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Message du Supérieur Général
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L'esprit du père d'Alzon

 

1954 : Un père assomptionniste arrive en 2CV de la région de Lille dans une paroisse de la région minière, Sallaumines. Il rencontre le curé de la paroisse, puis un tout jeune enfant de chœur que l'équipe formée par le curé et ses deux jeunes vicaires impressionne en raison de leur ouverture sur le monde des mineurs et la vie des corons. Quelques mois plus tard ce jeune de 9 ans et demi arrive avec ses parents et sa valise, à Lambersart, à l'alumnat Notre-Dame de Grâces. Alumnats, c'est ainsi que les Augustins de l'Assomption appelaient leurs petits séminaires avec cette originalité que les enfants d'ouvriers ou de familles à petits revenus y étaient prioritaires. De la 7e jusqu'au baccalauréat, de Lambersart à Soisy-sur-Seine, près d'Evry, en passant par Clairmarais, près de Saint-Omer où les Assomptionnistes avaient un autre séminaire, le jeune garçon puis jeune homme vivra auprès de prêtres-enseignants qui, en plus de solides études classiques -le latin était enseigné dès la 6e et le grec dès la 4e- lui transmettront un esprit missionnaire. Pas celui qui vous pousse à vous rendre en Afrique -je n'étais pas chez les Pères Blancs- mais celui qui vous enseigne que tout homme est aimé et appelé par Dieu.

Si j'ai gardé de ces années-là un plaisir ému à écouter du chant grégorien ou à passer de longs moments de recueillement seul dans une église, j'ai aussi appris à vivre ma Foi dans et avec le Monde sans jamais me retourner en me disant : « C'était bien mieux avant ».

J'ai aujourd'hui 66 ans. Après avoir été enseignant, j'ai été journaliste. Mes « maîtres » ont sans doute su me transmettre l'esprit du père d'Alzon, leur fondateur. Il fut un battant, un homme qui voulut toute sa vie participer à la transformation de la société. En fondant la congrégation des Augustins de l'Assomption, en 1845, il lui confiait un certain nombre de missions dont l'éducation et la presse pour former des chrétiens capables de prendre des responsabilités et participer aux débats de société. En 1880, il crée La Croix Revue qui devint le quotidien La Croix trois ans plus tard. L'hebdomadaire Pèlerin existait déjà. Après avoir été Maison de la Bonne Presse jusqu'en 1969,  le groupe Bayard, aujourd'hui,  c'est près de 150 titres couvrant une large palette, de la prime enfance à l'âge de la retraite.

(Propos et témoignage de Jean-Paul Chavaudra)