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Lourdes, le P. d'Alzon et l'Assomption
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Lourdes tient une grande place dans l'histoire de l'Assomption française et internationale, du vivant même du P. d'Alzon. Même si dans ce domaine, le Fondateur de l'Assomption, ami personnel de l'abbé Peyramale, a eu une attitude plus attentiste et suivis te si on la compare à celle des Religieux de Paris, il n'en reste pas moins qu'il est devenu un ardent promoteur du pèlerinage de Lourdes dans le diocèse de Nîmes. Son action pastorale se limita au cadre diocésain, celle des Religieux de Paris s'inscrivit au départ dans un esprit interdiocésain et national et, plus tard avec les religieux au Chili et en Argentine, international.
Lourdes et Bernadette Soubirous
Rappelons à grands traits des faits connus : le jeudi Il février 1858, Bernadette Soubirous, fille aînée d'une famille pauvre d'anciens meuniers, alla ramasser du bois mort avec deux compagnes, sa sour Toinette et une amie Jeanne Abadie, le long du Gave, au lieu-dit rocher de Massabielle. Elle eut, elle seule, la vision d'une Dame, au-dessus d'un églantier, dans l'infractuosité du rocher. La vision se renouvela 18 fois jusqu'en juillet 1858. Le 25 mars, à sa demande exigée par le curé de Lourdes, l'abbé Peyramale, Bernadette posa à la Dame la question de son identité. Elle en obtint en patois la réponse : 'Je suis l'Immaculée Conception', définition que le Pape Pie IX avait insérée dans un texte dogmatique quatre ans plus tôt (1854). Le jaillissement d'une source produisit des miracles à cette révélation accompagnée d'un contenu très évangélique : prière, conversion, pénitence. Après une longue enquête, l'évêque de Lourdes, Mgr Mascarou-Laurence, décida de reconnaître le fait des apparitions et de faire ériger l'église que la Dame, la Vierge, avait souhaitée. Les curieux avaient afflué depuis longtemps. L'Impératrice Eugénie, en cure à Biarritz, profita de la proximité géographique pour faire une visite 'incognito' à Lourdes. Le4 juillet 1866, Bernadette se retira au couvent de Saint-Gildard chez les Sours de la Charité de Nevers, où elle mourut de tuberculose en 1879, son curé l'abbé Peyramale étant déjà décédé depuis 1877. Depuis l'origine, malgré tous les obstacles, un mouvement incoercible emporta les foules chrétiennes à pèleriner à Lourdes.
Le P. d'Alzon, pèlerin 'réconcilié' de Lourdes
Profitant d'une cure thermale à Bagnères, de-Bigorre, le P. d'Alzon fit en pèlerin solitaire la découverte des lieux le 15 août 1868, dix ans après l'année des apparitions. Il trouva quand même le temps d'y prêcher et écrivit le lendemain au P. Picard :
« Je vous réserve une petite pierre que j'ai prise juste à l'endroit où la source de la grotte de Lourdes a jailli » d'après Lettres, t. VII, p. 132. II confia à la Vierge toutes ses intentions et celles des familles religieuses de l'Assomption. A Marie-Eugénie de Jésus, il explicita davantage ses sentiments : « J'arrive de Lourdes où j'ai bien longuement prié pour vous. J'ai demandé la vraie sainteté, l'humilité, l'esprit de foi, le zèle. J'ai prié aussi pour toutes vos filles et je me suis donné le plaisir de me faire enfermer derrière la grille qui protège la grotte contre le public, pendant près de quatre heures. Vous voyez que j'ai le temps de prier pour mes amis. Je vous envoie la photographie de Bernadette, aujourd'hui Sour Marie-Bernard à Nevers ; j'y joins une petite plante cueillie immédiatement au-dessous de l'endroit où l'apparition eut lieu. Si je le pouvais, je favoriserais cette dévotion. Au lieu que La Salette m'a laissé, je ne sais pourquoi, incrédule ou du moins dur et sec, Lourdes m'apporte je ne sais quel parfum de paix, de confiance et d'espoir que je me convertirai un jour. A la messe dite par moi dans une chapelle au-dedans de la grotte, j'ai mis votre nom le premier après celui de mon Assomption des hommes » d'après Lettres, t. VII, p. 134.
Agé de 58 ans, le P. d'Alzon dit son intention de revenir à Lourdes, mais sous la forme d'un pèlerinage à pied depuis Bagnères, au moins de quatre heures pour le trajet aller. Sur la route qui conduit à Lourdes, le P. d'Alzon a pèleriné en esprit avec ses fils qui viendront en masse à Lourdes.
Son deuxième voyage à Lourdes, du 6 au 9 octobre 1873, s'accomplit dans le cadre d'un pèlerinage diocésain de Nîmes. On sait seulement qu'il y prêcha à 1.100 Gardois le mardi, à la grotte sur le thème Ipse dixit et facta sunt, mandavit et creata sunt. Le lendemain, mercredi 8, à 7 heures, il y célébra une messe à laquelle les communions furent nombreuses. On rentra à Nîmes le jeudi 9. Le drapeau du Collège de l'Assomption flotta en tête du cortège qui vint accueillir les pèlerins en gare de Nîmes. Le P. d'Alzon ne participa pas au premier pèlerinage National (Notre-Dame de Salut) qui eut lieu cette même année 1873 au mois de mai, sous l'égide du P. Picard, mais dès le 30 janvier précédent il avait prêché en l'église Saint-Baudile de Nîmes en faveur de l'inauguration d'une statue de la Vierge de Lourdes. Le 25 février il avait présidé une réunion locale de Notre-Dame de Salut. C'est Mgr Plantier qui communia le plus à la ferveur mariale du P. d'Alzon en faveur de Notre-Dame de Lourdes. La cathédrale de Nîmes lui dut la restauration d'une ancienne chapelle intérieure dite Saint-Louis et rebaptisée en 1873, au retour du pèlerinage nîmois, en chapelle de Notre-Dame de Lourdes, décorée et ornée d'une peinture représentant la grotte de Massabielle. Mgr Plantier voulut d'ailleurs être inhumé au pied de l'autel de cette chapelle et non dans le tombeau des évêques situé sous le chour de la cathédrale. Une inscription latine résuma sa vie tandis que de part et d'autre de l'autel surmonté de la statue de l'Immaculée Conception, une autre inscription relata ce pèlerinage diocésain de 1873.
En juin 1874, le P. d'Alzon accompagna un nouveau pèlerinage diocésain de Montpellier à Paray-le-Monial et put prendre ensuite quelque temps de retraite à Betharram (7-20 août 1874) d'où il partit le mardi 18 août pour rejoindre dans la cité mariale de Lourdes ses 3.000 compatriotes Gardois venus grossir les délégations diocésaines et régionales du National, dont les 450 pèlerins venus en train de Paris. Ce fut le troisième pèlerinage du P. d'Alzon à Lourdes et sa première participation au National de Notre-Dame de Salut. Le mercredi 19, il s'adressa à la foule au cours de la messe de communion et rentra à Nîmes le jeudi 20 août, sans attendre la fin du pèlerinage.
Malgré son intention déclarée, le P. d'Alzon ne put réaliser en 1875 son vou de se joindre au National. Son programme d'été fut perturbé par la mort de son évêque, Mgr Plantier, le 25 mai et les tractations qui s'ensuivirent pour la nomination d'un successeur au siège de Nîmes. Le 3 août parut le décret de nomination de Mgr Besson lequel insista, malgré toutes les embrouilles des chanoines de Nîmes, pour que le P. d'Alzon acceptât le renouvellement de son mandat de vicaire général. Le P. d'Alzon s'était alors retiré quelque temps sur la colline de Notre-Dame des Châteaux.
En 1877, le P. d'Alzon se rendit une quatrième fois à Lourdes, dans le cadre du pèlerinage National (16-24 août), retrouvant sur place une délégation régionale de Nîmes. Parti de Paris en train le 17 août, il arriva sur les lieux le 19 et écrivit le lendemain, enthousiaste, à Mère Marie-Eugénie de Jésus : « A Lourdes depuis hier matin, de midi à cinq heures, nous avons eu sept miracles. Mgr Peyramale et M. Lasserre m'avaient dit, chacun de leur côté : 'Les pèlerinages et le miracle s'en vont'. Ils sont revenus... Les miracles ont réveillé l'enthousiasme. Mgr Peyramale trouve que la journée d'hier a été l'une des plus belles de l'histoire de Lourdes » d'après Lettres, t XII, p. 168. Le P. d'Alzon se trouvait à Nîmes quand il apprit, atterré, la mort de son ami, l'abbé Peyramale décédé le 8 septembre 1877, le jour même des funérailles de Thiers, l'ancien chef du gouvernement français qui avait imprudemment déclaré du haut de sa science, à la tribune parlementaire, que les pèlerinages n'étaient plus dans nos mours. En guise de souvenir, le bâton du curé de la cité mariale devait être remis au P. d'Alzon par un novice, le Frère Norbert Mathieu : ce dernier, distrait, l'oublia dans un train et le bâton ne figura jamais aux objets trouvés ! Le P. d'Alzon fit célébrer à Paris comme à Nîmes un service religieux à la mémoire de ce 'saint prêtre' qui lui avait confié avant sa mort : 'Je ne demande à Dieu que douze mois pour finir mon église'. On sait que les derniers jours de l'abbé Peyramale furent attristés par le différend qui l'opposait à son évêque et aux missionnaires diocésains de Garaison du P. Sempé, appelés au service des sanctuaires mariaux dès 1866, détournant les pèlerins et leur or de l'église paroissiale au profit des constructions à Massabielle.
Enfin le P. d'Alzon s'unissait une cinquième, et dernière fois, à la foule des pèlerins de Lourdes en 1879, à l'occasion du Vème pèlerinage National, du 19 au 27 août. Nous trouvons quelques échos dans sa correspondance de cette ultime visite à la Vierge de Lourdes, notamment dans une lettre du 2 septembre en latin au P. Lupidi (Lettres, t XIII, p. 181-183). Le P. d'Alzon, pèlerin à Lourdes, dans Anthologie Alzonienne. chap. 38, pp. 199-202.
L'Assomption et les pèlerinages
La Congrégation des Augustins de l'Assomption, née à Nîmes en 1845, n'avait pas vu le jour au temps du P. d'Alzon avec pour objectif direct l'animation de pèlerinages. D'abord engagée prioritairement dans le champ de l'éducation avec collèges et publications, elle découvrit dans une atmosphère pénitente et réparatrice autour des années 1870 qui suivirent le triple choc chez les catholiques français de la défaite de Sedan (chute de l'Empire), la guerre civile (Commune de Paris) et la prise de Rome par les troupes piémontaises, la nécessité d'une régénération ou d'une restauration de l'esprit chrétien pour transformer les institutions et mentalités publiques, sociales ou civiles du pays.
Ce fut l'époque aussi où surgirent dans la France catholique du temps une pléiade d'initiatives apostoliques comme les Cercles, les Comités ou l'Union des Ouvres populaires et ouvrières qui se voulaient autant de réponses de foi au désarroi moral du pays travaillé par les transformations de ses structures politiques, économiques et sociales. La fin de la guerre de 1870, ressentie comme une humiliation nationale après le traité de Francfort en 1871, lequel amputa le territoire des provinces de l'Alsace et de la Lorraine, provoqua un sursaut patriotique et religieux, amplifié par l'apparition de Pontmain et souligné par le vou d'ériger à Paris-Montmartre une basilique au Sacré-Cour. Paray-le-Monial vota une basilique au Sacré-Cour et Lyon celle de Fourvière en l'honneur de la Vierge.
Quelques religieux assomptionnistes, aumôniers volontaires à l'armée de l'Est, puis aumôniers auprès des soldats français prisonniers à Mayence, avaient pris la mesure de l'écart qui séparait les discours de l'Eglise militante et pratiquante des fidèles des réalités vécues par les masses populaires, notamment ouvrières, contactées directement en ces circonstances tragiques. Déjà en 1868, le VIème chapitre général de l'Assomption, tenu à Nîmes, avait posé grâce à une vigoureuse allocution de clôture du P. d'Alzon les bases d'une action apostolique renouvelée, plus sociale, des fils de l'Assomption, face aux défis de l'incrédulité moderne, des courants philosophiques et sociaux a-religieux, anti-chrétiens et athées, en prônant une ligne d'enseignement fidèle au pape Pie IX et au concile annoncé. Le P. Etienne Pernet, dès les années 1864-1865, devant la détresse des milieux ouvriers urbains en situation de paupérisation, de maladie, d'impécuniosité et d'isolement, avait lancé avec l'appui de Mère Fage une nouvelle famille de religieuses apostoliques, aides-soignantes gratuites à domicile, les Petites Sours de l'Assomption (Mémoire Assomptionniste, pp. 46-52). Ces réflexions et cette inflexion plus sociales de l'Assomption débouchèrent véritablement lors du VIIème chapitre général de l'Assomption, pour prendre en compte des réalités, des aspirations ou des attentes mieux perçues et urgentes. Le mouvement des pèlerinages fut l'une de ces réalisations concrètes par lesquelles les familles de l'Assomption, appuyées et entourées par de généreuses volontés, surent entendre le cri d'une société angoissée. Mémoire Assomptionniste. pp. 28-31, pp. 38-42. Dans Deux siècles d'Assomption. le regard des historiens, l'article de Philippe Boutry, L'Assomption et les pèlerinages, pp. 25-41.
Notre-Dame de Salut, rampe de lancement des pèlerinages
L'esprit apostolique d'une poignée de religieux assomptionnistes parisiens, au premier rang desquels il faut compter les PP. François Picard, Etienne Pernet et Vincent de Paul Bailly, a précédé la réflexion du corps de l'Institut.
L'idée de fonder une association régénératrice pour la famille et la société, au confluent des ouvres ouvrières, vit le jour le 24 janvier 1872, dans le couvent d'Auteuil des Religieuses de l'Assomption, sous le regard souriant d'une statue médiévale de la Vierge à l'Enfant, offerte au P. Charles Laurent en 1855 au collège de Clichy. Cette dernière avait été mutilée lors des troubles de la Commune. D'un commun accord, les membres de l'assemblée fondant l'association, lancèrent des mouvements de prières publiques pour la délivrance du pays, des pétitions dans l'opinion publique pour le repos du dimanche, mélange d'exercices spirituels et d'actions sociales concrètes pour la moralisation de l'ouvrier, sous le nom retenu d'Association Notre-Dame de Salut. La force de cette initiative reposait dans l'union ou la conjonction de la prière et de l'action, des énergies surnaturelle et de la mobilisation concertée de moyens adaptés aux masses (tracts, paroisses, mouvements, pèlerinages).
Sur ces initiatives se greffa la dévotion d'un prêtre de la paroisse Saint-Gervais de Paris, l'abbé Thédenat, qui eut l'idée d'organiser un pèlerinage de repentance qui fut national ou interdiocésain à la Vierge en larmes de la montagne de La Salette. Il poussa le P. Picard et les membres de l'Association Notre-Dame de Salut à prendre en charge la réalisation de ce projet dont la préparation matérielle, impossible à un simple vicaire, n'était pas exempte de difficultés en raison de la configuration des lieux : accès difficile, logement sur place réduit aux deux seules hôtelleries (l'une pour hommes, l'autres pour femmes), location de voitures de transport à trouver. Et pourtant le 21 août 1872, 375 prêtres encadraient près de deux mille pèlerins s'engageant autour de Mgr Paulinier, évêque de Grenoble, à propager un mouvement de pèlerinages dans tous les diocèses de France.
Sur la colline fut fondé le Conseil général des pèlerinages avec pour organe un petit bulletin de liaison, Le Pèlerin, qui vit le jour en juillet 1873. Le P. Joseph Germer-Durand qui taquinait volontiers la muse, fut chargé de composer un carnet de cantiques, dont le fameux : 'Sauvez, sauvez la France au nom du Sacré-Cour' qui allait faire le tour des sanctuaires. Prier pour la délivrance du Pape et pour le salut de la France, union des deux grandes causes du temps pour les catholiques français, au chant d'un cantique vite répandu à pleins poumons : Pitié, mon Dieu, c'est pour notre patrie, tel était au départ le programme et la visée de cette forme de prière publique aux accents très nationaux et doloristes. Le P. d'Alzon, au cour des tempêtes, dans Anthologie Alzonienne. chap. 41, pp. 217-220.
Lourdes ne fut évidemment pas oubliée dans la géographie des sanctuaires alors en vogue : Ars-sur-Formans, Paray-le-Monial, la rue du Bac, Saint-Martin de Tours, Notre-Dame des Victoires à Paris et une kyrielle de petits sanctuaires régionaux et locaux, souvent réanimés à partir de ces années 1870, figuraient au programme dont la cité mariale pyrénéenne formait le point d'orgue. La particularité de Lourdes, c'était de pouvoir accueillir et regrouper, grâce au chemin de fer, à une date commune encadrant le 15 août, des groupes de pèlerins venus de toutes les régions, portant haut leurs bannières, d'où d'ailleurs le nom donné au pèlerinage interdiocésain de 1872, le pèlerinage des bannières, qui précéda la création du National. Très adroitement, l'Association Notre-Dame de Salut trouva un écho et un relais favorables dans les Semaines religieuses des diocèses pour lancer une neuvaine en faveur des prières publiques votées par l'Assemblée nationale regroupée autour du parti de l'Ordre moral.
Il y eut, c'est vrai, quelques formes de mécontentement épiscopal devant ces initiatives de portée nationale qui ignoraient les barrières des diocèses, lancées par des religieux qui ne relevaient pas directement de la pastorale des séculiers. Le P. d'Alzon s'en émut auprès du Père Picard qui tint bon et résolut de passer outre. Ce fut même sa forme de résistance première à l'idée d'un pèlerinage National, lui qui en tant que vicaire général connaissait bien la susceptibilité de l'épiscopat et du clergé séculier. Avec les années, la grogne s'apaisa ; le clergé séculier fut même heureux d'être associé à un mouvement suscité en dehors de lui. Un Manuel des pèlerinages fut édité qui popularisa les lieux de pèlerinages, les programmes, les exercices spirituels de pèlerinage et les cantiques. L'Association Notre-Dame de Salut obtint du pape Pie IX reconnaissances et indulgences. En novembre 1872, l'amiral Gicquel des Touches lança l'idée d'un mois de pèlerinages dans tous les sanctuaires de France, du 22 juillet au 22 août, culminant à Lourdes avec un pèlerinage national. L'année suivante on lança l'idée de faire reprendre aux foules le chemin de Rome, elle fut en dernier ressort repoussée par Pie IX qui craignait des représailles du gouvernement piémontais au pouvoir à Rome et d'une fraction de la population romaine anticléricale. Cependant l'idée de pèlerinages de masse à Rome allait faire son chemin sous Léon XIII qui se considérait tout autant que son prédécesseur 'prisonnier au Vatican' mais qui ne craignait pas de solliciter la faveur populaire.
Lourdes, le premier National (1873)
La première apparition de la Vierge à Bernadette remontait au 11 février 1858. La commission d'enquête, nommée par l'évêque de Tarbes, Mgr Mascarou-Laurence, conclua en janvier 1862 à l'authenticité des faits. Depuis 1858, en dépit de la fermeture de la grotte de Lourdes et de l'hostilité ou de la réserve de tous les pouvoirs établis (le commissaire de police Jacomet, le procureur impérial Dutour, le maire Lacadé, le curé Peyramale) un mouvement de prière et de conversion, popularisé et rendu public par des guérisons éclatantes, n'avait jamais cessé comme un long fleuve en direction de la grotte.
Un premier pèlerinage 'officiel' eut lieu le 4 avril 1864, à l'occasion de la bénédiction et de l'inauguration solennelle de la statue de Notre-Dame de Lourdes à la grotte des apparitions. Cette première procession donna le branle à toute une série de pèlerinages paroissiaux de la région. La crypte, commencée en 1863, fut consacrée le 21 mai 1866, après de gigantesques travaux de terrassement. La ville de Lourdes fut reliée au réseau ferroviaire, d'abord à Bayonne en 1867, puis à Toulouse en 1868. Les Assomptionnistes parisiens prirent la direction et l'encadrement du premier pèlerinage National en 1873, on l'a dit plus haut Mais dès 1874 arrivaient à Lourdes les premiers pèlerins d'outre-Atlantique avec 500 Américains. En 1876, 100.000 fidèles assistaient déjà à la consécration de la basilique du Rosaire. L'ère des pèlerinages était plus qu'ouverte, toutes formules confondues ou séparées. Dès lors la ville de Lourdes qui n'était jusque-là qu'un gros bourg agricole assoupi, allait connaître un développement immobilier sans précédent : hôtels, pensions, hôpitaux, magasins, gares ferroviaire et routière... Au mouvement des pèlerinages se lia immédiatement la question des guérisons qui passionnèrent l'opinion publique autour de la création d'un Bureau médical, des pratiques et des mentalités de pèlerinage. Sept guérisons étaient retenues par la commission de 1862. A un certain moment le Journal de la grotte relatait chaque soir 'les guérisons de la journée ! Henri Lasserre allait faire de son livre Notre-Dame de Lourdes un best-seller traduit en 81 langues. Zola plus tard allait décrire sans complaisance dans son roman Lourdes des phénomènes de sociologie religieuse populaire, analysés sur place, mais sans pouvoir cacher une admiration secrète pour les promoteurs du pèlerinage. Des controverses idéologiques sans concession allaient dresser en deux camps irréductibles partisans et négateurs du fait surnaturel, le peuple des croyants et l'intelligentsia des rationalistes, sans freiner le mouvement du long fleuve des pèlerinages à Lourdes, la capitale de la prière selon le mot de René Schwob, juif converti.
Le pèlerinage National donna lieu à une création originale, à cause de l'afflux des malades : l'ouvre de l'Hospitalité, sous deux formes, l'Hospitalité du sanctuaire de Lourdes et l'hospitalité de Notre-Dame de Salut à laquelle se dévouèrent tant d'années les Petites Sours de l'Assomption avec leurs Fraternités, concours volontaires de brancardiers, de médecins, d'infIrmières et d'aides-soignants pour prendre en charge la vie quotidienne des malades durant le pèlerinage mais également le transport en train. Des trains spéciaux (train blanc) furent affrétés avec l'aide des compagnies de chemins de fer. La vie et les faits de Lourdes inspirèrent de nombreux écrivains, hommes de lettres ou publicistes : songeons sans distinction à Lasserre, Huysmans, Veuillot, Zola, Gaétan Bernoville, Christiane Fournier, Daniel-Rops, François Mauriac, René Schwob, Alexis Carrel, René Laurentin, Renée Massip, Ruth Harris. Avant leur élection au pontifIcat, Pie XI (Ratti), Pie XII (Pacelli), Jean XXIII (Roncalli), Paul VI (Montini), le cardinal Albino Luciani qui n'était pas encore Jean-Paul 1er, sans parler de Jean Paul II en 1983 et encore en 2004 se sont faits pèlerins de Lourdes, à la suite du P. d'Alzon et de l'Assomption. Il n'est guère d'assomptionnistes qui un jour n'aient participé à l'animation et à l'encadrement du National dont l'un, non des moindres, le P. Gervais Quenard, en relevait l'odyssée annuelle pour 1924 : Mémoire Assomptionniste. pp. 92-93.
Jalons dans l'histoire d'une Cité mariale
En 1874, innovation, des premiers pèlerinages de malades furent organisés. L'initiative en était due, comme souvent, à un réseau de Dames Associées qui proposaient à Notre-Dame de Salut de former un convoi de malades pauvres, elles-mêmes prenant en charge tous les frais et assurant les soins. L'essai réalisé en 1874 ne concerna encore que 14 malades, mais leur nombre avec les années ne cessa d'augmenter : 54 en 1875, 366 en 1877,959 en 1880. Cette situation encore menée dans des conditions précaires poussa deux laïcs toulousains, M. de Combettes de Luc et M. de L'Epinois à proposer au P. Picard, organisateur de première classe, la création d'un Comité hospitalier de Lourdes.
L'essor du mouvement fut encouragé par le déroulement de grandes célébrations liturgiques avec processions aux flambeaux, saluts au Saint-Sacrement en plein air, acclamations liturgiques sur les parvis extérieurs. L'afflux de pèlerins à Lourdes permit au P. Sempé d'y poursuivre un programme de constructions énorme : du 1er au 3 juillet 1876 se déroulèrent les cérémonies de consécration de la basilique de l'Immaculée Conception et du couronnement de la statue de Notre-Dame. Le 6 juillet 1886, c'était la pose de la première pierre de la basilique du Rosaire.
Manifestations et commémorations scandèrent toutes les échéances mariales : en 1879 Lourdes s'embrasa pour le jubilé d'or de la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception (1854). En 1899 la ville accueillit le Congrès eucharistique international. Le pèlerinage National de cette même année 1899 où fut inaugurée la basilique du Rosaire, enregistra la première manifestation des hommes à Lourdes. En 1908, ce furent les fêtes des noces d'or de Notre-Dame de Lourdes dans le cadre des fêtes d'un premier cinquantenaire (1858-1908). Ce fut aussi l'année d'inauguration du premier pèlerinage dit du Rosaire, dirigé par les Dominicains, qui ferme en octobre la saison annuelle des pèlerinages. Cette année-là totalisa 157 pèlerinages dont 76 étrangers, comptabilisant plus d'un million de visiteurs. Les 14 et 15 septembre 1912 fut inauguré le Chemin de croix sur la Montagne du Calvaire et 1911 voulut célébrer, malgré les bruits de guerre, le XXVème Congrès eucharistique international. En février 1958, année centenaire des apparitions, le cardinal Roncalli, ancien nonce à Paris et alors patriarche de Venise avant d'être élu pape sous le nom de Jean XXIII, inaugura la basilique souterraine Pie X. La Conférence de l'épiscopat français qui succédait en 1964 à l'ancienne Assemblée des Cardinaux et Archevêques, voulut choisir la ville de Lourdes comme centre de ses réunions plénières annuelles. Jean-Paul II fut le premier pape de l'histoire en exercice à se faire pèlerin de Lourdes, les 14 et 15 août 1983. Vingt ans plus tard, en août 2004, il bouleversa les foules par sa ferveur de malade-pèlerin, venant à Lourdes célébrer le 150ème anniversaire de la proclamation du dogme de l'Immaculée Conception (1854) et confier à la Vierge en union avec tous les malades et souffrants les dernières énergies d'un pontificat exceptionnel.
Lourdes et l'Assomption
Dans ce contexte plus que centenaire de la cité mariale de Lourdes, le pèlerinage National, fixé autour de la date symbolique du 15 août, a joué pour l'Assomption un rôle moteur et démultiplicateur. Précédé par un premier mouvement de pèlerinages paroissiaux, surtout pyrénéens, et diocésains, le pèlerinage National, création de l'Assomption, a bénéficié de plusieurs atouts majeurs pour son développement:
Organisé de Paris avec l'aide d'une Association qui sut établir partout des antennes régionales grâce au concours de milliers de bénévoles (zélatrices et prêtres séculiers très actifs), utilisant très adroitement l'infrastructure ferroviaire qui relia progressivement les contrées les plus éloignées à la ville centrale, il se superposa très vite aux premiers pèlerinages dont l'aire géographique de recrutement ne pouvait qu'être plus nettement délimité et restreint. Au fil des années, l'organisation du pèlerinage national prit le caractère d'une activité spécifiquement assomptionniste qui allait grandement jouer sur la notabilité d'une petite et jeune Congrégation encore largement inconnue.
Le P. Picard n'hésita pas à mobiliser, en plus des religieux disponibles, toutes les forces de la jeunesse de l'Institut, étudiants et novices, chargés de l'encadrement de l'organisation matérielle, de l'animation des chants et des cérémonies. Il fit appel aussi largement aux familles de l'Assomption, celle des Oblates de Paris et celle des Petites-Sours de l'Assomption qui se dévouèrent pour les soins auprès des malades, leur transfert dans les trains, les gares et les hôtels, secondant ainsi efficacement les services des Fraternités et de l'Hospitalité. Il n'est donc pas étonnant que ce fut à Lourdes, dans le contexte du pèlerinage National, que naquît l'appel de la Congrégation pour les missions lointaines au Chili (1889-1890), de la part de l'archevêque de Santiago, Mgr Casanova, lui-même pèlerin à Lourdes et témoin du zèle apostolique des religieux. En Amérique du Sud (Chili-Argentine), les Assomptionnistes ne furent pas autrement désignés que comme les 'Pères de Lourdes', reproduisant sur place à l'envi sanctuaires et ouvres sur le modèle de Notre-Dame de Lourdes.
Un second facteur, spécifiquement assomptionniste, permet de comprendre l'essor de Lourdes dans le catholicisme français dans ce dernier quart du XIXème siècle. Grâce aux publications de la Bonne Presse, Le Pèlerin, transformé en un véritable magazine illustré depuis 1877 par le P. Vincent de Paul Bailly, lequel annonçait le programme du National, reprenait sa chronique, détaillait des récits vivants de pèlerins et de guérisons, tenait en haleine un public croissant, avide de merveilleux, de controverses et de guérisons miraculeuses. Le Pèlerin n'était d'ailleurs au fil des années que le premier maillon d'information d'une longue chaîne de publications qui ont vu le jour progressivement à Paris au sein de cette véritable centrale de presse catholique dite la Bonne Presse (La Croix, Les Contemporains, Les Vies de saints, Le Cosmos...). L'Association N.-D.-S. inscrivit dans ses programmes les pèlerinages locaux, chers à sa clientèle régionale et rurale. L'Assomption a joué à partir de Lourdes une de ses cartes maîtresses en matière de stratégie, de synergie, de communication congrégationnelles. Ses activités jusque-là étaient plus juxtaposées que véritablement unifiées, un peu confinées à l'étroit dans l'air restreint de l'éducation et de l'enseignement des collèges et alumnats. Lourdes comme l'apostolat de presse, vitrines de sa cohésion apostolique et doctrinale, furent bien à l'image de son esprit de famille, ultramontain, démonstratif, offensif qui recherchait toujours l'aval de Rome et l'oreille du pape, de sa piété eucharistique et de tonalité mariale qui demeurait encore un champ très libre dans l'expression vivante d'une religion où le magistère ecclésiastique régnait sans panage, de son souci d'emprise ou d'incarnation dans des réalités sociales et populaires larges. Par Lourdes comme par la presse, cet esprit de l'Assomption se diffusa sur la voie publique, déborda les frontières des diocèses ou des localités où l'autorité épiscopale, souvent sourcilleuse, entendait contenir, sinon étrangler, le dynamisme d'un Institut apostolique.
En ce sens, la promotion au premier plan de la figure nationale du P. Picard qui prenait le pas à Lourdes sur celle, diocésaine, du Fondateur, fut symptomatique de leur positionnement respectif dans l'orbite ecclésiastique. Tandis que le second, le P. d'Alzon vicaire général à Nîmes, recommandait à son disciple parisien, le P. Picard, des attitudes plus déférentes à l'égard de l'archevêque de Paris (Mgr Guibert) qui s'offusquaient des initiatives de ce dernier paraissant empiéter sur le domaine des séculiers, le P. Picard sut s'affranchir plus volontiers d'une tutelle ecclésiastique qui ne pouvait excéder les limites de son territoire.
Lourdes, manifestation de foi et de charité, fut donc un véritable banc d'envoi pour l'Assomption qui put ouvrir, dès les années 1880, aux catholiques français leur propre horizon confiné en 1870 aux malheurs de la patrie, pour orienter les regards en direction des autres grands centres historiques du christianisme, Rome et l'Orient dont Jérusalem.
De Lourdes, à Rome et à Jérusalem
Lourdes ne fut donc qu'une première étape dans l'expansion de l'aire géographique et apostolique de l'Assomption. Le contact des foules, le cosmopolitisme des pèlerinages, l'expérience de la presse apprirent à voir large et loin, comme le souhaitait déjà le P. d'Alzon. De son temps, la Congrégation avait déjà fait l'expérience et l'épreuve de la mission lointaine.
En 1860, le P. d'Alzon avait en effet autorisé quelques religieux à rejoindre Mgr James Quinn, premier évêque de Brisbane en Australie, mais l'expérience ne fut guère concluante, à cause de la mauvaise volonté de cet évêque. Anthologie Alzonienne. chap. 28, L 'aventure missionnaire australienne. pp. 149-152 . En 1862, sur un désir du pape Pie IX, le Fondateur envoya le P. Victorin Galabert qui s'était porté volontaire, ouvrir en Bulgarie un premier poste dans cet Orient orthodoxe qui le fascinait et dont il souhaitait le retour à l'unité de la foi catholique. Anthologie Alzonienne. chap. 32, L 'Orient entre mystères et mirages. pp. 169-174 . Depuis sa jeunesse, le P. d'Alzon s'était habitué à regarder vers Rome, centre universel de l'Eglise catholique, où il s'était formé au cour de la crise mennaisienne. Le contexte politique après 1870 n'était guère favorable à de grandes manifestations publiques de pèlerinages, mais Rome restait bien pour le P. d'Alzon et ses fils l'horizon aimé qui devait orienter le regard des catholiques ultramontains. A plusieurs reprises, le P. d'Alzon y avait guidé des pèlerinages de prêtres diocésains ou de fidèles nîmois. Ne disait-on pas que l'ultramontanisme concentrait le regard des catholiques sur la couleur blanche où se confondaient symboliquement en images superposées la soutane du pape, l'hostie du sacrifice eucharistique et le voile de la Vierge ? La tradition de pèlerinages français à Rome put reprendre, mais après la parenthèse des années 1870-1880, pour fortifier l'amour filial des fidèles vers l'auguste 'prisonnier du Vatican', pour assurer le Saint-Père des sentiments de communion de la 'Fille aînée de l'Eglise' qui avait traversé elle aussi les épreuves de la défaite et de la désunion civile et qui se retrouvait, en régime de République triomphante, comme en situation d'étrangère sur son propre sol. Anthologie Alzonienne, chap. 20, Sur la vague ultramontaine. pp. 109-112.

Le même esprit de reconquête chrétienne et d'audace apostolique anima le lancement de pèlerinages à Jérusalem. En 1882, les PP. Picard et Vincent de Paul Bailly, reprenant une suggestion de l'abbé Tardif de Moidrey, un passionné de la Bible et hôte du couvent de la rue François 1er après 1877, improvisèrent un premier périple sur deux bateaux, la Guadeloupe et le Picardie, depuis Marseille jusqu'aux côtes de la Galilée et de la Judée. Ce premier pèlerinage de pénitence à Jérusalem, conduit dans l'inconfort et un esprit pionnier d'aventure, prit des allures d'épopée lorsque la caravane des pèlerins entra à Jérusalem comme de nouveaux croisés en quête d'une nouvelle patrie que l'Occident, en voie de sécularisation, leur refusait. Ils se présentaient sous la forme d'une croisade pacifique devant conquérir Jérusalem le chapelet à la main, face à l'invasion des Lieux saints par les schismatiques grecs et russes. Archéologie, religion sur fond de rivalités confessionnelles et politiques nationalistes se confondaient ou se combinaient sur cette terre encore ottomane où perçaient les rivalités de toute l'Europe.
La République française, volontiers anticléricale au niveau de sa politique intérieure, ne craignait pas de prêter main-forte à ses religieux nationaux lorsqu'ils cherchaient à faire reconnaître sur une terre étrangère ou coloniale les droits historiques de la France catholique traditionnellement protectrice des Latins en Orient. L'Assomption d'ailleurs avait droit de cité sur le sol palestinien. Dès 1884, les pèlerins étaient sollicités pour faire construire à Jérusalem une puissante hôtellerie française, en face de la Porte Neuve, sous la direction du Comte de Piellat, fondateur de l'hôpital Saint-Louis et grand acheteur de parcelles à Jérusalem au profit de communautés ou institutions religieuses. Le bâtiment, baptisé Notre-Dame de France, fut ouvert en 1887 et il fut le premier dans la ville à être alimenté par l'électricité, le P. Vincent de Paul Bailly aimant les innovations techniques et scientifiques de son temps. Le premier supérieur des lieux, le P. Joseph Germer-Durand, fin latiniste et amoureux d'inscriptions et d'archéologie, fut chargé d'établir sur place un studium assomptionniste bénéficiant des cours de la toute jeune Ecole biblique des Dominicains à Saint-Etienne, toute proche. En 1890, un acte officiel reconnut la propriété légale du couvent-hôtellerie au P. Vincent de Paul, transférée en 1907. L 'essor de ce mouvement de pèlerinages de masse se poursuivit à Jérusalem jusqu'en 1914, encouragé d'ailleurs par les gouvernements français. Il reçut une puissante impulsion à la suite du succès du VIIIème Congrès eucharistique tenu à Jérusalem sous la présidence du cardinal Langénieux. Mais là comme à Lourdes, le conflit de 1914-1918 marqua une interruption ou une mise en sommeil du flux des pèlerins, pour reprendre ensuite, mais plus modestement à Jérusalem du moins.
Ainsi, avec Rome et la Terre Sainte, Lourdes demeurait l'une des destinations privilégiées des pèlerinages animés par les Assomptionnistes sous l'égide de Notre-Dame de Salut. A la suite- du Fondateur et de ses premiers héritiers, ils voyaient dans cette entreprise un moyen toujours adéquat pour répondre à leur devise : Adveniat Regnum Tuum. Les conditions de transport et de logement changèrent avec les générations, les thèmes d'accompagnement et de réflexion n'eurent plus les mêmes accents, mais la dynamique profonde du pèlerinage resta identique dans ses composantes essentielles invariables : le pèlerinage démarche de conversion personnelle et collective, manifestation de foi et de charité, moment fort d'évangélisation, lieu d'ouverture à un mouvement fraternel de communion internationale, célébration festive de la foi, attention à tous 'les blessés de la vie', aux membres souffrants et malades. Lourdes restait bien, pèlerinage après pèlerinage, cette cathédrale vivante d'un peuple en prière, entendant remettre en marche les chrétiens sur les pas du Rédempteur. Les deux bras de l'Esplanade, sur la place Saint-Pierre de Rome, ne sont-ils pas le symbole architectural de cette Eglise-mère qui accueille dans l'unité de la foi les peuples du monde entier dans la diversité des langues et des cultures ? L'Assomptionniste se sait partie prenante de la condition du chrétien, à la suite de son Fondateur, homo viator, en quête d'une terre plus fraternelle, plus solidaire, en marche vers la cité céleste. Sa responsabilité propre de guide-pèlerin, fortifiée dans ses racines et sa mission, n'est-elle pas de continuer à accompagner sur les routes de la terre tous ses frères en chemin pour partager le pain de la Parole et de la Table eucharistique, à Lourdes comme à Rome ou à Jérusalem ? Lourdes Magazine, août 2000, n° 94, pp. 38-39.
Carnet d'Adresses
Il n'est pas possible de détailler de façon précise l'adresse des logements (hôtels, pensions, maison des Chapelains, Abri du Pèlerin) du P. d'Alzon pèlerin à Lourdes. Il est certain en tout cas que lui comme l'Assomption ont participé à la construction de l'hôpital et Accueil Marie Saint-Frai réalisé pour l'accueil des malades et récemment modernisé (1998).
Tout le domaine des Sanctuaires est un lieu de visite et de prière : Crypte du Saint-Rosaire (terminée en 1889), Basilique de l'Immaculée Conception (1876), Basilique souterraine Saint-Pie X (1958), l'Esplanade et la Grotte, les bords du Gave, le Chemin du Calvaire avec ses stations, la Cité Saint-Pierre (Mgr Rodain et le Secours catholique) la prairie avec l'église Sainte-Bernadette, Hôpital et Accueil Notre-Dame (1997), autant de sites aménagés progressivement après 1858, certains bien postérieurement. L'église paroissiale du Sacré-Cour de Lourdes n'est pas celle qu'a connue Bernadette, elle fut reconstruite sur l'ancien emplacement.
Sanctuaires Notre-Dame de Lourdes, 1 av. Mgr Théas 65 108 Lourdes Cedex.
Information : tél. 05 62 42 79 04.
Internet : www.lourdes-france.com
Office du Tourisme à Lourdes : tél. : 05 62 42 77 40.
Musée Pyrénéen. Château Fort de Lourdes. Tél. 05 62 42 37 37.
La Maison du Pèlerin 12, av. Maransin. B.P 89. 51103 Lourdes.
Souvenirs de la famille Soubirous à Lourdes : le Moulin de Boly, rue Bernadette Soubirous (maison maternelle, lieu de la naissance de Bernadette en 1844). Au n° 2 de la même rue, moulin Lacadé (maison paternelle). Au n° 14 de la rue du Bourg, réduit habité par les Soubirous devenus journaliers (1856). Au n° 15 de la rue des Petits-Fossés, le 'cachot' (ancienne prison, habitation des Soubirous au moment des apparitions en 1858) ; hôpital hospice municipal, tenu au XIXème par les Sours de la Charité de Nevers (résidence de Bernadette jusqu'à son départ pour Nevers). Bergerie de Bernadette à Bartrès (4 km de Lourdes).
Couvent Saint-Gildard 34 rue Saint Gildard 58000 Nevers. Tél. : 03 86 71 99 50. Fax : 03 86 71 99 51.
Religieuses de l'Assomption. Centre Assomption - Service -Accueil 21 av. Antoine Béguère 65100 Lourdes. Tél. : 05 62 94 39 81. Fax : 05 62 42 26 95.
Filles de Saint-Dominique, Route de Pontacq 65100 Lourdes. Tél.: 05 6294
1243. Fax : 05 62 94 89 76.
Carmel du Sourire, 17 route de Pau 65100 Lourdes. Tél.: 05 62 94 26 67.
Visitation, 20 rue Antoine Béguère 65100 Lourdes. Tél.: 05 62 94 Il 68.
Clarisses, 78 rue de la Grotte 65100 Lourdes. Tél.: 05 62 94 32 53.
Notre-Dame de Sion. La Solitude, 1 rue de Coumdaous à Bartrès. Tél.: 05 62 94 31 33.
Hospitalité Notre-Dame de Salut (paris), 45 rue de Lourmel, 75015 Paris.
Tél. : 01 44 37 22 80. Fax : 01 44 37 22 81 ; http://www.ndesalut.org
Association Notre-Dame de Salut et Pèlerinage National, 10 rue François 1er
75008 Paris. Tél. : 01 58 360875. Fax: 01 58 36 08 84.
Hospitalité Notre-Dame de Lourdes. Domaine de la Grotte, B.P. 19765 106
Lourdes Cedex. Tél. : 05 62 42 80 80. Fax : 05 62 42 80 81.
Village des Jeunes Rue Mgr Rodhain 65100 Lourdes. Tél. : 05 62 42 79 95. Fax: 05 62 42 79 98.
Notre-Dame de Garnison 65670 Montléon-Magnoac. Tél. et fax : 05 62 99 49 41 et 0562994936 (maison-mère). Fax: 05 62 99 49 16.
Notre-Dame de Bétharram (Notre-Dame du Beau-Rameau). Couvent des Pères du Sacré-Cour de Jésus, Place St-Michel Garicoïts 64800 Lestelle Betharram. Tél.: 05 59 71 940. Maison de retraite : tél. 05 59 71 93 41. Maison provinciale : Fax 05 59 71 97 44.
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