Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 1

Tour du monde assomptionniste en 41 pays

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

LIBAN

Fondation de l'Assomption au Liban, 1950.

C'est le 7 novembre 1950 que fut signé l'accord entre la Province A.A. des Pays-Bas et le cardinal Ignace-Gabriel Tappouni (1879-1968) patriarche d'Antioche des Syriens, prévoyant la prise en charge du séminaire syrien catholique de Charfé au Liban(1) . Cet engagement avait été fortement encouragé par le P. Gervais Quenard, Supérieur général, soucieux d'une ouverture missionnaire de la Province des Pays-Bas dont les possibilités apostoliques dans le pays étaient alors restreintes du fait de la hiérarchie catholique. Une fois l'accord approuvé, la mission au Liban commença avec les PP. Gabriel Gruijters (1915-1982) et Adelbert Van Engelen (1905-1989). Quelque treize religieux néerlandais ont pris part à cette responsabilité ecclésiale qui fut aussi le chemin d'une ouverture œcuménique pour toute la Province. De cette expérience en effet allaient naître l'Institut pour l'Etude du Christianisme Oriental (I.E.C.O.)(2), établi à l'Université de Nimègue, et la publication d'une revue théologique reconnue, Het Christelijk Oosten(L'Orient Chrétien)(3). Sur place, les religieux eurent plus d'une déconvenue avec les autorités du séminaire qui n'avaient pas pour la formation des jeunes les mêmes ambitions intellectuelles et inter-confessionnelles. L'aventure libanaise prit fin pour l'Assomption le 26 mai 1958(4). Le départ des religieux fut causé surtout par la pénurie de jeunes à former. Une communauté R.A. a vécu au Liban entre 1965 et 1981, une autre des P.S.A. de 1960 à 1975.

Source documentaire :
P. Arno Burg, L'Assomption au Liban : enseignement et formation sacerdotale au séminaire syrien-catholique de Charfé, dans L'Aventure missionnaire assomptionniste, Paris, 2005, p. 321-332.

Liban, année 1810.

Le Liban, province ottomane :

En 1516, le Liban qui fut reconquis après l'empire croisé par l'Islam des Mamelouks égyptiens à la fin du XIIIème siècle, fut englobé dans l'Empire ottoman, mais l'administration turque ne s'exerça réellement que sur le domaine côtier, la montagne passant sous le contrôle des Druzes et jouissant d'une certaine autonomie. Lors du siège de Saint-Jean d'Acre en 1799 par Bonaparte, l'émir Bachir II Chébab (1790-1840) eut la faiblesse de rejeter l'autorité de la Porte et de s'en remettre aux troupes égyptiennes de Méhémet Ali en 1833. La dynastie des Béchir ne dut son salut qu'à la fuite et à l'exil. Les relations qui jusque-là avaient été bonnes entre les Maronites et les Druzes, s'envenimèrent, provoquant une explosion sanglante en 1860 et le massacre de nombreux chrétiens de la montagne. Le P. d'Alzon, toujours généreux, accepta de recevoir quelques jeunes chrétiens de Syrie dans son collège de Nîmes pour les éduquer gratuitement. Il espéra aussi, mais sans résultat final, créer un premier embryon de prêtres et religieux orientaux dans la Congrégation. Entre 1861 et 1864, du fait des pressions de la France, la Turquie accorda un statut d'autonomie au Mont-Liban avec un conseil représentatif (mutasarrif). Lors de l'effondrement de l'Empire ottoman en 1917, le Liban passa sous mandat français, ce que confirma la S.D.N. en 1922.

Une indépendance sous contrôle :

En 1941, les représentants de la France libre accordèrent l'indépendance au Liban et à la Syrie. Un pacte national conclu entre Béchara-el-Khoury, chrétien maronite, et Riad Solh, musulman sunnite, établit les bases d'un Etat pluri-confessionnel (19 communautés), reconnu indépendant en 1946. Depuis 1973, le Liban est ravagé par des guerres civiles qui compromettent sa situation d'Etat privilégié au Moyen Orient sur fond d'ingérences syrienne et israélienne. L'équilibre confessionnel entre Maronites et Musulmans y est rompu, du fait des divisions internes entre chrétiens maronites, entre musulmans sunnites, chiites, et de préférences externes rivales : pro-syriennes, pro-iraniennes et pro-saoudites. De reconstruction en reconstruction, le Liban voit s'aggraver l'exode de sa population.

Une Eglise orientale spécifique : les Maronites 

La communauté catholique de rite syrien qui habite le Liban, porte le nom de maronite, se rattachant à un ascète syrien ami de saint Jean Chrysostome, saint Maron (+ entre 410 et 425). Cette Eglise de langue arabe, organisée par un moine du VIIème siècle, Jean Maron, patriarche d'Antioche (vers 685-707), est confirmée dans la communion romaine depuis 1584. Elle possède sa juridiction propre avec un patriarcat à Antioche, des archevêchés à Antelias (1988), Beyrouth (avant 1577), Tripoli du Liban (XVIIème siècle) et Tyr ou Sur (avant 1838), des évêchés à Baalbek (avant 1671), Deir El-Azhmar, Batrun (XVIIème siècle), Jbeil ou Byblos (1673), Joubbé-Sarba et Jounieh (siège uni en 1999), Saïda (avant 1838) et Zaleh (1977). Le Liban catholique comprend aussi une juridiction propre pour les Arméniens (1928), pour les Chaldéens (1957), pour les Grecs-Melkites (1881), pour les Latins (1953) et pour les Syriens (avant 1817).

Le pape Paul VI, lors de son voyage en Inde (Bombay) en décembre 1964, a fait une escale à Beyrouth le 2 décembre 1964. Le pape Jean Paul II s'est rendu au Liban pour un voyage pastoral en mai 1997. Le Liban entretient des relations diplomatiques avec le Vatican, Beyrouth ayant accueilli la première délégation apostolique en 1762, sous le pape Clément XIII.

Source documentaire :
Esprit et Vie, octobre 2006, n° 158, p. 38-39

Fiche d'identité du Liban 1810.

Population  : Le chiffre de population est inconnu pour l'année 1810. Le premier recensement fiable date de 1932 : 785.540 habitants pour 3. 826.000 en 2003. La diaspora libanaise dans le monde regroupe plus de Libanais hors frontières que de Libanais au Liban.

Superficie  : Le nom de Liban signifie 'montagne blanche' en araméen. C'est un pays à dominante montagneuse dont les sommets sont enneigés. Dans ses limites actuelles, le pays compte 10.452 km2. Le pays a deux frontières avec la Syrie et Israël.

Langue  : La langue officielle est l'arabe, mais parlé selon le dialecte libanais. Y sont parlés également le français, l'anglais et l'arménien.

Départements  : Le pays est organisé selon le principe des 17 confessions officiellement reconnues. Au XIXème siècle, le gouvernement turc avait divisé le pays en 6 arrondissements.

Régime politique  : Sous l'empire ottoman du XIXème siècle, le Liban était gouverné par un régime propre (mutasarrif). Le pays devient République parlementaire avec une Constitution en 1926.

Constitution  : La Constitution de 1926 a été révisée en 1927, en 1943, en 1947, en 1990 et en 1995.

Monnaie  : La livre libanaise (LBP).

Capitale  : Beyrouth. Autres villes importantes : Tripoli, Baalbek, Djouniyé, Zahlé, Saïda, Djebail (Byblos), Aley et Batroun.

Fête nationale  : Le 22 novembre (en souvenir de l'année 1943). Le drapeau a été adopté en 1943. Hymne national : Koullouna Lilouataan Lil Oula Lil Alam.



(1) « Le T.R.P. Général avec son Conseil décide : dans la province de Hollande, l'érection de la maison de Charfé (Liban), qui prend la direction du Séminaire patriarcal Syrien, le 30 novembre 1950 » d'après Bulletin Officiel de l'Assomption, décembre 1951, n° 8, p. 206. Le premier Supérieur nommé fut le P. Gabriel Gruyters, très vite tombé malade, auquel succéda en 1951 le P. Adelbert Van Engelen.

(2) « Le Conseil général a autorisé un groupe de religieux de la Province de Hollande, sous la direction du P. Olaf Hendricks, à fonder une Revue trimestrielle intitulée 'Het Christelijk Oosten en Hereniging' (L'Orient chrétien et l'Union) » : d'après Bulletin Officiel de l'Assomption, décembre 1948, n° 5, p. 132. Le rayonnement de cette revue et le rôle de l'Institut ont été développés dans une conférence du professeur Herman Teule, L'Institut pour l'Etude du Christianisme Oriental (Nimègue, Pays-Bas), publiée dans les Actes du Colloque de 2003, Les Assomptionnistes & la Russie, Rome, 2004, pages 225-228. Le P. Wilfrid Dufault, Supérieur général, fit une escale à Beyrouth en mars 1959 et put rencontrer trois religieux A.A. néerlandais.

(3) Cette revue a fêté son cinquantenaire en 1998. pour la circonstance, les PP. A. Van Der Aalst et A. Burg lui ont consacré un livre-mémorial : Dat allen één zijn. Het Christelijk Oosten 1948-1998, Nijmegen, Valkhof Pers, 1999, 259 pages.

(4) Fermeture signalée dans Bulletin Officiel de l'Assomption, octobre 1958, n° 1, vol. III, page 16.

 

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