Sur les pas du P. d'Alzon à Montpellier

Montpellier

Montpellier, métropole de la région Languedoc-Roussillon, a conservé dans son centre son allure d'ancienne capitale{orteresse de province, ceinte de remparts, ville à la fois intellectuelle, administrative et universitaire. L'évêché primitif était situé à Maguelonne; déserté, ilfut transféré en 1536 à Montpellier même.

Mme d'Alzon qui, à la différence de son mari, a toujours préféré la ville à la campagne, a d'abord profité durant les années d'adolescence et de jeunesse d'Emmanuel d'Alzon et de ses filles de ses séjours dans la capitale parisienne, puis elle afait choix de la ville de Montpellier où elle aimait résider dans un ancien hôtel de la rue des Trésoriers de la Bourse, maison Roche. C'est là d'ailleurs qu'elle mourut en 1860 comme sa fille Augustine.

Emmanuel est unfamilier de la ville de Montpellier où il vintfai re son séminaire en 1832-1833. Nous reprenons sous une forme abrégée un article que nous avons déjà donné sur ce sujet dans les colonnes d'A.T L.P.février 1997, n° 131,pp. 20-30.

Le jeune Emmanuel d'Alzon à 22 ans prit la décision d'entrer au grand séminaire de Montpellier où il demeura du 15 mars 1832 à la fin juin 1833. fi Y reçut selon l'usage clérical la tonsure à la Trinité 1832, le samedi 16 juin dit des Quatre-Temps de la Pentecôte, puis les quatre ordres mineurs (portier, acolyte, lecteur, exorciste),lors des grandes ordinations de la Trinité 1833, le samedi 1er juin.

Rendons-nous sur les lieux mêmes, c'est-à-dire à l'actuel bâtiment moderne des Archives Départementales de l'Hérault, à l'intersection de la rue Proudhon et de l'avenue de Castelnau. La façade classique de la chapelle dont l'état extérieur paraît en bon état, sera le seul témoignage visuel qui reste du XIXème siècle. C'était alors l'ancien couvent de Récollets du XVIIème siècle qui fut sécularisé à la Révolution, rendu au diocèse en 1807 à l'époque de Mgr Rollet, premier évêque concordataire de Montpellir au XIXème siècle, avec chapelle, couvent, cloître et cimetière, avant d'être réaffecté à un service public après 1905. Emmanuel d'Alzon nous décrit sa chambre:

« Voici la description de la cellule. Dans un long cloître qui va du Nord au Midi, en venant du Midi vous entrez à gauche. La porte bat à droite la muraille de long de laquelle se trouvent une malle, deux petites tables et des tablettes qui, appuyées sur une cloison bossue, menacent de m'écraser le nez des livres qu'elles portent. Vis-à-vis la porte est la fenêtre. Vous tournez: vous avez une planche, une malle, mon Ut et vous êtes encore à la porte» d'après Lettres d'Alzon, L A, p. 291. A la rentrée d'octobre 1832, E. d'Alzon changea de cellule: Lettres, L A, p. 352.

 

Le grand séminaire de Montpellier au XIXème siècle.

Ce couvent-séminaire comprenait deux étages de cellules, pas moins de 120 chambrettes toutes numérotées, servant à la fois de petit et de grand séminaire avant d'autres aménagements. Dans les années 1970, cet ancien couvent capucin fut rasé pour une construction plus moderne, mais l'ancienne chapelle n'a pas été touchée, hormis le fait qu'elle serve encore de dépôt pour les archives et qu'elle soit entièrement occupée au sol par des rayonnages métalliques parfaitement alignés et surchargés de documents. Peintures et vitraux sont demeurés en l'état.

Emmanuel d'Alzon a reçu en 1832, sur le Registre des entrées, le n0937.11 a passé des examens en juin 1832 et en juin 1833. On sait que son temps de vie au séminaire ne l'a satisfait qu'en partie: il trouva le régime d'études trop hâché, le milieu trop fermé, le compagnonnage un peu rudimentaire, l'ambiance très anti-mennaisienne et les professeurs inégaux. Mais l'expérience ne fut pas négative pour autant: il apprit la régularité d'une vie commune, il noua des relations amicales notamment avec le futur abbé Soulas et le futur Dom Roch Bouissinet, il créa une Association spirituelle de dévotion et reçut les ordres mineurs.

Son évêque, Mgr Fournier de La Contamine, fut bienveillant pour lui, même s'il ne plaisantait pas au sujet des idées mennaisiennes. De même d'ailleurs son successeur en 1835 Mgr Thibault. Le supérieur du séminaire, l'abbé Grasset, était entouré de prêtres directeurs et de professeurs de valeur, notamment les abbés Vernières, Fabre, Ginoulhiac. Emmanuel d'Alzon le reconnaîtra plus tard par comparaison quand il se sera frotté aux enseignants du Collège Romain. Certes la formation théologique ne s'était pas encore renouvelée: elle utilisait sur place le vieux catéchisme jansénisant de Mgr de Charancy qu'il fallait apprendre par cour, et le manuel gallican du vieux Bailly. On insistait plus sur la mémoire que sur les fonctions réflexive et critique de l'intelligence. Avec le recul, Emmanuel d'Alzon saura apporter un jugement plus nuancé sur son séjour au grand séminairé de Montpellier où il apprit à nourir dans la prière, l'étude et la réflexion sa vocation apostolique de futur pr§tre diocésain:

«J'ai trop de plaisir à recevoir vos aimables lettres, mon cher Eugène, pour ne pas me hâter de répondre à la dernière que je reçus de vous, voilà bientôt huit jours. Elle m'arriva quelques heures après une cérémonie à laquelle j'avais eu une parr bien active: je veux parler de l'ordination de la Trinité où j'ai reçu les quatre ordres mineurs. Encore un nouvel engagement, engagement fort léger, il est vrai, sous le rapport des obligations qu'il impose, mais qui me présente sans aucun intermédiaire le terrible pas du sous-diaconat. Priez pour moi, mon cher ami, je vous en conjure, parce que j'en ai le plus grand besoin. Bientôt je serai appelé à/aire un pacte solennel avec Dieu ». Lettre à Eugène de La Ooumerie, 8 juinJ833 dans 1. A , pp. 413-414.

 

Montpellier, évêché, églises.

Il est bien évident qu'Emmanuel d'Alzon n'est pas resté enfenné dans le grand séminaire comme dans une prison. TI connaissait déjà la ville et il apprit sans doute à la découvrir encore, spécialement les lieux religieux. L'évêché du XIXème siècle où il se rendit (certaines ordinations avaient lieu dans la chapelle de l'évêché) n'était pas celui du XXème siècle, 22 rue Lallemand, mais a occupé plusieurs emplacements successifs dont, entre 1536 et 1791, les bâtiments contigus à la cathédrale, aujourd'hui dévolus à la faculté de Médecine et qui étaient ceux de l'ancienne abbaye Saint-Benoît. Les évêques possédaient également au XVIIIème siècle à quelques km de la ville la belle ProRriété de Jean de Saint-Priest, intendant du Languedoc, dite le Château d'O, et celle de Lavérune comme résidences de campagne ou d'agrément.

Emmanuel d'Alzon fit le catéchisme à Montpellier, comme à Paris d'ailleurs, à des enfants de l'Hôpital général (sur le boulevard Henri IV et au carrefour de la place Albert 1er), construction de 1680-1682: la chapelle qui s'ouvre sur la place renferme la tombe de Mgr Joachim Colbert, le neveu du grand Colbert, évêque de Montpellier de 1696 à 1738, célèbre par sa piété et son attachement au jansénisme.

cathédrale de MontpellierLe centre-ville de Montpellier comprend de nombreuses églises qu'a dû fréquenter le jeune Emmanuel d'Alzon, à commencer par la cathédrale Saint-Pierre, construite sous Urbain V à partir de de 1364, restaurée et transfonnée de 1855 à 1875 par Révoil avec son porche à baldaquin du XIVème; elle contient le mausolée du cadinal de Cabrières. On prendra le temps de visiter quelques églises de la ville: Saint-Mathieu (rue du Calvaire, église de 1627), Notre-Dame des Tables (ancienne chapelle du collège des Jésuites, église aujourd'hui paroissiale bâtie de 1707 à 1748 sur les plans de Jean Oiral), Saint-Denys (église bâtie de 1699 à 1702 par d'Avi1er), Sainte-Anne (église du XIXème siècle), Sainte-Eulalie (de 1653, rue de la Merci), Saint-Roch (église du XIXème siè5!e, rue Saint-Côme), église des Carmes (du XVIIème siècle), église des Penitents Blancs (de 1650). Le centre-ville regorge également de beaux hôtels particuliers et l'on aura des jardins du Peyrou (1689-1776) une belle vue sur la ville, le château d'eau et l'aqueduc Saint-Clément. De là, on apercevra le clocher de l'église Sainte-Thérèse, église animée par les Assomptionnistes depuis sa construction par le P. Sérine.

 

Carnet d'Adresses

A Lavagnac, propriété privée, il est conseillé de prendre contact, avant toute visite des lieux, avec le gestionnaire agricole du domaine, Alain Baillol, conciergerie du château de Lavagnac 34590 Montagnac: tél. 04 67240741. On peut penser qu'à l'avenir le château restauré fera l'objet de visites programmées.

A Montagnac, les Amis de l'Association du P. Paul Souyris, Presbytère 7 av. Emmanuel Amaud 34590 Montagnac: tél. 04 67 24 03 33. Eglise et cimetière sont libres d'accès.

Pour.l'abbaye de Valmagne (RD n° 5 entre Montagnac et Villeveyrac), se conformer aux indications des horaires portées sur pannonceaux externes pour les visites (en fonction des saisons et périodes touristiques). Adresse postale: Abbaye de Valmagne, Villeveyrac, 34 140 Mèze. Tél.: 04 67 78 06 09. @: www.Valmagne.Corn

On doit à M. André Favard un Guide pratique sur Les 260 sanctuaires du Haut Pays d'Oc (pistes pour pérégriner). A se procurer au Syndicat d'Initiative de Lamalou et du Haut Pays d'Oc 5 rue Duchenne-de-Boulogne 34240 Lamalou-les-Bains tél.: 04 67 95 64 17 et fax: 04 67 95 23 63.

Le site de l'ancien Grand Séminaire de Montpellier est depuis le début du XXème siècle occupé par le Service des Archives Départementales de L'Hérault (service public, ouven selon les horaires affichés), B.P. 1266, 2 rue de Castelnau, 34 011 Montpellier: tél. 04 67 796545. Fax: 04 67 02 1528. Sur la vie au grand séminaire de Montpellier durant ces années 1830-1835, se reporter au livre biographique d'André Soulas, compagnon dE. d'Alzon au séminaire, par Gérard Cholvy. Archives Municipales de Montpellier Tour des Pins, Boulevard Henri IV 34 100 Montpellier. Tél. 04 67 34 72 56. Au XXème siècle, le Grand Séminaire de Montpellier fut établi dans les lieux de ce qui est aujourd'hui le Centre SaintGuilhem, 2 rue Abbé Montels.

On ne peut que conseiller une visite à pied des principaux bâtiments religieux de Montpellier: basilique-cathédrale Saint-Pierre de Montpellier, Sainte-Anne, Sainte-Eulalie, Saint-Mathieu, Saint-Denys, église des Carmes, chapelle des Pénitents-Blancs, Notre-Dame des Tables, Saint-Roch ou encore Sainte-Thérèse. On trouvera sur place guides et informations.

Pour la communauté assomptionniste de MontpellitT. 42 Avenue d'Assas à Montpellier. téf.: 04 67 63 05 74, fax: 04 67 54 67 34. @: daniel.tedeschi@wanadoo.fr

 

 Webmestre: D. Remiot
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