.. ou laïcisme intégral. 1877 Programmes électoraux à Paris

Tandis que les foules des pèlerinages chantaient "la Marseillaise des Cléricaux" : "Sauvez Rome et la France au nom du Sacré-Cœur", et que sortait de terre le sanctuaire de Montmartre, d'autres ne cessaient de promettre au pays la triple libération du curé, du château et de l'enfer, et à tous le triple accès à l'avoir, au savoir et au pouvoir. Au fur et à mesure des élections, la majorité se déplace en faveur du programme républicain. Mac-Mahon a beau donner une semonce le 16 mai 1877 et renvoyer les Chambres; elle joue contre lui. A "ce cri de la Patrie" : "Catholiques et Français toujours", Gambetta ironise, en prétextant des manœuvres des notables et des cléricaux: "Qu'un catholique soit patriote, c'est chose rare", et il ajoute: "Je ne fais que traduire le sentiment intime du peuple de France en disant du cléricalisme ce qu'en disait un jour mon ami Peyrat: Le cléricalisme voilà l'ennemi!" A la question que pose Mgr Dupanloup: "Pourquoi le peuple nous abandonne-t-il?" Corbon répond qu'il y a bien longtemps que l'Eglise a abandonné le peuple en oubliant l'Evangile. Aux élections d'octobre 1877, les républicains renforcent leur majorité à la Chambre et l'obtiennent au Sénat en janvier 1879. Le 30 janvier, Mac-Mahon doit se démettre et Jules Grévy accède à la Présidence. Le recul de l'histoire permet de lever bien des ambiguïtés. Mais aux yeux des catholiques de ce temps, il était évident que l'irréligion militante des sociétés de libre-pensée voulaient (sic) éliminer l'idée de Dieu et qu'une doctrine de sécularisation et de laïcité intégrale présiderait à la confection des lois concernant les matières administratives et morales où se trouvait engagé un intérêt religieux. Il fallait donc sauver la vision chrétienne de l'homme et de 1'univers tout autant que les libertés de l'Eglise. Tel sera le dernier combat du P. d'Alzon pour "la défense de la Religion".

Pour une pastorale de conciliation

Pie IX"Le 7 février 1878, Pie IX, 257e pape, après avoir tenu le gouvernail de la barque de Pierre pendant une tempête de 31 ans, 7 mois, 22 jours", écrit, en encadré de noir, le Pèlerin du 16 février, "a quitté l'Eglise militante au sein de laquelle il a habité 85 ans, 8 mois, 25 jours, pour prendre place au concile glorieux et éternel des Papes, lesquels ne se voient qu'au ciel, puisqu'il n'y en a jamais qu'un seul sur la terre". Le 2 mars 1878, le Pèlerin "est heureux d'avoir été le premier journal hebdomadaire qui ait inscrit un Vivat à Léon XIII et qui ait offert, au soir même de l'élection, un portrait fort ressemblant du nouveau pontife." Gioacchino Pecci, né le 2 mars 1810 à Carmineto, diocèse d'Anagni, élevé au siège de Pérouse le 19 janvier 1846, créé cardinal le 19 décembre 1853, avait été élu pape le 20 février 1878 et devait être couronné le 3 mars. Sans modifier en rien la politique du Non possumus de son prédécesseur, son action diplomatique visa, dans l'immédiat, à ne pas exacerber la situation politique et religieuse de la France. Il pensait que l'intérêt supérieur de l'Eglise catholique en ce pays était de vivre en paix avec le gouvernement et d'accomplir sa mission spirituelle "sans avoir la soif de domination". Son dessein était de "placer 1'Eglise de France sur une route nouvelle" où elle ne devrait plus "s'occuper de politique, mais de foi et de morale". En 1880, ce grand dessein pontifical se manifeste pour la première fois à l'occasion du conflit ouvert par les décrets relatifs aux congrégations non autorisées, dont le nonce à Paris, Mgr Czacki, s'emploie à atténuer les conséquences. C'est à l'honneur du P. d'Alzon, qui avait été présent aux funérailles de Pie IX et, de nouveau, à l'élection de Léon XIII, d'avoir accepté de contredire son action de refus vis-à-vis du gouvernement par une obéissance immédiate à Léon XIII œuvrant pour une conciliation.

 

 

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 Page réalisée par D. Remiot

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