Séjours du P. d'Alzon à Paris

Lieux de mémoire (communautés assomptionnistes parisiennes au XIXème siècle).

Paris offre encore de nombreuses possibilités de visites, de souvenirs aux Assomptionnistes curieux de leur histoire. Signalons simplement celles qui figurent dans les textes du P. d'Alzon et ont joué un rôle important dans le développement historique de la Congrégation dans la capitale :

Rue du Faubourg-Saint-Honoré, actuel n° 222 (ex-n° 234) :

« Voici seulement une observation. Je voudrais que la maison fut louée sous le nom de l'abbé Charles Laurent, prêtre du diocèse de Nîmes, licencié ès-lettres. Pourriez-vous en attendant qu'il arrive, contracter pour lui ? Ce serait une garantie pour le propriétaire, mais le pouvez-vous ? Quant à moi, il serait très important que mon nom ne parût pas, à cause de ma famille qui va jeter les hauts cris. Je désire que la maison soit sous le vocable de saint Charles et s'ouvre le 4 novembre. Je trouverais des inconvénients à ce que nous eussions à Paris le même nom que vous, du premier coup. L'idée de saint Charles s'est présentée à moi tout à l'heure au moment de l'élévation. Ne pensez-vous pas que l'on ferait bien de faire prévenir M. Caire de Saint-Philippe du Roule ? Je pense que nous sommes sur sa paroisse... Je ne voudrais pas de classes sur la rue ; j'aimerais mieux en établir au premier. Hippolyte me parle d'une pièce donnant sur la rue. N'en pourrait-on pas faire un parloir ? Il faudrait peut-être arranger celle-là un peu plus proprement. Tout doit être très simple, et je ne vois pas, après tout, pourquoi cette différence. Il me semble que les objets de literie pourront s'acheter plus tard, mais vous êtes plus experte que nous en ces matières. On attend ma lettre. En résumé, louez et traitez comme vous l'entendrez... ». Lettres, t. l, p. 53-54, à Marie-Eugénie de Jésus, le 4 juillet 1851.

Auteuil (Eymès) :

Avec l'installation des Religieuses de l'Assomption à Auteuil (grand couvent, 1857), le noviciat assomptionniste de Paris, installé provisoirement à la Thuilerie d'Auteuil (ancien château) allait gagner Clichy, avant de revenir s'établir le 8 octobre 1857, sous la direction du P. Picard, au n° 1 de l'avenue Eymès, dans ce même quartier d'Auteuil, non loin du couvent des Religieuses, dans une petite maison appartenant à un frère de Mère Marie-Eugénie de Jésus. Nous ne possédons pas de description précise des lieux qui ont aujourd'hui disparu, mais un aperçu de vie assez évocateur grâce à une correspondance du P. Picard :

« C'était une petite maisonnette dans la grande propriété d'Auteuil, écrit le P. Picard. Si quelque chose nous manque, ce n'est certainement pas la gaieté. Tous les jours à heures fixes, nous voyons poindre, à l'horizon de notre avenue, un religieux en calotte et en soutane, tenant d'une main une soupière et portant de l'autre un vaste panier ; il traverse bravement tout Auteuil dans cet imposant appareil et nous arrive fier et heureux de notre bonheur ; c'est le Fr. François-Marie [Laville], qui nous apporte notre dîner et ne craint pas de braver les quolibets des parisiens, qu'il s'arrange pour ne pas même entendre. Ces repas sont servis par les Religieuses qui pourvoient à tout et sont pour nous une vraie providence, pleine de bonté et de prévenance... Elles nous nourrissent, nous meublent et jusqu'ici ont payé notre loyer ». Lettres, t II, p. 344 n. 2 (lettre du P. Picard, des 13 et 14 octobre 1857 au P. Galabert.

Rue François 1er, n° 8 (XIXème s.).

La rue François 1er (VIIIème arr.) a été ouverte en 1861 dans un quartier qui a été aménagé à partir de 1823. L'histoire de l'implantation assomptionniste dans cette rue remonte au temps du P. d'Alzon, soucieux après les essais de collèges parisiens (rue du Faubourg Saint-Honoré et Clichy), de trouver un lieu stable pour sa Congrégation dans la capitale, avec l'aval des autorités archiépiscopales pour une animation liée à une chapelle. Le terrain a été trouvé par le futur P. Vincent de Paul Bailly, venu à Paris au chevet de son père malade (1860), qui développa l'activité de presse rue Bayard à partir de 1873, de concert avec le P. François Picard. Ce dernier fit construire en 1873-1874, en arrière de la rue, un grand bâtiment en pierres, dit bâtiment Picard (noviciat, maison d'études). La chapelle primitive de 1862, petite et biscornue, où le P. Pernet dirigea Mère Fage vers la fondation des Petites-Sours et où le P. Picard accueillit la demande de vie religieuse de Mère Isabelle pour la fondation des Orantes, a été entièrement reconstruite sous le nom de Notre-Dame de Salut en 1898. Les religieux furent expulsés des lieux manu militari en 1880 ; novices et étudiants ne revinrent plus dans le bâtiment Picard. Les religieux actifs, journalistes ou animateurs d'ouvres, retrouvèrent couvent et chapelle deux ans après l'orage. En 1901, la condamnation et la dissolution de la Congrégation en France signèrent un départ de longue durée durant laquelle les locaux connurent des sorts divers (garde-meuble, locaux pour des apprenties de Bayard-Presse), la chapelle conservant son activité cultuelle. Après la seconde guerre mondiale, le n° 8 de la rue François 1er devint à nouveau un lieu de vie assomptionniste, notamment pour l'animation des ouvres dites généralices. En 1969, la communauté du Cours Albert 1er (religieux journalistes) quitta les locaux de Bayard-Presse et revint vivre rue François 1er, tout en formant une communauté distincte. En 1980, pour des raisons d'urbanisme, tous les anciens bâtiments, chapelle comprise, furent rasés, les religieux répartis en divers lieux d'emprunt. Une partie du terrain fut vendue pour financer la construction d'une nouvelle résidence assomptionniste au n° 10, habitée depuis 1985. La statue de Notre-Dame de Salut, statue en pierre d'origine médiévale, achetée en 1855 chez un brocanteur pour le supérieur de Clichy, le P. Charles Laurent, restaurée à plusieurs reprises, a retrouvé sa place dans la chapelle après divers transferts liés à l'histoire mobile des religieux durant la période 1870-1920. Pour l'historique des lieux et des indications bibliographiques, on peut se reporter au chap. 29 de l'Anthologie Alzonienne. pp. 153-156 (Une 'bicoque' à Paris) et aux nombreuses lettres de l'époque du P. d'Alzon (t.111).

Clichy-la-Garenne (Pavillon Vendôme).

Cette cité française au nord-ouest de Paris [26.700 habitants en 1880,50. 100 en 2000], était alors un simple bourg maraîcher au XIXème siècle, où l'Assomption anima de 1853 à 1860 un collège dans les bâtiments de l'ancienne Aumônerie de France, pavillon Vendôme, rue du Landy n° 7 (XVIIème siècle), dont le P. Laurent fut le valeureux supérieur. La cité a gardé aussi le souvenir du passage de saint Vincent de Paul comme curé des lieux au XVIIème siècle. La mention de Clichy revient souvent dans les lettres du P. d'Alzon entre 1853 et 1860 ; on peut s'y reporter grâce à l'Index. Il visita plusieurs fois les lieux, y résida lors de ses séjours à Paris entre 1853 et 1860 et y tint des chapitres de Congrégation. La vente de Clichy par lots, vente décidée dès la fin des années 1850, permit d'assurer l'achat de la rue François 1er, mais elle ne fut complètement réalisée qu'à la fin des années 1870, source de bien de litiges entre le P. d'Alzon et le P. Picard, le premier tenant à assurer la fondation matérielle de la Mission d'Orient promise au P. Galabert et le second soucieux d'affecter des créances à asseoir celle de la rue François 1er à Paris. Au XXème siècle, les lieux principaux (pavillon Vendôme) ayant connu des affectations très diverses servaient encore de siège à des associations caritatives ou sociales. La mairie de Clichy s'est préoccupée depuis de reprendre possession d'un bien patrimonial historique pour le mettre en valeur et le faire réhabiliter. Il ne reste rien de la chapelle où les PP. Pernet et Saugrain ont célébré leur première messe en avril 1858. La propriété à l'époque de l'Assomption allait jusqu'à la Seine. En 1968, une communauté assomptionniste éphémère s'installa à Clichy, Boulevard Jean-Jaurès n° 39 (animation pastorale scolaire, catéchèse). Elle fut fermée en 1969. Revenons au Clichy des origines dont le P. Siméon Vailhé s'est fait le chroniqueur :

« Pourtant le P. Charles Laurent trouva mieux et conclut l'affaire en deux ou trois semaines. Le maire de Melun possédait à Clichy, rue de Landy, le long de la Seine, un beau château qui avait servi de pavillon de chasse au roi Henri IV. Il y avait là près de huit hectares de terrain, avec de grandes allées de tilleuls, un parc seigneurial, un potager et un verger en plein rendement, enfin une prairie hors de l'enclos, en bordure de la rivière. Beauté du site, pureté de l'air, vastes proportions du domaine, convenance du bâtiment principal au but de l'ouvre, avec possibilité de l'agrandir, enfin modicité relative du prix, tout semblait réuni en sa faveur. Lettres et télégrammes s'échangeaient chaque jour, souvent plusieurs fois par jour, entre Paris et Nîmes, et le P. d'Alzon, qui désirait l'agrément des Sours, finit par laisser toute liberté au supérieur : la propriété fut achetée le 16 avril 1853... ». S. Vailhé, Vie du P. d'Alzon, t. II, pp. 7075.

Sèvres, noviciat (14 rue Croix-Bosset).

Le chapitre de 1876 organisa la Congrégation en trois provinces, dont celle de Paris qui créa son propre noviciat, rue François 1er, dans le vaste bâtiment Picard de 1874. Une propriété construite à Sévres fut offerte aux Religieux de l'Assomption à la fin de l'année 1877 pour devenir le noviciat de Paris hors de la ville. On en trouve mention dans les lettres contemporaines du P. d'Alzon. L'offre aurait été faite par une habituée de la chapelle rue François 1er, une Mlle de Mauroy. Sèvres était alors une petite commune de 7.620 habitants en 1880, siège d'une célèbre manufacture de porcelaine [22.500 habitants en 2000]. Par suite des événements politico-religieux de l'année 1880, les novices furent regroupés en Espagne, à Burgo de Osma en 1881. La localité de Sèvres a servi aussi par la suite de cadre de vie et d'apostolat pour une communauté d'Oblates [branche de Paris] et pour une communauté de Petites-Sours de l'Assomption. Les Religieux de la Province de Paris ont au XXème siècle animé un centre de mission ouvrière Saint-Etienne à Sèvres, avenue Division Leclerc, entre 1946 et 1964, communauté baptisée 'La Cloche' (Mémoire Assomptionniste, pp. 110-112). Revenons sur le Sèvres des années 1877-1880 :

« Le noviciat vient d'avoir la joie de posséder, durant près de trois semaines, le T.R.P. d'Alzon, et de jouir tous les matins de sa parole, joie d'autant plus appréciée qu'elle avait été désirée et attendue plus longtemps. On sait que, l'année dernière, la mort de notre bien-aimé Pie IX avait obligé le Père à quitter Paris deux jours à peine après son arrivée. La nouvelle maison de Sèvres se prépare à recevoir les novices à la fin de ce mois. Une vaste chapelle s'élève auprès, elle sera grande, modeste et pauvre ; mais on y priera bien, et la psalmodie des heures canoniales tout entières, que l'on y entendra chaque jour, sera un ornement et une richesse que beaucoup d'églises pourraient lui envier. La chapelle se trouvera au premier, et l'on y arrivera par un perron. Au rez-de-chaussée, seront un grand parloir, la salle du chapitre et une belle salle d'études. La salle d'études sera située précisément au-dessous du chour ; les novices auront le bonheur de pouvoir travailler tout près du Saint-Sacrement et de sentir Notre-Seigneur corporellement présent au-dessus de leur tête et veillant sur leurs travaux. Le temps exceptionnellement froid et pluvieux que nous venons de traverser a retardé le départ du T. R.P. d'Alzon pour Rome, et il se trouve maintenant à Nîmes au milieu de nous ». D'après L'Assomption de Nîmes. 1er mai 1879, n° 33, p. 262.

 

Carnet d'Adresses.

Pour les lieux parisiens publics ou privés en extérieur, le pèlerin-touriste ne peut que se contenter des façades s'il n'a pas la bonne fortune de connaître des résidents ou amis des lieux.

Les églises en exercice sont ouvertes au public en journée. Pour d'autres édifices religieux (couvents, procures, résidences), un simple coup de fil précisant les motifs d'une visite peut ouvrir d'abord les portes, puis les cours, foi de témoin oculaire !

Communauté Assomptionniste Saint-Vincent de Paul, 10 rue François 1er 75008 Paris. Tél. 01 53 60 30. Fax: 01 53 75 20 38.
Communauté assomptionniste provinciale, 79 avenue Denfert-Rochereau 75014 Paris. Tél.: 01 44 41 40 00. Fax: 01 44 41 40 39. @ assomption@bayard-presse.com.
Communauté généralice des Oblates de l'Assomption, 203 rue Lecourbe 75005 Paris. Tél.: 01 48 28 24 96 ou tél. et fax : 01 48 28 00.15.
Communauté généralice des Petites Sours de l'Assomption, 57 rue Violet 75015 Paris. Tél.: 01 44 37 34 60. Fax: 01 45 77 68 63. @: assomptionpetitessourS@wanadoo.fr
Communauté généralice des Religieuses de l'Assomption, 17 rue de l'Assomption 75016 Paris, Tél. : 01 46 47 84 56. Fax 01 46 47 21 13. @: assomption.service2@wanadoo.fr

De quelques paroisses et communautés religieuses à Paris :

Saint-Eustache. Place du jour 75001. Tél. 01 42 36 31 05 (Marie-Eugénie de Jésus y a rencontré l'abbé Combalot, 1838)
Saint-Roch. Eglise 296 rue Saint-Honoré 75001. Tél. 01 42 44 13 20 (presbytère). D'alzon a prêché dans cette église.
Notre-Dame des Victoires. Place des Petits-Pères 75002. Tél. 01 42 60 90 47 presbytère 6 rue Notre Dame des Victoires. Service de l'église par les Bénédictines du Sacré-Cour de Montmartre : tél.: 01 42 61 12 83. D'Alzon y a prêché et y a prononcé ses voux privés.
Saint-Etienne du Mont. Place Sainte-Geneviève (presbytère 30 rue Descartes. Tél.: 01 43 54 11 79).
Congrégation du Saint-Esprit, 30 rue Lhomond 75005. Tél. 01 47 07 49 09
Collège Stanislas, 22 rue Notre-Dame-des-Champs 75 006. Tél. 01 42 22 40 90.
Pères Maristes, 104 rue de Vaugirard 75006. Tél.: 01 45 48 77 09.
Pères de Notre-Dame de Sion, 68 rue Notre-Dame-des-Champs 75006. Tél.:01 40 46 08 57.
Visitation, 68 av. Denfert-Rochereau 75014. Tél.: 01 43 27 12 90.
Visitation, 110 rue de Vaugirard 75006 Paris. Tél.: 01 42 22 48 08.
Bibliothèque augustinienne, 3 rue de l'Abbaye 75006. Tél. 01 43 54 80 25.
Saint-Sulpice. Eglise 2 rue Palatine 75 006 (presbytère 50 rue de Vaugirard75006. Tél.: 01 42 34 59 60).
Eglise Saint-Ignace (Jésuites) 33 rue de Sèvres 75 006. Tél.: 01 45 48 25 25.
Communauté des Pères Jésuites 35 bis rue de Sèvres, tél. 01 44 39 75 00.
Eglise Saint-Joseph des Carmes, 70 rue de Vaugirard 75006. Tél.: 01 45 48 05 16 (Sulpiciens). Compagnie de Saint-Sulpice, 6 rue du Regard 75006. Tél.: 01 42 22 38 45.
Congrégation de la Mission (Lazaristes) 95 rue de Sèvres 75006. Tél. 01 42 22 63 70.
Frères des Ecoles chrétiennes 78 A rue de Sèvres 75341 Paris Cedex 07. Tél.:01 45 67 04 98.
Missions Etrangères de Paris, 128 rue du Bac 75 341 Paris Cedex 07. Tél.: 01 44 39 10 40.
Maison-Mère des Filles de la Charité, 140 rue du Bac 75 340 Paris Cedex 07.Tél. : 01 45 48 10 13.
Sours de l'Enfant Jésus de Saint-Maur, 83 rue de Sèvres 75 006. Tél.: 01 42 22 48 79.
Saint-Thomas d'Aquin. Eglise (1 rue de Montalembert 75007 presbytère. Tél.: 01 42 22 59 74).
Saint-Philippe-du-Roule. Eglise, 154 rue du Faubourg-Saint-Honoré 75008 (presbytère 9 rue de Courcelles 75008. Tél.: 01 43 59 24 56).
Dominicains. Couvent de l'Annonciation, 222 rue du Faubourg-Saint-Honoré 75008 Paris. Tél.: 01 44 95 13 10 (chapelle) et 01 44 95 13 10 (communauté).
Pères du Saint-Sacrement, 23 av. de Friedland 75008. Tél.: 01 40 76 30 30.
Maison Marie-Thérèse, 277 boulevard Raspail 75014 Paris. Tél.: 01 44 1085 00.
Clichy. Paroisse Saint-Vincent de Paul, 96 boulevard Jean-Jaurès. Tél. 01 42 70 03 50.
Basilique Saint-Denis (4 bis, rue de Strasbourg : presbytère. Tél.: 01 48 20 20 98).

 

Les correspondances du P. d'Alzon mentionnent quelques adresses d'amis parisiens, dans le Paris de l'époque :

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