![]() |
A Nîmes, Les Familles religieuses de l'Assomption |
Nîmes et les Oblates de l'Assomption, rue Séguier n° 26-30
C'est chez les Oblates que les Assomptionnistes pèlerins ont la chance de trouver en notre temps le maximum de souvenirs de leur propre histoire nîmoise. Fondées le 24 mai 1865 au Vigan par le P. d'Alzon, dans le quartier de Rochebelle, elles furent au départ dirigées par le P. Saugrain avec l'assistance de deux Religieuses de l'Assomption, Sœurs Marie-Madeleine de Peter et Marie-Emmanuel d'Everlange. C'est là que les rejoignit le 27 juin 1867 Mère Emmanuel-Marie de la Compassion (Marie Correnson), une nîmoise que le P. d'Alzon avait choisie comme supérieure générale. Du Vigan sont parties en août 1866 les cinq premières Oblates pour le Collège de l'Assomption. En novembre 1873 une maison indépendante put être acquise par la famille Correnson d'où peu à peu vont surgir au n° 26 de la rue Séguier un externat, un noviciat (1874), un pensionnat (1875). La maison allait s'agrandir et s'élever au fil des années. Le P. d'Alzon fit construire la chapelle de la rue Séguier (1879-1880) d'après les plans de Félicien Allard. Le financement en avait été assuré grâce à un legs d'Eulalie de Régis, morte Oblate de cœur. Ce fut même le dernier grand acte public de la vie du P. d'Alzon, la bénédiction ayant eu lieu le 15 avril 1880 (lire dans Ecrits Spirituels, pp. 1212-1213).
L'ouverture d'un externat en 1873 déclencha le mécontentement des Religieuses de la rue de Bouillargues, craignant une forme de concurrence aiguë à cause de la proximité géographique. Tout rentra peu à peu dans l'ordre par la suite. Par contre en 1882, les ponts furent coupés entre les Oblates et les Assomptionnistes, pour de multiples raisons qui tiennent pour une part aux volontés du P. Picard, supérieur général depuis 1880. Au terme de deux procès, l'un diocésain perdu par les Oblates, l'autre romain perdu par les Assomptionnistes, la fracture était consommée entre deux branches rivales d'Oblates, celles de Nîmes qui poursuivirent leur voie avec Mère Correnson et Mère Chamska, et celles de Paris qui, sous l'autorité directe du P. Picard, furent mises entre les mains d'une ex-Religieuse de l'Assomption, Mère de Mauvise, qualifiée de Supérieure Majeure. Plus dynamique, la branche de Paris grâce au P. Gervais Quenard put retrouver en 1926 sa branche historique de Nîmes et mettre ainsi un terme à la division de 1882.
Le début du XXème siècle, marqué par la lutte anti-congréganiste, créa aussi aux Oblates les mêmes difficultés qu'aux religieux. L'Institut d'Alzon fut confisqué, les religieuses chassées et contraintes à l'exil (Italie, Pays-Bas), la propriété morcelée et vendue en trois lots. Les locaux scolaires purent être repris pour la formation d'un Cours Fénelon, confié à des directrices laïques (Mlle Ozias 1901-1905, Mlle Larbot 1905, Mlle Stiehr 1905-1920, Mlle Nègre 1920-1930). Mgr Amal du Curel sauva la chapelle. Après la tourmente, les Oblates entreprirent de récupérer leur école et une partie des locaux. La Directrice laïque fit de nombreuses difficultés. Les Sœurs s'installèrent elles-mêmes dans des locaux loués rue des Jardins n° 1 et rue Roussy n° 45, puis rue Pradier n° 32 où elles avaient ouvert un cours d'Alzon. En septembre 1930, elles purent enfin réintégrer la rue Séguier. Avec les années, la loi Debré, la généralisation de la mixité, l'Institut se développa et déborda même, toujours trop à l'étroit et à la recherche de nouveaux locaux. Nous avons dit plus haut comment l'Institut d'Alzon donna à Nîmes à partir de 1991 le visage moderne d'un nouveau lycée sur des lieux chers à la mémoire de l'Assomption.
La chapelle rue Séguier abrite depuis 1942 les restes du P. d'Alzon et de Mère Correnson. En novembre 1964, Mgr Rougé présida à la cérémonie officielle de la reconnaissance canonique des restes du P. d'Alzon. La parenté du Fondateur était représentée par une descendante, petite nièce du P. d'Alzon, la Comtesse de Rodez-Bénavent. Les Oblates conservent également dans leur sacristie un vêtement liturgique et un calice du P. d'Alzon, sans doute celui que lui avait offert son père, Henri d'Alzon, pour son ordination (1834) et que par générosité l'Abbé d'Alzon avait donné aux Sœurs de Marie-Thérèse (Le Refuge). Ces dernières l'ont rétrocédé aux Oblates lors des célébrations du centenaire de la mort du P. d'Alzon (année 1980) qui ont eu notamment pour cadres la chapelle de la rue Séguier et l'église Saint-Baudile.
Nîmes et les Petites Sœurs de l'Assomption, rue Briçonnet n° 24 (1885-1992)
Le P. Pemet, co-fondateur des Petites Sœurs, n'a jamais oublié son passage à Nîmes : sa venue en 1849 comme novice à l'Assomption, son temps de professorat et de surveillance au Collège, sa découverte de la pauvreté sociale à l'Enclos-Rey. Même s'il est devenu par obéissance parisien d'adoption, Nîmes fut le berceau de sa vie religieuse. La fondation des Petites Sœurs remonte comme pour les Oblates à 1865 et les premiers développements de la Congrégation sous Mère Marie de Jésus Fage furent surtout liés à la capitale et à sa banlieue. Cependant, peu de temps après la mort de Mère Fage (1883), le P. Pernet réussit à établir ses filles à Nîmes en 1885, rue Briçonnet n° 24 pour le même type d'apostolat social que dans les autres villes de France. Bien que non enseignantes, les Petites Sœurs furent tracassées après le vote des lois anti-congréganistes, poursuivies, jugées, condamnées et subirent des procès retentissants (Paris, Perpignan, Lyon), mais elles furent soutenues d'une façon manifeste par les milieux populaires et l'opinion publique qui appréciaient généralement leur présence bénéfique à leurs côtés. Ce soutien est la raison majeure qui explique la pérennité de leur implantation en France même pendant la période troublée des années 1903-1920, même si, pour se maintenir en dépit de la loi, elles durent souvent procéder à des déménagements et à des réaménagements clandestins. A Nîmes, leur présence rue Briçonnet - maison que connut le P. Pemet -, fut plus que centenaire. En 1992, elles quittèrent les lieux, cédés à l'administration diocésaine pour ses œuvres, et migrèrent dans une résidence de la ville de Nîmes, plus petite et plus conforme à la réalité de leur vie à ce moment-là (465 rue de Brunswick).
Avec les Petites Sœurs, nous achevons le tour d'horizon des familles religieuses de l'Assomption sur l'ensemble de la ville de Nîmes, des origines à nos jours.
Quelques notes bibliographiques et lectures conseillées .
D'Alzon, maître d'école , Le Père Emmanuel d'Alzon par lui-même. Anthologie Alzonienne. Rome 2003, chap. 13.
Histoire de l'Assomption depuis sa fondation jusqu'à nos jours.
Louis Secondy, L'enseignement secondaire libre dans l'Académie de Montpellier. 1974 et Aux origines de la maison de l'Assomption à Nîmes (1844-1853), dans Colloque d'histoire d'Alzon, E. d'Alzon dans la société et l'Eglise du XIXe siècle. Le Centurion, 1982, pp.233-258.
Pour les Religieuses de l'Assomption à Nîmes : Les Origines de l'Assomption, t. III, Tours, Marne, pp. 417-459. .
Pour les Oblates à Nîmes : Les Oblates de l'Assomption en France. t. I (diocèse de Nîmes) 1865-1980, Carnets du Centenaire. Actes du Colloque Inter-Assomption, Paris,
|