Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 1

Tour du monde assomptionniste en 41 pays

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

LUXEMBOURG

Fondation de l'Assomption au Luxembourg, 1912.

Le Luxembourg a laissé son nom à l'Assomption au souvenir du noviciat de Louvain-Gempe qui fut transféré dans la localité de Limpertsberg au Grand-Duché de Luxembourg en 1912(1), à l'époque du généralat du P. Emmanuel Bailly (1842-1917). Ce noviciat fut inauguré le 14 juin 1912 dans des bâtiments qui avaient servi de couvent à des Franciscaines(2). Les circonstances ne lui donnèrent pas une longue chance de service et de survie. En effet, dès la déclaration de guerre en août 1914, il se trouva placé derrière les lignes allemandes, sans possibilité de communication avec le reste de la Congrégation. Le P. Antoine de Padoue Vidal, alors maître des novices, eut la plus grande peine à trouver des ressources pour faire vivre sa communauté. C'est pourquoi en ces temps de pénurie, il fut dans l'obligation de disperser les jeunes assomptionnistes dans des fermes environnantes, de façon à leur assurer une subsistance minimale(3). En décembre 1917, la majorité des novices dont le temps de noviciat s'étirait, eut l'opportunité de rejoindre la cité de Louvain en Belgique : le régime alimentaire n'y était guère meilleur, mais du moins les responsables pouvaient-ils communiquer avec les autorités de la Congrégation. Limpertsberg fut quitté définitivement après la guerre, les fermes acquises toutes vendues et le P. Antoine de Padoue voulut tirer un trait sur cette aventure malheureuse en se faisant prêtre séculier. Dans les années 1970, un religieux mosellan, de la communauté d'Audun-le-Tiche(4), à titre personnel, a desservi le secteur pastoral d'Esch-sur-Alzette(5).

Luxembourg, année 1810.

Le Luxembourg était une possession des Habsbourg depuis 1477 et comme tel fit partie, jusqu'à la réorganisation napoléonienne de l'Allemagne, du Saint-Empire Romain Germanique. Sa frange méridionale, c'est-à-dire Thionville, Damvillers, Marville, Ivoy et Malmédy, avait déjà été annexée par la France lors du traité des Pyrénées de 1659. Le reste du duché fut occupé, sans coup férir, par les armées révolutionnaires en 1795. Puis Napoléon le transforma en un département français, le Département des Forêts. Le Congrès de Vienne en 1815 l'érigea en Grand-Duché et l'offrit à titre de possession personnelle au roi de Hollande,Guillaume Ier (1772-1843), en compensation de la perte de ses possessions dans la principauté de Nassau. En 1831, le Luxembourg fut réclamé par la Belgique, mais le traité des Vingt-Quatre articles (1831) le coupa en deux, en attribuant la partie orientale (Luxembourg, Diekirch, Echternach) au roi de Hollande, toujours à titre personnel, tandis que le reste était laissé à la Belgique. Après la dissolution de la Confédération germanique (1866), le traité de Londres du 11 mai 1867 déclara la neutralité du Grand-Duché de Luxembourg, coupant court aux prétentions de compensation de Napoléon III pour sa neutralité dans le conflit Autriche-Prusse. En 1890, à l'extinction de la branche mâle de la maison royale néerlandaise, le Luxembourg passa à une autre branche des Nassau. Il fut occupé par l'Allemagne de 1914 à 1918 et de nouveau entre 1940 et 1944, mais cette fois annexé au Reich. Il fut libéré par les troupes américaines en septembre 1944. En avril 1946, il conclut avec la Belgique et les Pays-Bas l'union qui donna naissance au Benelux et, en 1948, renonçant à sa neutralité, il rejoignit l'O.T.A.N. Il adhéra comme membre fondateur au Marché commun (1957) dit C.E.E.

Sur le plan ecclésiastique, la population catholique du Luxembourg relève d'un évêché créé en 1870, érigé en archevêché en 1988. Le pape Jean Paul II a honoré le pays de sa visite en mai 1985 . Des relations diplomatiques sont établies entre le Saint-Siège et le Luxembourg depuis le XIXème siècle, organisées en inter-nonciature en 1917.

Fiche d'identité du Luxembourg 1810.

Population  : Le Luxembourg avait 134.000 habitants en 1821 et en comptait 455.000 en janvier 2005.

Superficie  : 2.586 km2, frontières avec la France, l'Allemagne et la Belgique.

Langues  : Trois langues sont pratiquées et enseignées au Luxembourg : le luxembourgeois, l'allemand et le français.

Départements  : Le pays est organisé en 3 districts (Luxembourg, Grevenmacher et Diekirch), 12 cantons et 118 communes.

Régime politique  : Monarchie constitutionnelle.

Constitution  : Constitution établie en 1868, révisée en 1919, 1948, 1956, 1979, 1983, 1989, 1994 et 1996.

Monnaie  : Le franc luxembourgeois remplacé au 1 er janvier 2002 par l'euro.

Capitale  : Luxembourg.

Fête nationale  : fête de la monarchie. L'indépendance du pays a été établie au Congrès de Vienne en juin 1815 et reconnue au traité de Londres en 1839. Hymne : Ons Heemecht.



(1) Ce transfert est présenté comme une nouvelle étape dans L'Assomption. Echos du noviciat exilé, septembre 1912, n° 188, p. 131 et dans la Lettre à la Dispersion, 1er juin 1912, n° 167, p. 638-639. La communauté du noviciat reçut la visite du P. Emmanuel Bailly, Supérieur général, le 17 septembre 1912. C'est dans ce couvent de Limpertsberg que fut tenu le XVIème Chapitre général de l'Assomption, du 6 au 14 novembre 1912. Circulaires n° 61, 68, 69, 70 dans Circulaires du P. Emmanuel Bailly, Paris, B.P., 1918, p. 118, p. 143-164, p. 165-204. Ce fut la dernière apparition publique du P. Vincent de Paul Bailly qui devait mourir à Paris, le 2 décembre 1912.

(2) Illustration et historique dans L'Assomption. Echos du noviciat exilé, 1er mai 1913, n° 196, p. 77.

(3) On trouve quelques détails sur cette tranche pénible de l'histoire du noviciat de Limpertsberg : L'Assomption, Echos du noviciat exilé, janvier-juin 1918, n° 212, p. 8-11.

(4) Cette communauté paroissiale lorraine, à la frontière luxembourgeoise, a été ouverte en septembre 1967 par le P. Savin Iseler (1914-2000) dans une région minière et sidérurgique. Deux religieux accompagnèrent le P. Savin : Marcel Kirpach et Clément Oswald. Cet engagement pastoral faisait suite à une demande de Mgr l'évêque de Metz au Père Général pendant le Concile de Vatican II. Le Conseil Interprovincial du 28 juin 1967 l'a approuvée, la jugeant conforme aux orientations de l'Institut : d'après Lyon-Assomption, juillet 1967, n° 7, p. 2.

(5) D'après la Répartition des Religieux 1971, c'est le P. Jean-Berchmans Berchem (1907-1983), luxembourgeois d'origine, qui a inauguré une forme de présence d'aumônier d'hôpital à Esch-sur-Alzette (1971-1980).

 

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