Mère Marie-Eugénie
de Jésus, Anne-Eugénie Milleret, née à Metz le 25
août 1817 et béatifiée le 9 février 1975, s'était
orientée vers la vie religieuse en écoutant Lacordaire en 1836
à Notre-Dame. En 1837, elle fait la connaissance de l'abbé Combalot,
ami de la famille d'Alzon, qui la choisit pour être la fondatrice d'un
institut d'éducation chrétienne placé sous le patronage
de l'Assomption. Le 9 septembre 1838, l'abbé d'Alzon, sur la demande
de l'abbé Combalot, veut bien écrire à Mlle Milleret pour
l'encourager. En octobre, l'abbé Combalot ménage une rencontre
entre l'abbé d'Alzon et Mlle Milleret. Le 30 avril 1839, Mlle Milleret
devient Mère M.-Eugénie de Jésus et inaugure avec ses compagnes
la fondation des Religieuses de l'Assomption. Devant les aléas de la
nature impulsive de l'abbé Combalot et de sa direction discontinue, la
jeune Mère en vient à le supplier, pour le bien de la fondation,
de pouvoir s'adresser à un autre prêtre. Seul, l'abbé d'Alzon,
qu'il connaissait depuis l'enfance, trouve grâce à ses yeux pour
un tel service, malgré les distances. La rupture se produit le 3 mai
1841 et, le 16 juillet, l'abbé d'Alzon accepte la direction spirituelle
de Mère M.-Eugénie. Le 30 juillet 1843, le P. d'Alzon prêche
une retraite à Paris aux Religieuses de l'Assomption, leur propose et
fait adopter par elles la devise : Adveniat regnum tuum.
En arrivant à Nîmes avec le projet d'uvrer pour la conversion des protestants, le P. d'Alzon savait bien que l'une des intentions apostoliques de sainte Thérèse d'Avila, en réformant le Carmel, était aussi de participer à cette uvre dans 1'Eglise par la prière. Il n'est pas étonnant qu'il ait songé à pourvoir la ville de Nîmes d'un Carmel. A son retour de Paris, en août 1843, il crut avoir le local, pour la fondation, dans la pension Vermot que l'abbé Goubier avait achetée, en son nom et au nom de l'abbé d'Alzon, pendant son absence. Certains des maîtres de l'établissement scolaire s'opposèrent à l'orientation nouvelle et, avec l'abbé Goubier, il put trouver un autre local disponible, en face de la pension Vermot. Le 20 décembre, accueillies par l'abbé d'Alzon, vicaire général et supérieur ecclésiastique, les Carmélites arrivent à Nîmes au nombre de sept, avec pour prieure Mère M.-Elisabeth de la Croix, qui écrivit le soir même à Mgr Cart. L'installation canonique eut lieu le jour de Noël, dans une extrême pauvreté que le P. d'Alzon s'efforce de rendre acceptable par son dévouement et les générosités qui l'y aidèrent. Jules Monnier, ami du P. d'Alzon, composa une brochure en 1844, vendue au profit de l'uvre et, en 1855, l'abbé de Cabrières honora la mémoire de la Prieure fondatrice par une notice biographique.
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