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Chronologie et topographie des séjours du P. d'Alzon en Italie et à Rome |
Le P. d'Alzon se rendit neuf fois à Rome durant sa vie, pour des séjours d'inégale durée et d'importance plus ou moins grande. Il convient cependant de mentionner déjà ici son voyage à Turin en 1844, au chevet de son beau-frère Anatole de Puységur. Il fit la connaissance de Mme de Barolo, du foyer d'ouvres éducatives et sociales de la capitale piémontaise et prononça son vou d'humilité sacerdotale à la Consolata. Nous énumérons chronologiquement les différents séjours d'Emmanuel d'Alzon à Rome avant de les reprendre de façon plus détaillée avec quelques références de sa correspondance du temps.
Premier séjour romain, pour achever ses études ecclésiastiques : du 25 novembre 1833 au 19 mai 1835 (Lettres, t. A, pp. 443-848 ; t. XIV, pp. 2770).
Séjour à Turin, auprès de son beau-frère malade, du 30 mai au 9 juillet 1844 (Lettres, t. B, pp. 156-172 ; t XIV, p. 127-130).
Deuxième séjour romain par mandat de Mgr Cart malade, du 6 mai au 10 juin 1855 (Lettres, t l, pp. 544-558).
Troisième séjour romain, avec le pèlerinage diocésain de Nîmes, du 12 mai au 4 juin 1861 (Lettres, t. III, pp. 456-463).
Quatrième séjour romain, lors de la canonisation des martyrs japonais, du 19 mai au 15 juin 1862 (Lettres, t IV, p. 62 n. 1-66).
Cinquième séjour romain, à son retour de Constantinople, du 22 avril au 3 mai 1863 (Lettres, t. IV, pp. 265-287 ; t. XV, pp. 137-141).
Sixième séjour romain, pour les sessions du premier Concile du Vatican, du 1er novembre 1869 au 18 juillet 1870 (Lettres t VIII, pp. 11-482 ; t. XV, pp. 221).
Septième séjour romain, en compagnie de Mgr Besson, nouvel évêque de Nîmes, du 25 janvier au 11 février 1877 (Lettres, t. XII, pp. 23-45).
Huitième séjour romain, avec les pèlerins de Nîmes au pèlerinage français, du 27 avril au 11 juin 1877 (Lettres, t XII, pp. 73-120 ; t. XV, p. 296).
Neuvième séjour romain, pour la mort de Pie IX et lors de l'élection de Léon XllI, du 10 février au 18 avril 1878 (Lettres, t. XII, p. 308-447 ; t. XV, pp. 306-310).
La chronologie des séjours à Rome du P. d'Alzon a été établie par le P. Siméon Vailhé, lors du premier centenaire de la fondation de la Congrégation en 1945 et a été reprise en liminaire de chacune des années dans l'édition des Lettres du P. d'Alzon. Seule une lecture détaillée de cette correspondance, des notes et des documents annexes, permet d'enrichir cette présentation. Lors de ses études dans la Ville éternelle en 1833-1835, Emmanuel d'Alzon profita de jours de congés pour visiter d'autres villes d'Italie, notamment sur le trajet aller en 1833 Gênes et Pise, en janvier 1834 le Mont Cassin, Capoue et Naples, en septembre 1834 Florence, Spolète, Fano et la côte adriatique avec Lorette et Rimini ; de même lors du voyage-retour en France (mai 1835) Temi, Florence, Modène, Milan. Il est bon à chaque fois de se reporter au texte des correspondances pour essayer de trouver quelques éventuelles précisions sur ces parcours et visites, mais elles n'abondent pas toujours comme dans un vrai carnet de voyage rédigé jour après jour ad hoc. En ce qui concerne les conditions et moyens de transport, le P. d'Alzon utilisa soit le bateau soit, plus tard, le chemin de fer tant le tracé côtier de la mer Tyrrhénienne que le nouveau tunnel sous le Mont Cenis, avec en complément la diligence et le vetturino.
Premier séjour à Rome, du 25 novembre 1834 au 19 mai 1835
Dès 1831. Emmanuel d'Alzon avait ébauché le projet d'aller à Rome avant de s'ouvrir à ses parents de sa vocation sacerdotale. La décision ne fut prise qu'à la fin d'une année et demi passée au Séminaire de Montpellier (mars 1832 - juin 1833) où il reut les quatre Ordres mineurs. Il fut entendu qu'il poursuivrait sa formation théologique à Rome. Il prit pendant quatre mois des cours au Collège romain (alors Piazza dei Collegio romano) tenu par les Jésuites, puis se consacra à des études personnelles, guidées par des théologiens de renom. Ce fut un temps de travail intellectuel et de réflexion spirituelle intense, entrecoupé de voyages sur le conseil de son père et de son médecin, traversé aussi par la crise mennaisienne dont on peut encore suivre l'évolution à travers sa correspondance de l'époque. Là se fortifièrent sa foi, son amour de l'Eglise et son attachement au Vicaire de Jésus-Christ.
Le 20 novembre 1833, départ de Marseille à bord du Henri IV avec l'abbé Gabriel et le séminariste Eleuthère Reboul. Lettres, t. A, p. 445.
Les 21-23 novembre, escale à Gênes et visite rapide de la ville. Lettres, t. A, p. 446.
Le 23 novembre : présence à Livourne d'où il partit visiter Pise, la cathédrale (il duomo), la tour penchée, le Campo Santo (cimetière) et le baptistère. Lettres, t. A, p. 447-449.
25 novembre : débarquement à Civitavecchia et départ à 9 heures du matin, sous la pluie, par la route, vers Rome où il arriva à 23 heures par la porte dei Cavaleggieri, à proximité de la Place Saint-Pierre où il se rendit, la lune étant levée. Après un arrêt à la douane, dans l'Hadrianum l'ancien temple de Neptune Piazza di Pietra),les voyageurs purent enfin vers 2 heures du matin se présenter à leur hôtel, probablement dans les parages de la Piazza Colonna ou de la Piazza di Spagna . Lettres, t A, p. 449-452.
Le 26 novembre : visite de la basilique de Saint-Pierre (Lettres, t. A, p. 571-572 ).
Dès le début décembre, le trio logea et prit pension au couvent des Minimes attenant à l'église Sant-Andrea delle Fratte (au dos du bâtiment de la Propagande) ; mais le régime végétarien des religieux obligea Emmanuel à se rendre au restaurant et à se faire livrer ses repas par un traiteur ou encore à prendre des repas dans la pension de M. Bouisse, avignonnais vivant à Rome, Via dei due Macelli n° 94 ou 56 (près de la Place Torre Argentina). Lettres, t. A, p. 456 et n. 2, 460, 465, 469,504.
De décembre jusque vers Pâques 1834 : Emmanuel d'Alzon suivit les cours de dogme et de morale au Collège romain des Jésuites (Lettres, t. A, p. 457, 469. A.A. Info 2000, n° 6,1 p. 7-8). Il compléta sa formation avec l'aide précieuse de personnalités auxquelles il rendit visite : le cardinal Micara, capucin, le P. Olivieri dominicain, le P. Orioli conventuel, le P. Ventura théatin, le P. Mazzetti carme, le futur cardinal Wiseman et son neveu MacCarthy . Lettres, t. A, p. 466,468,480,485,489,490,505-506,516,517.
Vers la mi-décembre : Emmanuel dit avoir vu seulement en courant les grandes basiliques majeures de Rome : Sainte-Marie-Majeure, Saint-Jean de Latran, Saint-Paul-hors-les-Murs, le Colisée (Lettres, t. A, p. 461,496-498,511).
Du 21 janvier 1834 au 15 février, veille des Cendres, Emmanuel visita Naples et ses environs ; il passa au Mont-Cassin (Lettres, t A, p. 491495) , se rendit à Capoue, Pompéi, Herculanum, au Styx, à l'Averne (Lettres, t. A, p. 498). 
Le Mercredi-Saint, 26 mars 1834 : il assista à l'Office des Ténèbres à la Chapelle Sixtine (Lettres, t. A, p. 527,533).
Le Jeudi-Saint, 27 mars 1834, il visita quelques églises mais ne fut guère enthousiasmé par les offices liturgiques 'au milieu de gens qui les considèrent comme des spectacles (Lettres, t. A, p. 553, 542).
Le jour de Pâques, 30 mars 1834, il reçut la bénédiction que le Pape, Grégoire XVI, donna du haut de son balcon (Lettres, t A, p. 542).
A partir de Pâques 1834, il délaissa les cours publics et devint complètement un étudiant en chambre. (Lettres, t. A, p. 547-548)
Vers la fin du mois de mai, en compagnie d'un de ses amis de Paris, Eugène de La Gournerie, Emmanuel d'Alzon visita Rome pendant plusieurs semaines, assista à une procession de la Fête-Dieu qui lui réjouit le cour (Lettres, t A, p. 57 4). Il alla voir le chêne du Tasse sur le Janicule d'où la vue s'étendait jusqu'aux montagnes de la Sabine et celles d'Albano. ( Lettres, t. A, p. 58).
Le 4 juillet 1834, il donna à sa sour Augustine les renseignements qu'elle sollicitait de lui, sur sainte Philomène (Lettres, t. A, p. 606).
Avec Eugène de La Gournerie, il accomplit du 3 au 30 septembre 1834 un pèlerinage à Lorette, virent ensemble Terni, Assise, Lorette (8 septembre), Fano, Ancône, Rimini, Ravenne, Faenza, Bologne où Emmanuel se sépara de son ami et par Florence et Sienne, il retourna à Rome (Lettres, t. A, p. 669, 674-679, 680-682, 683-684, 685-689, 690).
En octobre 1834, il bénéficia avec son ami Mac-Carthy de l'hospitalité de la résidence de campagne du collège anglais de Rome à Monte Porzio (Lettres, t A, p. 706-709, 720).
Le 25 novembre 1834, il passa ses examens pour les trois Ordres majeurs . ( Lettres, t. A, p. 731, -732).
Du 29 novembre au 26 décembre 1834, il fit chez les Jésuites, à Saint-Eusèbe (Piazza Vittorio Emanuele II) une retraite préparatoire à la réception des Ordres majeurs. ( Lettres, t. A, p. 731, 734, 738, 751, 753, 757, 760, 764).
Le 12 décembre, il signa une formule d'adhésion à l'encyclique Singulari vos, qui condamna les erreurs de Lamennais . ( Lettres, t. A, p. 760-762 ).
Le 14 décembre 1834, 3ème dimanche de l'Avent, il reçut le sous-diaconat dans la chapelle privée du cardinal-vicaire Odescalchi, c'est-à-dire au palais du Vicariat, situé alors au n° 70 Via della Scrofa (Casa deI Clero). (Lettres, t. A, p. 759 n. 2) (avec correction à apporter pour le lieu, de l'ordination sacerdotale).
Le 20 décembre 1834 (samedi des Quatre Temps), il reçut le diaconat à la basilique Saint-Jean de Latran . (Lettres, t. A, p. 445).
Le 26 décembre 1834, il fut ordonné prêtre par le cardinal Odescalchi dans son oratoire privé, Via de la Scrofa. (Lettres, t. A, p. 759) .
Le 27 décembre, il célébra sa première messe dans les souterrains de la basilique de Saint-Pierre, à la chapelle Clémentine (ad caput), sur l'autel se trouvant sur la tombe de saint Pierre. Cette chapelle merveilleusement propre à disposer l'âme le vit encore plusieurs fois, les jours suivants. (Lettres, t. A, p. 762, 764-765, 767)
Le 29 décembre 1834, fête de saint Thomas de Cantorbéry, il célébra la messe au collège anglais, en présence du cardinal Weld et de l'abbé Wiseman, alors supérieur. L'émotion fut cause de quelques infractions aux rubriques. (Lettres, t. A, p. 764-765).
En janvier 1835, avec des Religieux Augustins, il visita des catacombes et participa à la translation de corps de martyrs, en particulier de celui de sainte Eutychia et de même en avril 1835. ( Lettres, t A, p. 772, 813 .)
Pendant la semaine de Pâques 1835, l'abbé d'Alzon se proposa une excursion à pied de huit à dix jours, dans les Apennins et la région dite des castelli : Tivoli, Subiaco, Sora, Ferentino, Plestrina, Frascati, Monte Cavo, Castelgandolfo, Nemi, Albano et la Via Appia. (Lettres, t. A, p. 802, 808).
Au début du mois de mai 1835, l'abbé d'Alzon eut une audience privée du pape Grégoire XVI qui lui indiqua, le sens de ses encycliques condamnant Lamennais. (Lettres, t I, p. 7n ).
Le 19 mai 1835, l'abbé d'Alzon quitta Rome et, à travers l'Italie, il se rendit en France, passant par Terni, Florence, Bologne, Modène, Par-. me, Plaisance, Milan, Pavie, Monza, le lac de Côme et le lac Majeur d'ou il rejoignit Turin pour franchir les Alpes et regagner Lavagnac par Chambéry, Grenoble, la Grande ChaIjreuse et Nîmes. Il rendit visite à Mgr de Chaffoy le 5 juillet 1835 pour lui offrir les services de son jeune sacerdoce . ( Lettres, t. A, p. 826, 829-830, 838, 840, 842, 843, 844-845, 846, 84).
Séjour à Turin, du 30 mai au 9 juillet 1844
L'abbé d'Alzon dut se rendre à Turin auprès de son beau-frère malade. Parti de Nîmes le 26 mai 1844, jour de la tète de Pentecôte, il arriva le 30 mai dans la capitale du Piémont après s'être arrêté à Lyon, être passé par Pont-de-Beauvoisin, Chambéry et le Mont Cenis. Son séjour s'y prolongea jusqu'au 9 juillet. Il s'intéressa sur place aux nombreuses fondations de Cottolengo, mort depuis deux ans, de Don Bosco (le rencontra-t-il ?), de la marquise de Barolo près de laquelle résidait Silvio Pellico en qualité de secrétaire. L'abbé d'Alzon eut l'occasion de rencontrer plusieurs fois l'auteur de Mes Prisons, qui dédicaça un de ses ouvrages à Augustine d'Alzon -, soit dans les salons de la marquise, soit à la campagne à Prabernasca dans une plus stricte intimité. Lettres, t B, p. 156-172. Au cours d'une visite au sanctuaire de la Consolata, sachant que ses amis Combalot, Du Lac et Montalembert pensaient à lui pour l'épiscopat, l'abbé d'Alzon se sentit inspiré à faire le vou de renoncer aux dignités ecclésiastiques, vou qui fit revivre en lui le désir de fonder une communauté religieuse. Lettres, t B, p. 162 et n. 1, 259 et n. 2.
Deuxième séjour romain, du 6 mai au 10 juin 1855
Délégué par son évêque, Mgr Can, alors malade, pour porter au Saint-Père le compte-rendu de son diocèse (visite ad limina), le P. d'Alzon se rendit à Marseille le 6 mai ( Lettres, t. I, p. 543) et arriva à Rome le 10. Il logea chez M. Bérard, via dei Macelli n° 94 (Lettres, t. I, p. 543), non loin de Sant'Andrea delle Fratte. Il se rendit à l'église et au cimetière des Capucins pour honorer la mémoire de son ami le cardinal Micara dont l'épitaphe est éloquente de concision : « Je fus autrefois le cardinal Micara. Je suis maintenant cendre. Poussière, rien ». Fort de son expérience personnelle qui lui avait appris les avantages que l'on pouvait tirer des études ecclésiastiques faites dans la lumière de Rome, il mit à profit sa présence dans la Ville éternelle afin de se mettre à la recherche d'un éventuel local pour ses jeunes étudiants qui devaient débarquer à Rome le 3 novembre 1855 : FF. François Picard, Victorin Galabert, Marie-Joseph Lévy et Ernest Raphaël Jourdan. Ceux-ci devaient trouver provisoirement pension à la procure des Pères de Sainte-Croix, alors Piazza Farnese (emplacement de l'actuel couvent des Brigittines), avec lesquels il était question d'une éventuelle fusion. Cette implantation de fortune prit fin au début de l'année 1858.
Le 18 mai 1855, à Castelgandolfo, au cours d'une première audience, le P. d'Alzon présenta au pape Pie IX une lettre de Mgr Can et la relation en latin sur l'état du diocèse. Lettres, t. I, p. 545.
Le 29 mai eut lieu une seconde audience, cette fois à Rome. C'est là sans doute que le Pape exprima à Mgr Can, par l'intermédiaire de son délégué, sa joie pour le rapport reçu et pour les commentaires oraux dont le délégué l'avait accompagné. Avant de se te tirer, le P. d'Alzon remit sur le bureau une note sur la Congrégation des Religieux de l'Assomption en vue du décret de louange, accordé plus tard, le 1er mai 1857. Lettres, t. I, p.548-549, 550-554.
Le 9 juin, le P. d'Alzon rendit visite à Mgr Giuseppe Palermo, Supérieur général des Ermites de Saint-Augustin. Lettres, t. l, p. 558 et n. 1.
Le 10 juin, sur une corvette française venant de Crimée, le P. d'Alzon s'embarqua pour Toulon et de là se rendit à Nîmes. Lettres, t. l, p. 558.
Troisième séjour romain du P. d'Alzon, du 12 mai au 4 juin 1861
Vers le 12 mai 1861, le P. d'Alzon partit pour Rome avec le pèlerinage diocésain de Nîmes. Depuis 1859, le Pape était menacé dans sa liberté par l'Affaire d'Italie, c'est-à-dire la politique d'unification de la péninsule par le Risorgimento. Le diocèse de Nîmes voulait témoigner à Pie IX sa solidarité et le P. d'Alzon était soucieux des études de ses jeunes religieux à Rome.
Le 17 mai, il se rendit au cimetière de la ville, Campo Verano, sur la tombe de la sour de Mère Thérèse-Emmanuel, Marianne O'Neill morte à Rome en janvier 1861. Lettres, t III, p. 456-457 et n. 1.
Le 18 mai, il célébra la messe au tombeau de sainte Monique dans l'église Saint-Augustin (via della Scrofa n° 80) et, le soir, il fut reçu en audience par Pie IX pour l'ouvre du Denier de Saint-Pierre. Lettres, t. III, p. 457 et n. 8, 458 et 459 n. 2, 463.
Dans le courant du mois de mai, le P. d'Alzon rendit visite au cardinal Barnabo, alors préfet de la Propagande, au sujet d'une éventuelle fondation d'un séminaire en Syrie sous la protection de cette Congrégation romaine. L'année précédente avait été marquée en effet par le massacre de chrétiens au Liban (province ottomane de Syrie de l'époque). Le P. d'Alzon, participant à l'élan de générosité qui s'était manifesté à l'égard des maronites persécutés, avait recueilli à Nîmes huit jeunes gens qui montraient quelque velléité de vocation sacerdotale, dans le but de les former pendant une dizaine d'années et constituer ainsi un noyau de séminaire dans leur propre pays . Lettres, t. III, p. 460-462.
Le 19 mai, il écrivit au P. Picard qu'il se désespérait de trouver des professeurs pour ses étudiants et il se demandait s'il ne devrait pas les envoyer à Rome faire toute leur théologie. Une seconde expérience en ce sens allait se réaliser en novembre 1861 par l'envoi de trois religieux dont les deux frères Bailly et le Frère Augustin Gallois, qui furent hébergés par les Résurrectionnistes, dans les combles de Saint-Claude-des-Bourguignons (Piazza San Claudio). Ils n'y restèrent pas même deux ans. Un troisième contingent se rendit à Rome, au Séminaire français de la rue Santa Chiara, de mars 1871 à juin 1872 avec le P. Alexis Dumazer et le Frère Paul Favatier. Mais le P. d'Alzon ne put voir se réaliser son désir d'établir à Rome une maison stable . Lettres, t. III, p. 463-464.
Le 4 juin, le P. d'Alzon était de retour à Nîmes, avec une lettre de Pie IX remerciant le Comité féminin d'Auteuil de l'Oeuvre du Denier de Saint-Pierre.
Quatrième séjour à Rome, du 19 mai au 15 juin 1862
Le 31 mai 1862, le P. d'Alzon écrivait au Frère Vincent de Paul alors à Rome : « Un convoi, non de marchandises, mais de prêtres, outre un peu de ballots, se dispose à aller à Rome pour la canonisation des martyrs japonais. Nous serions une vingtaine de colis, peut-être l'évêque en tête. Or, si dans le couvent de Sant'Andrea delle Fratte ou tout autre, nous pouvions trouver un appartement épiscopal, simple bien entendu, une antichambre, salon et chambre, et un certain nombre de cellules, nous irions nous y abattre comme une volée de moineaux. L'évêque tient absolument à cette caravane. Lui veut partir le troisième dimanche après Pâques ; notre marchandise à nous ne serait prête que le quatrième. Voyez, si un couvent est introuvable, de trouver un palais à louer depuis le mercredi de la quatrième semaine après Pâques, soit du 21 mai au 15 juin » Lettres, t. IV, p. 47.
Lettres et dépêches s'échangèrent alors à une allure accélérée, vu le nombre croissant des participants. En effet, le 19 mai, ce fut un groupe de 67 prêtres du diocèse de Nîmes qui accompagna à Rome Mgr Plantier. A 7 heures du matin, l'évêque avait célébré la messe à la cathédrale, on s'était regroupé à la Maison de l'Assomption pour se rendre à l'embarcadère (gare) au milieu des acclamations de la foule et sous le regard de la police impériale. Par le train, on rejoignit Marseille et par mer Civitavecchia. Le Supérieur général des Résurrectionnistes polonais, le P. Jérôme Kajziewicz, était du même pèlerinage. Lettres, t IV, p. 48,50,52,53 (logement à l'hôtel du Viminal), 56, 58,60,64.
Vers le 21 mai : dès son arrivée à Rome, le P. d'Alzon dut faire face à un véritable complot organisé dans l'entourage du Pape, à l'instigation des Résurrectionnistes polonais. On le pressait d'abandonner ses projets de Syrie-Palestine (notamment le rachat du Cénacle à Jérusalem) pour se tourner vers la Bulgarie et l'inviter à consacrer sa fortune à la mission d'Orient. Lettres, t. IV, p. 65 n. 1, p. 67 n. 2.
Le 27 mai, une audience privée fut accordée par Pie IX à Mgr Plantier tandis que le P. d'Alzon, dans l'antichambre, rencontra Mgrs Talbot, Howard, Lavigerie qui lui conseillèrent de renoncer au séminaire maronite. Le lendemain Mgr Simeoni qui avait vu Pie IX dans l'intervalle, proposa au P. d'Alzon de voir le cardinal Barnabo. Mais le P. d'Alzon voulut rester étranger à ces conciliabules de couloir.
Le 3 juin, il y eut l'audience publique des pèlerins nîmois par Pie IX qui bénit les ouvres d'Orient et d'Occident du P. d'Alzon. La volonté du Pape lui sembla alors clairement indiquée.
Le 6 juin, le P. d'Alzon eut sans la demander une audience privée du Pape (Lettres, t. IV, p. 64) et un entretien avec le cardinal Barnabo, préfet de la Propagande. L'un et l'autre s'accordèrent pour le diriger vers la Bulgarie. Au cours de cette audience, le P. d'Alzon remit à Pie IX des bonbons que lui envoyaient les élèves d'Auteuil. Le Pape ne voulut pas se contenter de remerciements transmis verbalement, mais il leur écrivit. De nouveau le Saint-Père bénit les personnes et les ouvres auxquelles s'intéressait le P. d'Alzon.
Le 8 juin, le P. d'Alzon assista à la cérémonie de canonisation des martyrs japonais et vers cette date il rencontra au Colisée le P. Hermann et le cardinal Wiseman. Lettres, t. IV, p. 64. Il se rendit le lendemain, 9 juin, chez le cardinal. Lettres, t. IV, p. 65.
Du 7 au 14 juin, le P. d'Alzon eut de nombreuses entrevues avec des personnalités ecclésiastiques au sujet de la Bulgarie.
Le P. d'Alzon avait logé personnellement à la Casa dell'Imperiale ; près de Sainte-Marie-Majeure. Outre les audiences des 27 mai, 5 et 6 juin, le bataillon sacré de Nîmes rencontra par deux fois le Pape dans les rues de Rome, un jour près de la Chiesa nuova et un autre jour près du Pont-Saint-Ange. Ce fut de justesse que les prêtres de Nîmes portés d'enthousiasme ne dételèrent les chevaux de la voiture pontificale pour la tirer à bras. Le P. d'Alzon partit de Civitavecchia le 15 juin et le 17 rentrait à Nîmes.
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