Historique de la Mission d’Orient

En guise de conclusion ouverte.

Le terrain privilégié et propre de l’histoire est le passé, même si l’historien aime comprendre le présent et projeter ses hypothèses re-créatrices dans un imaginatif futur. Il semble en tout cas que la Mission d’Orient n’ait jamais souffert à l’Assomption, d’un manque de communication, bien au contraire(16). Que d’articles, de mémoires et d’études se sont attachés, parfois sous le mode épique, à faire revivre ses différents moments ! Il faut bien reconnaître que le plus souvent cela s’est effectué de préférence sous les modes faciles de la description géographique et ethnique ou de l’interrogation inquiète plutôt que courageusement critique et volontairement prospectif.

Une constante s’impose toutefois à tous, la présence extrêmement minoritaire et, par le fait, préoccupante des communautés catholiques de tous rites, avec une exception notable pour la Roumanie. Ce qui imposerait à chaque étape une redéfinition clarifiée des objectifs, des enjeux et des possibilités d’une mission pensée en termes d’ensemble géo-politico-religieux, même si chaque spécificité nationale ou confessionnelle mérite d’être respectée.

Une seconde constante se forme à l’évidence : dans les pays à majorité orthodoxe, la présence d’une minorité catholique de rite oriental, quelles que soient ses multiples appellations, demeure du point de vue orthodoxe une écharde dans la chair œcuménique qui ne peut être vécue en communion et, on l’imagine sans peine, sans souffrance, que dans le grand mystère pascal de la Croix chrétienne.

L’avenir n’appartient qu’à Dieu, certes. Mais former à l’Assomption des religieux et des religieuses qui soient hommes et femmes de foi et de communion dans ces pays relève bien de son charisme fondateur, toujours à redéployer et à ré-actualiser. La force de cette mission persiste dans celle de l’appel joyeux et pascal d’une solidarité internationale qui perce les murs des divisions et des barrières, au service de cette cause unique que l’on aime appeler à l’Assomption : une grande cause de Dieu et de l’homme. Plus qu’un cap à garder ou qu’une nostalgie à raviver, un pari passionné à vivre pour continuer à voir loin et large, comme le P. d’Alzon sans doute, mais surtout à la manière enracinée d’un Père Galabert, pierre enfouie dans les fondations selon ses propres termes, sur cette route apostolique suivie par les Apôtres.

(16) Encore, pour simple rappel, la tenue en 1994 de la deuxième Université d’été de l’Assomption à Lyon sur le thème déployé positivement à partir de la question : Peut-on vivre sans l’Est ?

 

Vers le texte précédent
Retour à la table des matières
Vers le texte suivant

 Page réalisée par D. Remiot