témoignage de la ‘survie’ du P. d’Alzon et de l’actualité de son charisme de fondateur.

L’inventaire de cette revue, les tables onomastiques n’existent pas en dehors de nos cotes d’archives(65) ; mais à la parcourir, on y trouve, certes ce que le P. d’Alzon y a mis de 1875 à 1879 ; mais encore des numéros qui lui sont entièrement consacrés (n° 168, déc. 1910, n° 356, mars 1931, déjà cités(66)), et des articles de première main dans la saisie de ses activités passées (Articles du P. Alphonse Picot(67), de sept. – oct. 1950 à mai-juin 1952) et de son actualité présente. A ceux qui voudraient avoir une première impression sur l’activité apostolique de l’Assomption et de son évolution en ces dernières années, nous proposerions de parcourir l’Assomption de 1946 à nos jours ; il apparaîtrait alors que, pour cette période, 1964 marque un tournant dans l’évolution de notre activité apostolique, et qu’aujourd’hui la Congrégation fait preuve d’une adaptation constante, selon les exigences de Vatican II et la volonté même de son fondateur.

Signalons maintenant les principaux articles consacrés à la mémoire du P. d’ALZON dans les colonnes de L’Assomption et de ses Œuvres depuis l’année 1980, en dehors de ceux déjà cités et en principe répertoriés dans un autre cadre :

Les informations adressées à la famille, Paris, B.P. et Rome, Maison généralice

Par cette expression, nous fusionnons les divers moments et les divers titres de l’organe par lequel le gouvernement général informe l’Institut de sa vie propre et de son activité spécifique aux divers niveaux : général, provincial et local. Les titres successifs en ont été : ‘Souvenirs(68)’ (n° 1, février 1881), ‘Lettre à la dispersion(69)’ (n° 1, septembre 1914), ‘Lettre à la Famille’ (n° 1, janvier 1945), ont des tables onomastiques annuelles.

De février 1965 à décembre 1967, selon le désir du Chapitre général de 1964, il faut relever la tentative de créer une ‘revue de Congrégation’, pour ‘soutenir et éclairer l’expérience apostolique des religieux dans la fidélité au fondateur et au renouveau du Concile’. Outre les nouvelles données, comme dans le passé, c’est dans cette série, de format 20 x 15 cm, appelée Assomption 65, 66, 67(70), - le chiffre indiquant l’année en abrégé, et la collection comprenant 10 numéros, - que nous retrouvons des études sur le P. d’Alzon ; mais les collaborateurs furent rares à trouver et l’entreprise dut être abandonnée.

Après le Chapitre général de 1969, on s’est orienté vers le style journalistique du flash, la présentation polycopiée et la publication mensuelle en quatre langues (anglais, espagnol, français et néerlandais) sous le titre : A.R.T. Informations(71).

Ce bulletin général d’informations, devenu trimestriel et quadri-lingue, poursuit toujours sa route. A partir de 1990, il prend pour titre AA Info et devient en 1999 : AA Informations, Informatie, Noticias, News. La province du Brésil se charge d’en donner une version portugo-brésilienne à ses propres frais.

Bulletin Officiel de l’Assomption (B.O.A.) et Documents Assomption, (Doc. Assomption) Rome, Maison généralice

Suite à la demande du Chapitre général de 1946, le P. Gervais QUENARD a voulu donner à la Congrégation A.A. un bulletin officiel imprimé qui a pris pour nom : Bulletin Officiel de l’Assomption, de parution irrégulière, entre 1946 et 1976. La collection comporte 5 tomes ou volumes :

t. I, 1946-1952, 8 numéros, 260 pages avec l’index final,
t. II, 1953-1957, 9 numéros, 224 pages avec l’index final,
t. III, 1958-1964, 9 numéros, 240 pages avec l’index final,
t. IV, 1965-1969, 7 numéros (paginés par numéro), 324 pages, avec table des matières et Index onomastique. Un cahier spécial et volumineux est consacré au chapitre général de 1964 ;
t. V, 1970-1975, 4 numéros, 277 pages avec table des matières et Index onomastique.

Les principaux articles qui y ont été consacrés au P. d’Alzon ne sont pas légion :
Où en est la cause du P. d’Alzon ? B.O. A, t. I, mai 1948, n° 4, pages 21-26 (avec la liste des Ecrits) ;
Ouvrages sur le P. d’Alzon : B.O.A., t. II, décembre 1954, n° 4, page 87 ;
Décrets sur la Cause du P. d’Alzon : B.O.A., t. III, octobre 1958, page 1-5 ; juin 1959, n° 2, page 35 ;
Exhumation et reconnaissance des restes du P. d’Alzon : B.O.A., t. IV, juin 1965, n° 1, pages 37-43.

Avec le changement de Supérieur général en 1975 (du Paul CHARPENTIER au P. Hervé STEPHAN), la publication change de formule. Elle prend pour nom, Documents Assomption, et devient annuelle avec des suppléments ou des numéros spéciaux. La pagination a été d’abord continue puis propre à chaque numéro. Un Index informatique a été constitué par le P