Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 2
IL Y A 200 ANS - ANNEE 1810
Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)
Personnalités nîmoises du XIXème siècle
Le P. d’Alzon fut un homme de relation et d’influence. Sa position d’homme d’Eglise le rendait surtout atttentif à la vie sociale et spirituelle de son temps, même si d’autres réalités comme celles du monde de l’art, de la politique ou de l’économie lui étaient présentes par la lecture de journaux et de revues du temps. Comme sa vie active se déroula entièrement à Nîmes, il nous a paru intéressant de rappeler ici quelques noms nîmois du XIXème siècle passés à la postérité :
Numa Baragnon (1835-1894) fut un élève du collège de l’Assomption de Nîmes qui fit une carrière d’avocat puis d’homme politique : député, sous-secrétaire d’Etat au ministère de l’Intérieur en 1873, il est apparenté par alliance à la famille d’Alzon.
Bertrand-Boulla Henri : manufacturier nîmois de textiles décoratifs.
Antoine Bigot (1825-1897) est un poète occitan né à Nîmes, d’horizon protestant, devenu très populaire comme son contemporain Jean Reboul, qui a donné des adaptations réussies des fables de La Fontaine. Il n’est pas à confondre avec Charles Bigot (1840-1893), professeur et historien, auteur de deux brochures polémiques contre les idées du P. d’Alzon en matière d’enseignement.
Adolphe Blanchard (1811- ?), maire de Nîmes entre 1871 et 1874, monarchiste comme son prédécesseur Demians.
Gaston Boissier (1823-1908), élève puis professeur au lycée de Nîmes, de l’Ecole Normale, écrivain et archéologue qui fut secrétaire perpétuel de l’Académie française. Le P. d’Alzon cite son nom en 1845, le connaissant comme un bon élève de l’Ecole Normale de Nîmes.
Auguste Bosc (1828-1878), sculpteur né à Nîmes, élève de Pradier, qui a laissé son nom et sa marque sur de nombreux bustes et statues qui ornent la ville de Nîmes.
Numa Boucoiran (1805-1875) est un peintre nîmois comme Xavier Sigalon dont il fut l’élève. Il fut directeur de l’Ecole des Beaux-Arts de Nîmes, a peint un plafond d’une salle du Palais de Justice et une salle de l’Hôtel de Ville.
Jules Canonge (1812-1870) est un poète de langue française et occitane, né à Nîmes, qui sympathisa avec le Félibrige, à la naissance du mouvement.
François Chabaud-Latour (1804-1885) est un homme politique, général protestant né à Nîmes, député en 1871, ministre en 1875, d’opinion libérale, mais estimé par le P. d’Alzon.
Adolphe Crémieux (1796-1880), personnalité politique nîmoise qui fit la carrière d’avocat puis entra dans la politique, ministre de la Justice du Gouvernement provisoire de 1848, membre du Gouvernement de la Défense nationale en 1870. Un décret portant son nom conféra la qualité de citoyen français et le droit de vote aux Juifs d’Algérie. Il ne faut pas le confondre avec son homonyme Gaston Crémieux, nîmois, membre de la Commune, exécuté en 1871, comme son compatriote Louis Rossel (1844-1871).
Alphonse Daudet (1840-1897), nîmois et écrivain, a donné son nom au grand lycée de la ville, sur le Boulevard Victor Hugo. Son frère aîné, Ernest (1837-1921) fut le directeur du Moniteur, le journal officiel sous l’Empire.
Auguste Demians (1814-1871), homme politique nîmois, avocat, député en 1848, légitimiste ami du P. d’Alzon, maire de Nîmes qui mourut du choléra en 1871.
Jean Duplan (1813-1861), maire de Nîmes entre 1856 et 1860, natif de Bernis près de Nîmes.
Henri Espérandieu (1829-1874), architecte nîmois auquel on doit en particulier le Palais Longchamp et Notre-Dame de la Garde à Marseille.
Benoît Germain (1835-1932) : un des pionniers de la formation professionnelle à Nîmes, industriel de la bonneterie et mutualiste comme Jean-Baptiste Godin (1817-1888).
Charles Gide (1847-1932) : économiste né à Uzés, initiateur du mouvement coopératif, oncle d’André Gide.
François Guizot (1787-1874) protestant de Nîmes qui devint historien, professeur au Collège de France, l’homme politique fort de la Monarchie de Juillet.
Charles Jalabert (1819-1901) peintre né à Nîmes comme Sigalon.
Mathieu Lacroix (1819-1864), poète occitan, félibre, né à Nîmes où il exerça d’abord le métier de maçon, dont le talent fut reconnu au Congrès d’Aix en 1853.
Léopold Morice (1846-1920), sculpteur né à Nîmes.
Michel Nicolas (1810-1862), historien de Nîmes et du Gard comme Léon Ménard (1706-1767), biographe du poète nimois Barthélemy Imbert (1747-1790).
Jean Reboul (1796-1864), le poète boulanger de Nîmes qui fut l’ami du P. d’Alzon et qui faisait des rimes à la chaleur du fournil. Son œuvre majeure, l’élégie de l’Ange et de l’Enfant, est aujourd’hui bien oubliée, même si elle faisait l’admiration de Chateaubriand en 1836, dans son étude sur la littérature anglaise.
Henri Revoil (1822-1900) : architecte nîmois qui s’est occupé de la réfection et de la construction de nombre de monuments religieux et civils du département du Gard avec une prédilection pour le (faux) roman.
Louis Roumieux (1829-1894) ; nîmois, félibre connu qui collabora à ses débuts avec Antoine Bigot.
Paulin Talabot (1799-1885), ingénieur, n’est pas natif de Nîmes, mais c’est le constructeur du viaduc qui depuis 1839 porte la ligne de chemin de fer. Son buste décore une galerie du rez-de-chaussée de la gare.
Urbain de Tessan (1804-1879) est un hydrographe et un ingénieur hydraulicien, né comme le P. d’Alzon au Vigan dont il est parent.
Benjamin Valz (1787-1867), nîmois, astronome, directeur de l’Observatoire de Marseille. Il découvrit depuis son observatoire de Nîmes la planète qu’il surnomma Nemausa.
Samuel Vincent (1787-1837) : théologien pasteur protestant de Nîmes auquel on doit une étude sur la pensée de Kant.