L'épreuve d'un désastre

Les événements de la Commune

Le Concile avait à peine suspendu ses travaux que la guerre éclatait entre la France et la Prusse, guerre étrangère qui va se transformer en guerre civile dans Paris assiégé. Le P. d'Alzon met à la disposition des armées cinq de ses religieux comme aumôniers. Deux d'entre eux, le P. Vincent de Paul Bailly et le P. Pernet seront faits prisonniers et transférés à Mayence, ce qui leur donne l'occasion de rencontrer Mgr Ketteler. - A Paris, le P. Picard assure à ses risques et périls la survie de toutes les œuvres de l'Assomption, celles des Religieuses à Auteuil, des Petites Soeurs à Grenelle et des Religieux à François Ier. Il fait l'impossible pour aider Mgr Darboy, dès lors que l'archevêque est menacé par la Commune et qui finira par être exécuté. - Rentrés de l'exil à Paris, le P. Vincent de Paul Bailly et le P. Pernet vivent les événements; mais il faut éloigner le P. Pernet qui n'a pour se protéger du froid qu'un manteau prussien, ce qui le fait passer pour un ennemi. L'armée de Versailles écrase la Commune et l'armée prussienne lève le siège. Mais le drame a frappé toutes les consciences. À Nîmes, le P. d'Alzon suit les contrecoups de ces événements. Au patronage, il organise une ambulance tenue par les Soeurs Oblates. Au Vigan, il donne asile à Mère M.-Eugénie et à ses Religieuses repliées de Paris, et leur assure 53 conférences spirituelles. Il assiste à ses derniers moments le maire de Nîmes, mort d'une épidémie contractée au chevet des malades. En février-mars 1871, il convoque avec le P. Emmanuel Bailly, le P. Picard venu de Paris et le P. Vincent de Paul Bailly rentré de Mayence, pour étudier ce que la situation réclame de l'Assomption. On décide de ressusciter la Revue de l'enseignement chrétien et de lancer l'idée d'une Ligue pour la défense de l'Eglise. Les événements de la Commune n'avaient pas encore eu lieu. D'autres initiatives devaient se joindre à celles que l'on avait prévues lors des réunions du Vigan, dès qu'il sera possible de se rencontrer à nouveau.

La Commune

Les événements de la Commune notés et vécus par le P. Vincent de Paul Bailly:

Réunion de Nîmes, au retour de Mayence, avec le P. d'Alzon. Partons pour Bordeaux. A l'arrivée à la gare de Paris, sergent de ville se sauve et me dit: "On a tué hier le général Mathieu Lecomte, on veut nous fusiller, nous nous sauvons." Plus de voitures ni chevaux. Je prends le bateau pour rue François 1er. Sur la berge, je vois une fille, les yeux bandés, mains liées, noyée, jetée sur la berge. Soldats débraillés. J'arrive chez nous. C'est l'insurrection, on rassemble la garde nationale qui surveille le quartier. Le gouvernement était à Versailles. Nous prenions des prisonniers et nous les expédiions à Versailles et à la gare Saint-Lazare. Gardes nationaux massacrés. Commune. Nous nous déguisons. Nous tâchons de rassembler les fidèles. Mois de Marie. Une bonne Polonaise nous avertit des otages; Père Picard porte la liste à l'archevêque.

Mgr DarboyL'archevêque, averti que sa vie est en danger, veut rester à son poste et refuse de rien faire ou de fuir et dit: "Ma tête en vaut bien une autre." Père Picard alla à Auteuil. On pille l'archevêché. Le P. Picard fut mis en communication avec les geôliers par les Polonaises. On envoyait à Mgr Darboy des confitures et des billets, et la Sainte Hostie par Mlle Darboy, sa sœur. Auteuil envahi. P. Picard en fumiste, moi aussi. Sortons par le jardin, partons pour Versailles avec des noms de longueur démesurée (8 syllabes). Partis par la gare du Nord avec une dame qui portait ma soutane dans son sac. Au bout de deux ou trois jours, grand incendie à Paris. Nous résolûmes de rentrer doucement par Auteuil, où je trouvai le couvent évacué. Insurgés blessés, se confessèrent tous, sauf le médecin. Scène affreuse: ces insurgés avaient fait un enterrement dans le couvent, sarabande. Je cours à l'archevêché chercher des nouvelles. Je trouve Mgr Darboy par terre, deux doigts emportés et, à côté de lui, le curé qui l'avait félicité, le curé de la Madeleine, dans une bière; c'était dans ce même salon qu'il l'avait félicité.

 

 

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 Page réalisée par D. Remiot

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