Au Centenaire de la naissance du P. d'Alzon

Cardinal de CabrièresLa seconde célébration commémorative à retenir est celle du centenaire de la naissance du P. d'Alzon (1810-1910), en la Maison de l'Assomption à Nîmes, avec éloge de Mgr de Cabrières. Né le 30 août 1830 à Beaucaire, Anatole de Cabrières avait été l'un des premiers élèves du P. d'Alzon; jeune prêtre il songea à devenir Religieux de l'Assomption, assuma la responsabilité du collège lors de l'épreuve de santé du P. d'Alzon, de 1855 à 1857. Après avoir été au service du diocèse de Nîmes, il est nommé évêque de Montpellier le 18 décembre 1873 et sacré le 16 janvier 1874. Il devait être créé cardinal le 27 novembre 1911 et mourir à Montpellier le 21 décembre 1921.

Au Cinquantenaire de la mort de P. d'Alzon

La troisième célébration commémorative sera celle du cinquantenaire de la mort du P. d'Alzon. Le Supérieur général recevra à cette occasion une lettre apostolique du Pape Pie XI, signée par le cardinal Pacelli. La décision la plus importante qui devait être prise, en accord avec l'évêque de Nîmes, Mgr Girbeau, devait être l'ouverture du procès de béatification.

Lettre apostolique de Pie XI par le cardinal Pacelli:

DAL VATICANO, le 17 Nov. 1930
N° 96211
DA CITARSI NELLA RIPOSTA
Très Rév. Supérieur Général,

Parmi les dates cinquantenaires qu'il convenait de célébrer, celle de la mort du P. d'Alzon, votre Fondateur, compte certainement comme une des plus importantes et des plus dignes de la reconnaissance de sa Famille spirituelle et de la gratitude de l'Eglise pour le triomphe de laquelle il s'est dévoué avec le zèle d'un apôtre et le cœur d'un fils.

Aussi bien le Saint-Père vous félicite-t-il de cette heureuse pensée et Il désire prendre Sa part à une Commémoration qui doit faire briller d'un nouvel éclat la devise si chère au P. D'Alzon et à ses fils: "Adveniat Regnum Tuum!".

Cette devise qui s'harmonise si bien avec "La Paix du Christ dans le Règne de Christ" est le cri de toute âme rachetée par les eaux du Baptême, mais votre Fondateur a su si bien interpréter par toutes ses œuvres que l'on peut dire qu'il n'a vécu que pour ce règne et pour sa dilatation.

Il n'est pas nécessaire de dire combien a aimé l'enfance celui qui a voulu la préserver, par ses alumnats, des pièges qui se multiplient si douloureusement de nos jours sur ce chemin, et qui, par l'œuvre de Notre-Dame des Vocations, a su mettre dans les jeunes cœurs la flamme du zèle qui doit en sauver d'autres.

Une autre classe, bien déshéritée aussi, a attiré l'attention émue de votre Fondateur, au lendemain de l'année douloureuse. La classe ouvrière exposée à tous les dangers de l'ignorance et de l'irréligion, a trouvé dans le P. d'Alzon un protecteur et un sauveur, qui lui a réappris ses devoirs et, grâce à la pratique de ceux-ci, le chemin du Ciel.

En profond connaisseur des besoins des temps présents, votre Vénéré Père ne pouvait pas méconnaître la nécessité et la valeur de la presse pour l'instruction et le salut de la société.

De cette connaissance, dont ses fils ont bien hérité, est sortie toute cette floraison d'œuvres dont la Bonne Presse de Paris est si justement fière. Toutes les classes de la société trouvent là matière à s'instruire, à s'édifier, à se sanctifier et à donner aux heures de délassement la note sainement récréative et reposante.

Le Saint-Père ne saurait non plus oublier que la mémoire du Père d'Alzon est aussi attaché aux pèlerinages qui viennent annuellement retremper leur foi au Tombeau des Apôtres et renouveler les sentiments de leur piété familiale aux pieds du Vicaire de Jésus-Christ.

En vrai fils de l'Eglise Catholique, votre Fondateur ne pouvait ne pas souffrir de la douloureuse séparation de l'Eglise d'Orient d'avec l'Eglise Romaine Mère, et la conversion et le retour des dissidents, surtout moyennant la formation d'un Clergé indigène, fut un des grands rêves de sa vie. Ce que la Famille des Augustins de l'Assomption fait encore de nos jours pour obtenir ce but, par ses œuvres en Orient, est bien de nature à réjouir son Fondateur, et le Saint-Père, Qui aime à y voir un des nombreux sur lesquels Il compte pour qu'à un avenir qu'Il espère non lointain la Fille séparée depuis des siècles de sa Mère en reconnaisse enfin la Primauté, les droits et les devoirs qui en résultent.

Toute la Postérité spirituelle du P. D'Alzon ne peut que se réjouir de voir poindre un si beau jour, et le Saint-Père ne doute pas que cette joie se traduise par un TE DEUM qui soit le plus éloquent merci au Ciel pour le bien opéré jusqu'à présent et une promesse de travailler à l'avenir avec des sentiments de dévotion toujours plus filialement soumise aux enseignements et directives du Saint-Siège.

Comme gage de l'effusion des faveurs divines sur cette date cinquantenaire et sur tous ceux qui la célébreront, le Souverain Pontife envoie de tout cœur pour vous, pour vos diverses Familles religieuses et pour vos œuvres, une particulière Bénédiction Apostolique.

En vous exprimant aussi mes félicitations personnelles et mes vœux, je suis heureux de vous donner, mon très Rév. Supérieur Général l'assurance de mes sentiments dévoués en Jésus-Christ.

E. Card. Pacelli

Au très Rév. Père Gervais Quénard
Supérieur Général
Des Augustins de l'Assomption
PARIS

 

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