De l'examen des textes à celui de la pratique vivante.

La mise sur ordinateur des textes connus du P. d'Alzon nous incite à faire ce passage obligé d'une recherche globale et objective des occurrences du terme pèlerinage et de ses dérivés dans le corpus alzonien. De façon pratique, nous rendons compte de cette consultation quantitative sous forme d'un tableau statistique, selon l'articulation même qui a présidé à la ventilation de ces textes: série A, textes directifs; série B, correspondance; série C, textes édités; série D, textes inédits; série E, notes d'audition.

  A B C D E Totaux
Pèlerin / 143 20 2 / 165
Pèlerins 1 43 9 / / 53
Pèlerinage / 154 16 6 4 180
Pèlerinages 1 46 15 3 / 65
Pèleriner / 2 1 / / 3
totaux 1 388 61 11 4 466

 

Nous avons ainsi l'ordre de grandeur des occurrences de ce thème ou de cette réalité dans la vie et la pensée du P. d'Alzon. Un coup d'œil exercé sur ces termes appelle cependant une première mise au point: le terme 'pèlerin' est équivoque, car polysémique. Il peut désigner en fait soit une personne historique, concrètement M. Paul de Pèlerin, un ancien élève du collège de l'Assomption, procureur impérial à Largentière en 1867: 6 fois sur les 143 de la série B. Par deux fois dans la même série, 'pèlerin' a un sens figuré, désignant alors un homme ou une femme qui a de l'adresse, de la finesse ou de la dissimulation; par 12 fois, il a le sens recherché de membre d'un pèlerinage et, enfin, par 123 fois, il se réfère à la revue Le Pèlerin crée en 1873 à La Salette et transformé à partir de 1877 par le P. Vincent de Paul Bailly en un magazine instructif et illustré pour lequel le P. d'Alzon, tout d'abord très critique, donne assez rapidement des articles sérieux ou distrayants. Mais dans tous les autres cas, c'est-à-dire 334 sur 466, toutes séries confondues, les formes relevées de ces termes se rapportent au sujet relevé, l'apostolat de la prière, spécifié par des lieux et des actes de dévotion, attesté doublement dans la vie personnelle du P. d'Alzon, d'abord comme un acte de dévotion privée généralement avant 1870, puis comme sa participation ou celle de ses disciples à des manifestations organisées et collectives de la vie de foi des chrétiens du temps. Evocatrice en ce dernier sens, l'unique mention relevée dans la série A ou les pèlerinages, dans son allocation de clôture au chapitre général de 1873, entrent dans son propos comme moyen privilégie de 'restauration des mœurs chrétiennes'. De l'examen des textes, il est temps de passer à la vie du P. d'Alzon pèlerin qui montre son attachement personnel, à la fois traditionnel et novateur, à la pratique du pèlerinage, si l'on examine de son engagement dans ce domaine.

 

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 Page réalisée par D. Remiot

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