L'insuccès de la première fondation parisienne, avant même qu'elle ne soit évidente, aura pour effet de renouveler le zèle apostolique des religieux de l'Assomption, hors de son cadre natal et de son engagement initial. La Maison de l'Assomption de Nîmes ne sera plus l'unique référence. Après les années d'épreuve, l'Assomption va prendre pour de bon les dimensions de l'Eglise et du monde, en renouvelant sa présence à Paris, son engagement envers Rome, et en élargissant son champ d'action de l'Europe vers l'Orient chrétien, et jusqu'à la lointaine Australie, en même temps qu'elle se fait plus près du peuple des humbles, pour la sauvegarde de leur foi et leur promotion humaine, ecclésiale et sociale.
C'est
au P. Vincent de Paul Bailly que le P. d'Alzon doit l'achat d'un terrain en
vue de renouveler la résidence de l'Assomption à Paris, alors que, à peine novice,
Vincent de Paul a dû se rendre auprès de son père qui devait mourir le 10 avril
186l. Le 4 décembre 1861, en accord avec le P. Picard, il opte pour un terrain
découvert, rue François Ier, et l'achat en est conclu le 10 décembre, au prix
de 171 000 francs. On y ouvrira bientôt une petite chapelle, prolongée par un
couloir de confessionnaux et, dès lors que la situation s'avère viable le P.
Picard, supérieur, dans le respect de l'obéissance, y attirera ceux qui n'ont
point réussi dans l'enseignement: le P. Pernet, d'abord, le P. Vincent de Paul,
ensuite.
Communauté
Rue François 1er
Texte
du parchemin accompagnant la première pierre du grand couvent élevé par le P.
Picard, en 1874, rue François Ier:
Au nom de Dieu. - Ainsi soit-il. - L'an du salut 1874, le 24 du mois de Marie, en la solennité de la Pentecôte, en la fête de la Très Sainte Vierge, sous le titre de Notre-Dame-Auxiliatrice des Chrétiens ; la 28e année du règne de Pie IX, Souverain Pontife, par une faveur extraordinaire du ciel, dépassant de trois ans près les années de saint Pierre ; S. Em. le cardinal Hippolyte Guibert étant à la tête du diocèse de Paris ; le T. R. P. Emmanuel d'Alzon, Supérieur général de la Congrégation augustinienne dite de l'Assomption ; les RR. PP. François Picard, Hippolyte Saugrain, Charles Laurent assistants généraux ; le R. P. Vincent-de-Paul Bailly, supérieur de la communauté de Paris, ayant sous sa juridiction pour la vie en commun les RR. PP. Etienne Pernet, Henri Brun, Joseph Germer-Durand, François Chambourdon, prêtres ; Georges Deguy, novice ; Victor Borrelly, profès-convers ; Alphonse Vivien, familier; Lucien Douillard et Auguste Rousseau, architectes ; le R. P. François Picard, assistant général de la susdite Congrégation et attaché à ce couvent, posa et bénit cette première pierre de cette Maison de l'Assomption . La treizième année après la construction de la chapelle et l'établissement de la communauté située près des Champs-Elysées, rue François Ier, les religieux (de cette communauté) s'employaient au ministère des âmes, prêchant et confessant; en même temps directeurs et confesseurs, chez les "Dames de l'Assomption" et auprès du Tiers-Ordre de notre Congrégation ; travaillant à l'expansion de l'Association de Saint-François-de-Sales ; à la Société fondée pour l'observance du repos dominical; donnant asile et réconfort aux Mexicains en exil, les groupant aux pieds de Notre-Dame de Guadeloupe à laquelle un autel fut consacré ; là aussi, prit naissance l'Institut des servantes des pauvres et des malades, appelées "Petites-Soeurs de l'Assomption, gardes-malades des pauvres ". Là, fut agrégé à la Congrégation, en 1869, l'orphelinat déjà établi à Arras sous le titre de l'Immaculée-Conception. Et quand la France fut envahie par les Prussiens (1870-1871), on organisa une équipe d'aumôniers volontaires pour les soldats blessés, tant à Paris pendant le siège que dans les camps de Lorraine. A Paris, ceux d'entre eux qui échappèrent aux mains des révolutionnaires de "la Commune" s'employèrent à fonder ou à répandre les institutions ci-dessus mentionnées et d'autres encore à savoir : le "congrès de l'Enseignement chrétien ", avec la Revue du même nom ; les "comités catholiques " ; la Fédération dite "union des Œuvres ouvrières catholiques", avec son Bulletin dont le premier numéro fut lancé ce même jour ; la pieuse Société nommée "association de Notre-Dame-du-Salut " ; le Conseil général des pèlerinages avec sa revue Le Pèlerin. Les bienfaiteurs principaux de cette maison naissante furent.. (Suivent les noms et les signatures.)