Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 1

Tour du monde assomptionniste en 41 pays

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

TUNISIE

Fondation de l'Assomption en Tunisie, 1934.

Désirée par l'archevêque de Tunis-Carthage, Mgr Alexis Lemaitre (1864-1939), et par les Petites Sœurs de l'Assomption déjà présentes sur place (depuis 1931), la fondation assomptionniste en Tunisie se réalisa le 25 novembre 1934(1), avec l'arrivée des PP. Eusèbe Lavigne (1851-1949) et Tite Giraudo (1897-1983). Du projet de presse initial abandonné, on passa très vite à l'exercice du ministère paroissial dans la capitale tunisienne (Tunis centre et Tunis Bellevue qui fut tout à la fois paroisse, centre étudiant, aumônerie et foyer d'œuvres avec l'actif P. Auguste Gabel, 1910-1997) et ses environs (Ben Arous Fochville, Mégrine Coteau et Sillonville). Un collège fut développé à La Marsa, près de Sidi Driff, à partir d'une réalisation antérieure, le collège Maurice Cailloux, auquel le P. Amance Arandel (1908-1999) donna de nouveaux bâtiments et un nouveau nom, le collège Saint-Louis. A la veille de la seconde guerre mondiale, le sud tunisien fut atteint avec l'oasis de Gabès (poste de mission ouvert en 1939(2), avec dessertes à Djerba, Médénine, Tataouine et Zarzis). Mais à partir de 1956, un processus d'autonomie du pays fut engagé, entraînant l'exode progressif des colons européens. Le collège Saint-Louis fut laissé dès 1956(3) et repris par le gouvernement français qui l'a transformé en un Lycée Gustave Flaubert, toujours bien portant. Sur place, rien n'avait été pensé en direction de la population arabe musulmane. Le dernier religieux à quitter le pays, en août 1964, fut le P. Gabriel Allègre (1910-1997). Des religieux assomptionnistes, à titre personnel, ont eu par la suite des activités temporaires en Tunisie, dont les PP. Georges Ball, enseignant à Djerba, et Jean-Marie Vigneron, en service pastoral. Les Petites Sœurs ont pu maintenir jusqu'à nos jours une communauté résiduelle de troisième âge à Hammam-Lif, dans la périphérie de Tunis.

Sources documentaires :
Jean-Paul Périer-Muzet, Mission assomptionniste en Tunisie (1934-1964) et en Algérie (1949-1963), dans L'Aventure missionnaire assomptionniste, Paris, 2005, p. 393-407. François Dornier, La vie des catholiques en Tunisie au fil des ans, Tunis, 2000, 643 pages (Les Assomptionnistes, p. 572-574).

Tunisie, année 1810.

La Tunisie est entrée dans l'histoire depuis l'Antiquité : colonie phénicienne, carthaginoise, romaine, vandale, byzantine, elle devint arabe entre 647 et 670. Les Turcs s'emparèrent de Tunis en 1534, reprise par Charles Quint en 1535, arrachée finalement aux Espagnols en 1574, pour trois siècles. Les beys s'efforcèrent de se rendre indépendants de la Porte à partir de 1705. Mahmoud Bey massacra les janissaires et, en 1821, amena le dey d'Alger à conclure une paix perpétuelle. Ahmed Bey entre 1837 et 1855 modernisa le pays mais l'endetta. Ses successeurs Mohammed Bey (1855-1859) et Mohammed es-Sadok (1859-1883) organisèrent une sorte de monarchie parlementaire qui ne put éviter l'ingérence des Européens à la fin du XIXème siècle. Devançant les ambitions italiennes, la France réussit au Congrès de Berlin en 1878 à obtenir l'accord officieux des nations européennes pour opérer des actions de prévention sur la frontière algérienne. En 1881, Jules Ferry (1832-1893) fit envahir la Tunisie et imposa le traité du Bardo (mai 1881) qui plaçait le pays sous le protectorat français et, à partir de 1910, sous une administration directe. Les résistances nationalistes se firent radicales avec la création du Destour en 1920 et du Néo-Destour en 1934, mouvement dirigé par Habib Bourguiba (1903-2000), l'homme fort du pays surnommé le 'Combattant suprême'. En novembre 1942, le débarquement des alliés en Afrique du Nord provoqua l'occupation du pays par les Allemands. Les troupes franco-anglo-américaines conduisirent une contre-attaque victorieuse en mai 1943. Le protectorat français fut rétabli par la France libre en mars 1944. Pierre Mendès France (1907-1982) reconnut dans son discours de Carthage l'indépendance de la Tunisie en juillet 1954, avalisée le 20 mars 1956. Les relations franco-tunisiennes furent cependant envenimées par la guerre d'Algérie et ne devinrent cordiales qu'à partir de 1967. Un projet d'union avec la Libye signé en 1974 fut abandonné par la suite. Le général Zine Ben Ali fit déposer Bourguiba en 1987 et le remplaça à la tête de l'Etat. Bien que déclaré laïc, le pays est gagné par la vague islamique.

Sur le plan de l'organisation de l'Eglise catholique en Tunisie, atteinte de plein fouet par la décolonisation européenne, il ne reste plus que quelques communautés chrétiennes très restreintes et dispersées, placées sous la juridiction d'un évêché à Tunis créé en 1995, à partir du siège de l'antique et prestigieuse Carthage, érigé en 1884 au temps du protectorat français, transformé en prélature en 1964. Le pape Jean Paul II a rendu une visite amicale en Tunisie, en avril 1996. Des relations diplomatiques sont établies avec le Saint-Siège depuis 1972. Le modus vivendi signé en 1964 interdit tout prosélytisme et a signé en quelque sorte l'arrêt de mort du catholicisme en Tunisie, minorité résiduelle ou de simple présence passagère.

Fiche d'identité de la Tunisie 1810.

Population  : On ne connaît pas les chiffres de la population du pays en 1810. En 1911, il y avait presque 2 millions d'habitants, en 2001 quelque 9 millions 705.000. Le plus fort pourcentage de colons européens était d'origine italienne.

Superficie  : 163.610 km2 avec 1. 148 km de côtes. Frontières avec la Libye et l'Algérie.

Langue officielle : L'arabe, mais le français est encore utilisé comme langue parlée.

Départements  : Le pays est administré en gouvernorats et conseils régionaux au nombre de 23 subdivisés en 254 délégations.

Régime politique  : République islamique. Constitution établie en 1959, amendée en 1976, en 1988 et en 2002.

Capitale  : Tunis, qui avait une population de 100.000 habitants au XIXème siècle, contre près de deux millions de nos jours. Autres villes : Sfax, L'Ariânah, Ettadhamen, Sousse, Kairouan, Bizerte, Gabès, Djerba.

Monnaie  : Le dinar tunisien.

Fêtes nationales  : Le 20 mars en souvenir de l'indépendance de 1956 et le 25 juillet, proclamation de la République en 1957. Drapeau adopté en 1835, inspiré du drapeau turc. Hymne national ?



(1) Fondation à Tunis : Lettre à la Dispersion, décembre 1934, n° 554, pages 386-387.

(2) L'érection canonique et autonome de la résidence de Gabès est réalisée en août 1949 : B.O.A., décembre 1949, n° 7, page 176.

(3)B.O.A., décembre 1956, vol. II, n° 8, page 174.

 

 Webmestre: D. Remiot
Vers la page d'accueil du site