Mgr Besson, Nouvel évêque de Nîmes

Le 25 mai 1875, Mgr Plantier mourait subitement à Nîmes, à l'âge de 62 ans. Le mercredi 26 mai, le Chapitre élisait pour vicaire capitulaire l'archiprêtre de la cathédrale, sans admettre dans la nouvelle administration un seul membre de l'ancien. Préparé ou non, le coup était brutal pour le P. d'Alzon, et Mgr de Cabrières refusa de prononcer le panégyrique de l'évêque défunt, alors qu'il devait dire dans sa cathédrale de Montpellier: "Il n'y avait, auprès de Mgr Plantier, qu'une personnalité dominant seule toutes les autres, par la sûreté et l'élévation dans la doctrine, par la générosité et l'enthousiasme dans l'action."

Mgr BessonQuoique libéré de l'administration diocésaine, le P. d'Alzon prépare la succession de Mgr Plantier. Dès le 8 juin, il opte pour l'abbé Besson et le fait savoir aux plus hautes autorités. Dénigré, et depuis longtemps, l'abbé Besson doit se soumettre à un examen canonique exigé par le Pape et dirigé par le P. d'Alzon. Lorsqu'il a prouvé son attachement au Saint-Siège, et que son dénuement absolu est la suite de sa générosité, il est nommé au siège de Nîmes, le 3 août 1875, préconisé le 23 septembre et sacré le 14 novembre à Besançon, où le P. d'Alzon est présent.

Malgré les réticences légitimes du P. d'Alzon, Mgr Besson tient à le confirmer dans sa charge de vicaire général, ce qui est fait le 7 décembre 1875. - En visitant pour la première fois le collège de l'Assomption, Mgr Besson déclara: "Le P. d'Alzon et moi, nous nous connaissons depuis vingt-cinq ans; ailleurs, il sera l'homme de ma droite, mon conseiller; ici il est mon père; auprès de vous, il est mon introducteur, et partout il est mon ami."

Plusieurs fois, de vive voix et par écrit, le P. d'Alzon offrit sa démission de vicaire général. Elle ne fut acceptée que le 30 septembre 1878 et, le 7 décembre, il est nommé vicaire général honoraire, en gardant sur les communautés religieuses les pouvoirs qu'il avait déjà reçus.

Le Père d'Alzon vers 1875

D'AlzonLe 9 février 1870, alors qu'à Rome il suivait les travaux du Concile, le P. d'Alzon écrivait à Mère Correnson: "Je me figure parfois que Dieu va me donner dix dernières années de vie, de 60 à 70 ans, et que, de même que Notre-Seigneur a fait son œuvre extérieure pendant trois ans et trois mois, il m'accordera trois fois plus de temps pour faire notre œuvre. Mais comme je puis n'avoir même pas dix ans, il faut nous dépêcher afin de n'avoir pas les mains vides à son tribunal."

Le 18 février, il écrivait à Mère M.-Eugénie: "Je suis plongé dans certaines études qui me font conclure à la nécessité urgente de nous occuper à mettre des idées saines dans les têtes des religieux et des religieuses." Le 28 avril, il écrit encore: "Après le Concile, les religieux qui se feront semeurs d'idées, mais d'idées vraies, fécondes, seront les vrais régénérateurs de la société.'' - Il n'y a pas d'autre réponse aux désastres qui s'accumulent, "que la résurrection de l'esprit chrétien, écrit-il à Mère M.-Eugénie, le 15 septembre, au sens ou nous l'avons, vous et moi, entendu, en donnant à l'Assomption son cachet; et si nous avons cédé un moment au torrent, l'obligation de le remonter toujours avec une énergique espérance jusqu'au dernier soupir. Si Dieu, comme je l'espère, veut bénir l'Assomption, nous touchons à l'un des moments les plus solennels de son premier développement: telle est ma conviction la plus profonde."

Les fruits de cette conviction, dans la conscience que le temps presse, ne sont pas d'abord les initiatives nouvelles que prendra l'Assomption, que les instructions et les textes que le Père va réserver aux Congrégations de l'Assomption pour camper leur esprit apostolique et nourrir leur vie spirituelle.

Pour les Religieux, viennent en premier lieu les deux instructions des Chapitres généraux de 1868 et 1873, avec, après 1868, les lettres au maître des novices; et après 1873, les circulaires aux membres des Chapitres généraux. A ces textes s'ajouteront, en 1874, les Méditations sur la perfection religieuse et, en 1878 les Méditations destinées aux Augustins de l'Assomption.

Pour les Religieuses de l'Assomption, il faut retenir les 53 conférences sur l'esprit de l'Assomption que le Père leur a adressées au Vigan, en présence de leur fondatrice, pendant l'hiver 1870-1871.

Pour les Oblates, un Traité de théologie mystique en 24 leçons données de mai à juillet 1872, et ce qu'il a appelé son Testament spirituel, ou retraite donnée en septembre 1876.

Enfin, il y a pour les tertiaires une double série d'instructions qui leur furent adressées en 1878 et 1879.

Ces textes peuvent être considérés comme des textes fondamentaux; mais ils doivent être enrichis de nombreuses prédications que le Père ne cesse, malgré l'âge, la fatigue et les engagements multiples, de donner aux religieux et aux religieuses, comme aux tertiaires, soit à Nîmes, soit à Paris.

Se rappelant la présence à son sacre, à Besançon, le 14 novembre 1875, de "ce noble et vénérable religieux", Mgr Besson écrira le 25 novembre 1880: "A voir sa forte constitution, sa vieillesse qui commençait à peine, ses yeux pleins de flamme, son maintien plein de dignité et de grandeur, nous espérions jouir longtemps de son commerce et de son expérience; nous nous félicitions, en l'écoutant, d'avoir un collaborateur d'un si grand esprit et d'un si grand cœur. Notre impression fut celle de toute la Comté. Il lui suffisait d'avoir paru quelque part pour faire connaître et saluer en lui un des hommes les plus considérables de la société contemporaine."

 

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 Page réalisée par D. Remiot

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