Le Père d'Alzon et le renouveau de la vie religieuse

LacordaireLettre du P. Lacordaire au P. d'Alzon, Paris, 26 février 1848.

Monsieur l'abbé,

J'ai grand besoin de vous revoir en particulier. Auriez-vous la bonté de venir aujourd'hui? Je serai toute la journée à la maison. Comme il s'agit de la cause de la religion, je ne crains pas d'abuser de votre complaisance.

Veuillez agréer, Monsieur l'abbé, l'expression de mes sentiments respectueux et dévoués.

Fr. Henri-Dominique Lacordaire, des Fr. Prêch.

Dom GuérangerLettre de Dom Guéranger au P. d'Alzon, Abbaye de Solesmes, 22 décembre 1854.

Comme vous le dites, M. l'Abbé, nous sommes témoins de bien grands événements; Dieu montre bien évidemment qu'il aime son Eglise par-dessus tout. Puisse-t-il daigner, selon votre désir, nous rendre le droit commun! Mais que d'obstacles dans un passé malheureux! dans la destruction des institutions! dans l'absence d'idées saines, souvent même d'idées quelconques, sur la discipline ecclésiastique, néanmoins, nous sommes en marche, et Dieu n'a pas permis la condamnation du Système Lequeux, sans un but de miséricorde; mais longtemps encore, ce sera l'anarchie et la contradiction.

Recevez, Monsieur l'Abbé, l'expression de mon plus respectueux attachement en Notre-Seigneur.

+ Fr. Prosper Guéranger, Abbé de Solesmes.

 

"La France du XIXe siècle, écrivait le P. Dudon, s.j, a vu Dom Guéranger restaurer la Congrégation bénédictine de Saint-Maur, Lacordaire ressusciter les Frères Prêcheurs, le P. d'Alzon fonder les Augustins de l'Assomption." Ces œuvres, après trois quarts de siècle, vivent, malgré l'acharnement des hommes à les détruire. La main puissante de Dieu, qui en sema le germe, protège et prolonge leur existence féconde.

De tempéraments fort divers, les trois hommes dont on vient de lire les noms se ressemblaient en ce qu'ils furent les disciples de Lamennais avant sa chute: et l'on peut dire qu'auprès du cœur ardent de ce grand homme, leur cœur a pris un vif amour de l'Eglise, une tendre compassion pour leur temps, un ferme dessein de ramener les générations engourdies dans l'indifférence, et l'idée et l'espoir qu'une poignée d'hommes voués à la perfection évangélique servirait singulièrement à refaire des nations chrétiennes." (Etudes, 20 novembre 1910).

Le 26 février 1848, Lacordaire demande au P. d'Alzon de participer à la fondation du journal l'Ere nouvelle. Le 22 décembre 1854, Dom Guéranger, qui vient de terminer la révision du Propre de Nîmes, sur la demande de Mgr Cart, souhaite avec le P. d'Alzon qu'au-delà des droits particuliers, l'Eglise revienne au droit commun.

 

 

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