Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 1

Tour du monde assomptionniste en 41 pays

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

URUGUAY

Fondation de l'Assomption en Uruguay, 1952.

Le 18 mai 1952 est retenue comme date de fondation d'une résidence assomptionniste à Montevideo, paroisse San Lorenzo (Domingo Arena, 3937) dans la capitale de l'Uruguay en Amérique du Sud, pays enclavé dans l'Argentine. Cette implantation(1), desservie par deux religieux argentins, les PP. Agustino Luchia Puig et José Carlos Massaldi (1913-1977), ne fut qu'un essai sans suite puisque la maison dut être fermée en 1954, par suite notamment de l'incorporation du P. Luchia Puig dans le clergé séculier. L'intention déclarée de ce dernier était alors de construire un sanctuaire à Notre-Dame sur les rives du Rio de La Plata. On peut penser que des impossibilités financières eurent aussi raison de ce projet. Le P. Agustino rejoignit donc les rangs du clergé séculier argentin. En 2006, des projets d'implantation au Paraguay voisin, mais lui frontalier du Brésil, ont été évoqués pour les Oblates avec le concours du clergé local et la possible candidature de vocations paraguyennes.

Uruguay, année 1810.

Cet Etat d'Amérique du Sud fut découvert en 1516 par Juan Diaz de Solis qui fut le premier à s'aventurer sur les parages du Rio de La Plata. Au XVIIème siècle, Franciscains et Jésuites convertirent au christianisme les nomades indiens Charruas. Les Portugais établirent en 1680 un poste sur le Rio de La Plata, en face de Buenos Aires, d'où une lutte très âpre entre Espagnols de l'Argentine et Portugais du Brésil pour cette 'banda oriental'. En 1726 l'espagnol Zavala construisit une forteresse qui fut à l'origine de la ville de Montevideo. Les Espagnols finirent par se rendre maîtres du territoire actuel de l'Uruguay. En 1807, les Anglais s'emparèrent de Montevideo. En 1810, José Artigas, un chef des gauchos de l'intérieur, se rallia à la junte insurrectionnelle de Buenos Aires et attaqua les Espagnols de Montevideo. Les Argentins n'ayant pas voulu reconnaître l'indépendance uruguyenne, un exode de la population fut dirigé vers le Nord du pays (1814). L'alliance des Argentins et des Brésiliens obligea le héros national à se réfugier au Paraguay en 1820 et, en 1821, l'Uruguay fut incorporé au nouvel Empire du Brésil. Mais cette fois, alliés aux Argentins, les Uruguyens remportèrent contre les Brésiliens une victoire décisive à Ituzaingo (20 février 1827) et, par la traité de Rio de Janeiro, l'indépendance de l'Uruguay fut assurée. Une grande instabilité politique agita l'Uruguay pendant tout le XIXème siècle et causa de nombreuses guerres civiles. De 1865 à 1870, le pays, allié au Brésil et à l'Argentine, prit part à une guerre sanglante contre le Paraguay. Au XXème siècle, l'Uruguay, dominé par un pouvoir militaire dictatorial, a souffert d'une longue guérilla, fomentée par le mouvement d'extrême gauche des Tupamaros.

L'Eglise catholique, encore faiblement majoritaire dans un pays largement gagné à l'indifférence religieuse et à la sécularisation, dispose de nos jours d'une Métropole, Montevideo (siège érigé en 1878) et de 9 évêchés (Canelones, Florida, Maldonado-Punta del este, Melo, Mercedes, Minas, Salto, San José de Mayo et Tacuarembo). Le pape Jean Paul II s'est rendu en Uruguay en mai 1988. Des relations diplomatiques ont été établies entre le Saint-Siège et ce pays depuis 1871, pays où, très curieusement, le catholicisme est religion d'Etat mais où il est aussi vigoureusement combattu par un laïcisme agressif, avec régime de séparation entre l'Eglise et l'Etat. En octobre 2004, l'Uruguay s'est donné un président de gauche, Tabaré Vazquez, mettant fin au régime d'alternance de deux partis, le parti Colorado fondé en 1836, et le parti national Blanco, nationaliste, fondé également en 1836.

Source documentaire :
Esprit et Vie, novembre 2005, n° 137, p. 37-38.

Fiche d'identité de l'Uruguay 1810.

Population  : En 2006, quelque 3 millions 500.000 habitants dont la majorité est concentrée dans la capitale. Le taux de natalité est très faible, dans un pays encore considéré dans les années 1960 comme un Eldorado, la Suisse de l'Amérique du Sud. Population très urbanisée.

Superficie  : 175.016 km2, frontières avec le Brésil et l'Argentine, et 660 km de côtes sur l'Atlantique.

Langue officielle : L'espagnol.

Départements  : Le pays est divisé en 19 départements.

Régime politique  : République depuis 1830. Constitution actuelle de 1966, révisée en 1997. Le vote est obligatoire. C'est la Constitution de 1918 qui a établi la séparation de l'Eglise et de l'Etat.

Capitale  : Montevideo. Autres villes : Salto, Paysandu et Las Piedras.

Monnaie  : Le peso uruguayen.

Fête nationale  : Le 25 août (en souvenir de l'année 1825). Drapeau créé en 1825, adopté en 1830. Hymne : Orientales, la Patria o la tumba !



(1)B.O.A., avril 1953, vol. II, n° 1, page 21 : ' Le T.R.P. Général avec son Conseil a décidé la fondation d'une résidence à Montevideo (Uruguay), le 18 mai 1952'. On ne trouve pas par contre dans le B.O.A. de mention de fermeture de la communauté.

 

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