Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 1

Tour du monde assomptionniste en 41 pays

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

YOUGOSLAVIE (Serbie)

Fondation de l'Assomption en Yougoslavie, 1925.

La fondation A.A. et O.A. à Belgrade (Beograd), alors capitale du royaume de la Yougoslavie, pays redessiné après la première guerre mondiale, est liée précisément aux suites de cette première guerre. Il s'agissait alors d'assurer un service religieux en l'honneur des 'poilus' tombés sur le front d'Orient (plus de 45.000 soldats français, tombés en Macédoine et en Serbie), de faire élever en leur honneur un monument de reconnaissance, de créer un collège pour la jeunesse et de fonder une paroisse pour le culte catholique. Le 1 er avril 1925, le P. Privat Bélard (1875-1961) et deux Oblates (dont la future Mère Michaël Rainfray) descendirent à la gare de Belgrade pour entreprendre avec courage le lancement de ces différentes œuvres(1). Leur venue dans la capitale était hautement souhaitée par Mgr Yvan-Raphaël Roditch ou Rodic (1870- ?), alors administrateur apostolique du Banat serbe, plus tard archevêque de Belgrade. Le monument aux 'poilus' de la grande guerre, baptisé Mémorial du Front d'Orient, fut commencé seulement en 1939, mais, faute de moyens et par suite des difficultés créées par l'entrée en guerre à nouveau du pays en 1941, il ne fut jamais terminé. Un accident causa la mort de trois personnes dont celle de l'entrepreneur. Par contre, la Congrégation fit construire en 1927 une église paroissiale dédiée à Notre-Dame de l'Assomption et une résidence pour la communauté (n° 75, rue Hadjt Melentia ou Hadzi-Milentijeva selon les transcriptions). Les Assomptionnistes se préoccupèrent également d'enseignement scolaire et recrutèrent parmi les élèves des alumnistes dont quelques-uns devinrent religieux à l'Assomption. La seconde guerre mondiale fut cause de nombreux tracas pour les Religieux et Religieuses, et son issue déboucha en 1944 sur la mise en place d'un régime communiste dirigé par Josip Broz dit Tito (1892-1980). Dans ce contexte, les œuvres autres que strictement paroissiales ne purent être maintenues. Dans les années 1970, une nouvelle communauté sembla donner l'élan d'une re-fondation, mais elle se disloqua très vite et, en 1982, l'Assomption n'eut que le choix de quitter les lieux(2), remettant les bâtiments à la disposition du diocèse. L'archevêque, Mgr Alojz Turk, manifesta alors son intention d'y transférer sa cathédrale.

Source documentaire :
Articles donnés par le P. Privat Bélard dans le bulletin Missions des Augustins de l'Assomption et la revue des Echos d'Orient.

Serbie, année 1810.

La Serbie a été province ottomane de 1459 à 1815. Des révoltes ont permis à la Serbie de voir reconnaître son autonomie en 1830, mais l'indépendance complète fut accordée en 1878 au Congrès de Berlin. C'est en fait la guerre russo-turque de 1808 à 1812 qui permit l'émancipation de la Serbie.Napoléon Ier s'opposa à l'occupation de Belgrade par les Autrichiens, qui avait été sollicitée à Vienne en 1810 par Georges Karageorgevitch (1752-1817), leader national des Serbes. Le traité de Bucarest promit l'autonomie aux Serbes, mais la Porte profita de la guerre franco-russe pour ne pas appliquer cette clause. Karageorgevitch s'exila en Russie et, à son retour en 1815, il fut contré par le chef rival du mouvement national serbe, Miloch Obrenovitch (1780-1860). L'histoire de la Serbie se confond avec celle de la Yougoslavie, pays créé en 1918, par détachement des Slaves du Sud de l'ancienne Autriche-Hongrie.

Sur le plan de l'organisation ecclésiastique catholique en Serbie, pays à grande majorité orthodoxe où existait un patriarcat depuis 1220 rattaché en 1766 à celui de Constantinople, restauré en 1832 et pleinement reconnu par le Phanar en 1879 (on compte de nos jours 31 éparchies en Serbie), il faut remonter à l'époque autrichienne pour en saisir les origines et l'évolution.

BELGRADE  : L'évêché qui remonte au IXème siècle, a uni son titre à Smederevo en 1729. Il a été érigé en archevêché en 1924 et en métropole en 1986.

BAR  : La création de l'évêché remonte au IXème siècle également, érigé en archevêché en 1034.

SUBOTICA  : D'abord administration apostolique érigée en 1926, promue en évêché en 1968.

ZRENJANIN  : Administration apostolique du Banat érigée en 1923, transformée en évêché en 1986.

KOTOR  : évêché depuis le Xème siècle.

EXARCAT APOSTOLIQUE DE SERBIE ET MONTENEGRO pour les catholiques de rite byzantin : siège à Ruski Krstur.

ADMINISTRATION APOSTOLIQUE  : siège à Prizren, aujourd'hui distinct de Skopje. L'origine en est un évêché érigé au Xème siècle qui a été uni en 1969 à Skopje, puis séparé en 2000 et organisé en administration aspotolique.

Jusqu'au XXème siècle, la Serbie était placée sous le protectorat religieux de l'Autriche-Hongrie. En mai et en juin 1914, put être négocié et signé un concordat qui allait faire de Belgrade un archevêché, métropole pour toute la Serbie, et rétrograder l'archevêché d'Uskub (ancien nom de la ville de Skopjé) en évêché. Du fait de la création du Royaume de Yougoslavie, un nouvel accord fut recherché : le 25 juillet 1935 fut signé le nouveau concordat qui ne put être ratifié par le gouvernement yougoslave en raison d'une violente opposition déchaînée dans le pays. Le passage de la Yougoslavie au camp communiste en 1944 fit craindre la naissance de nouvelles difficultés. L'archevêque de Zagreb, Mgr Alojzije Stépinac (1898-1960), créé cardinal 1953, fut arrêté, jugé et condamné en octobre 1946 bien qu'il ait été hostile aux Oustachis croates, partisans de l'alliance allemande. En juin 1966, un protocole fut signé entre le Saint-Siège et le gouvernement yougoslave du Maréchal Tito, permettant d'aplanir les difficultés en suspens. Le Maréchal fut reçu officiellement au Vatican le 29 mars 1971, par le pape Paul VI, suite à l'établissement de relations diplomatiques normalisées en août 1970. Le pape Jean Paul II n'eut jamais l'occasion de se rendre sur le territoire même de la Serbie, alors qu'il effectua des déplacements dans les anciennes républiques de Yougoslavie : en septembre 1994, il dut annuler une visite prévue à Sarajevo (Bosnie-Herzégovine) mais put se rendre à Zagreb en Croatie ; en mai 1996, ce fut au tour de la Slovénie (Ljubljana et Maribor) d'accueillir le pape, puis une deuxième fois en octobre 1998 pour la béatification du cardinal Stépinac et une troisième fois en septembre 1999 (Maribor) ; en avril 1997, il put enfin se rendre à Sarajevo, visite renouvelée en juin 2003, ainsi qu'en Croatie (Rijeka, Osijek et Zadar).

Source documentaire :
Esprit et Vie, décembre 2004, n°118, p. 44-45.

Fiche d'identité de la Serbie 1810.

Population  : En 2005, 9 millions 779.000 habitants alors que la Yougoslavie en 1990 comptait 24 millions avec les républiques fédérées de Serbie, du Monténégro, de la Croatie, de la Slovénie, de la Bosnie-Herzégovine et de la Macédoine. La plupart de ces Républiques s'émancipèrent à partir de 1991 .

Superficie  : Dans les limites de la Serbie actuelle, 88.480 km2, mais 55 968 km2 pour la Serbie seule. Le pays, République fédérale, comprend la Serbie elle-même et la province du Kosovo (pays des merles) qui est administrée de nos jours par la M.I.U.K. force de l'O.N.U. Frontières avec l'Albanie, le Monténégro, la Bosnie-Herzégovine, la Croatie, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie et la Macédoine.

Langue officielle : Le serbe.

Départements  : Le pays est divisé 29 districts comprenant 189 communes.

Régime politique  : République fédérale qui a succédé à l'ancienne Yougoslavie démantelée. L'indépendance du Monténégro a été reconnue en 2006. La Constitution de 1974 a été remplacée par celle de 1990, elle-même révisée en 1992 puis en 2000. Au XIXème siècle, la Serbie est un royaume que se disputent les dynasties des Obrenovitch et des Karageorgevitch.

Capitale  : Belgrade. Autres villes : Nis, Novi Sad (Voïvodine), Pristina (Kosovo et Metohija).

Monnaie  : Le dinar.

Fête nationale  : La fête de la République se fait le 29 novembre. Le drapeau actuel a été adopté en 1992. Hymne national : Boze Pravde.



(1) Récits de fondation dans la Lettre à la Dispersion, mai 1825, n° 138 , pages 514-516 ; n° 151, août 1925, pages 642 ; septembre 1925, n° 155, pages 679-680.

(2) On ne trouve pas de mention de fermeture de la communauté de Belgrade dans les Documents Assomption, seulement dans A.T.L.P., n° 23 (septembre), page 3 sous un titre laconique' fermetures', et un peu pêle-mêle : « Ont cessé d'exister les communautés de Belgrade, Bordeaux-Lacanau, Marseille-Capelette, Paris-Bargue, Perpignan et Stains ». Un rapide état des lieux est dressé sur Belgrade, un peu plus loin : A.T.L.P., janvier 1983, n° 26, page 18. On ne compta dans l'histoire qu'une communauté AA en Yougoslavie.

 

 Webmestre: D. Remiot
Vers la page d'accueil du site