Cahiers du Bicentenaire d'Alzon 2010 N° 2
IL Y A 200 ANS - ANNEE 1810
Série des Cahiers du Bicentenaire de la naissance du P. Emmanuel d'Alzon (1810-2010)
Chroniques de la ville de Nîmes, année 1810
Georges Mathon, dans ses Cahiers d’histoire Nîmes au XIXe siècle, relève quelques faits et événements dont Nîmes fut le théâtre. Nous en extrayons les données suivantes pour l’année 1810 :
‘En 1810, adjudication de la restauration de l’Hospice de l’humanité, au prix de 193. 417 frs. La première pierre fut posée le 24 mai 1840, on plaça alors un caisson hermétique contenant un parchemin. « Une partie de sa façade est celle de l’actuel Lycée Daudet. » Lors que l'Administration impériale eut fait dégager les Arènes et fit tracer le Boulevard St Antoine (Victor Hugo), l’architecte Charles Durand fut chargé de construire une façade uniforme au-devant de l’ensemble de constructions assez disparates qui constituaient l’Hospice de l’humanité. Au cours des travaux de démolition on dégagea une superbe mosaïque. Historique : Un décret impérial en date du 5 août 1809 autorisa la commission administrative des hospices de la ville de Nîmes, à faire exécuter dans l’espace de 6 ans les travaux de restauration de l’édifice, suivant les plans et devis présentés le 11 mars 1809 par l’architecte Charles Durand, ingénieur des ponts et chaussées. Cet hôpital fut fondé en 1686 par le Père Richard, jésuite missionnaire. Il reçoit les pauvres et les infirmes, les enfants trouvés et les aliénés, provisoirement séquestrés.
Le 23 février 1810, réclamation du Régisseur chargé d’encaisser les droits de l’octroi. Il désire que la boisson dite piquette ou demi vin acquitte ce droit. Le conseil statue sur ce sujet et juge cette demande inadmissible. Considérant que les règlements qui ont servi de base à la forme actuelle de l’octroi exécutés depuis plusieurs années assujettissant aux droits d’octroi les vins, bières, liqueurs, eau de vie… le fermier (régisseur de l’octroi) étant autorisé à percevoir les droits sans distinguer les vins introduits, qu’ils soient plus ou moins forts, plus ou moins colorés, attendu que le règlement ne fait aucune distinction à cet égard entre les vins produits d’un fruit appelé raisin. Mais si c’est de la piquette que l’on veut introduire, alors le fermier ne peut percevoir aucun droit, parce que la piquette n’est pas du vin, ce n’est point le produit naturel du vin, mais seulement de l’eau passée sur du marc de raisin, après que ce marc ait été soumis à l’action réitérée du pressoir et qu’il en a été extrait tout le liquide qu’il est possible de se procurer. Cette boisson a toujours été considérée dans le système ancien comme une boisson exempte de tout droit et ce jusqu’à ce jour.
Le dimanche 6 mai 1810 fut célébrée la fête du mariage de l’Empereur Napoléon avec Marie-Louise d’Autriche. A quatre heures du soir, la foule accompagnée d’un corps de musiciens défila depuis l’Hôtel de Ville jusqu’à la Comédie où un spectacle gratuit est donné. La première pièce fut La Maison isolée ou Le Vieillard de Voges et la seconde, Le sourd ou l’Auberge pleine. A neuf heures et demi du soir, un superbe feu d’artifice fut tiré en face de la Comédie, avec illumination générale dans toute la ville.
Adolphe Pieyre, Histoire de la ville de Nîmes depuis 1830 jusqu’à nos jours, 3 tomes, Nîmes, 1886, 368 p., 384 p. et 382 p. Sur Nîmes, ses environs et le P. d’Alzon, voir le tome XVII des Lettres du P. d’Alzon, Rome, 2005, p. 495-546. Abbé Goiffon, Dictionnaire topographique, statistique et historique du diocèse de Nîmes, Lacour/Rediviva, 1989, 414 pages. Jean Thomas, De la Révolution à la Séparation de l’Eglise et de l’Etat 1789-1905, Lacour, 1987, 267 pages.
Statistiques de Nîmes en 1810 :Il y eut l’année 1810 environ 1280 naissances pour la ville de Nîmes et 1533 décés enregistrés, d’après Roland Gatumel, Population : démographie France-Nîmes, 1987 pages, 314 pages. Cette même année 1810, on comptait à Nîmes une population de 37. 720 habitants. |