D'AlzonLe Père d'Alzon et ses contemporains

L'original de cette photographie a été offert par le doyen des anciens élèves de l'Assomption, le comte de Balincourt, le ler juin 1904, probablement au supérieur du collège de Nîmes, le P. Falgueyrettes. Elle porte la date de 1856, peut-être de la même main. A notre avis, elle est postdatée. En effet, le P. d'Alzon porte encore la chevelure à la française, qu'il abandonnera plus tard. De plus nous avons cette exclamation de Mère M.-Eugénie, datée du 27 mai 1856 à l'adresse du Père : "Ah! quand donc mon vénérable père aura-t-il de la sagesse sous ses cheveux qui blanchissent!" Or, cela n'apparaît pas sur l'original de teinte brune.Le Père est représenté debout, la main gauche posée sur la cordelière de son habit religieux, qu'il porte depuis 1851. Il tient de la main droite un livre fermé, sans doute un de ces beaux volumes des Pères de l'Eglise, qui n'étaient point pour lui "des livres de parade", mais "des livres de travail et aussi des livres de prière" (P. Ed. Bouvy). Le Père, dans l'assurance de la foi, regarde droit devant lui, essayant de découvrir, les signes des temps.S'il fallait mettre un exergue à cette photographie, nous reprendrions volontiers, mais avec le même humour, ce mot de son ami d'Esgrigny: "A peine un moment d'aise, lui écrit-il le 2 novembre 1853, que vous voilà parti pour les grandes aventures; vous sentez votre conquérant d'une lieue; que Dieu vous épargne la campagne de Russie!"C'était après la création de la Revue de l'enseignement chrétien, de l'ouverture d'une Maison de hautes études à Nîmes, la fondation du collège de Paris à Clichy; c'était aussi peu de temps avant l'épreuve de santé qui frappera le P. d'Alzon, le 19 mai 1854,et la crise financière de son œuvre.

Le Pape Pie IX, 15 juin 1846-7 février 1878

Grégoire XVI étant décédé le ler juin 1846, le Conclave lui donne pour successeur, dès le 16 juin au soir, le cardinal Mastai qui prend le nom de Pie IX. Né à Sinigaglia le 13 mai 1782, prêtre le 10 avril 1819, archevêque de Spolète le 24 avril 1827, transféré à Imola en 1832, le nouveau Pape, âgé de 54 ans, passait pour être ouvert aux idées modernes, mais son libéralisme se réduisait à une libéralité d'âme et à quelques dons qui plaisent aux foules et que Pie IX possédait en abondance: son regard empreint de bonté, sa parole tour à tour familière et vibrante, sa bonhomie et sa simplicité d'allure. La Révolution de 1848 qui va secouer l'Europe amènera le Pape à prendre position contre la violence et l'idée même du Risorgimento, si les patriotes italiens en venaient à toucher à l'indépendance des Etats pontificaux, base indispensable de la liberté de l'Eglise.

Il est intéressant de savoir que les religieux de l'Assomption ont séjourné, place de l'Ara coeli, de 1893 à 1929, dans le Palais Filippani où se rencontrèrent comme conclavistes le cardinal Mastai, plus tard Pie IX, et Mgr Pecci, futur Léon XIII.

Napoléon III, 1808-1873, Empereur des Français
et l'Impératrice Eugénie de Montijo, 1826-1920

Napoléon IIIPrince Président de la IIe République, Louis-Napoléon, non sans habileté, va faire admettre pour le pays le retour à 1'Empire et, de 1852 à 1870, il voudra dominer la politique française et même la politique internationale. Partisan du principe des nationalités, son intervention en Italie est une menace pour le pouvoir temporel, et son laisser-aller accordé à la Prusse disloque l'équilibre de l'Europe centrale. Sans convictions religieuses, il souhaiterait une Eglise docile. Il a seulement oublié qu'il doit sa place à la peur d'une révolution sociale.

Le 30 janvier 1853, Napoléon III finit par épouser Eugénie de Montijo, âgée de 27 ans, charmante, spontanée, généreuse, mais les toilettes vaporeuses et compliquées de sa suite reflètent bien l'image et le goût de ce temps, où la vie était facile, en écoutant la musique d'Offenbach (1819-1880).

Le P. d'Alzon, qui s'était placé par son sacerdoce au-dessus de la mêlée politique, s'il fut jamais légitimiste, n'a jamais été bonapartiste. Même si le parti de l'ordre entendait combler l'Eglise (pour l'asservir), il dénonça une politique attentatoire au droit à la liberté de l'Eglise, en 1862, et même au droit de la nation, en 1868. La seule faveur qu'il dût au gouvernement fut d'avoir été nommé membre du Conseil supérieur de l'enseignement public. Il le fut malgré lui, comme il en fut écarté sans préavis.

 

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