Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 1

Tour du monde assomptionniste en 41 pays

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

Corée du Sud

Fondation de l'Assomption en Corée du Sud, 1990.

Suite à une décision du Conseil de Congrégation en 1990(1), il revint au Conseil général présidé par le P. Claude Maréchal de mettre en œuvre une nouvelle fondation dans un pays asiatique : c'est la Corée du Sud qui fut retenue où depuis quelques années les Oblates déjà présentes dès 1985 à Kwangju(2) appelaient en renfort la Congrégation des Assomptionnistes. Le 16 décembre 1991, trois religieux, un belge le P. Frans Desmet, un américain le P. Léo Brassard et un français le P. Thierry Cocquerez, quittèrent les U.S.A. leur pays d'adoption provisoire pour deux d'entre eux venus perfectionner leur anglais. Ils furent accueillis sur place, à Séoul, par des Pères Colombans en un premier temps. La présence fraternelle des Oblates, composée déjà en grande partie de Coréennes, fut pour la fondation A.A. à la fois une aide sérieuse et un tremplin solide pour une acclimatation au pays du Matin Calme (Chosôn), mais où les difficultés de tous ordres ne leur manquèrent pas. Langue, culture et civilisation si étrangères au monde occidental, candidats du pays à la vie religieuse qui s'évaporèrent les uns après les autres, déménagements multiples avant de trouver un home propre, éloignement par rapport aux autres communautés A.A., rien ne fut épargné aux valeureux pionniers qui perdirent même en 1998 un compagnon de l'aventure. Et pourtant, contre vents et marées, le petit noyau tint bon. Après Séoul (chez les Colombans, trois mois, 1991-1992, puis dans le quartier Sosan-Dong, une maison louée à une association missionnaire d'origine allemande, afin d'étudier la langue en 1992-1993, à l'université Sog ang des Jésuites), la communauté se transporta fin 1993 à Gwangju grâce à la bienveillance d'accueil de Mgr Victorinus Youn, puis celle affirmée de son successeur, Mgr Andreas Choi Chang-nou ; mais à Gwangju aussi, on alla de campement en campement : Naebang-Dong (1993-1995), Kumho-Dong (1995-1999) avant de faire le choix d'une implantation à la campagne dans une petite paroisse, à Hactari (10. 000 habitants dont 500 catholiques répartis en un lieu central et trois dépendances dont l'une est une colonie de lépreux). Ceci entre février 1999 et fin août 2003. Enfin la communauté, grossie d'un premier candidat coréen persévérant, le Fr. Joseph BaikHô, regagna Gwangju pour vivre dans un appartement pendant que s'édifiait à Ssang Chon Dong une bâtisse moderne, promesse d'avenir qui peut recevoir plus largement des aspirants à la vie religieuse dont la formation théologique est assurée par le grand séminaire du diocèse situé à Nampyeong (Naju City, prov. de Chonnam). L'inauguration des lieux en bonne et due forme, à la mode coréenne, eut lieu le 3 octobre 2005 après une année de travaux. Autre pierre de fondation, la première profession de Joseph Baik Hô, le 3 novembre 2002 à Hactari, premier maillon souhaité d'une longue cordée pour une fondation qui soit solidement ancrée. Le Frère Joseph Baik Hô a fait sa profession perpétuelle le 2 juillet 2006 à Gwang-ju et a été ordonné diacre le 23 janvier 2007 à la cathédrale. La communauté compte en février 2007 trois postulants.

Sources documentaires :
Claude Maréchal, La mission assomptionniste de Corée : essai d'évaluation dans L'Aventure missionnaire assomptionniste, Paris, 2005, p. 343-374. Jean Paul Périer-Muzet, L'Assomption en Corée, Rome, 2006, 7 pages, texte publié dans Newsletter Assomption, décembre 2006, p. 5-7, janvier 2007, p. 3-6. Les Oblates de l'Assomption en Corée, édition 2001, carnet de 16 pages. L'Assomption et ses Oeuvres, printemps 1995, n° 661, p. 4-7 ; janvier-mars 2005, n° 700, p. 12-13 ; janvier-mars 2006, p. 3-6.

Corée, année 1810.

Un pays de vieille civilisation, entouré de puissants voisins :

Une tradition légendaire fait remonter la fondation du premier royaume de Corée en 2.333 avant J.C. Mais très vite la Corée, divisée en trois royaumes (Kokuryo, Paikche et de Silla), a adopté la culture bouddhique et a subi l'influence chinoise même si elle resta nominale. Unifiée en 936, elle connut la tutelle des Mongols en 1231. En 1637, elle devint un Etat vassal des empereurs chinois de la dynastie mandchoue. Elle tenta de se protéger de toute pénétration occidentale au XIXème siècle, mais malgré la confirmation de son indépendance en 1895, elle devint un enjeu de la guerre russo-japonaise de 1904. En 1907, le Japon prit le contrôle de l'administration de la Corée et en 1910 procéda à une annexion pure et simple. Libérée en 1945, elle fut divisée en 1948 en deux Etats antagonistes que l'armistice de Panmunjon sépara par une ligne-frontière de démarcation étanche établie au 38 e parallèle (juillet 1953), malgré un vif désir de réconciliation et de réunification de la part des populations.

C'est à partir de la fin du XVIIIème siècle que le christianisme, introduit par des Chinois, convertis par les Jésuites, commença à faire de rapides progrès en Corée. Le déclenchement d'une persécution systématique contre les chrétiens (1865), provoqua l'expédition française de l'amiral Roze (1866) qui n'eut pas plus de succès qu'une tentative américaine semblable. C'est le Japon qui imposa l'ouverture de la Corée au commerce occidental (1871) avec pour corollaire, une certaine tolérance religieuse.

L'Eglise coréenne est née comme une mission sans missionnaire. En janvier 1784, des officiels coréens lettrés se sont rendus à la cour impériale de Pékin où ils ont rencontré des missionnaires européens, le portugais d'Almeida, les Pères français Grammont et de Ventavon, qui leur ont transmis le message chrétien et des livres écrits deux siècles plus tôt par le P. Matteo Ricci (1552-1610). Lee Seeung-Hun baptisé Pierre, à son retour, convertit à la foi chrétienne son ami Lee Piok et très vite, comme une traînée de poudre, une jeune Eglise va pousser comme un champignon. On connaît le très actif Thomas Kim. Les chrétiens coréens se donnent des prêtres et même un évêque, requièrent aussi les services d'un prêtre chinois, Jacques Chu, torturé et exécuté en 1801. Les chrétiens de Corée, désormais coupés de Pékin où la persécution a également cours, en réfèrent au pape par lettres. La première est interceptée, la seconde ne peut parvenir à Pie VII (1742-1823) prisonnier à Fontainebleau, mais la troisième tombe entre les mains de Grégoire XVI (1765-1846) qui demande aux Missions étrangères de Paris d'envoyer des missionnaires en Corée. L'Eglise de Corée ainsi fondée eut à affronter l'épreuve du martyre, plus de 10.000 Coréens versèrent leur sang pour leur foi, 103 furent canonisés par Jean Paul II en mai 1984 lors de sa première visite (une seconde eut lieu en octobre 1989). Telle a été l'étonnante histoire de la naissance de l'Eglise coréenne.

La Corée du Sud comprend de nos jours 3 métropoles ecclésiastiques : Gwang-ju (Préfecture apostolique en 1950 auparavant à Kwoszu en 1937, Vicariat apostolique en 1957, évêché en 1962), Séoul (première juridiction établie en 1831, vicariat apostolique en 1950, évêché en 1962) et Daegu (autrefois Taiku établi en 1911, vicariat apostolique en 1950, évêché en 1962), 15 évêchés (Cheju, Jeonju, Ch'unch'ôn, Daejon, Hamhung, Incheon, P'yong-yang, Suwon, Uijongbu, Wonju, Andong, Cheongju, Masan, Pusan) et un ordinariat militaire. L'abbaye de Tokwon relève directement du Saint-Siège. La Corée du Sud entretient des relations diplomatiques avec le Saint-Siège depuis 1949, d'abord au rang d'une simple délégation apostolique.

Fiche d'identité de la Corée 1810.

Population  : Estimation inconnue pour 1810 où les deux Corées ne faisaient qu'un seul pays . Pour la Corée du Sud, en 2007 : 48 millions 846.000 habitants contre seulement 25 millions en 1961.

Langue officielle  : le coréen avec caractères chinois jusqu'au XVème siècle. L'alphabet coréen hangeul adopté en 1446 était appelé Hunminjeongeum, il comprenait à l'époque 17 consonnes et 11 voyelles. Le coréen fut interdit par les Japonais de 1910 à 1931.

Superficie  : 99. 313 km2. Le pays forme une sorte de presqu'île, avec à l'Est la mer du Japon et à l'Ouest la mer Jaune. La frontière avec la Corée du Nord, seul pays limitrophe, s'étend sur 238 km., au niveau du 38 ème parallèle. Le climat est celui des pays dits tempérés continentaux.

Divisions administratives  : 8 provinces, 6 villes métropolitaines et une ville spéciale, Séoul.

Constitution et régime politique  : La Corée du XIXème siècle est une monarchie impériale, mais sous suzeraineté mandchoue depuis 1637. En 1897, Kojong, devenu empereur, appelle la Corée l'empire de Taehan, mais en 1907 le Japon établit son protectorat sur le pays. En 1945, à la suite de la capitulation du Japon, la Corée retrouve son indépendance. La guerre de Corée, entre 1950 et 1953, va consacrer la partition entre deux Corées. Une constitution établissant la république est votée en 1948. En décembre 1987, un référendum constitutionnel établit une VIème République. Le suffrage universel désigne Roh Tae-woo président.

Monnaie  : le won KRW divisé en 100 chon. En février 2007, 1 euro vaut 1. 200 wons.

Capitale  : Séoul (autrefois Hanyang), choisie comme capitale en 1394, mégapole de plus de 10 millions. Autres villes : Pusan, Taegu, Inchon (aéroport international), Gwangju (1 million 600.000), Taejon, Ulsan, Chonchu. Il existe un projet de construire une nouvelle capitale du pays.

Fêtes nationales  : 1 er mars, fête du mouvement d'indépendance contre le Japon (1919) ; 17 juillet, fête de la Constitution (1948) ; 15 août, fête de la libération de 1945 ; 3 octobre, fête de la fondation de la Corée par Tangun en 2 333 av. J.C. Le drapeau a été adopté en 1948. Emblème national : Taeguki, cercle divisé en 2 parties égales (Yin et Yang). Hymne national : Ae guk ga (AE : amour; Guk : pays; Ga : chant).



(1) On trouve le texte de cette décision dans Documents Assomption 1990, n° 15, p. 14. Prévue dès le départ comme dépendante de l'autorité du P. Général, la Mission de Corée forma un Vicariat : Documents Assomption 1991, n° 16, p. 10. Le P. Richard Lamoureux, élu Supérieur général en mai 1999, obtint le remplacement de cette structure juridique jugée inefficace et inadaptée, par l'intégration progressive de cette communauté dans le cadre de la Province de France. Au Conseil de Congrégation de l'année 2000, une première réflexion est portée sur l'avenir de cette mission. Un consortium de Provinciaux prend alors en charge la fondation de Corée (AA Informations, juin 2001, n° 8, p. 21) qui aboutit finalement à une intégration 'normalisée' dans le cadre de la Province de France.

(2) En raison de changements de règles de transcription, on trouve aussi bien les graphies Kwangju que Gwangju.

 

 Webmestre: D. Remiot
Vers la page d'accueil du site