Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 2

IL Y A 200 ANS - ANNEE 1810

Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)

Personnalités et institutions du temps, au Vigan

Mairie

Premier personnage de la ville, son maire : François d’Ortet de l’Espigarié de Tessan (1760-1847), en fonction de 1805 à 1815, époux d’Angélique de La Forestié. C’est un royaliste déclaré, ancien capitaine de cavalerie dans les rangs de la Garde nationale viganaise. C’est lui qui reçoit la déclaration de naissance pour Emmanuel d’Alzon en 1810. L’un de ses enfants, Jean-Charles (1799-1884) devint prêtre du diocèse de Nîmes, chanoine de la cathédrale et confesseur de l’abbé d’Alzon. La mairie est alors située dans la maison Lonjon (actuelle maison Triol, rue des l’église n° 7).

Sous-préfecture

Représentant de l’autorité administrative, le sous-préfet, à l’époque le Baron Charles-Benoît-Joseph Imbert de Saint-Paul, est aussi connu comme homme de lettres, auquel on doit une belle description de la vallée du Vigan. Il ne dispose pas au Vigan d’un Hôtel de Sous-Préfecture. Ce n’est qu’en 1845 qu’est décidée l’acquisition de l’Hôtel du Comte d’Assas-Montdardier, rue des Barris.

Paroisse catholique

La paroisse catholique, à partir du Concordat, peut reprendre possession de la vieille église Saint-Pierre dont le bâtiment en mauvais état remonte aux premières années du XVIIIème siècle. Son tricentenaire vient d’être fête en 2007. Elle est desservie de 1806 à 1831 par l’abbé G. Pouzols, curé de deuxième classe qui perçoit alors 1.000 francs de traitement de l’Etat et une indemnité de 500 francs versée par la commune. Il est assisté par deux vicaires entretenus par la commune. En 1864, la vicomtesse Henri de Bonald, née Vivens-Ladous, lègue son hôtel pour servir de presbytère à la paroisse. Une plaque rappelle toujours la donation.

Paroisse protestante

La communauté protestante reçoit au Concordat l’ancienne chapelle du couvent des Capucins. Elle leur est attribuée en avril 1803. Le Président de l’église consistoriale du Vigan, de 1807 à 1833, est le pasteur J. Colombier-Ribes. Plusieurs cultes protestants dissidents, originaires des pays anglo-saxons, font des adeptes au Vigan dont les Darbystes (1846), les Hinschistes (1846), les Méthodistes (1850), les Evangélistes libres (1855), plus tard l’Armée du Salut.

Médecine et hôpitaux

Autre personnalité connue de cette époque, le docteur F.-A. Rouger, ardent propagateur de la vaccine dans la région, qui exerça la médecine dans le secteur pendant plus d’un demi-siècle et écrivit une Topographie statistique et médicale de la ville et du canton du Vigan. Il décrit les Cévenols comme des ‘gens intelligents, industrieux, actifs, laborieux, sobres, économes. Ils sont braves, courageux jusqu’à l’intrépidité, compatissants, hospitaliers, charitables. Le peuple n’est pas ignare, mais il est superstitieux’.

Enseignement et réseau scolaire

Depuis l’Empire, Le Vigan dispose d’une école secondaire, dirigée par un certain Ferrier, remodelé en collège communal en 1836. Le réseau des écoles primaires, avant la loi Guizot de 1833, est assez lâche, mais aussi confessionnel (école publique protestante, école publique catholique). Les Sœurs de Nevers dirigent au Vigan un pensionnat pour jeunes filles de la bonne société et une école primaire gratuite pour les pauvres, depuis la Restauration. Une ordonnance royale de1840 autorise la fondation d’un établissement des Frères des écoles chrétiennes qui est ouvert dans une construction neuve en décembre 1843, dirigée pendant 25 ans par le Frère Olfe (+ 1880). D’après le témoignage de ses lettres, l’abbé d’Alzon ne fut pas en reste pour faire aboutir les démarches.

Communautés religieuses

Des communautés religieuses s’établissent au Vigan : sous le Second Empire, les Filles de la Charité pour un service d’orphelinat, une école gratuite et un asile pour les fileuses de la campagne. En 1864, l’Assomption transporte son noviciat à La Condamine, les Oblates de l’Assomption sont fondées à Rochebelle en 1865. En 1890 arrivent les Sœurs de Notre-Dame Auxiliatrice. Les Orantes de l’Assomption prennent le relais à La Condamine en 1937, jusqu’en 2006.

Source :

Pierre Gorlier, Le Vigan à travers les siècles. Histoire d’une cité languedocienne, Anduze, 1955. Annuaire départemental du Gard 1810. Sur Le Vigan et le P. d’Alzon, voir le tome XVII des Lettres du P. d’Alzon, Rome, 2005, p. 549-566.

Statistiques du Vigan en 1810 :

D’après le service d’état-civil du Vigan, il y eut pour la commune en cette année 1810 : 143 naissances (73 filles et 70 garçons), 124 décès (64 femmes et 60 hommes) et 28 mariages. La population du Vigan était estimée de 4. 443 habitants en l’an XII (1804) pour s’élever à 4. 651 en 1814.

Source :

Etat-civil du Vigan, 17 janvier 2007.

 

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