Marie
Correnson était née le 20 juillet 1842 à Paris d'une famille nîmoise bien connue
du P. d'Alzon. Dès 1859, le P. d'Alzon prévoyait dans la jeune fille une vocation
religieuse. Dès lors qu'il s'intéresse à l'Orient, le Père sollicite sa générosité.
Elle est présente à la fondation des Oblates, le 24 mai 1865, regrettant de
ne point être du nombre, mais le Père sait qu'elle est de santé délicate, que
l'effort lui coûte et qu'elle doit rompre avec sa famille si pour de bon elle
veut être religieuse. Pendant deux ans, le P. d'Alzon l'aide à se dépasser et
sans forcer sa liberté, obtient la plénitude du don d'elle-même pour être la
Mère de ses filles les Oblates. C'est chose faite le 27 juin 1867: elle est
désormais Mère Emmanuel-Marie de la Compassion. "Je vois dans vos épreuves,
lui écrit le P. d'Alzon, l'indice d'une grande fécondité; tenez-vous sur
le calvaire entre la Très Sainte Vierge, votre modèle et Notre-Seigneur votre
Epoux." Ce que le bon Dieu exige d'elle c'est "une âme virginale
et maternelle pour que ses filles soient à la disposition de l'Eglise en Orient,
sans doute, mais partout où Il doit être annoncé, et aux pauvres en priorité".
Au chapitre de 1868, le P. d'Alzon présentera les Oblates à ses religieux
comme des auxiliaires "qui veulent se sanctifier comme nous
dans un immense et apostolique amour pour l'Eglise. Leur cachet, sous ce rapport,
creuse en quelque sorte davantage notre propre cachet."
En
octobre 1863, le P. Pernet arrivait à la résidence François Ier de Paris. Il
devait ménager sa santé et n'avoir que des emplois secondaires. De suite, comme
portier, il est sollicité par les pauvres, et comme directeur spirituel, il
invite à la générosité. C'est alors qu'il rencontre, d'une part, Mlle Antoinette
Fage, et, d'autre part des personnes à qui il propose d'être volontairement
gardes-malades des pauvres. Alors, dans la prière, jaillit l'assurance qu'il
peut répondre par une nouvelle fondation religieuse aux nécessités des familles
ouvrières et pauvres. Mlle Fage deviendra Mère Marie de Jésus, et ses filles
les Petites Soeurs de l'Assomption, gardes-malades des pauvres à domicile. Le
17 juillet 1865, la fondation est faite, couverte par le P. Picard, supérieur
local. Et quand le P. d'Alzon, le 31 janvier 1866, verra pour la première fois
l'œuvre du P. Pernet, il en sera profondément bouleversé. Après diverses résidences
provisoires, le P. Pernet trouve l'occasion inespérée d'établir sa fondation
à Grenelle. Il a juste le temps de traiter l'affaire que les événements de la
Commune risquent de tout emporter. Le 3 juillet 1875 auront lieu les premiers
vœux canoniques des Petites Soeurs. Le 21 février 1880, le P. d'Alzon écrivait
au P. Pernet: "Dieu est bon de se servir de vos filles; dites-leur qu'elles
me procurent un immense bonheur; qu'elles continuent, en étant fidèles à leur
esprit. Voilà les merveilles de la pauvreté dans la charité. Continuez, accroissez
le nombre de vos filles et allez aux pauvres pour les évangéliser. C'est la
grande marque donnée par Notre-Seigneur. Je vous baise les pieds, car je ne
vaux pas la millième partie de votre petit doigt. "