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Message du Supérieur Général
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 Nîmes

omélie du cardinal Paul POUPARD prononcée le 30 août au Vigan pour la messe du bicentenaire de la naissance du P. d'ALZON

Inauguration du « lieu mémoire » du Père d’ALZON

Par Claire de la Croix Rabitz, Supérieure Générale des Oblates de l'Assomption

 

« Tout concourt au bien de ceux qui aiment Dieu »

écrit saint Paul aux Romains ( Rm 8, 28)

 

L’inauguration de ce « lieu de mémoire » nous permet de vérifier, une fois de plus, la vérité de cette parole de saint Paul. Je voudrais en apporter la preuve en rappelant quelques-uns des événements qui ont, plus ou moins directement, « concouru » à la création de ce lieu et sans lesquels il n’aurait pas vu le jour.

 

              Au moment où nous nous préparons à célébrer le bicentenaire de la naissance de notre Fondateur, né au Vigan le 30 août 1810, sa maison natale a cessé d’être la propriété de l’Assomption. Cette maison, qui appartenait aux Assomptionnistes, était occupée jusqu’en 2004 par les Orantes de l’Assomption. Lorsque celles-ci s’en retirent, la maison est vendue, non sans regret. Mais ni les Augustins de l’Assomption, ni les Oblates de l’Assomption n’étaient en mesure de la garder dans le patrimoine de l’Assomption.

 

Or, cette maison comportait une pièce dite « musée du Père d’ALZON »  que les frères et les sœurs, ainsi que des laïcs, venus du monde entier ne manquaient pas d’aller visiter lors de leurs pèlerinages au Vigan. Dès lors que la maison ne nous appartenait plus, que restait-il à montrer de notre Fondateur aux générations futures ? L’abandon de cette propriété laissa perplexe plus d’un d’entre nous. On ne pouvait s’y résigner.

 

              C’est alors que se fit jour l’idée de créer un nouveau lieu de mémoire. Le Conseil général des Assomptionnistes proposa de créer un musée à proximité de la tombe du Père d’ALZON, et d’y rassembler non seulement des souvenirs mais aussi des textes, des photos, des éléments audio-visuels. Le choix du lieu où cet ensemble de souvenirs et autres éléments de notre patrimoine sont rassemblés s’inscrit dans la logique de notre histoire récente.

 

Si l’on considère en effet les sept dernières décennies, c’est dans cette maison, choisie par le Père d’ALZON pour les Oblates de l’Assomption, que se sont déroulés un certain nombre d’événements importants le concernant. Je me contente de les évoquer :

Le 3 novembre 1942, son corps fut transféré ici dans la chapelle avec celui de notre Mère Fondatrice, à l’endroit même prévu par le Père d’ALZON en 1880. Sr Hugues-Emmanuel y assistait, elle était postulante.

Le 26 novembre 1964, eut lieu, dans cette pièce même, la reconnaissance des restes du Père d’ALZON : moment d’intense émotion pour celles qui l’ont vécu (Sr M Patrick, le Père Johannès étaient présents).

Le 21 novembre 1980, frères et sœurs,  nous célébrions ici et au Vigan le centenaire de sa mort. Plusieurs d’entre nous, présents aujourd’hui, ont participé à ces fêtes.

              La cause de béatification du Père d’ALZON, étant introduite à Rome depuis le 29 mai 1958, elle franchit une étape importante le 21 décembre 1991, avec le décret reconnaissant l’héroïcité de ses vertus : le Père d’ALZON était proclamé « Vénérable ».

              A Rome une équipe travaille, aujourd’hui avec acharnement, pour rassembler des dossiers en vue de  la béatification de notre fondateur.

 

              En créant ce lieu de mémoire, nous souhaitons que la connaissance du Père d’ALZON grandisse non seulement à l’Institut qui porte son nom, non seulement à Nîmes ou dans le midi de la France mais au-delà même des frontières.

 

Le Père d’ALZON reste une figure marquante et influente du XIX ème siècle, non seulement sur le plan ecclésial, mais au niveau politique, social, éducatif… aucune des grandes causes de l’époque ne lui était indifférente.

 

Assomptionnistes d’aujourd’hui : Oblates de l’Assomption, Augustins de l’Assomption, nous pouvons être fiers de notre fondateur. Nous sommes les témoins que son œuvre dure et durera ici mais aussi « au-delà des mers » selon son expression. Non seulement son œuvre  mais surtout son esprit large qui ignore les frontières. Nous avons à continuer son combat aujourd’hui pour que soient reconnus les droits de l’homme qui trouvent leur meilleure garantie dans ce que le P. d’Alzon appelait les droits de Dieu. Ainsi ferons-nous avancer le Royaume de Dieu en nous, entre nous et autour de nous.

 

              En terminant je voudrais avoir une pensée pour toutes les personnes qui nous ont amenés  d’une manière ou d’une autre à  vivre l’évènement de ce soir : elles ne sont plus là. Je pense au Père Gervais QUENARD, supérieur général des Assomptionnistes, qui a procédé au transfert des restes de nos fondateurs dans la chapelle, en 1942 ; au Père BISSON qui a travaillé, de multiples façons, à ce que le Père d’ALZON soit mieux connu : il souhaitait ardemment constituer à Paris, rue François 1er un musée ou une exposition permanente sur le Père d’ALZON : son projet se réalise 50 ans plus tard !

Je pense aux pères qui ont travaillé au collège de l’Assomption souvent dans des moments très difficiles. Je pense aux Oblates de l’Assomption qui ont vécu ici des moments de joie certes, mais aussi  de grande souffrance  au moment de l’exil suite aux lois de 1901 et au moment de leur retour dans les dernières années de 1920… Je pense aussi  à tous les frères et sœurs qui ont œuvré  dans cette maison et dans la ville de Nîmes pour que l’esprit du Père d’ALZON vive.

 

              La création de ce lieu de mémoire se veut autre chose que l’expression d’une nostalgie, autre chose que le souvenir d’un passé à jamais révolu. Il n’a de sens que s’il est et reste un lieu d’inspiration pour le renouveau de l’esprit de l’Assomption et pour son avenir.