Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 1
Tour du monde assomptionniste en 41 pays
Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)
CANADA
Fondation de l'Assomption au Canada, 1917.C'est le 2 mars 1917 que, grâce aux bons offices du P. Marie-Clément Staub (1876-1936), le cardinal Louis-NazaireBégin (1840-1925), archevêque de Québec, accorda à l'Assomption son admission canonique dans le pays(1), officialisée par un Bill en 1924. Depuis Worcester (U.S.A, Etat du Massachusetts), le P. Staub avait en effet répandu au Canada l'Archiconfrérie de prière et de pénitence au Sacré-Cœur, en référence au sanctuaire français de Montmartre avec une revue diffusant cette spiritualité (L'Appel du Sacré-Cœur). Il avait également lancé depuis Worcester, dès Noël 1914, une petite congrégation d'inspiration assomptionniste, les Sœurs de Sainte-Jeanne d'Arc (S.J.A.), du nom de l'héroïne française –non encore canonisée à cette date - pour laquelle il nourrissait une dévotion fervente, inspiré qu'il était par les malheurs de sa patrie d'origine, l'Alsace occupée par les Allemands depuis 1870. Le noviciat canadien A.A. fut établi à Bergerville, aujourd'hui Sillery et érigé officiellement le 28 octobre 1921(2). Le sanctuaire que le P. Marie-Clément a fondé au Montmartre canadien, fut béni le 6 janvier 1927, à l'ombre duquel fut ouvert la même année le noviciat de Sillery qui allait devenir le berceau de l'Assomption dans le nouveau continent.
L'Assomption canadienne se maintint québécoise, ne franchissant pas la barrière linguistique de la province du Québec. Elle releva jusqu'en 1946 du vicariat de la Province de Paris, avant de faire partie de la nouvelle Province d'Amérique du Nord érigée en 1946(3). En juin 1981 elle bénéficiait d'une vitalité suffisante pour être érigée en Vice-Province(4) mais elle dut y renoncer en 1993, par manque de vocations, pour redevenir région dans le cadre de la Province d'Amérique du Nord.
Sont ou ont été présentes au Canada : les R.A. (1959-1976), les P.S.A. depuis 1933 et bien sûr les S.J.A. dont la maison-mère est établie à Sillery(5), à quelques pas du sanctuaire.
Sources documentaires :
Yves Garon, Les Assomptionnistes au Québec, dans L'Aventure missionnaire assomptionniste, Paris, 2005, p. 409-431. Yves Garon, Les Assomptionnistes au Canada, Sillery, 1997, 163 pages. Marie-Clément Staub, L'Assomption au Canada dans Les Augustins de l'Assomption, Bergerville, 1926, p. 37 à 43. Bulletin assomptionniste de la Vice-Province du Canada. L'Assomption et ses Œuvres, juillet-septembre 1999, n° 678, p. 4-7.
Sous régime colonial français, puis anglais :
L'histoire écrite du Canada (terme algonquin signifiant 'lieu de rencontre') commence avec le débarquement effectué en 1497 au Labrador, à Terre-Neuve ou dans l'île du Cap-Breton, par John Cabot (v. 1450-1499), navigateur italien au service de l'Angleterre. C'est le Florentin Giovanni da Verrazzano (v. 1481-1528), mandaté par François Ier (1494-1547), qui donna à cette terre encore inconnue le nom de 'Nouvelle-France'. Dix ans plus tard, en 1534, le malouin Jacques Cartier (1491-1557) entrait dans le golfe du Saint-Laurent et remontait jusqu'aux sites actuels de Québec et de Montréal. Avec Samuel de Champlain (v. 1567-1635) s'ouvrit l'âge de la présence française au Canada par la fondation en 1604 de Port-Royal (Annapolis, en Nouvelle-Ecosse) par Pierre de Monts (v. 1568 – v. 1630) et celle de Québec en 1608, accompagnée par l'évangélisation des Indiens grâce aux Jésuites (1611), aux Récollets (1615), aux Capucins, aux Sulpiciens, aux Missions Etrangères de Paris et Spiritains. Paul de Maisonneuve (1612-1676) fonda Ville-Marie en 1642, devenue Montréal. Au traité d'Utrecht (1713), à l'issue d'une première lutte franco-anglaise sur fond de heurts commerciaux entre Compagnies, la France céda les territoires de la baie d'Hudson, de Terre-Neuve et de l'Acadie. En 1759, à l'issue d'une seconde guerre commerciale, les troupes françaises commandées par Louis-Joseph de Montcalm de Saint-Véran (1712-1759) furent vaincues par celles de James Wolfe (1727-1759) aux plaines d'Abraham. Le marquis Pierre de Vaudreuil (1698-1778) capitula en 1760 dans Montréal. Par le traité de Paris de 1763, la France cédait à l'Angleterre l'Acadie, Terre-Neuve, le Cap-Breton et toute la contrée s'étendant sur la rive gauche du Mississipi.
Mais à peine les Anglais s'étaient-ils emparés du Canada que leur empire américain du Nord s'effondra avec l'indépendance des Etats-Unis (1776-1783). Ils se retrouvaient alors dans leur territoire conquis en 1763 dans la même situation difficile que les Français auparavant. Le déséquilibre démographique était de dix contre un en faveur des Etats-Unis. L'unité du Canada était à faire et le pays juxtaposait un Bas-Canada francophone, un Haut-Canada presque vide, des provinces maritimes anglophones et l'immense et lointain territoire de la Compagnie de la baie d'Hudson spécialisée dans le commerce des fourrures. Toutefois, le Canada résista victorieusement en 1812 à la tentative d'invasion américaine et les Anglais prirent même l'offensive en 1813 et en 1814 sur les lacs Erié et Champlain. La paix signée, le Canada commença enfin son essor.
Une Eglise jeune mais soudée :
L'Eglise fut fondée au Canada par de valeureux missionnaires qui payèrent leur ministère d'évangélisation auprès des tribus indiennes par le lourd tribut du martyre. Plusieurs centres avaient été créés, étoffés tout au long de la première partie du XIXème siècle. En 1763, l'Angleterre renonça à imposer le protestantisme et les institutions britanniques en échange de la liberté religieuse accordée aux huguenots. L'Acte de Québec de 1774 permit aux francophones de conserver leurs institutions et leur religion.
QUEBEC : ville fondée en 1608, d'abord centre du vicariat apostolique du Canada dès 1657, évêché en 1674 avec Mgr François de Montmorency-Laval premier évêque (1623-1708), évêché élevé au rang d'archevêché en 1819 et de métropole en 1844.
HALIFAX : ville fondée en 1740, vicariat apostolique créé par démembrement du diocèse de Québec en 1817, érigé en évêché en 1842 et en archevêché en 1852, avec pour premier évêque Mgr Edmund Burke (1753-).
KINGSTON : évêché érigé en 1826, élevé au rang d'archevêché en 1889.
CHARLOTTETOWN : évêché en 1829.
MONTREAL : ville fondée en 1642 sous le nom de Ville-Marie, siège d'un évêché à partir de 1836, érigé en archevêché en 1886. Le premier évêque fut Mgr Lartigue, puis Ignace Bourget (1840-1876).
TORONTO : évêché érigé en 1841, élevé au rang d'archevêché en 1870.
SAINT-JEAN DU NOUVEAU-BRUNSWICK : évêché en 1842.
ANTIGONISH : évêché en 1844.
VICTORIA : évêché fondé en 1846.
OTTAWA : évêché fondé en 1847, archevêché en 1886.
SAINT-BONIFACE : évêché fondé en 1847, élevé au rang d'archevêché en 1871.
TROIS-RIVIERES : ville fondée en 1634, évêché à partir de 1852.
BATHURST : évêché en 1852.
LONDON : évêché en 1855.
HAMILTON : évêché fondé en 1856.
Par comparaison avec la situation ecclésiastique actuelle, le Canada compte en 2007 dix-sept métropoles, un archevêché (Winnipeg), 45 évêchés et 4 juridictions pour d'autres rites, au total 71 diocèses dont 7 de rite oriental. Le pays oscille entre une sécularisation à vitesse prodigieuse et un renouveau religieux de la part des immigrés de fraîche date. Il y a au Canada actuel pas moins de 30 dénominations chrétiennes dont 42, 3% de catholiques tant anglophones que francophones (Québec principalement).
Le Canada a été visité trois fois par le pape Jean Paul II en septembre 1984, en septembre 1987 et en août 2002 (Toronto, XVIIèmes J.M.J.). Le Canada entretient des relations diplomatiques avec le Saint-Siège depuis 1899, sous Léon XIII.
Fiche d'identité du Canada 1810.Population : environ 300.000 habitants en 1810. En 2007, environ 31 millions dont 600.000 s'identifiant comme autochtones. L'immigration a été très importante pour le peuplement. Elle est aujourd'hui européenne, africaine, asiatique et latino-américaine. Langues officielles : anglais et français, depuis 1867. Superficie : 9. 984. 670 km2, 2 ème pays du monde après la Russie. Divisions administratives : Le Canada est un Etat fédéral constitué de 10 provinces et de 3 territoires. Chaque province a son parlement. Régime politique : Le chef de l'Etat a été jusqu'en 1982 le souverain de l'Angleterre (monarchie constitutionnelle), représenté sur place par un gouverneur général, fonction maintenue. Régime de vie parlementaire. Le Canada est devenu un dominion indépendant en 1931 (statut de Westminster). Constitution : Constitution de 1867 créant la Confédération du Canada : Nouveau-Brunswick, Nouvelle-Ecosse, Ontario, Québec ; elle est remplacée par la Constitution du 17 avril 1982. Pays membre du Commonwealth. Monnaie : dollar canadien. C apitale : Ottawa, capitale fédérale. La ville commerciale la plus importante et la plus peuplée : Toronto. Fête nationale : 1 er juillet pour tout le pays. Drapeau adopté en 1965. Hymne officiel depuis 1980 : O Canada (composé en 1880). Le Québec a sa fête le 24 juin pour la saint Jean-Baptiste. |
(2) L'achat de la propriété de Sillery au Québec est daté du 13 août 1921.
(3) Décret d'érection de la Province d'Amérique du Nord, 16 décembre 1946 : Bulletin Officiel de l'Assomption, mai 1947, n° 2, p. 33.
(4)Documents Assomption, 1981, n° 6, page 433. Le P. Marcel Poirier en fut le premier Vice-Provincial (1981-1990), le P. Gilles Blouin, le second et dernier (1990-1993). Le Canada reprit son statut de région en 1993 dans le cadre de la Province d'Amérique du Nord : Documents Assomption 1993, n° 18, p. 34. A son meilleur niveau de développement, la Vice-Province du Canada compta cinq ou six communautés religieuses : Sillery Montmartre canadien (fondation en 1917), aux différentes facettes (noviciat, sanctuaire, centre de retraites et d'animation spirituelle) ; Bury (collège-alumnat d'Alzon entre 1955 et 1967) ; Beauvoir (sanctuaire pris en charge par l'Assomption entre 1947 et 1996) ; Cap-Rouge (séminaire inter-communautaire Saint-Augustin où l'Assomption figura entre 1965 et 1981) ; Québec (maison Saint-Augustin, centre de formation entre 1981 et 1988) ; Sherbrooke Mont Sainte-Anne (petit séminaire des Pères de Marianhill où l'Assomption eut une part entre 1967 et 1973). Durant l'été 2001, une communauté internationale, distincte de celle des anciens, a été formée à Sillery dans un but vocationnel : elle est présentée dans L'Assomption et ses Œuvres, 2002, n° 690, pages 4-7.
(5) Présentation récente dans L'Assomption et ses Œuvres, 2002, n° 690, pages 8-9.