Puisque l'abbé d'Alzon a logé les Carmélites ailleurs qu'à la pension Vermot,
acquise en son nom et à son insu par l'abbé Goubier, entre le 2 et le 3 juillet
1843, il ne lui reste plus qu'à relever cet établissement scolaire, placé sous
le patronage de l'Assomption par l'abbé Vermot, par un enseignement hautement
qualifié et une solide éducation chrétienne. C'est une chance, un risque aussi
qu'il offre à ses amis Jules Monnier et Eugène Germer-Durand, gradués de l'Université.
Le
plan montre les agrandissements successifs de la Maison de l'Assomption, de
1844 à 1849, à partir de la pension Vermot vers la rue Pradier et l'avenue Feuchères.
La vue axiométrique montre que du temps du P. d'Alzon la pension Vermot (ou
arche de Noé) demeure au centre des cours ouvertes sur l'avenue Feuchères.
Cependant, l'entrée principale (détruite en 1968) sera toujours rue de la Servie,
avec la chambre du P. d'Alzon au-dessus de la porte cochère.
Du 26 mai au 9 juillet 1844, l'abbé d'Alzon doit se rendre à Turin auprès de son beau-frère de Puységur gravement malade. Un jour de juin dans le sanctuaire de la Consolata, il émet un vœu d'humilité sacerdotale. Pendant son séjour, il fait connaissance de la marquise de Barolo et s'ouvre à elle de son vœu et de ses projets et, par elle, il bénéficia de l'amitié de Silvio Pellico qui voulut écrire un poème à Augustine d'Alzon sur un livre que lui offrait la marquise.
Du 16 avril au 15 septembre 1845, l'abbé d'Alzon séjourne à Paris en vue d'obtenir le plein exercice pour son établissement scolaire de Nîmes. Il loge chez M. Bailly, rue Madame, et fait alors connaissance avec le jeune Vincent de Paul Bailly. En juin ou juillet, à Notre-Dame des Victoires, il émet des vœux privés de religion, dont il consignera par écrit les obligations - un peu plus tard. L'abbé Desgenettes le retient pour un carême à prêcher l'année suivante en son église, le grand sanctuaire marial du temps.
Je prétends en faisant les vœux de pauvreté, chasteté, obéissance et zèle pour le salut des âmes, m'engager ainsi qu'il suit: 1° Pauvreté. Je, renonce à la propriété de tout ce qui peut m'appartenir en ce sens que je ne veux plus en faire usage que pour la gloire de Dieu, me réservant d'en laisser ou de n'en rien laisser à ma famille, selon ce qui sera le plus prudent aux yeux de ceux que je consulterai. Je m'engage à vivre pauvrement pour les vêtements, la nourriture [rature] et les dépenses de la vie, sans toutefois rien faire encore qui puisse donner lieu à penser que j'ai pris un parti trop définitif. Je m'astreins à ne perdre de mon temps que le moins possible. 2° Pour la chasteté, je n'ai qu'à renouveler mon vœu du sous-diaconat, me rappelant seulement que je suis tenu par une obligation plus stricte. 3° L'obéissance résultera pour moi d'une observation la plus exacte possible du règlement, de l'exemple que je serai obligé de donner pour cela, de la manière dont je devrai me porter à ce qu'il y aura de plus humble, toutes les fois que par ce moyen je croirai pouvoir édifier mes frères et leur montrer la ligne de conduite qu'ils ont eux-mêmes à tenir. 4° Par le vœu de me dévouer à l'extension du règne de Jésus-Christ, je me consacrerai spécialement à faire régner notre divin Maître dans les âmes: 1° de mes frères, 2° des enfants qui nous seront confiés. 6° Je fais vœu de me consacrer entièrement à l'œuvre de la Congrégation jusqu'à ce qu'il me soit positivement défendu par mes supérieurs légitimes de m'en occuper désormais..]
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