Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010
N° 1

Tour du monde assomptionniste en 41 pays

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

1. ALGERIE

La fondation de l'Assomption en Algérie, 1949.

La fondation de l'Assomption en Algérie[1] remonte à la fin août de l'année 1949, à Bône-Bugeaud. Nous sommes encore à la période coloniale du pays, ouverte en juillet 1830, dernier acte de cette Restauration monarchique qui allait se solder avec l'exil de Charles X. Le député-maire de la ville, en faisant annoncer qu'un collège catholique, installé dans un hôtel de location, allait ouvrir ses portes à Bugeaud (petit village en altitude, 900 m, à 14 km de Bône, dans le massif de l'Edough), faillit tout compromettre. La vieille garde franc-maçonne, sourcilleuse en matière de laïcité, proposa à l'administration publique de faire du local envisagé une annexe du lycée d'Etat. Le Conseil d'administration alerté réussit cependant à faire accorder la préférence à l'Assomption pour une location au franc symbolique. C'est la naissance du collège d'Alzon, ouvert à Bugeaud en 1949 grâce au courage intrépide du P. Amance Arandel (1908-1999). Le collège fut transféré deux ans après, en 1951, Boulevard Dalpiaz, à Bône l'ancienne Hippone, ville épiscopale d'Augustin, aujourd'hui dénommée Annaba. C'était encore dans un hôtel de location, le Transatlantique. Mgr Léon-Etienne Duval (1903-1996) alors évêque de Constantine et d'Hippone (1946), devenu archevêque d'Alger en février 1954 en remplacement de Mgr Augustin-Fernand Leynaud (1865-1953) très âgé, se fit une joie d'accorder l'approbation. A Bône, les Assomptionnistes desservirent également quelques années la paroisse Saint-Antoine, n° 56, rue Desaix (1950-1960). Les événements liés à la guerre d'Algérie puis à la décolonisation européenne provoquèrent en juin 1963 le départ des derniers religieux comme de celui de la majorité de la population chrétienne. Le collège d'Alzon fut transféré aux autorités algériennes[2]. Une amicale des Anciens du collège existe toujours. Les Petites Sœurs de l'Assomption se sont maintenues en Algérie de 1946 à 1995.

Source :

Bulletin de l'ex-Province de Lyon, Rhin-Guinée (1957-1963). Bulletin du collège : Echos d'Alzon, crée en 1955.

Jean-Paul Périer-Muzet, Mission assomptionniste en Tunisie (1934-1964) et en Algérie (1949-1963), dans L'Aventure missionnaire assomptionniste, Paris, 2005, p. 393-407.

L'Algérie, année 1810.

L'Algérie, province ottomane :
Depuis la fin du XVème siècle, la re-conquête chrétienne de l'Andalousie a permis à l'Espagne d'occuper de nom-breux sites et ports de la côte algé-rienne : Mers el-Kébir, Oran, Bougie et l'îlot du Pénon en face d'Alger et même d'imposer des tributs à d'autres villes. La dynastie des Abdelwadides accepta le protectorat espagnol, mais les corsaires turcs reçurent de puissants renforts en-voyés par le sultan ottoman en 1518. Al-ger résista au siège de Charles Quint en 1541 et les Abdelwadides furent rempla-cés en 1554 par une régence de l'Empire ottoman dirigée par un dey, situation in-changée jusqu'au début du XIXème siè-cle. En fait le pouvoir central restait fai-ble, contestée par l'oligarchie musul-mane du pays (caïds).

Guerre et paix :
Durant la Révolution, les relations entre la France et la régence d'Alger furent as-sez bonnes. Le Directoire négocia même par l'intermédiaire de marchands juifs, Bacri et Busnach, fondés de pouvoir du dey, l'achat de blé pour l'armée d'Italie. L'expédition d'Egypte conduite par Bonaparte contraignit toutefois le dey à soutenir son souverain ottoman dans la guerre. Une paix fut quand même signée le 3 septembre 1800, à nouveau en dé-cembre 1801. Des actes de piraterie continuèrent à désoler les côtes de Provence. Bonaparte envoya une escadre faire une démonstration de force devant Alger qui impressionna le dey Mustafa. Le successeur de ce dernier, Ahmed Hodja, se montra plus sensible à l'in-fluence anglaise ; aussi Napoléon envisagea-t-il une expédition contre Alger, préparée par le commandant Broutin qui recommanda un débarquement à Sidi Ferruch (actuelle Sidi Fredj). Les actes de piraterie des corsaires turcs qui trouvaient refuge dans les ports d'Algérie provoquèrent des réactions musclées des pays occidentaux. Les U.S.A., excédés par la piraterie envoyèrent en Méditerranée deux escadres ; l'une d'elles sous les ordres du commodore Decatur, sur la frégate Guerrière, coula la frégate algérienne Mashuda sur laquelle se trouvait le raïs Hamida qui fut tué. L'anglais Lord Exmouth, après de vaines négociations, bombarda Alger en 1816 à la tête d'une escadre anglo-hollandaise, ce qui provoqua la libération de plus de 3.000 captifs chrétiens. De même en 1824 et finalement en 1830, mais cette fois une expédition militaire française d'envergure fit tomber le régime et mit fin à la domination turque pour tourner une nouvelle page de l'histoire, celle de la colonisation (1830-1962). L'intervention militaire française fut provoquée en fait par un prétexte, le coup de chasse-mouches donné en 1827 par le bey d'Alger Hussein Ibn Hussein (v. 1773-1838) au consul français Pierre Deval. L'irritation du bey était fondée : la France avait des dettes depuis l'époque du Consulat et avait fortifié, malgré une promesse contraire formelle, un entrepôt à La Calle. On ne possède guère d'informations ou de statistiques sur l'Algérie à l'époque pré-coloniale.

Sur le plan de l'organisation ecclésiastique, le territoire algérien, pays à dominante musulmane, fut aménagé progressivement, mais à partir de 1838 seul-ment, en trois évêchés classiques : diocèse d'Alger, érigé en métropole en 1866, Constantine (avec titre lié d'Hippone) et Oran, sièges érigés en 1866, situation presque inchangée si on ajoute de nos jours l'évêché de Laghouat ('évêché du Sahara') érigé en 1955 à partir de l'ancien vicariat apostolique de Ghardaïa dans le Sahara, fondé en 1948.
La petite Eglise d'Algérie, vidée en 1962 d'un million d'Européens presque tous chrétiens, a traversé l'épreuve du martyre : entre 1994 et 1996, dix-neuf religieux et religieuses ont été tués dont, le 8 mai 1994, une Petite Sœur de l'As-somption, Sœur Paul-Hélène Saint-Raymond et les moines de Tibéhrine. Depuis mars 1972, l'Algérie entretient des relations diplomatiques avec le Saint-Siège. Fonctionne au niveau du Maghreb une Conférence des évêques de la région Nord de l'Afrique, dite C.E.R.N.A.

Source documentaire :
Didier Rance, Algérie dans Esprit et Vie, janvier 2006, n° 142, pages 38-39.

Fiche d'identité de l'Algérie 1810.

Population  : Chiffre de population inconnu pour 1810. En 2006, 32 millions 930. 000 habitants.

Langues officielles l'arabe littéral et le berbère.

Superficie  : 2. 381. 741 km2 (d'après les frontières de l'indépendance de 1962) avec 1200 km de côtes méditerranéennes. L'Algérie a pour pays frontaliers : le Maroc, le Mali, la Libye, la Tunisie, le Niger, la Mauritanie, le Sahara occidental. C'est le premier pays du continent africain pour la superficie.

Divisions administratives  : Le pays est divisé en 48 wilayas.

Régime politique  : L'Algérie est une république démocratique et populaire.

Constitution  : La Constitution date du 7 décembre 1996.

Monnaie  : le dinar algérien.

Capitale  : Alger, ville fondée en 1492 par les Espagnols sur des îlots réunis au continent au XVIème siècle par les Turcs, d'où le nom primitif El-Djezaïr.

Fête nationale  : Le 5 juillet (en référence à l'année 1962, date du référendum algérien). Le drapeau, créé en 1928 par Messali Hadj, a été hissé officiellement le 3 juillet 1962. Hymne national : Kassaman.

 


[1] Il y a au sujet de cette fondation un silence assez étonnant des textes : pas une seule ligne dans La Lettre à la Famille de 1949 à 1955. La seule mention que nous ayions trouvée à ce sujet est contenue dans le Bulletin Officiel de l'Assomption (B.O.A.), décembre 1949, n° 7, p. 176 : « Le T.R.P. Général avec son Conseil a décidé, dans la Province de Lyon, l'érection canonique de la maison de Bône. La communauté est appelée à y diriger, avec l'approbation de l'évêque de Constantine, un nouveau Collège qui débutera provisoirement à Bugeaud (17 septembre 1949) ». A l'époque la Province de Lyon ne disposait pas d'un bulletin d'informations. La constitution de la première communauté à Bugeaud était formée de trois religieux : PP. Claudius Dufreney, supérieur, du P. Celse Ract, premier conseiller et du P. Damien Bettenfeld, second conseiller. Dans le Bulletin Officiel de l'Assomption, juin 1952, n° 9, p. 235 : « Le T.R.P. Général avec son Conseil autorise le transfert du Collège de Bugeaud à Bône, le 16 juin 1951 ».

[2] L'exposé détaillé de la situation est donné par le P. Celse Ract, alors Provincial de Lyon, dans le Bulletin Rhin-Guinée, Pâques 1963, n° 43, pages 3-4. La fondation d'Algérie relevait en effet de la Province de Lyon.

 

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