L'abbé
Plantier était né le 2 mars 1813 à Ceyzérieu (Ain). Il est nommé par décret
impérial le 30 août 1855 au siège de Nîmes, et préconisé le 28 septembre; il
sera sacré le 18 novembre en la primatiale de Lyon par le cardinal de Bonald.
Prêtre, il était un des membres les plus distingués de la maison des Chartreux
qui regroupait à Lyon les missionnaires diocésains. Lors de la réorganisation
de la faculté de théologie, à Lyon, la chaire d'hébreu lui fut assignée en 1838,
et ses leçons parurent sous le titre: Etudes littéraires sur les poètes bibliques.
- Après Lacordaire et le P. de Ravignan, il donna trois stations à Notre-Dame
de Paris, sous l'épiscopat de Mgr Affre. - Dans une lettre du 18 septembre 1855
adressée au futur évêque de Nîmes, le P. d'Alzon, vicaire capitulaire, écrivait:
"Nous connaissons déjà, Monseigneur, le succès que Dieu donne à votre
parole, et nous nous félicitons en pensant que vous pourrez l'employer avec
les mêmes bénédictions dans un diocèse où votre saint prédécesseur nous avait
accoutumés à des prédications apostoliques et fréquentes. Vous trouverez un
diocèse où l'obéissance des prêtres envers l'évêque avait été rendue facile,
parce que l'évêque se glorifiait de prêcher d'exemple par sa soumission filiale
aux ordres et à toutes les intentions du Souverain Pontife. Nos catholiques
sont ardents et généreux, les protestants ébranlés; avec un champ préparé de
la sorte, un apôtre comme vous, Monseigneur, peut arriver avec les meilleures
espérances." Peut-être y a-t-il l'ombre d'une réticence ou d'une
leçon dans ces lignes; en tout cas, malgré toutes les pressions contraires,
Mgr Plantier voulut maintenir le P. d'Alzon au poste de vicaire général du diocèse
de Nîmes. La franchise et le sens catholique de ces deux hommes en feront deux
amis dans le service de l'Eglise locale de Nîmes, en union avec le Siège apostolique
de Rome menacé à partir de 1859 dans sa liberté.
Homme
d'action, ne sachant pas se ménager dans la disposition de son temps, le P.
d'Alzon, cependant, a toujours su se réserver des moments de solitude et de
réflexion, en des lieux de pèlerinage ou de prière. Combien de fois s'est-il
rendu seul ou avec d'autres à N.D. de Rochefort, près d'Avignon ou à la chartreuse
de Valbonne près de Pont-Saint-Esprit, en attendant de se rendre pour raison
de santé à Lamalou-les-Bains. Ses plus grandes décisions apostoliques, ses plus
belles lettres de direction, et en particulier au groupe des Adoratrices, ont
été écrites de Lamalou-les-Bains. Il y médite pour lui-même et pour les autres
les leçons du crucifix, lorsqu'il ne lui reste plus que "des débris d'apostolat".
A la Chartreuse de Valbonne, il a mûri avec ses disciples le projet apostolique
de sa Congrégation, et c'est là qu'il mettait ses grands élèves en face de leur
avenir et d'une éventuelle vocation au service de l'Eglise. Avant même que Lourdes
ne devienne, après les apparitions de 1858, le grand sanctuaire marial de la
France et du monde, N.D. de Rochefort recevait les premiers communiants du collège
de Nîmes, conduits par leurs professeurs, pour une consécration plus particulière
à la Mère du Sauveur. C'est de Lamalou-les-Bains qu'en 1859 il écrira, pour
les Religieuses de l'Assomption d'abord, le Directoire qu'il donnera par la
suite aux Religieux et aux Oblates de l'Assomption.