Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 1
Tour du monde assomptionniste en 41 pays
Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)
Fondation de l'Assomption en Suisse, 1910.Il est des pays, dont la Suisse, qui ne figurent sur la carte des fondations de l'Assomption qu'à titre de transfert provisoire, sans réelle volonté d'implantation ou d'inculturation de longue durée. La présence de l'Assomption dans la Confédération helvétique n'excéda pas vingt années, entre 1910 et 1930. Deux lieux, à proximité de la frontière italienne et des rives du lac Majeur, en ont gardé le souvenir : Ascona et Locarno. L'alumnat d'Ascona(1) fut inauguré le 4 septembre 1910, par transfert du trop plein d'alumnistes de Belgique et de Vinovo(2) au Piémont. C'était une ancienne résidence fondée au temps de saint Charles Borromée (1538-1584), prise en charge au début du XXème siège par des Pères Salésiens sous la forme d'un collège-séminaire San Carlo. Ces derniers venaient de s'en retirer et l'évêque du lieu, Mgr Alfredo Peri-Morosini (1862-1931), administrateur apostolique de Lugano, insista pour que l'Assomption s'y installât. Les années de guerre ne furent d'ailleurs pas favorables à son essor et l'Assomption quitta les lieux en janvier 1918, faute de 'combattants', les difficultés administratives avec les passeports devenant insurmontables. C'est du bout des lèvres que fut acceptée la charge d'un collège pontifical à Locarno(3). Le projet fut avancé, à la fin de la première guerre mondiale, de transférer à Locarno les quelques alumnistes d'Ascona, mais, pour des raisons financières, - la monnaie de la Suisse, pays neutre, avait surclassé celle des pays en guerre -, il fut décidé de transformer le collège en maison de repos. Le choix de Lorgues(4) s'imposa et Locarno, malgré son site enchanteur, fut quitté vers 1930. Il resta à l'Assomption quelques religieux suisses dont le P. Emmanuel Krähenbühl (1899-1973) et Hermann Gisler (1873-1969), les deux frères Giugni, Assunto (1898-1967) et Enrico (1901-1982) et le P. Daniel Chevrier (1911-1989).
Sources documentaires :
Polyeucte Guissard, Histoire des alumnats. Le sacerdoce des pauvres, Paris, B.P., 1954, p. 295-301.
Bien que pays neutre, la Suisse n'échappa pas entièrement à la main-mise européenne de Napoléon Ier. Celui-ci tailla à son gré dans le territoire de la Confédération des cantons suisses : Mulhouse, Genève et les possessions de l'évêque de Bâle furent annexées dès 1795. En 1797, il arracha encore la Valteline aux Grisons pour la rattacher à la République cisalpine et sécuriser cet important passage des Alpes. En 1798 fut érigée une République helvétique, calquée sur le modèle français. En 1803, cet Etat satellite fut réparti entre 19 cantons dont six seulement gardaient leur vieux droit de nomination du Landammann. Le Valais est transformé en département du Simplon en 1810, afin d'assurer le contrôle des cols alpins. En 1815, la Suisse récupéra tous ses territoires (recomposés en 22 cantons), sauf Mulhouse et la Valteline. Elle obtint aussi un couloir le long du lac Léman reliant Genève au reste de la Confédération. Subsista dans le pays une méfiance grandissante entre les cantons catholiques et protestants, ce qui déboucha sur la guerre du Sonderbund en 1847.
Sur le plan de l'organisation ecclésiastique, l'Eglise catholique en Suisse comptait six évêchés au XIXème siècle :
BÂLE : évêché érigé vers 344, ville dans laquelle se tint le Concile de 1431 (cantons de Bâle, Soleure, Zug, Lucerne, Schaffouse, Thurgovie, Argovie, Berne et Tessin dont une partie passa à Coire en 1823).
LUGANO : dans le Tessin, administration apostolique recomposée en 1884.
COIRE (CHUR) : déjà évêché au Vème siècle, dans le canton des Grisons, et comprenant aussi le canton de Schwyz.
SAINT-GALL (SANKT GALLEN) : en remplacement du système des paroisses administrées par l'abbaye de Saint-Gall, un évêché fut érigé en 1823 d'abord uni à Coire, puis distinct en 1847.
SION (SITTEN) : dans le canton du Valais, évêché du IVème siècle.
LAUSANNE ET GENEVE : Les deux titres sont unis en 1821. L'évêché de Lausanne remonte au VIème siècle, celui de Genève au IVème siècle, mais au temps de la Réforme calviniste, l'évêque de Genève dut se transférer à Annecy. En 1873, le pape Pie IX créa le vicariat apostolique de Genève en faveur de Mgr Mermillod, mais ce dernier dut s'exiler et ne put rentrer à Genève qu'en 1883 en mettant fin au vicariat apostolique et en reprenant le double titre de Lausanne-Genève, noms auxquels fut encore attaché celui de Fribourg en 1924.
La situation ecclésiastique de la Suisse de nos jours n'a guère changé ; elle comporte les six évêchés ci-dessus, avec les deux abbayes de Einsiedeln et de Saint-Maurice ayant juridiction territoriale. Le pape Paul VI a été le premier pape à pouvoir se rendre en Suisse, à Genève, en juin 1969, au bureau de l'O.I.T. (Organisation internationale du travail) et auprès de la C.O.E. (Conseil Œcuménique des Eglises). Le pape Jean Paul II s'est rendu à Genève en juin 1982 (O.I.T.), puis en juin 1984 (C.O.E. à Genève-Chambésy, et à Fribourg) et en juin 2004, à Berne. En 1985, il n'avait fait qu'une escale à Kloten en se rendant au Liechtenstein. La Suisse entretient des relations diplomatiques avec le Saint-Siège, depuis 1231, mais avec des interruptions. En 1873, la nonciature fut temporairement suspendue en raison du différend politique qui opposait le gouvernement helvétique à Rome au sujet de la création d'un vicariat apostolique à Genève. La particularité de la Confédération est d'offrir au pape une garde pontificale de volontaires suisses, dont on a fêté en mai 2006 le Vème centenaire. Elle fut créée le 22 janvier 1506 et porte un costume dont le dessin est attribué à Michel-Ange.
Fiche d'identité de la Suisse 1810.Population : En 1600, la Suisse comptait 1 million 100.000 habitants ; en 2006, environ 7 millions 459.000. Superficie : 41.285 km2. Pays frontière avec l'Italie, l'Allemagne, l'Autriche, le Liechtenstein et la France. La Suisse n'a aucune côte maritime. Langues : La Confédération helvétique a 4 langues officielles : l'allemand, le français, l'italien et le romanche. Départements : Le pays est constitué par l'alliance de 26 cantons souverains. Le début en est l'alliance perpétuelle du 1 er août 1291 entre trois cantons ; Uri, Schwyz et Unterwald, par le serment pacte fédéral du Grütli. Régime politique : La Suisse, confédération de cantons, est une démocratie semi-directe. La constitution en vigueur est celle de 1848, révisée en 1874 et en 1999. Capitale : Berne est la capitale fédérale. Les principales villes sont Zurich, la plus peuplée , Genève, Bâle et Lausanne. Monnaie : Le franc suisse (CHF). Fête nationale : Le 1 er août, en référence à l'année 1291. Le drapeau a été adopté en 1889. Hymne national : Cantique suisse. |
(1) P. Polyeucte Guissard, Histoire des Alumnats, pages 295-301.
(2) P. Polyeucte Guissard, Histoire des Alumnats, pages 247-257.
(3) P. Polyeucte Guissard, Histoire des Alumnats, pages 295-301.
(4) Lorgues, commune du Var en France, connut une première implantation assomptionniste pour une maison de vocations tardives, entre 1923-1926, dans un ancien couvent des Sœurs de Sion. Lorsque fut décidé en 1926 que ce lieu conviendrait mieux pour recevoir des religieux âgés ou malades, la maison de vocations tardives fut transférée au nord de Paris, à Saint-Denis (1926-1967). Lorgues devint alors maison de repos de la Province de Lyon, mais en 1932 elle changea de local pour se transporter dans un ancien couvent de Capucines. Maintes fois aménagée, agrandie et mise en conformité avec les lois économico-sociales, cette communauté continue sa paisible existence, dans le bel espace ou environnement naturel de sa propriété comprenant une pinède, une chapelle ossuaire et un terrain d'agrément pour les promenades. Les Sœurs Oblates, à quelques centaines de mètres plus haut, disposent également d'une maison de repos depuis 1929.